La sessions de printemps du Parlement fédéral a vu plusieurs objets être déposés qui ont retenu notre attention et que nous soutenons. Si une vague d’objets ont été déposés, c’est bien en réaction à la présentation des grandes lignes de la nouvelle politique agricole (PA 30+) par le Conseil fédéral le 18 février. Nous avions réagi à ces propositions qui, trop souvent manquent leur cible. Maintenant, les parlementaires s’en sont saisi·es afin de corriger le tir sur certains aspects.

Tout d’abord, deux textes indentiques ont été déposés par les parlementaires Christine Badertscher (verte, Mo. 26.3291) et Ernst Wandfluh (udc, Mo. 26. 3293), demandant à ce que des objectifs contraignants soient fixés avec la grande distribution pour permettre à l’agriculture d’être plus durable et de sécuriser ainsi les investissements en ce sens. Le problème avec la politique agricole 30+ est bien que les objectifs sont non-contraignants. Ainsi, les détaillants peuvent tout simplement se retirer, ce qui sappe tous les efforts entrepris. C’est une mesure que nous réclamons chez Uniterre depuis longtemps!

Une motion (26.3477, Bertschy) demande que la Suisse soit moins dépendante des importations d’engrais et de produits phytosanitaires, en orientant la Politique agricole encore plus sur les engrais de ferme, les moyens de lutte mécaniques et biologiques ainsi que l’agriculture de précision. Cette proposition va dans le sens d’un renforcement de la souveraineté alimentaire et d’une dépendante moins accrue de l’agriculture à la pétrochimie dont nous allons ressentir financièrement les effets à cause de la situation géopolitique au Moyen-Orient (et qui était déjà un problème avec les dépendances aux engrais russes). Notre journal 4/2025 thématisait cette question sous différents angles.

Maya Graf a, elle, déposé un texte (Mo. 26.3175) demandant à ce que les circuits-courts et la vente directe soient soutenus dans la prochaine politique agricole. Cette proposition a de grandes chances d’être acceptée, alors que le Parlement avait renoncé à soutenir une demande similaire y a quelques temps, quand le Conseil fédéral déclarait encore vouloir intégrer ces préoccupations dans la nouvelle mouture. Le texte a été signé par des parlementaires de tous bords. Nous nous battons depuis de nombreuses années pour un soutien accru et une meilleure reconnaissance de ces alternatives à la grande distribution.

D’autres interventions parlementaires sont à relever, notamment la proposition de restreindre la possibilité pour les détaillants de faire des actions sur le vin – dans la majorité des cas étrangers – alors que la situation des vigneronnes et vignerons en Suisse est alarmante (Mo. 26.3434, Baumann). Toujours sur le front des importations, Meret Schneider (verte) propose d’interdire les importations de beurre et de lait en poudre pour la transformation en cas de stock disponibles en Suisse (Mo. 26.3420). Cette proposition a été signée par un grand nombre d’élues de tous les partis, ce qui augmente considérablement les chances de succès. Elle fait d’ailleurs suite à un courrier adressé à Guy Parmelin par les conseillers nationaux UDC Sylvain Freymond, Marcel Dettling et Martin Hübscher le 16 janvier, qui demandait de mettre fin immédiatement aux importations de poudre de lait et beurre.  Finalement, Rudi Berli, membre du comité d’Uniterre et conseiller national, a déposé plusieurs interventions, demandant notamment au Conseil fédéral de se positionner sur les mesures de soutien aux éleveurs·euses touché·es par l’interdiction du pacage en France (26.7032) et sur les calculs servant de base à la comparaison du revenu agricole par rapport aux autres branches économiques (26.1015). Rudi Berli a également déposé une motion sur les interprofessions afin, notamment, d’interdire les doubles casquettes pour avoir une juste représentation des producteurs et pour que les interprofessions fixent des prix indicatifs qui ne pourraient pas se situer en dessous des coûts de production (Mo. 26.3497).

Une importante proposition est également sur la table, celle de Kilian Baumann sur l’établissement d’une stratégie sur le renouvellement générationnel (26.3429). Nous avions fait un communiqué de presse cet hiver à la suite des annonces allant en ce sens au sein de l’Union européenne. Ni la révision de la Loi sur le droit foncier rural (LDFR) ni les discussions sur la Politique  Agricole 30+ ne s’annoncent à la hauteur de l’enjeu démographique et  structurel auquel notre pays va devoir faire face!

Nous observerons l’évolution de ces propositions avec une grande attention et espérons que le Parlement se saisira de ces différentes opportunités pour renforcer la souveraineté alimentaire en Suisse!