jeudi, 21 octobre 2021
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Communication du réseau “Résistance au plat du jour”

Lundi 18 octobre 2021, le réseau "Résistance au plat du jour" a remis la "Pétition pour de meilleures conditions de travail dans l'agriculture" aux gouvernements du canton de Berne et du canton de Zurich.

La pétition a été signée par 5280 personnes !

Nous sommes maintenant très curieux de connaître la réponse des gouvernements des cantons de Berne et de Zurich et espérons qu'ils verront la nécessité d'agir !

Pour nous, il est clair qu'il est urgent d'adapter la base juridique des relations de travail dans l'agriculture. Parce qu'en Suisse, c'est de plus en plus la main-d'œuvre non familiale qui cultive, récolte et emballe nos légumes et cueille les fruits et les baies. Ils et elles sont souvent recruté-e-s comme travailleurs saisonniers à l'étranger - en Pologne, au Portugal ou en Roumanie.

Le salaire minimum mensuel actuel, non contraignant, pour les travailleurs agricoles dans la plupart des cantons est de 3’300 francs suisses par mois. Dans les cantons de Berne et de Zurich, les travailleurs et travailleuses agricoles travaillent 55 heures par semaine selon les contrats-types de travail cantonaux (CTT) - par vent et intempéries, sous une chaleur étouffante et une pluie battante.

Bien que plusieurs initiatives parlementaires aient été déposées depuis 2000 pour soumettre l'agriculture à la Loi sur le travail, rien ne s'est produit au niveau politique jusqu'à présent. Et bien que ces ouvriers et ouvrières aient été désigné-e-s comme des travailleurs d'importance systémique au cours de la pandémie de Corona, rien n'a changé dans leurs conditions matérielles et sociales.

Le réseau "Résistance au plat du jour" a donc lancé une pétition pour de meilleures conditions de travail dans l'agriculture au printemps 2021. Nous y demandons :

1. Semaine de 45 heures en moyenne annuelle (précédemment : 55) avec une limitation des heures supplémentaires

2. Introduction d'un salaire minimum obligatoire de 4 000 francs suisses bruts par mois.

Pour toute information, veuillez contacter
Philippe Sauvin (079 509 31 10, francais), Sarah Schilliger (076 521 67 76, Deutsch), Jelena Filipovic (079 289 06 41, Deutsch)

jeudi, 14 octobre 2021
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DÉCLARATION OFFICIELLE DE LA VIA CAMPESINA, A L'OCCASION DES 25 ANS DE NOS LUTTES COLLECTIVES POUR LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

La souveraineté alimentaire est une philosophie de vie.

Elle définit les principes autour desquels nous organisons notre vie quotidienne et coexistons avec la Terre-Mère. C'est une célébration de la vie et de toute la diversité qui nous entoure. Elle embrasse chaque élément de notre cosmos ; Le ciel au-dessus de nos têtes, la terre sous nos pieds, l'air que nous respirons, les forêts, les montagnes, les vallées, les fermes, les océans, les rivières et les étangs. Elle reconnaît et protège l'interdépendance entre huit millions d'espèces qui partagent cette maison avec nous.

Nous avons hérité cette sagesse collective de nos ancêtres, qui ont labouré la terre et pataugé dans les eaux pendant 10 000 ans, période au cours de laquelle nous avons évolué vers une société agraire. La souveraineté alimentaire promeut la justice, l'égalité, la dignité, la fraternité et la solidarité. La souveraineté alimentaire est aussi la science de la vie, construite à travers des réalités de vies réparties sur d'innombrables générations, chacune enseignant quelque chose de nouveau à sa progéniture, inventant de nouvelles méthodes et techniques qui s'harmonisent avec la nature.

En tant que détenteurs de ce riche patrimoine, il est de notre responsabilité collective de le défendre et de le préserver. Reconnaissant cela comme notre devoir (en particulier à la fin des années 90, lorsque les conflits, la faim aiguë, le réchauffement climatique et l'extrême pauvreté étaient trop visibles pour être ignorés) La Via Campesina (LVC) a introduit le paradigme de la souveraineté alimentaire dans les espaces internationaux d'élaboration des politiques. LVC a rappelé au monde que cette philosophie de vie doit guider les principes de notre vie commune.

Les années 80 et 90 ont été une ère d'expansion capitaliste débridée, à un rythme jamais vu auparavant dans l'histoire de l'humanité. Les villes s'étendaient, se développant aux dépens d'une main-d'œuvre bon marché, non rémunérée et sous-payée. La campagne était plongée dans l'oubli. Les communautés rurales et les modes de vie ruraux ont été balayés par une nouvelle idéologie qui voulait faire de chacun⋅e un⋅e simple consommateur, consommatrice de choses et un objet d'exploitation à but lucratif. La culture et la conscience populaires étaient sous le charme de publicités scintillantes, incitant les gens à « acheter plus ». Cependant, dans tout cela, ceux et celles qui produisaient (la classe ouvrière dans les zones rurales, les côtes et les villes, qui comprenait les paysan⋅nes et d'autres petits producteurs et productrices alimentaires) restaient invisibles, tandis que ceux et celles qui pouvaient se permettre de consommer à loisir occupaient le devant de la scène. Poussés à la limite, les travailleurs et travailleuses paysans[1] et les communautés indigènes du monde entier ont reconnu la nécessité urgente d'une réponse organisée et internationaliste à cette idéologie mondialiste et libérale propagée par les défenseurs de l'ordre mondial capitaliste.

La souveraineté alimentaire est devenue l'une des expressions de cette réponse collective.

Au sommet mondial de l'alimentation de 1996, lors d'un débat sur la façon dont nous organisons nos systèmes alimentaires mondiaux, La Via Campesina a inventé ce terme afin d'insister sur l'importance des petits producteurs et productrices alimentaires, la sagesse accumulée des générations, l'autonomie et la diversité des communautés rurales et urbaines et la solidarité entre les peuples, comme des éléments essentiels pour élaborer des politiques autour de l'alimentation et de l'agriculture.

Au cours de la décennie suivante, les mouvements sociaux et les acteurs de la société civile ont travaillé ensemble pour la définir davantage « comme le droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée, produite par des méthodes écologiquement saines et durables, et leur droit de définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. Cela place les aspirations et les besoins de celles et ceux qui produisent, distribuent et consomment des aliments au cœur des systèmes et des politiques alimentaires, plutôt que les demandes des marchés et des entreprises. »

L'introduction de la souveraineté alimentaire en tant que droit collectif a changé la façon dont le monde comprenait la pauvreté et la faim.

Jusque-là, en particulier dans les premières années du 21ème siècle, une conception étroite de « sécurité alimentaire » dominait les cercles de gouvernance et d'élaboration des politiques. Noble dans son intention, la sécurité alimentaire traitait les personnes touchées par la faim comme des objets de compassion, les réduisant à des consommateurs passifs et consommatrices passives d'aliments produits provenant d'ailleurs. Même si la sécurité alimentaire, reconnaissait l'alimentation comme un droit humain fondamental, elle ne défendait pas les conditions objectives de production alimentaire. Qui produit ? Pour qui ? Comment ? Où ? Et pourquoi ? Toutes ces questions étaient absentes et l'accent était résolument mis sur simplement « nourrir les peuples ». L'accent mis ouvertement sur la sécurité alimentaire des populations a ignoré les conséquences dangereuses de la production alimentaire industrielle et de l'agriculture industrielle, fondées sur la sueur et la main-d'œuvre des travailleurs et travailleuses migrantes.

La souveraineté alimentaire, en revanche, propose une refonte radicale. Elle reconnaît les personnes et les communautés locales comme les principaux acteurs et actrices de la lutte contre la pauvreté et la faim. Elle appelle à des communautés locales fortes et défend leur droit de produire et de consommer avant de commercialiser l'excédent. Elle exige l'autonomie et des conditions objectives d'utilisation des ressources locales, appelle à la réforme agraire et à la propriété collective des territoires. Elle défend les droits des communautés paysannes à utiliser, garder et échanger des semences. Elle défend le droit des personnes à manger des aliments sains et nutritifs. Elle encourage les cycles de production agroécologiques, respectant les diversités climatiques et culturelles de chaque communauté. La paix sociale, la justice sociale, la justice de genre et les économies solidaires sont des conditions préalables essentielles pour atteindre la souveraineté alimentaire. Elle appelle à un ordre commercial international basé sur la coopération et la compassion, contrairement à la concurrence et la coercition. Elle appelle à une société qui rejette la discrimination sous toutes ses formes (caste, classe, race et sexe) et qui pousse les gens à lutter contre le patriarcat et l'esprit de clocher. Un arbre n'est fort que si ses racines le sont. La souveraineté alimentaire, définie par les mouvements sociaux dans les années 90 et par la suite au Forum de Nyéléni au Mali en 2007, vise à faire justement cela.

Cette année nous célébrons les 25 ans de cette construction collective.

Le monde est loin d'être parfait. Même face à des inégalités sans précédent, à la montée de la faim et de l'extrême pauvreté, le capitalisme et l'idéologie du marché libre continuent de dominer les cercles politiques. Encore pire, de nouvelles tentatives sont également faites pour imaginer un avenir numérique, avec de l'agriculture sans agriculteurs ni agricultrices, de la pêche sans pêcheurs ou pếcheuses, le tout sous couvert de numérisation de l'agriculture et de création de nouveaux marchés pour les aliments synthétiques.

Malgré tous ces défis, le mouvement pour la souveraineté alimentaire, qui est maintenant beaucoup plus étendu que La Via Campesina et se compose de plusieurs acteurs et actrices, a fait des avancées significatives.

Grâce à nos luttes communes, les institutions de gouvernance mondiale telles que la FAO[2] en sont venues à reconnaître la centralité de la souveraineté alimentaire des peuples dans l'élaboration des politiques internationales. La déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales insiste à nouveau sur ce point dans l'Article 15.4, lorsqu'il déclare : « Les paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales ont le droit de déterminer leurs propres systèmes alimentaires et agricoles, reconnus par de nombreux États et régions comme droit à la souveraineté alimentaire. Cela inclut le droit de participer aux processus de prise de décisions sur la politique alimentaire et agricole et le droit à une alimentation saine et adéquate produite par des méthodes écologiquement saines et durables qui respectent leurs cultures. »

Certaines nations ont également accordé une reconnaissance constitutionnelle à la souveraineté alimentaire. Les perturbations causées par la pandémie de COVID-19 dans les chaînes alimentaires industrielles ont rappelé aux gouvernements nationaux l'importance de créer des économies locales solides.

L'agroécologie paysanne, qui est fondamentale pour assurer la souveraineté alimentaire de nos territoires, est désormais reconnue à la FAO comme essentielle pour notre lutte contre le réchauffement climatique. Les rapporteurs spéciaux actuels et précédents des Nations unies ont soutenu la souveraineté alimentaire comme une idée simple mais puissante qui peut transformer le système alimentaire mondial en favorisant les petits producteurs et productrices alimentaires. Les campagnes menées par les mouvements sociaux ont également permis de remporter plusieurs victoires juridiques contre des entreprises produisant des agrotoxiques et des semences chimiques et transgéniques.

Pourtant, ce qui nous attend est une route semée de nombreux obstacles.

Les champion⋅nes de l'ordre mondial capitaliste se rendent compte que la souveraineté alimentaire est une idée qui empiète sur leurs intérêts financiers. Ils et elles préfèrent un monde de monoculture et de goûts homogènes, où la nourriture puisse être produite en masse en utilisant une main-d'œuvre bon marché dans des usines lointaines, sans tenir compte de ses impacts écologiques, humains et sociaux. Ils et elles préfèrent les économies d'échelle aux économies locales robustes. Ils et elles préfèrent un marché mondial libre (basé sur la spéculation et la concurrence acharnée) à des économies solidaires qui nécessitent des marchés territoriaux plus robustes (marchés paysans locaux) et une participation active des producteurs et productrices alimentaires locaux. Ils et elles préfèrent avoir des réserves foncières où l'agriculture contractuelle à l'échelle industrielle puisse remplacer les petits producteurs et productrices. Ils et elles injectent dans notre sol des produits agrotoxiques pour de meilleurs rendements à court terme, ignorant les dommages irréversibles sur la santé des sols. Leurs chalutiers vont parcourir à nouveau les océans et les rivières, pêchant des poissons pour le marché mondial tandis que les communautés côtières meurent de faim. Ils et elles vont continuer d'essayer de détourner les semences paysannes indigènes par le biais de brevets et de traités semenciers. Les accords commerciaux qu'ils et elles élaborent visent à nouveau à faire baisser les tarifs qui protègent nos économies locales.

Un exode de jeunes chômeurs et chômeuses, désertant les fermes des villages et choisissant le travail salarié dans les villes, correspond parfaitement à leur envie de trouver une offre régulière de main-d'œuvre bon marché. Leur attention incessante sur les « marges » signifierait qu'ils et elles trouveront tous les moyens de faire baisser les prix de vente à la ferme, tout en négociant des prix plus élevés dans les supermarchés de détail. En fin de compte, celles et ceux qui perdent sont les gens, les producteurs et productrices ainsi que les consommateurs et consommatrices. Celles et ceux qui résistent seront criminalisées. Une coexistence heureuse de l'élite financière mondiale avec des gouvernements autoritaires signifierait que même les plus hautes institutions (nationales et mondiales) censées surveiller et arrêter les violations des droits humains détourneront le regard. Les milliardaires utiliseraient leurs fondations philanthropiques pour financer des agences qui produisent des « rapports de recherche » et des « journaux scientifiques » pour justifier cette vision d'entreprise de nos systèmes alimentaires. Chaque espace de gouvernance mondiale, où les mouvements sociaux et les membres de la société civile ont fait campagne pour obtenir une place à la table, fera place à des conglomérats d'entreprises qui entreront en scène en tant que « parties prenantes ». Tous les efforts seront faits pour ridiculiser celles et ceux d'entre nous qui défendent la souveraineté alimentaire comme étant non scientifiques, primitifs ou primitives, peu pratiques et idéalistes. Tout cela se produira, tel qu'il s'est produit au cours des deux dernières décennies.

Rien de tout cela n'est nouveau pour nous. Celles et ceux qui sont condamnées aux périphéries de nos sociétés par un système capitaliste cruel et dévorant n'ont d'autre choix que de riposter. Nous devons résister et montrer que nous existons. Il ne s'agit pas seulement de notre survie, mais aussi des générations futures et d'un mode de vie transmis de génération en génération. C'est pour l'avenir de l'humanité que nous défendons notre souveraineté alimentaire.

Cela n'est possible que si nous insistons sur le fait que toute proposition de politique locale, nationale ou mondiale sur l'alimentation et l'agriculture doit s'appuyer sur les principes de la souveraineté alimentaire, telle que définie par les mouvements sociaux. Les jeunes paysan⋅nes, les travailleurs et travailleuses du mouvement mondial doivent mener ce combat. Nous devons nous rappeler que la seule façon de faire entendre notre voix est de nous unir et de construire de nouvelles alliances à l'intérieur et au-delà de chaque frontière. Les mouvements sociaux ruraux et urbains, les syndicats et les acteurs de la société civile, les gouvernements progressistes, les universitaires, les scientifiques et les passionné⋅es de la technologie doivent s'unir pour défendre cette vision de notre avenir. Les femmes paysannes et toutes les autres minorités de genre oppressées doivent trouver une place d'égalité dans la direction de notre mouvement à tous les niveaux. Nous devons semer les graines de la solidarité dans nos communautés et lutter contre toutes les formes de discrimination qui maintiennent les sociétés rurales divisées.

La souveraineté alimentaire propose un manifeste pour l'avenir, une vision féministe qui embrasse la diversité. C'est une idée qui unit l'humanité et nous met au service de la Terre-Mère qui nous nourrit.

Nous sommes uni⋅es pour sa défense.

Mondialisons la Lutte, Mondialisons l'Espoir.

#Pasd'AvenirSansSouverainetéAlimentaire

La Via Campesina

10 octobre 2021

Télécharger la déclaration


[1] Paysan⋅ne ici est un terme général utilisé pour reconnaître les travailleurs et travailleuses sans terre, les ouvriers et ouvrières agricoles, les pêcheurs, hommes et femmes, les migrant⋅es, les éleveurs, éleveuses, les artisan⋅es alimentaires.

[2] L'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

lundi, 11 octobre 2021
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L’Union Suisse des paysannes et des femmes rurales (USPF) a pris position le 6 octobre 2021 sur l’article de l’OFAG annonçant une hausse des revenus agricoles en 2020 et des prévisions similaires pour 2021. Nous saluons leur communication que nous partageons pleinement parce qu’elle place dans une perspective adéquate la soi-disant augmentation du revenu agricole sur 2020.

Nous ajouterons à cela que le Conseil Fédéral force la disparition des fermes, des paysan.ne.s par sa politique de concurrence débridée, au travers d’importations qui ne répondent à aucuns critères de durabilité et dont les coûts sont externalisés sur l'environnement, les paysan.ne.s, les travailleu.se.s agricoles et la collectivité. Ce même Conseil Fédéral exige toujours plus d'écologie mais sans permettre aux paysan.ne.s d’être mieux rémunéré.e.s.

En effet, l’USPF indique dans son communiqué que : « Pour l’année 2020, les revenus agricoles moyens augmentent de 6,7% par rapport à 2019. C’est une bonne nouvelle, mais qui mérite un approfondissement quant aux facteurs et une mise en perspective pour apprécier les résultats 2021. En effet, plusieurs indications sont à prendre en compte, qui apportent un éclairage nettement moins optimiste pour cette année. »

L’USPF appuie sur le fait que : « La prise en compte des revenus extra-agricoles, y compris ceux acquis par les partenaires de vie, subsiste pour la détermination des flux de trésorerie et des liquidités des exploitations agricoles suisses et celle du revenu total des familles paysannes. On peut se demander si une telle méthode ne contribue pas à présenter la situation financière de l’agriculture suisse de manière biaisée en la plaçant sous un jour trop favorable et si elle correspond encore aux temps actuels ? »

L’USPF met aussi en avant que : « le revenu du travail augmente par le simple fait que le nombre d’unités de main-d’oeuvre familiale (UTAF) occupées diminue. La charge de travail s’en trouve donc répartie sur un nombre plus bas de membres de la famille, certains effets ne sont pas mesurés mais peuvent avoir des conséquences négatives. Il faut insister aussi sur le fait que, comme les années précédentes, les revenus agricoles sont encore bien plus bas que le revenu des employés des secteurs secondaire et tertiaire. La différence va de près de 12'000 francs par année et par UTAF en plaine à plus de 29'000 francs en montagne. La médiane du revenu du travail ne représente que 85% à 56% du salaire comparable dans ces deux régions respectives. »

Et se questionne de comprendre pourquoi : « le Conseil fédéral persiste à ne pas appliquer l’article 5 de la loi fédérale sur l’agriculture, en particulier son alinéa 2, qui prévoit que « Si les revenus sont très inférieurs au niveau de référence, le Conseil fédéral prend des mesures temporaires visant à les améliorer. »

L’USPF appelle également à une meilleures répartition des marges tout au long de la chaîne de valeur : « (…) tant que la transparence et une meilleure répartition des marges ne seront pas assurées tout au long de la chaîne de création de valeurs en matière de denrées alimentaires produites en Suisse, il sera difficile de garantir une durabilité dans ses trois aspects (social, économique et écologique) pour les familles paysannes. »

CP de l’USPF


vendredi, 08 octobre 2021
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Uniterre et différentes organisations paysannes romandes appellent à rejoindre la manifestation "Reprenons la ville, Yverdon ville vivante" qui aura lieu le samedi 16 octobre 2021, une belle occasion de célébrer les 25 ans de la définition de la souveraineté alimentaire par La Via Campesina.


De plus en plus de personnes vivent en ville, et se retrouvent ainsi déconnectées des lieux où leur nourriture est produite. Cependant, les villes sont dépendantes des campagnes environnantes pour se nourrir, et à plus forte raison à l’heure actuelle de chaînes de production, de transformation, de financiarisation, de transports et de distribution opaques, énergivores et inutiles au cours desquelles, à l’échelle mondiale, près de la moitié de denrées alimentaires sont jetées. Mais il n’appartient qu’à nous d’inverser la tendance, de défendre notre droit fondamental à une alimentation saine, voire de nous emparer du pouvoir nécessaire à la réalisation de la souveraineté alimentaire, soit notre droit à décider de nos politiques agricoles et alimentaires.

Cette question nous concerne toutes et tous, car toutes et tous nous mangeons pour exister. Tandis que les terres arables disparaissent comme peau de chagrin et que les paysan.ne.x.s vieillissent, meurent ou font faillite dans l'indifférence générale, il est devenu urgent d’une part de préserver toutes les terres fertiles encore à disposition, en ville comme à la campagne, et de renforcer les liens entre les populations urbaines et rurales.

Nos modèles de villes actuelles, vortex de gentrification, d’exclusion, avec leur appétit sans fin pour des ressources naturelles bientôt épuisées qui sont nécessaire à la construction doivent être repensées de fond en comble. Partout, depuis des décennies nous avons planté des platanes, car aucun fruit ne risque d’endommager des voitures en tombant, à l’inverse des noyers ou des châtaigniers, qui rempliraient un rôle nourricier en plus. Une carrosserie de voiture est-elle réellement plus précieuse que notre résilience alimentaire?

Une ville comme Yverdon, entre plaine et collines, construite au bord de l’eau, pourrait aussi être un épicentre pour les productions de denrées alimentaires avoisinantes. Un lieu de marché d’aliments sains et de proximité pour l’ensemble de la population. Un lieu central de transformation où les productrices et producteurs pourraient venir moudre, presser, embouteiller, pasteuriser,... Un lieu d’échange et de rencontres où la population pourrait non seulement avoir plus de temps et d’espace pour produire une partie de son alimentation, mais aussi pour jouer un rôle actif dans la construction de nouveaux systèmes alimentaires, durables et sociaux, main dans la main avec le monde paysan duquel nous venons touxtes et auquel nombre d’entre nous va devoir retourner, pourquoi pas avec joie et détermination?

Pour le mouvement social paysan international La Via Campesina, le 16 octobre marque la journée internationale d'actions pour la souveraineté alimentaire, la Fédération Romande d’Agriculture Contractuelle de Proximité (FRACP), Agriculture du Futur Romandie, Les Incroyables Comestibles, et l'Association de Permaculture Estudiantine Lausannoise (LA PEL’) rejoignent cette journée d’actions à Yverdon. Pour nous, et au nom de la souveraineté alimentaire, le 16 octobre 2021 sera une journée de soulèvement, un rendez-vous pour que les paysannes et paysans, outil sur l’épaule, puissent rappeler aux villes que la sécurité alimentaire n’est pas acquise.

Rendez-vous dans le bloc paysan avec nos bêches, nos fourches et nos houes, le 16 octobre à 13h30 sur la place Pestallozzi !

mercredi, 06 octobre 2021
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La Plateforme pour une agriculture socialement durable et Résistance au plat du jour remettent leur pétition (plus de 5'000 signatures) pour de meilleures conditions de travail pour les employé-e-s agricoles le lundi 18 octobre aux chancelleries des cantons de Berne et Zurich ! Ils vous invitent très chaleureusement à y venir et/ou de déléguer une ou plusieurs personnes de votre organisation !

À Berne : le lundi 18 octobre à 10h00 (rdv 9h45) Staatskanzlei des Kantons Bern, Postgasse 68

A Zurich : le lundi 18 octobre à 15h00 (rdv 14h45) Staatskanzlei des Kantons Zürich, Walcheplatz (juste derrière la gare)

Pour rappel : La pétition demande entre autre la semaine de travail de 45 heures, un salaire minimum de 4'000.- et la soumission du travail agricole à la Loi sur le Travail LTr. Voir aussi sous www.agrisodu.ch

Encore possible de signer ici : https://act.campax.org/petitions/fur-bessere-arbei...

lundi, 04 octobre 2021
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Le 17 septembre 2021 s’est tenue la conférence de clôture du projet de recherche "«L’Économie solidaire pour promouvoir l'agriculture biologique en Europe» Le point culminant de la conférence a été l'avant-première du film sur le projet «Économie solidaire - une autre forme d'économie pour un système alimentaire durable». Le film a donné un aperçu des résultats du projet de recherche et a dressé le portrait de quatre projets solidaires différents dans le domaine de l'agriculture. Après le film, une discussion stimulante a eu lieu avec les représentants des pratiques agricoles dépeintes dans le film et également présents à la conférence. Les présentations de Bettina Scharrer, cheffe de projet, et de Susanne Menzel, de l'Office fédéral de l'agriculture, ont permis d'approfondir le sujet et de mettre en évidence certains aspects qui pourraient être spécifiquement pertinents pour la promotion ou comme obstacles à de tels projets d'économie biologique et solidaire orientés vers la commercialisation directe. Susanne Menzel de l'OFAG était, avec 32 autres institutions, membre de la plateforme transnationale qui a accompagné le projet pendant quatre ans. Dans son intéressante présentation, elle a donné son point de vue sur la situation actuelle de la politique agricole. Après un délicieux déjeuner servi par le Biohof Heimenhaus, les participants et participantes ont eu l'occasion de s'entretenir directement avec les représentants de la pratique en groupes et de poser des questions sur leurs projets. A la fin de la journée, une discussion stimulante a eu lieu en plénière. La documentation sur la conférence sera disponible sur le site web du projet et le film devrait être accessible au public à partir de novembre 2021.

Texte de Bettina Scharrer, en charge du projet , CDE


https://www.solidarisch-biologisch.unibe.ch/le_pro...

vendredi, 24 septembre 2021
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Les conseillers d’Etat en charge de l’agriculture ainsi que les interprofessions fromagères ont été interpelés concernant l’obligation des pendillards. Les cantons romands veulent adopter une position commune. Du côté de la Suisse allemande, nous avons eu des retours en ordre dispersé.

Nous attirons votre attention sur le fait qu’il y ait de fortes chances que l’Interprofession du Gruyère n’accepte pas les pendillards tels que l’on en parle aujourd’hui mais opte pour des pendillards avec patins ou enfouisseurs. Il est inadmissible qu’à l’heure où les paysans s’endettent pour respecter des normes fédérales, l’Interprofession n’ait pas encore pris de position définitive.

En attendant, nous vous proposons un modèle de lettre qui peut être repris et modifié pour l’adresser à votre acheteur de lait ou de viande par exemple pour les engraissements (on parle de Fr. 30.- HA par coupe). Nous vous laissons faire le calcul pour votre branche de production principale. Plus il y aura de réactions, plus nous aurons de chance d’être pris en compte.

Il est temps de se faire entendre alors mobilisons-nous !

Télécharger le courrier-type à envoyer à votre acheteur

Pour rappel,

Communiqué de presse du 23 juillet 2021 - Pendillards : l’enfer est pavé de bonnes intentions…

Lettre aux conseillers d’État en charge de l’agriculture

Courrier aux Interprofessions fromagères

jeudi, 09 septembre 2021
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Voici ci après un message de la nouvelle ACP - les paniers de la Mule - qui fait fasse à un refus d'installer deux serres tunnels. Merci de votre aide!


Notre coopérative (www.lamule.ch), fondée cette année, emploie 3 maraîchères, et produit des paniers de légumes pour environ 75 familles. Nous exploitons des terrains prêtés par la commune de Prilly, et avons fait une demande de permis de construire pour deux serres tunnel sans fondation, qui a été refusée par le canton de Vaud, au motif que les coopératives ne sont pas reconnues comme pratiquant une agriculture professionnelle, alors même que nous employons 3 maraichères formées (CFC) dont c’est l’activité principale.

Nous faisons maintenant recours contre la décision du canton de Vaud de ne pas nous accorder ce permis. La jurisprudence actuelle ne permet pas à des coopératives de construire en zone agricole, même si celles ci emploient des maraichères qualifiées, et se consacrent uniquement à l’agriculture. Nous voulons faire changer cette interprétation de la loi, et c’est pourquoi nous faisons appel de cette décision. Si notre recours est accepté, il pourra servir de jurisprudence au niveau national, et facilitera ainsi grandement l’établissement de coopératives en zone agricole.

Nous estimons (avec conseil de l’avocat qui nous défend) les frais à environ 10’000 CHF, répartis ainsi :
– frais de justice : 3’000 CHF
– frais d’avocat (avance) 3’231 CHF
– provision frais d’avocat 3’500 CHF

Nous avons besoin d’aide, car notre plan financier ne nous permet pas d’assumer ces dépenses, mais nous pensons qu’elles sont nécessaires pour faire avancer la cause des ACP en Suisse.

Pour nous aider, rdv ici :https://potsolidaire.ch/product/financement-recour...

Merci d’avance pour votre soutien
Les paniers de la Mule

jeudi, 09 septembre 2021
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Le journal "Blick" nous dépeint comment Bio Suisse et son organisme de certification ICB ont certifié en Janvier 2020 une plantation d’huile de palme sur l’île de São Tomé. Cette certification n’a été rendue possible que par la déforestation intense de forêts de haute valeur entre 2011 et 2014 ainsi que la séquestration de terrains à de petits agriculteurs locaux. De plus, il s’agit d’une plantation coloniale classique de grandes dimensions (des milliers d’hectare) et appartenant à une grande multinationale, alors que Bio Suisse promet de l’huile de palme achetée à des petits producteurs et de formes de productions soit disant « innovatrices et diversifiées » telles que l’« Agro-Forestry » etc.).

Des recherches effectuées par Uniterre ont documenté les déforestations et séquestrations de territoires ainsi que le type de plantation coloniale traditionnelle à Agripalma. Ainsi que le note l’article, citant Uniterre, la plantation a été certifiée malgré des violations flagrantes des règles de Bio Suisse. « Blick » explique aussi que la « pression du commerce de détail » pour obtenir une huile de palme biologique et soi-disant « de développement durable » mène parfois Bio Suisse à trahir les valeurs qu’elle prétend défendre. Il note aussi que « les inspecteurs de Bio Suisse semblent complètement dépassés lorsqu'il s'agit d'identifier de tels problèmes ». Confrontés par Uniterre avec ces reproches fin février, Bio Suisse a pris peur et retiré à Agripalma la certification en mars. Cependant, Socfin et Agripalma ont déposé un recours, qui est apparemment toujours ouvert aujourd’hui, 6 mois après le retrait de la certification : Il est donc à craindre qu’après un retrait tactique de son Département Importation en mars, Bio Suisse ne re-certifie la plantation d’Agripalma dès qu’elle estimera que la vague de critique sera passée. Il n’est pas non plus exclu que Bio Suisse ne certifie à l’avenir aussi d’autres matières premières critiques sans remarquer de semblables violations des règles de durabilité - tout cela discrètement et sans que les producteurs suisses et les consommateurs en soient informés.

Bio Suisse doit :

rejeter le recours et retirer définitivement la certification à Socfin/Agripalma

refuser de certifier les produits qui violent les réglementations et être extrêmement vigilant avec les matières premières critiques.

imposer des conditions strictes et limitées dans le temps aux producteurs déjà certifiés mais soupçonnés de ne pas respecter ces règles.

cesser d'écrire des règles "strictes" sans tenir compte des conditions d'utilisation.

corriger l'incompétence existante dans les contrôles à l'étranger et dans les procédures internes.

s'engager à la transparence envers les organisations membres, les consommateurs et les parties prenantes telles qu'Uniterre.

Communiqué de Presse le 9 septembre 2021

jeudi, 22 juillet 2021
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La décision du Conseil National concernant l’obligation de l’utilisation des pendillards à partir de 2022 a fait réagir les producteur.trice.s de lait d’Uniterre. Un courrier est en cours d’envoi aux Interprofessions fromagères ainsi qu’aux conseillers d’État en charge de l’agriculture afin de faire part de leurs inquiétudes quant aux éventuelles conséquences que la production de fromage pourrait subir notamment sous l’angle de la prolifération des butyriques. Ils demandent qu’une étude soit réalisée afin d’analyser les éventuelles conséquences, et qu’un moratoire sur l’obligation d’utilisation des pendillards pour les épandages soit prononcé jusqu’aux résultats de l’étude.

L’introduction obligatoire des pendillards soulève également d’autres questions qui concernent tous les détenteurs de bétail :

  • Impact financier des équipements pour les producteur.trice.s : Particulièrement pour les petites exploitations et les exploitations de montagne. La contribution pour des techniques d'épandage diminuant les émissions polluantes introduite en 2014 est supprimée en 2021. En moyenne cette contribution s'élevait à 1'100 CHF par exploitation. Par quel moyen le marché ou la collectivité publique prévoient-ils d’amortir les coûts générés par l'obligation des pendillards ? Un financement par crédit d'investissement comme pour les pulvérisateurs ne devrait-il pas être envisagé ? Ou une augmentation des prix payés aux producteur.trice.s afin de compenser les coûts supplémentaires ?
  • Qualité des fourrages : au-delà des butyriques dans le fromage, quels autres impacts cette technique pourrait-elle avoir sur la qualité nutritionnelle du fourrage ?
  • Tassement des sols et impact sur la préservation de la biodiversité.
  • Énergie grise : Changement de matériel fonctionnel tant au niveau de l’épandage que des tractions, conséquences environnementales à long terme de tels changements d’équipement.
  • Compatibilité avec la loi routière : largeur, charges maximales, considéré comme un agrégat ou pas, si oui conséquence sur la surcharge de temps de travail.

Un moratoire est indispensable jusqu’à l’obtention de réponses aux points évoqués ci-dessus. Il est hors de question qu’une fois encore les producteur.trice.s aient à subir les coûts relevant de ce changement de législation sur lequel ils n’ont pas d’emprise et sans aucune assurance du bien-fondé de cette décision.

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Contact presse :

Philippe Reichenbach, Président de la Commission lait d’Uniterre – 079 640 89 63

Laurent Curty, Président Section Fribourgeoise d'Uniterre – 079 508 86 35

Annexes :

Courrier aux Interprofessions fromagères

Lettre aux conseillers d’État