jeudi, 22 octobre 2020
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Les Jardins d’Ouchy est une association visant à promouvoir une agriculture de proximité, renouant le lien entre ville et campagne dans la convivialité avec ChristianRossier et Christophe Borboën de Denges qui nous livrent leurs produits à la Maison de Quartier Sous-gare.

Nous proposons à travers ce poste de secrétaire - coordinateur·trice des activités variées et un CDI à 20-25% annualisé.


Les missions et tâches principales :
- Organisation et tenue des livraisons de paniers aux membres. Il y a 33 livraisons par an.
Elles ont lieu les jeudis et requièrent une disponibilité entre 15h30 et 20h00.
- Tenue de la comptabilité de l’association.
- Gestion administrative (abonnements, inscriptions)
- Communication interne (membres, comité, maison de quartier, newsletter) et externe
(Facebook, site web, presse).
- Prise de PV lors des séances du comité et de l’assemblée générale de l’association.
- Organisation d’évènements ponctuels. Ex. : livraisons en plein air, visite de fermes.
- Promotion et développement de l’association dans le quartier.
- Représentation ponctuelle de l’association auprès de réseaux ou d’initiatives externes
(ex. : Fédération Romande de l’Agriculture de Proximité).

Profil :
- Très bonne capacité à travailler en autonomie
- Bonnes compétences en comptabilité
- Bonnes compétences en communication et facilité de contact
- Aisance avec les logiciels (comptabilité et tableur) ainsi qu’avec le maintien du site
internet. Des compétences en création de site web seraient un atout.
- Intérêt pour l’agriculture de proximité et la vie associative

Délai de postulation : 15 Novembre 2020

Entrée en fonction : 1er Février 2021

Pour plus d’information sur l’association et son fonctionnement, merci de consulter notre
site web https://lesjardinsdouchy.ch/. Vous pouvez également contacter Mme Elena
Torriani (tél. : 077 413 73 29, email : etorriani@hotmail.com).

Les dossiers de candidatures sont à envoyer par email à etorriani@hotmail.com.

mercredi, 14 octobre 2020
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La Coopérative des Chèvres fait partie de la ferme « la Touvière » située à Meinier dans la campagne genevoise. Depuis 2016, la Coopérative élève un troupeau de 60 chèvres laitières bio, transforme le lait de façon artisanale et commercialise le fromage et la viande de cabris en vente directe. Quatre chevrières/fromagères se partagent l’ensemble des tâches en gouvernance horizontale : élevage, fromagerie, commercialisation, production de fourrages, etc. La Touvière est également composée d'une équipe de maraîchères ainsi que d'un boulanger, avec qui nous partageons les locaux, les repas, certaines activités agricoles et des événements culturels.

Suite au départ d’un chevrier/fromager, nous sommes à la recherche d’une personne (f/h) souhaitant s’engager avec nous dans ce projet. Le taux d’activité varie selon la saison entre 50-100 %.

De l'expérience en élevage et/ou fromagerie et une formation agricole sont fortement souhaitées, ainsi qu'une adhésion aux valeurs de l'agriculture paysanne et l'envie de travailler en collectif.

Le poste est à pourvoir au printemps 2020.

Dépôt des candidatures avec lettre de motivation et CV par émail à chevre.touviere@gmail.com jusqu’au 1er décembre 2020.

Pour des questions, écrivez des mails ou téléphonez au 079 215 65 82.

Les Chevrières de la Touvière

Carmen, Sophie, Sophie, Greg

www.touviere.ch

lundi, 12 octobre 2020
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La campagne de votation sur l’initiative pour des multinationales responsables a démarré. Tandis que le lobby des multinationales multiplie les affiches et les annonces avec ses huit millions, nous rendons l’initiative visible grâce à vous et toutes les personnes qui nous soutiennent !

Voulez-vous aider ? Pour attirer encore davantage l’attention sur leur cause, vous pouvez commander un triangle vélo, un drapeau, des autocollants ou des dépliants ici.

De même, vous trouverez dans le matériel de campagne des affiches pour l’extérieur pour le jardin, des banderoles géantes pour les silos et les parois des maisons et des affiches en papier destinées aux vitrines : www.initiative-multinationales.ch/materiel-de-campagne

Grâce à l’engagement d’innombrables personnes comme vous, nous pouvons gagner la votation. En fin de compte, l’initiative pour des multinationales responsables vise une évidence : lorsque des multinationales comme Glencore polluent des cours d’eau ou détruisent des régions entières, elles doivent être tenues responsables.

Ensemble, nous pouvons obtenir le 29 novembre que les multinationales comme Glencore doivent assumer les conséquences de leurs agissements. Mais ce sera très très serré et nous aurons besoin du soutien de tout un chacun durant ces deux prochains mois.

dimanche, 11 octobre 2020
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Le commerce existe depuis que l'homme existe : Les transactions de crédit, et seulement après la monnaie, sont le fondement de l'économie de la dette actuelle. L'homme est devenu un consommateur, puis un débiteur. La production a lieu 24 heures sur 24, les marchandises sont transportées sur toute la planète et finalement consommées. Si du sable - ou un coronavirus - entre dans les rouages, c'est l'enfer. Des industries entières sont en danger ou font faillite. Aujourd'hui, après six mois de semi-confinement, l'État est censé sauver ce qui peut l'être encore : Swiss, qui n'est plus une compagnie aérienne suisse, le travail à court terme pour l'industrie et l'espoir d'un soutien supplémentaire. De nombreuses entreprises, telles que Sulzer ou Schindler, ont déjà annoncé des licenciements en raison de la baisse de leurs bénéfices, d'autres déplacent leur production vers des pays à bas salaires. Les quelque 200 000 employés en situation de travail précaire, comme le travail temporaire et le travail sur appel, par exemple dans la restauration, l'hôtellerie et le nettoyage, sont durement touchés.

L'horloge mondiale tourne soudainement différemment. Prenez la voiture ou le nouveau tracteur comme exemple. Le précédent ne pourrait-il pas facilement rester en service pendant dix ans encore ? Et si tout le monde reportait l'achat ? Désastre ! De nombreux emplois seraient perdus en un clin d’oeil. Autre exemple : la population suisse ne veut pas manger plus de fromage. La production est plus que suffisante et, en outre, une grande partie du fromage arrive en Suisse en provenance de l'UE, de sorte que nous exportons les excédents. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'Union suisse des paysans intervient généralement à la conclusion de chaque accord de libre-échange, car le fromage doit être "consommé" quelque part. Excusez la simplification drastique. La véritable question est de savoir comment cette surproduction malsaine dans l'agriculture se produit. Cela ne doit plus rester un tabou.

L'économie suisse est également à la recherche de nouveaux marchés de vente et de croissance, par exemple en Indonésie et dans les États du Mercosur* : servir, conquérir, pour se débarrasser des excédents. Tout comme à l'époque du colonialisme. De nouveaux continents ont été "découverts", conquis, colonisés et les populations locales réduites en esclavage. Aujourd'hui, elle se fait plus élégamment à l'aide d'accords de libre-échange bilatéraux ou multilatéraux. Ceux-ci ne conduisent ni à plus de prospérité ni à plus de satisfaction dans les pays concernés, bien au contraire. C'est pourquoi je trouve hypocrite que le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) conclue dans ses études que l'impact écologique et économique de l'agriculture en Suisse** et dans les pays du Mercosur est faible. C'est une vision à trop court terme, car la Suisse fait partie d'un système, d'une économie mondialement compétitive, emmenée dans une spirale de croissance malsaine. C'est ce qui fait que nous sommes entraînés par ce système, qui a un impact majeur sur les personnes, l'environnement et le climat. Nous ne croyons pas aux miracles économiques, mais plutôt à une prise de position critique et déterminée contre de nouveaux accords de libre-échange.

Ulrike Minkner, Paysanne et Secrétaire d'Uniterre

* Membres à part entière du Mercosur : Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay

** au sein de l'AELE : Norvège, Islande, Principauté du Liechtenstein, Suisse

jeudi, 24 septembre 2020
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Uniterre soutient le Parlement de l'alimentation lancé par Agriculture du futur - Réseau solidaire. L'idée est de lancer une dynamique populaire pour dessiner le système alimentaire de demain et de porter la voix des agriculteur.trice.s et des consommateur.trice.s dans les débats des futurs politiques agricoles. Illes ont besoin de votre soutien et participation! L'alimentation nous concerne tout.te.s!

Retrouvez les ici https://www.landwirtschaftmitzukunft.ch/parlement-...

mercredi, 23 septembre 2020
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Uniterre se félicite que BirdLife Suisse, Greenpeace Suisse, Pro Natura et WWF Suisse se mobilisent et reconnaissent enfin la nécessité de sortir de l'industrialisation de l'agriculture. L'agrobusiness est la clé de voûte d'un système alimentaire basé sur la concurrence généralisée. Il provoque la destruction de l'agriculture paysanne et des circuits-courts qui est renforcée par les politiques agricoles, dont la PA22+ mise en place par la Confédération. L’agro-business ne travaille pas pour les paysan.ne.s et la PA22+ ne les soutient pas !

Le démantèlement

La nouvelle politique agricole prévoit explicitement de continuer à détruire l'agriculture paysanne diversifiée au profit de la spécialisation provoquant la disparition de deux à trois fermes par jour et la suppression quotidienne de six places de travail dans l'agriculture tous les jours.

La grande-distribution, le commerce agricole, la finance, l'agro-industrie font d’énormes bénéfices dans le marché alimentaire par la dérégulation commerciale globalisée. Ce business est encouragé par les accords commerciaux de libre-échange et encadré par les politiques agricoles qui doivent impérativement en atténuer les effets les plus négatifs. C'est en effet la démocratie alimentaire, la population, les consommatrices et consommateurs, les paysan.ne.s et l'environnement qui font les frais de ce dumping social et écologique.

Les institutions de politiques publiques se retirent de l'encadrement du marché. Ce marché dérégulé prospère tout aussi bien avec le modèle d'une alimentation low cost qu'avec une niche de produits biologiques. Et le modèle applique la même logique partout : Baisser les coûts pour augmenter les marges et les profits.

La nécessité de cohérence

Comment se fait-il que les organisations qui se mobilisent contre l'agrobusiness ne soutiennent pas la lutte contre les importations d'huile de palme, de soja ou de viande industrielle gonflé aux hormones par exemple par le refus des accords de libre-échange avec l'Indonésie ou le Mercosur ?

Est-ce que ces organisations veulent-elles s'engager à appliquer les mêmes principes éthiques aux importations dont nous dépendons déjà très largement et qui ne répondent pas aux mêmes critères de durabilité ?

Un système alimentaire résilient

Il faut une politique alimentaire qui permette une transition rapide vers un système alimentaire social et écologique. Pour cette transition, la politique publique doit fixer les règles pour favoriser un accès à une nourriture saine pour tous en assurant une rémunération équitable aux paysan.ne.s et aux ouvrières agricoles ainsi qu'aux acteurs artisanaux de la transformation et de la distribution.

Rudi Berli, maraîcher et secrétaire à Uniterre

lundi, 21 septembre 2020
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Déclaration commune sur le Conseil du Commerce informel de l’UE, 20-21 septembre

Nous ne voulons pas simplement des amendements, nous en demandons une réorientation complète. Nous avons besoin d’une politique commerciale qui garantisse des prix justes, couvrant les coûts de production, qui protège l’environnement et respecte les droits de l’Homme.

Dans une déclaration signée conjointement par les paysannes européennes, 42 organisations paysannes dans 14 pays – Autriche, Belgique, Croatie, Danemark, Espagne, France, Allemagne, Italie, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Suisse – ainsi que les organisations fédératrices European Coordination Via Campesina (ECVC) et European Milk Board (EMB), nous demandons à nos gouvernements respectifs de rejeter l’accord EU-Mercosur.

Cet Accord de Libre Échange est remis en question dans plusieurs États Membres. Des critiques très claires ont été formulées en Autriche, au Pays-Bas, en France, en Irlande et en Belgique. L’Allemagne, qui est actuellement à la présidence du Conseil, a annoncé qu’elle souhaiterait avancer sur la ratification de l’accord EU-Mercosur, même si la Chancelière allemande Angela Merkel a récemment émit des doutes sur l’accord. Nous craignons que l’Allemagne essaye d’accommoder les pays critiques afin de les pousser à ratifier l’accord.

Les paysannes européennes demandent à leurs gouvernements de rejeter l’accord EU-Mercosur. Comme le dit Andoni García Arriola, membre du Comité de coordination de European Coordination Via Campesina (ECVC) :

« Avec l’accord EU-Mercosur, les importations de produits tels que la viande, le sucre et le soja des pays du Mercosur vont forcément augmenter, ce qui, en conséquence, poussera ces pays à adopter un modèle fortement tourné vers l’export, un modèle de production toujours plus industriel. La forêt Amazonienne, essentielle à la préservation du climat et de la biodiversité, doit être protégée de ce système. La violation des droits de l’Homme est un facteur que nous ne pouvons ignorer dans le contexte d’un tel développement. Parallèlement, les agriculteurs familiaux européens font face à des défis toujours plus grands afin de produire des denrées qui respectent des normes strictes sur l’environnement et le bien-être des animaux, ce qui augmente leurs coûts de production. L’augmentation des importations non équivalentes des pays du Mercosur exerce une pression sur les prix supplémentaire pour les petites exploitantes agricoles.Cette politique commerciale et ces productions, normes environnementales et sociales inégalées qui privilégient l’industrie agro-alimentaire ne font qu’accélérer la disparition des petites exploitations agricoles des deux côtés de l’Atlantique. »

Les paysannes demandent une politique agricole qui favorise des prix justes, couvrant les coûts de production dans le monde entier, qui favorise aussi la protection environnementale, la biodiversité et le bien-être animal, les droits de l’Homme, l’agriculture à petite échelle, les denrées régionales, la préservation et le développement de normes européennes ainsi que des conditions de travail justes.

Les organisations d’agriculteur.trice.s signataires


Associations européennes
European Coordination Via Campesina (ECVC)

European Milk Board (EMB)

Biodynamic Federation – Demeter International


Autriche
Bio-Verband Erde & Saat

Grüne Bäuerinnen und Bauern

IG-Milch

Land & Forst Betriebe Österreich

Land schafft Verbindung Österreich

Landwirtschaft verbindet Österreich

ÖBV-Via Campesina Austria

Perspektive Landwirtschaft

SPÖ Bäuerinnen und Bauern Unabhängiger Bauernverband (UBV)


Belgique
Entraide et Fraternité

Fédération Unie de Groupements d’Éleveurs et d’Agriculteurs (FUGEA)

Flemish Milk Board (FMB)

Milcherzeuger Interessengemeinschaft (MIG)

Mouvement d'Action Paysanne (MAP)


Croatie
Udruga OPGH Život (Association of Croatian family farms Life)

Udruga proizvođača agruma i povrća Neretvanska mladež


Danemark

Landsforeningen af Danske Mælkeproducenter (LDM)


Espagne

COAG-Coordinadora de Organizaciones de Agricultores y Ganaderos
EHNE Bizkaia (Euskal Herria/País Vasco)

SLG Sindicato Labrego Galego (Galizia)


France

Association des Producteurs de Lait Indépendants (APLI)

Confédération Paysanne

Coordination Rurale (CR)


Allemagne

Arbeitsgemeinschaft bäuerliche Landwirtschaft (AbL)

Demeter

Land schafft Verbindung Deutschland e.V. i.G.

MEG Milch Board


Italie

Centro Internazionale Crocevia


Lituanie

Lietuvos pieno gamintojų asociacija (LPGA)


Luxembourg

Luxembourg Dairy Board (LDB)


Pays-Bas

Agractie Nederland

Dutch Dairymen Board (DDB)

Nederlandse Akkerbouw Vakbond (NAV)

Nederlandse Melkveehouders Vakbond (NMV)

Toekomstboeren


Norvège

Bondesolidaritet


Portugal

CNA - Confederação Nacional da Agricultura


Suisse

Uniterre

jeudi, 27 août 2020
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Communiqué de presse d'Uniterre, Pain pour le prochain, Cetim, Geneva Academy, Action de Carême, Fian International/Suisse, HEKS-EPER et Swissaid

Déclaration sur les droits des paysan·ne·s : la Suisse doit harmoniser politique extérieure et engagements internationaux

Lucerne, Berne et Genève, le 27 août 2020

Le paradoxe est frappant : les paysans et paysannes, principaux pourvoyeurs de nourriture du monde, sont les premiers à souffrir de la faim et de l’extrême pauvreté dans de nombreux pays. Conscientes de cette situation, les Nations Unies ont adopté en 2018 une Déclaration* pour garantir leurs droits. La Suisse s’est engagée à la mettre en œuvre. Or, une étude mandatée par plusieurs ONG helvétiques montre que sa politique extérieure laisse beaucoup à désirer dans ce domaine. Ces organisations ont présenté aujourd’hui les résultats de l’étude aux offices fédéraux concernés.

La paysannerie familiale et les personnes travaillant dans des zones rurales sont les gardiennes de la sécurité alimentaire mondiale, mais aussi les principales victimes de la faim et de l’extrême pauvreté. Les politiques agricoles et commerciales de nombreux gouvernements ne font que peu de cas des droits et des besoins de la paysannerie et s’en remettent, pour l’alimentation, aux multinationales de l’agro-industrie.

La Confédération suisse a joué un rôle clé lors des négociations qui ont abouti à la Déclaration de 2018 sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales – un instrument international qui permet à ces derniers de faire valoir et de défendre leurs droits. Toutefois, l’étude en question montre que la Confédération doit améliorer la cohérence de domaines centraux de sa politique extérieure si elle entend contribuer à la concrétisation des droits des paysan·ne·s dans le monde entier.

L’orientation générale est correcte, mais il reste encore beaucoup à accomplir

L’étude mandatée par les organisations Action de Carême, CETIM, EPER, FIAN Suisse, Pain pour le prochain, SWISSAID et Uniterre analyse, à la lumière de la Déclaration des Nations Unies, la politique extérieure de la Suisse dans le domaine du commerce, des semences, des droits fonciers et de la coopération au développement. Après en avoir exposé les lacunes, elle présente une liste de revendications.

Partisane du libre-échange, la Suisse n’en adopte pas moins certaines mesures pour protéger son agriculture. Cette politique axée sur la Suisse nuit toutefois aux paysanneries familiales des pays du Sud et va à l’encontre des droits que leur garantit la Déclaration des Nations Unies. Elle prive d’innombrables personnes de leurs droits, entre autres, à la terre, à la biodiversité et à un environnement propre et sain. Il incombe dès lors à la Suisse de procéder à un examen minutieux et de déterminer l’impact des accords de libre-échange, déjà en vigueur ou en préparation, sur les familles paysannes en Suisse et celles dans les pays signataires.

Il s’agit aussi de prendre l’initiative de promouvoir le droit des paysan·ne·s à participer aux négociations et modifier en conséquence les règles applicables. La Suisse doit en outre reconnaître clairement le droit aux semences et cesser de subordonner la signature d’accords de libre-échange à la promulgation de lois strictes en matière de protection des obtentions végétales.

Les paysan·ne·s sélectionnent, utilisent et reproduisent des semences depuis des millénaires, contribuant de la sorte à préserver la biodiversité. Par le biais de sa politique de développement, la Suisse doit promouvoir l’adoption de lois respectueuses des systèmes locaux de semences paysannes et renforcer ces derniers.

En outre, l’étude montre que le nouveau message du Conseil fédéral sur la stratégie de coopération internationale, concernant la période 2021 à 2024, ne mentionne les droits des paysan·ne·s que dans le Programme global sécurité alimentaire de la DDC et que le rôle important octroyé au secteur privé fait planer une menace importante sur le respect des droits humains et l’usage coutumier du sol. Or, la Suisse doit veiller à ce que tous les projets du SECO et de la DDC soient conformes aux droits des paysan·ne·s. L’étude recommande que la coopération internationale aide les paysan·ne·s à réclamer et à exercer leurs droits afin d’encourager et de rendre effective leur participation dans les processus et instances de décision. De plus, elle doit soutenir la constitution et la promotion d’organisations paysannes, y compris à l’échelle nationale.

Les ONG ont présenté les résultats de l’étude lors de l’entretien tenu aujourd’hui avec des services fédéraux, et notamment le Département fédéral des affaires étrangères et l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle. Elles se sont félicitées de l’esprit d’ouverture des responsables politiques et espèrent poursuivre un dialogue constructif.

L'étude complète est disponible ici https://www.geneva-academy.ch/joomlatools-files/do...
et un résumé ici https://www.geneva-academy.ch/joomlatools-files/do...


*Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales

Renseignements :
Ester Wolf, responsable droit à l’alimentation à Pain pour le prochain, wolf@bfa-ppp.ch, 021 614 77 13, 076 481 06 01

Melik Özden, directeur du CETIM, contact@cetim.ch, 022 731 59 63, 079 728 80 58

jeudi, 20 août 2020
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Uniterre critique la déclassification de 20 000 tonnes de blé panifiable des classes Top, I et II pour la période du 14 septembre 2020 au 30 juin 2021. L'annonce faite par la Fédération Suisse des Producteurs de Céréales (FSPC) le 18 août 2020 est incompréhensible, car la production de blé panifiable ne couvre qu'environ 85% de la demande intérieure. La production nationale devrait bénéficier d'un traitement préférentiel, plutôt que d’être mise en concurrence avec du blé importé : 42’446 t (qualité bio) de céréales panifiables importées avec les droits de douane de Fr. 18.-/dt et environ 120 000 tonnes de produits de boulangerie industrielle. La déclassification représente non seulement un manque à gagner pour les productrices et producteurs de blé panifiable mais en plus, elle déclenche à son tour une pression sur les prix des céréales fourragères.

Les productrices et producteurs de céréales assument les coûts de production et tous les risques (météo, maladies éventuelles des cultures), ils cotisent largement à l’organisation faîtière (fonctionnement, stockage, etc.) tout cela pour, au final, subir une pression constante sur les prix !

Cette pression sur les prix doit cesser, c'est pourquoi Uniterre exige :

  • Des contrats de vente clairs pour la quantité, le prix, la qualité et les conditions de paiement,
  • Des prix couvrant les coûts et une rémunération équitable du travail agricole,
  • Une augmentation du prix indicatif et les prix seuil,
  • La priorité à l'approvisionnement intérieur et à l'amélioration de la production de céréales fourragères,
  • La promotion des structures de traitement locales et régionales, de la transparence et de la gestion du recyclage,
  • Des exportations qui ouvrent les marchés par leur qualité au lieu de s'aligner sur les bas prix de la production agro-industrielle.

Le 16 juin 2020, Bio Suisse a déjà réduit les prix indicatifs de 3 francs pour le seigle et de 2 francs pour le blé. De telles réductions de prix empêchent une production suisse durable. Le prix à la production ne représente qu'environ 11 % du prix d'un kilo de pain blanc. Si les marges restaient inchangées, l'augmentation à un prix couvrant les coûts de production ne représenterait, pour les consommatrices et consommateurs, que 3 centimes par kilo de pain.

Un cadre est nécessaire pour promouvoir une économie équitable et durable, en donnant la priorité à une production locale basée sur une utilisation respectueuse des ressources disponibles !

Communiqué de presse , 20. août 2020

vendredi, 14 août 2020
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Souvenez vous, au mois d'avril, nous avons envoyé le courrier suivant au Conseiller Fédéral Parmelin suite aux annonces de ce dernier du 1er avril visant à faciliter certaines importations pour faire face à la crise actuelle du COVID-19. Ces mesures ne sont pas acceptables!

Vous trouverez au lien ici la réponse que nous avons reçu.

En voici quelques extraits ainsi que nos réactions :


Voici notre réaction par rapport à la filière viticole :

Les vins suisses ont perdu depuis le milieu des années nonante 40 à 50 millions de litres de part de marché. Sur une consommation de 310 millions de litre à la fin des années quatre vingt, la consommation des vins suisses était de 125 à 130 millions de litres. En 2019, la consommation était d’environ 250 millions de litres pour une part de seulement 85 millions de litres pour les vins suisses.

Cette diminution des parts de marché peut s’expliquer par les moyens mis par les vins étrangers, notamment européens, pour leur promotion en suisse. Mais ces grands moyens n’expliquent pas à eux seul le problème.

D’une part la réglementation des importations a changé en 1993 suite au référendum de la maison Denner contre l’arrêté viticole. La conséquence a été l’abandon de l’attribution des parts du contingent d’importation selon les prestations à la production suisse.

A elle seule, cette modification est responsable pour une large part de la perte des parts de marché. Cette mesure était encore la seule protection pour les vins suisses face à la distorsion de concurrence des vins à bas prix. Depuis, le vin est le seul produit agricole suisse ne bénéficiant d’aucune mesure de protection.

D’autre part, la consommation ayant perdu environ 50 à 60 millions de litres, le volume de 170 millions de litres du contingent tarifaire doit être reconsidéré.

Jusqu’au début du XXI siècle, le commerce transfrontalier ne pesait pas beaucoup sur les affaires du commerce suisse et l’importation par des particuliers bénéficiait d’une franchise de 2 litres par jour et par personne. Mais en 2014, la confédération, dans un souci de simplification des procédures douanières, a trouvé juste de mettre cette franchise à 5 litres, soit l’équivalent par jour et par personne d’un carton de 6 bouteilles. Pour un marché qui représente, selon les estimations, plus de 13 milliards de francs, c’est un coup de poignard dans le dos des vignerons suisses.

Monsieur le Conseiller fédéral et ancien vigneron, vous savez très bien que le marché des vins est déséquilibré et que la production suisse est la grande perdante.

Nous ne pouvons que vous répéter que la viticulture suisse a besoin de ce rééquilibrage et que c’est l’application de l’article 22 de la loi sur l’agriculture alinéa b « attribution des parts de contingent selon les prestations à la production suisse » qui doit être appliqué au plus vite.

Le volume du contingent tarifaire doit être adapté à la consommation actuelle avec un volume ramené à 100 millions de litres.

Et enfin, la franchise de douane de 5 litres par jour et par personne doit retrouver la valeur d’avant 2014, soit 2 litres par jour et par personne.


Voici notre réaction par rapport à la filière viande :

Dans sa réponse à notre courrier, le conseiller fédéral Guy Parmelin met en avant le fait que le CF ne disposerait d’aucune compétence pour freiner les importations, et qu’il n’a fait, avec l’OFAG, que répondre à la demande de Proviande de prolonger la période des importations.

Nous voyons toutefois au moins 2 bonnes raisons pour lesquelles le CF aurait pu intervenir en faveur des paysannes et paysans suisses.

Dès le début de la crise sanitaire, la fermeture des restaurants a entraîné un effondrement de la demande. La chute des prix ne s’est pas faite attendre et a touché de nombreux éleveurs de bétail. Ce sont pourtant les importateurs et les industriels qui ont bénéficié d’aide sous la forme d’un soutien financier à la congélation. Où est la logique ?

Si le raisonnement du CF se justifie par la crainte d’un défaut de l’approvisionnement, alors il est temps que nos autorités réfléchissent à plus long terme et commencent par le b.a.-ba : c’est en soutenant la filière locale grâce à des prix équitables que l’on évitera le danger de la pénurie. C’est élémentaire ! Cela est même inscrit dans la Loi sur l’Agriculture, puisque les agriculteurs doivent disposer d’un revenu comparable à la moyenne des emplois de leur région, or ce n’est que très rarement le cas.

D’un point de vue plus général, les importations de viande à bas prix, en provenance d’Amérique du Sud bien souvent, répondent certes à la logique capitaliste de notre gouvernement, mais ignorent totalement la votation populaire de septembre 2017 sur la sécurité alimentaire, qui demande que les importations se fassent sur la base de critères de durabilité. Or il n’y a rien de durable dans les productions industrielles du Brésil ou d’Argentine.

La crise sanitaire est la preuve flagrante que nous devons penser autrement nos systèmes alimentaires.