En 2024, le député du POP Vincent Keller a déposé une initiative parlementaire visant à instaurer le principe de la souveraineté alimentaire dans la Constitution cantonale.
Pour rappel, la souveraineté alimentaire est définie de la manière suivante : le DROIT des populations à une alimentation saine, produite à l’aide de méthodes durables et respectueuses de l’environnement, mais surtout le DROIT à définir leurs propres système alimentaires et agricoles. La souveraineté alimentaire se base sur le respect et la solidarité et est l’antithèse des politiques de spéculation internationale, des traités de l’OMC et de libre-échange néolibéral ; elle cherche au contraire à renforcer les marchés locaux où la nourriture est produite pour les besoins réels de la population et à développer des systèmes alimentaires élaborés collectivement et démocratiquement.
Cette initiative vise donc à résoudre différentes problématiques en lien avec l’agriculture et l’alimentation : garantir des prix équitables pour les productrices et producteurs ; renforcer l’agriculture locale et la vente directe ; accroître le degré d’auto-approvisionnement ; stopper la disparition des fermes et des terres agricoles ; assurer la transparence dans les filières agricoles ; garantir un accès à toute la population à une alimentation saine et choisie.
Le mardi 2 juin dernier, le Grand Conseil vaudois a donc accepté – par 70 voix positives contre 66 – de soutenir cette initiative constitutionnelle visant à instaurer le principe de souveraineté alimentaire au niveau cantonal. C’est un signe très positif et une belle victoire, à l’heure où les fermes continuent de disparaître et où le système de concurrence généralisé est de plus en plus violent. La souveraineté alimentaire permettra de renforcer la protection de l’agriculture vaudoise et nous espérons que cela inspirera d’autres cantons à nous suivre, dans le but de développer et maintenir une agriculture durable, rémunératrice et créatrice d’emplois, avec une vision à long terme pour l’ensemble de la population, tout en renforçant des liens forts entre ville et campagne.
Enfin, vu que la Constitution cantonale sera modifiée, une votation populaire sera organisée et les personnes disposant du droit de vote auront le dernier mot. Nous ne manquerons pas de nous impliquer activement dans la campagne de votation. Pour rappel, lors de la votation fédérale sur la souveraineté alimentaire en 2018 (initiée par Uniterre), le canton de Vaud l’avait accepté à 57%, ce qui démontre un réel soutien pour cette thématique.




