Alors qu’une nouvelle vague de canicule s’installe, que les températures estivales battent tous les records et que la grêle a détruit bien des cultures, l’agriculture suisse fait face à des défis sans précédent. En première ligne des conséquences du dérèglement climatique, mais aussi à l’origine de 16.5% des émissions de gaz à effet de serre nationales, il est urgent que notre agriculture s’adapte.
Dans son argumentaire “L’agriculture paysanne, indispensable alliée de la biodiversité et du climat”, Uniterre défend que le système agricole et alimentaire constitue un levier majeur pour l’adaptation aux changements climatiques et la restauration de la biodiversité.
Les changements climatiques ont des conséquences dramatiques sur les sols, la santé des populations humaines et la biodiversité, sauvage, mais aussi cultivée. Notre sécurité alimentaire, déjà menacée, est mise sous haute pression en période de canicule. Hélas, les réponses politiques actuelles s’obstinent à soutenir une agriculture entrepreneuriale qui tend à s’industrialiser, au lieu de reconnaître le potentiel positif de l’agriculture paysanne.
L’agriculture paysanne – fondée sur des fermes de taille humaine, diversifiées, plus autonomes, plus transmissibles et mieux ancrées dans leurs territoires – occupe une place minime dans les plans climat, comme dans les stratégies des grandes organisations environnementales. Pourtant, elle permet notamment de contribuer à l’approvisionnement alimentaire suisse grâce à des productions diversifiées et des circuits courts, de préserver la biodiversité de l’espace agricole (la plus grande réserve de biodiversité suisse), d’améliorer la qualité des sols et de réduire les émissions agricoles de gaz à effet de serre. Encourager l’agriculture paysanne et faciliter l’accès à la terre agricole permettrait également d’assurer la relève paysanne, alors que deux à trois fermes, en particulier celles de moins de 30 hectares, disparaissent chaque jour en Suisse. En outre, plus de la moitié des chef·fes d’exploitation auront pris leur retraite en 2040, sans repreneur·se confirmé·e pour 56 % d’entre eux.
Face à ces constats, Uniterre a travaillé des mois durant, avec de nombreux·ses allié·es, pour montrer que la sécurité alimentaire de notre pays ne sera pas garantie sans la transversalité et la robustesse de l’agriculture paysanne. Nous exigeons à présent un soutien politique aux fermes paysannes et encourageons les collectivités à se saisir de l’opportunité des terres agricoles publiques pour favoriser des pratiques agricoles adaptées aux dérèglements climatiques qui préservent la biodiversité. Finalement, nous espérons voir les bureaux d’études, les organisations environnementales et les militant·es écologistes rejoindre le mouvement pour défendre et promouvoir l’agriculture paysanne !




