Les Amiexs de Bassenges, le collectif de la Ferme de Bassenges et Uniterre dénoncent l’exclusion de la parcelle hébergeant les bâtiments et terres de la Ferme de Bassenges lors de la révision du Plan d’affectation communal (PACom) d’Ecublens. Plus de 230 oppositions ont été déposées par des habitant·es d’Ecublens et environs, Uniterre, Pro Natura et des étudiant·es de l’EPFL-UNIL.
Alors que la première version du nouveau PACom soumise au Canton maintenait la parcelle 944 en zone agricole, celle-ci a été retirée du Plan sous demande du Canton (page 8). Ce dernier tente de forcer la main de la Commune en voulant directement intégrer la parcelle au Plan d’Affectation Cantonal des Hautes Écoles (UNIL et EPFL), le PAC 229. Le Canton aurait alors champs libre pour définir l’affectation de la parcelle afin d’y héberger un futur centre de mathématiques ou de passer les terres agricoles en zones à bâtir par exemple.
Durant cette phase de consultation par la population, nous souhaitons encourager la commune d’Ecublens à rester souveraine de ses terres et à les intégrer directement en zone agricole dans son plan d’affectation, malgré l’avis du Canton.
Nous affirmons qu’une intégration directe de la parcelle dans le PACom est la seule solution permettant de répondre au Plan directeur intercommunal (PDi-OL) et nous dénonçons fermement la demande du Canton qui vise à :
● affaiblir le contrôle démocratique local de l’avenir de ces terres. Confier les terres de Bassenges au PAC 229 signifie se soustraire aux pouvoirs démocratiques locaux : celui de la commune d’Ecublens qui avait décidé de maintenir ces terrains en zone agricole et celui du corps électoral de la commune qui aurait pu voter en référendum contre tout potentiel changement d’affectation. En effet, il est notoire que toute démarche d’opposition au niveau cantonal est complexe et rapidement balayée par le Conseil d’Etat.
● affaiblir la protection de ces terres en remplaçant le statut de zone agricole par zone à bâtir. Le PAC 229 est en cours de révision et dans ce processus, les terres de Bassenges risqueraient de perdre leur affectation agricole, permettant à l’EPFL d’assouvir ses envies d’extension en construisant sur ces terres. Nous rappelons ici la forte responsabilité du Canton de maintenir les Surfaces d’Assolement (SDA) et d’agir face à la disparition catastrophique des fermes en Suisse, autour de 2 à 3 exploitations en moins chaque jour.
A ce jour, Ecublens est toujours responsable de ces terres et elle ne doit pas les transmettre à un acteur dont les ambitions menacent la démocratie, la souveraineté alimentaire, la biodiversité et l’agriculture de demain. Une gestion locale des terres est le seul moyen de défendre l’avenir agricole du site ainsi que les intérêts des citoyens et citoyennes qui jouissent directement des activités agricoles diversifiées déjà mises en place sur la parcelle.
Nous réaffirmons la nécessité de protéger ces terres agricoles et les bâtiments de la Ferme.
Bassenges reste !
Contacts médias
● Tom Müller, Paysan à la Ferme de Bassenges : +41 79 273 35 23
● Victor Rey, Membre du collectif des Amiexs de Bassenges : +33 6 52 25 63 16
● Eline Müller, Secrétaire politique chez Uniterre : +41 78 824 85 01
Rappel de la situation de la Ferme de Bassenges, juin 2026
Depuis 2019-2020, un collectif de paysan·nes habite à la ferme et pratique une agriculture biologique qui favorise des écosystèmes riches et diversifiés, en accord avec les impératifs de durabilité actuels. La Ferme est aussi un lieu d’éducation, de culture et de fête, qui participe au tissu social local : sa présence à proximité de deux campus universitaires est précieuse et essentielle.
Cependant, début janvier 2025, l’EPFL a pris la décision, sans consulter l’avis de sa communauté, de ne pas renouveler le contrat avec la Ferme de Bassenges. L’EPFL prévoit d’y installer une extension du centre de recherche de mathématiques Bernoulli, menant à une expulsion fin janvier 2026 des quatre familles y vivant ainsi que de tous les animaux (brebis, cochons laineux, chevaux, ânes, poules, etc.). Cette décision a conduit à une forte mobilisation (création du collectif de soutien les Amiexs de Bassenges, pétitions, action sur le campus, lettre ouverte, évènements festifs, etc.) et à une séance de conciliation entre l’EPFL et la Ferme de Bassenges en septembre 2025. Suite à cela, 4 ans supplémentaires ont été obtenus ! La mobilisation continue.




