vendredi, 17 juin 2022
#

Communiqué de presse Uniterre

La crise alimentaire actuelle montre que le libre-échange n'est pas à même à garantir la sécurité et la souveraineté alimentaire. Uniterre en tant qu’organisation suisse faisant partie du mouvement paysan mondial La Via Campesina appelle le gouvernement suisse à sortir de l’OMC et à créer un nouveau cadre de régulation du commerce et de l’agriculture basé sur la souveraineté alimentaire.

Uniterre demande au Conseil Fédéral d’exiger une suspension immédiate de toutes les règles existantes de l’OMC qui empêchent les pays de développer des stocks publics alimentaires et de réguler le marché et les prix. Les gouvernements doivent avoir le droit de développer leurs propres critères pour protéger et promouvoir leur souveraineté alimentaire. Chaque pays doit pouvoir définir sa politique agricole et alimentaire et défendre les intérêts de ses paysan·nes, sans nuire aux autres pays. Dans ce sens, le Conseil Fédéral doit mettre en œuvre la déclaration des Nations unies sur les droits paysans et des populations rurales en faveur de laquelle la Suisse a voté en 2018.

Yudhvir Singh de l’Union Bhartiya Kisan, qui fait partie des syndicats qui ont formé le fer de lance de la mobilisation historique des paysan·nes indien·nes en 2021, résume l’expérience de son pays avec les stocks publics alimentaires : « Les paysan·nes ont besoin de politiques publiques fortes comme le prix minimum et le stock public pour continuer à vivre décemment en produisant des aliments. » Au sein de l’OMC les pays riches continuent de bloquer depuis neuf ans les propositions concrètes des membres africains et asiatiques du G33 sur cette question des stocks publics à des fins de sécurité alimentaire et la conférence de Genève n’a pas permis d’avancer sur cette question.

La Suisse a signé le Rapport agricole mondial qui place l’agriculture familiale au centre d’un modèle agricole durable organisé autour des économies locales. L’adoption d’une politique alimentaire basée sur la souveraineté alimentaire exige l’abrogation des traités en vigueur sur l’agriculture, notamment ceux de l’OMC mais également ceux avec l’Union Européenne. Les échanges commerciaux doivent obéir à des règles qui empêchent le dumping économique, social et environnemental et qui favorisent un approvisionnement indigène.

Le Conseil Fédéral doit d’urgence adopter une politique qui renforce les économies locales, la souveraineté alimentaire et un système alimentaire durable basé sur les ressources locales disponibles, l’agriculture paysanne et l’accès à une nourriture saine et suffisante pour toute la population.

Contacts presse : Rudi Berli 078 70 77 883 (fr/dt), r.berli@uniterre.ch

pdf

mercredi, 15 juin 2022
#

Communiqué de presse Avenir Alimentaire Suisse


- L’Assemblée Citoyenne pour la Politique Alimentaire de la Suisse s’est réunie pour la première fois ce week-end
- Lors du week-end de lancement à Olten, des représentant·es des milieux scientifiques, de l’agriculture et de la protection de l’environnement ont exposé leur point de vue sur le système alimentaire actuel de la Suisse


Olten, le 12 juin 2022

L’Assemblée Citoyenne pour une Politique Alimentaire de la Suisse a pris ses fonctions ce week-end. Pour la première fois dans le pays, des personnes venant de toute la Suisse examinent ensemble comment rendre notre système alimentaire plus durable. L’assemblée formulera des recommandations d’ici à la fin de l’année puis les remettra aux décideur·euses politiques.

Sélectionné·es sur la base de critères représentatifs, les membres de l’assemblée citoyenne sont âgé·es de 20 à 79 ans et viennent de toutes les régions de Suisse. Il·elles représentent toutes les sensibilités politiques, de l’UDC aux Verts, mais aussi la population qui se considère apolitique. Les personnes intéressées ont été démarchées par DemoSCOPE, un institut spécialisé dans les enquêtes de marché et la recherche sociale, selon un procédé aléatoire. Sur cette base, 85 personnes ont été tirées au sort. « Nous avons réussi à mobiliser des résident·es de tout le pays et à atteindre une bonne représentativité de la population suisse. C’est une occasion inédite de lancer de nouvelles impulsions pour la politique alimentaire suisse », explique Daniel Langmeier, le responsable du projet chez Biovision.

Différent·es acteur·trices du système alimentaire ont été invité·es à s’exprimer devant l’assemblée lors du week-end de lancement. Les membres de l’assemblée ont pu se faire une idée globale de la situation grâce aux interventions du politologue Lukas Fesenfeld (Université de Berne et EPF Zurich), qui représente le point de vue scientifique, ainsi que de membres de groupes d’intérêt tels que l’Union suisse des paysans le CI du commerce de détail suisse ou encore l’Alliance-Environnement (liste complète en annexe). L’enthousiasme des membres de cette première Assemblée Citoyenne pour une Politique Alimentaire de la Suisse est au rendez-vous. « Je suis ravie de participer à cette première assemblée citoyenne nationale et de rencontrer les autres personnes pour échanger avec elles sur l’avenir de notre système alimentaire », se réjouit par exemple Ruth Zurbrügg (55 ans), mère au foyer de deux enfants à Sumiswald (BE).


Réunions en ligne, rencontres en présentiel et visites de terrain
Le week-end de lancement sera suivi de huit réunions en ligne. En petits groupes, les défis concrets de notre système alimentaire seront mis en lumière. Cinq grands domaines seront abordés : l’environnement, le social, la santé, l’économie et la production. Durant l’été, les membres de l’assemblée citoyenne auront la possibilité de réaliser des visites de terrain.

Ces sorties leur permettront d’acquérir des connaissances concrètes sur des pratiques exemplaires sur le plan de la durabilité dans des domaines divers, de la production et la transformation à la vente. L’accent sera mis sur une représentation équilibrée des différentes approches : systèmes de culture conventionnelle ou biologique, régions de montagne ou de plaine, etc. Les expériences réalisées et les connaissances acquises serviront à alimenter les discussions au sein de l’assemblée.

La deuxième rencontre en présentiel aura lieu le 1er octobre 2022 à Lausanne, la troisième et dernière le week-end des 5 et 6 novembre à Zurich. À cette occasion, l’assemblée finalisera ses recommandations et délibèrera. Le résultat de ce processus prendra la forme d’un catalogue de mesures concrètes pour un système alimentaire durable. Le 2 février 2023, à Berne, les recommandations formulées seront remises aux acteur·trices de la politique, de l’administration et de la pratique, mais aussi au grand public.

Daniel Langmeier se félicite du lancement de l’assemblée citoyenne à Olten : « Il existe en Suisse un intérêt fondamental pour la question de savoir comment la transformation de nos systèmes alimentaires peut s’opérer pour plus de durabilité. Au travers de cette assemblée citoyenne, nous voulons connaître l’avis de la population sur les contours que doit revêtir un système alimentaire durable. Nous avoir hâte de connaître le résultat ! ».


À propos de l’Assemblée Citoyenne pour une Politique Alimentaire

L’Assemblée Citoyenne pour une Politique Alimentaire s’inscrit dans le cadre d’« Avenir Alimentaire Suisse », un projet commun de la Fondation Biovision, du Réseau de solutions pour le développement durable (SDSN) Suisse et d’Agriculture du Futur. L’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) ainsi que l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) soutiennent le projet financièrement. Les Fondations Mercator, SNL (Stiftung für nachhaltige Landwirtschaft), Minerva et Drittes Millennium participent également au financement.

Informations complémentaires :

Assemblée Citoyenne pour la Politique Alimentaire : www.assemblee-citoyenne.ch
Avenir alimentaire de la Suisse : www.avenir-alimentaire.ch

Dossier de presse


Contact :

Loïc Schwab, responsable Communication Avenir alimentaire de la Suisse, l.schwab@biovision.ch,+41 44 512 58 65 / 079 766 96 20
Daniel Langmeier, responsable de projet Avenir alimentaire de la Suisse, d.langmeier@biovision,ch, 044 512 58 62 / 079 510 09 08

Avenir Alimentaire Suisse - Assemblée Citoyenne pour une Politique Alimentaire
medias@assemblee-citoyenne.ch
Tel. 044 512 58 62
c/o Biovision Fondation pour un développement écologique

Photographe: Caroline Krajcir, Zürich

Droit d'image : Avenir Alimentaire Suisse

mercredi, 08 juin 2022
#

Du 31 mai au 2 juin 2022 s'est tenu à Palexpo Le Carrefour des métiers de la transition, organisé dans le cadre de la 23ème édition des Assises européennes de la transition énergétique.

Cet événement invitait des jeunes élèves français et suisses, âgés de 14 à 17 ans, à découvrir, avec leurs enseignant.es, des perspectives de formations et d'emplois compatibles avec un futur souhaitable.

Or, certains choix effectués par les organisateurs étaient hautement problématiques : des thèmes sélectionnés rarement compatibles avec une réduction massive des émissions de gaz à effet de serre (par exemple le numérique et la robotique), tandis que d'autres thématiques étaient insuffisamment traitées voire complètement absentes, comme l'agriculture, alors même que c'est un domaine incontournable de la transition énergétique !

Une douzaine de collectifs et associations pour la défense du climat (MAPC, Uniterre, Agriculture du futur Romandie, Grève du Climat Genève, Grève pour l'Avenir Genève, Collectif des enseignant·es pour le climat, BreakFree, Extinction Rebellion Genève, SIT, groupe écosocialiste de solidaritéS, Grève féministe Genève, SSP) se sont donc mobilisés pour rédiger un courrier pointant ces écueils et proposant de participer à l'événement pour pallier à ces manques en tenant un stand d'information sur l'agriculture et l'alimentation durables.

En réponse, les organisateurs ont, pour commencer, invité les membres des différents collectifs à participer à des ateliers ayant pour objectifs de créer une plateforme pérenne d'échanges d'expériences et d'informations entre acteurs de l’emploi, de l’orientation, des formations et de la transition énergétique à l’échelle du Grand Genève, ainsi que d’ébaucher un plan d’actions pour chacune des thématiques. Cette invitation a été acceptée et, malgré les délais plus que serrés, ce sont six membres (sur les huit places accordées) qui ont pu participer aux discussions. S'iels ont été écoutés, il reste encore à vérifier, dans les prochains mois, que leur voix aura été entendue.

Les organisateurs ont également laissé carte blanche aux collectifs pour organiser le stand proposé, le jeudi après-midi, dans le cadre des “Zoom Métier” de l’événement. Grâce aux contacts pris par les militants, les filières agriculture et gestion de la nature proposées par l'HEPIA ont ainsi pu être présentées, et des maraîchEres et sympathisants du MAPC ont pu sensibiliser les jeunes à l’importance d’une agriculture locale et respectueuse de l'environnement.

En conclusion, nous demandons que TOUS les prochains Carrefours des métiers, liés aux Assises de la transition énergétique ou non, présentent des formations compatibles avec un futur souhaitable et privilégient les secteurs stratégiques tels que l’agriculture durable, la réparation des objets électriques et électroniques, ou encore les métiers du travail social et de la santé. Que chacun.e soit rassuré.e, nous veillerons à ce que cela soit le cas !




mardi, 07 juin 2022
#

Communiqué de presse du 7 juin 2022

L'OMC tient une conférence ministérielle du 12 - 15 juin à Genève. La Via Campesina, Uniterre, ainsi que de nombreuses organisations de la société civile, appellent à une grande manifestation paysanne et citoyenne le samedi 11 juin à 14h, Place Lise Girardin à Genève, pour sortir l'OMC de l'agriculture.


La situation actuelle montre que le libre-échange n'est pas à même de garantir la sécurité et la souveraineté alimentaire. La probabilité que le monde continue à être secoué par des crises est très élevée. Il est temps de prendre un virage résolu pour renforcer les marchés locaux et un approvisionnement indigène. Cela passe nécessairement par une protection douanière. Cette protection doit être tarifaire pour empêcher le dumping économique, mais elle doit également respecter les critères et standards de production adoptés par chaque pays pour éviter le dumping social ou écologique. Ce sont les accords de l’Organisation mondiale du commerce qui sont en permanence invoqués par le Conseil Fédéral pour refuser toute augmentation des droits douaniers pour les importations agricoles ! Certes l’OMC est bloquée suite aux nombreuses mobilisations paysannes, pourtant les accords existants exercent quand même un effet très négatif sur les prix de nos productions indigènes. Le cadre de régulation de l’OMC sert de modèle pour tous les accords de libre-échange. Les dernières décennies de libre-échange ont détruit des millions de fermes paysannes dans le monde. Avec pour résultat, une aggravation des problèmes de sécurité alimentaire, de pression sur la biodiversité et les écosystèmes et l’emballement de la dérégulation climatique.

Pour ces raisons, l'Accord sur l'Agriculture de l'OMC doit être abrogé maintenant et l'OMC doit sortir des marchés agricoles!

C'est ce message que la Via Campesina veut délivrer aux ministres présents à Genève ainsi qu'à l'opinion publique. La pression doit être faite sur nos gouvernements afin qu’ils prennent en compte ces revendications dans les négociations commerciales agricoles. Les paysan.ne.s et les citoyen.ne.s seront dans la rue avec une délégation de leaders paysans de tous les continents. Il y aura notamment des délégués d'Indonésie, de Corée du Sud, d'Inde, d'Afrique de l'Ouest, du Brésil pour n’en citer que quelques-uns ayant un intérêt particulier pour l'agriculture suisse.

Cette mobilisation doit être forte pour que le Conseil fédéral comprenne que nous serons là pour le pousser à adapter ses choix politiques dans le but de renforcer les économies locales, la souveraineté alimentaire et un système alimentaire durable basé sur les ressources locales disponibles, l’agriculture paysanne et l’accès à une nourriture saine et suffisante pour toute la population.

Contacts médias Uniterre : Rudi Berli 078 70 77 883 (fr/dt), r.berli@uniterre.ch

La Via Campesina donnera une conférence de presse le mercredi 15 juin à 11h, à l'occasion de la clôture de la conférence ministérielle.

Contact médias La Via Campesina : Eline Müller 078 824 85 01 e.muller@uniterre.ch

Par ailleurs une conférence publique intitulée "L’avenir de l’agriculture ne doit pas se discuter à l’OMC – stratégies de lutte pour la souveraineté alimentaire des peuples" aura lieu le lundi 13 juin à 18h30 à l’Université de Genève, Unimail, salle MR280, avec des intervenant·e·s de La Via Campesina, ECVC, FIAN, Uniterre (en partenariat avec la CUAE)


vendredi, 20 mai 2022
#

Courrier adressé à l'organisme de révision de la formation agricole, formation qui est actuellement en cours de révision.

Il est indispensable que l’agriculture biologique et d’autres formes de production telles que l’agroécologie, l’agroforesterie soient mieux prises en compte dans la révision de la formation agricole de base !

Quel est le rôle d’une formation agricole ? Elle doit préparer les futur.e.s paysannes et paysans à mener à bien les nombreuses activités de leur ferme. L’apprentissage des techniques agronomiques pour les différents secteurs de production est essentiel, de même que les connaissances des lois, de la fiscalité, etc. mais cela ne suffit pas. Aujourd’hui, il faut conjuguer le travail agricole avec la durabilité, le respect des animaux, les attentes des consommatrices et consommateurs, la guerre des prix. Le métier des paysans s’est complexifié et la formation agricole doit leur donner une large palette de connaissances afin qu’iels puissent relever les défis actuels et futurs : crise climatique, dégradation des sols, de l’environnement, perte drastique de biodiversité… Les pandémies qui touchent autant les animaux que les humains et la guerre en Ukraine (et dans de nombreux autres pays) prouvent que nous ne pouvons plus aveuglement compter sur les importations d’intrants pour notre agriculture suisse. Nous devons donc impérativement développer une agriculture plus résiliente, plus durable, plus autonome. L’agriculture biologique et l’agroécologie apportent des solutions pour plus de résilience.

Nous pensons qu’une formation a le devoir de faire découvrir aux apprenant.es tous les champs des possibilités afin qu’ils puissent décider de leur stratégie entrepreneuriale en toute connaissance de cause. Il n’y a pas qu’une agriculture en Suisse ! Il faut que la formation agricole reflète les différentes tendances. Elle n’a pas le droit moral de ne promouvoir qu’un seul type d’agriculture. Au contraire, elle doit non seulement renforcer l’agriculture biologique, mais encore légitimer l’agroécologie, l’agroforesterie.

De nombreuses personnes souhaitent se former dans ces domaines : plusieurs formations en maraîchage biologique par exemple se développent actuellement de façon autonome, faute de formation adéquate. Des centaines de personnes sont sur liste d’attente pour pouvoir suivre ces nouvelles formations.

Vous nous répondrez que la demande des consommateur.trice.s n’est pas au rendez-vous concernant la consommation de produits biologiques ou d’autres labels. C’est un fait, mais le problème est ailleurs : Ce n’est pas le bio qui coûte trop cher, c’est le conventionnel qui ne couvre pas tous ses frais, parce que jusqu’à présent, la majorité des empreintes écologiques, sanitaires et sociales sont mises à la charge de la société. En plus, une nourriture, vitale, mérite plus que 7 % du budget de nos ménages.

Une formation qui mérite son nom doit permettre d’anticiper, de développer de nouvelles voies, d’oser sortir du moule !

Nous comptons sur le soutien de l'OrTra Agrialiform pour que ce besoin d’ouverture soit reconnu dans la révision actuelle de la formation, pas seulement dans les premières années de formation mais aussi au travers de spécialisations.

pdf

mercredi, 18 mai 2022
#

Information ECVC

Le 1er livret thématique sur “l’accès aux ressources et aux moyens de production” est arrivé. Il s’agit du premier de 4 livrets, constituant une partie du matériel d’éducation populaire qui sera utilisé comme une étape cruciale pour reconnecter celles et ceux qui ont inspiré et créé UNDROP. Il met en évidence la manière dont l’UNDROP peut être utilisée pour aborder et protéger les droits des paysan·nes aux ressources et aux moyens de production. Les obligations de l’État sont décrites. Il donne aussi des exemples sur la façon dont les communautés du monde entier utilisent l’UNDROP pour protéger leurs droits.

Le matériel d’éducation populaire nous aidera à utiliser efficacement l’UNDROP dans nos luttes pour affirmer et faire progresser nos droits collectifs et individuels. Ces livrets contribueront à une plus grande sensibilisation, à une meilleure compréhension et au renforcement des capacités (par la formation) des mouvements sociaux ruraux. Nous devons utiliser ce livret comme un outil fondamental pour garantir que l’UNDROP sera respectée, mise en œuvre et promue à tous les niveaux ; du local à l’international, des coutumes communautaires aux mécanismes d’élaboration des politiques.

Le matériel éducatif populaire de l’UNDROP est développé par La Via Campesina et FIAN International.

Accès au booklet

mercredi, 11 mai 2022
#

Communiqué de presse Uniterre

En ces temps incertains, où le sentiment d’insécurité semble croître de jour en jour, l’ancestrale peur d’avoir faim ressurgit au fond de nos cerveaux reptiliens, et nous force à nous demander quelle attitude adopter. Le patron de Syngenta sort du bois avec une réponse toute faite, et sans ambages : il faut laisser tomber la production bio, afin d’augmenter les rendements ! Mais ne soyons pas naïfs, ce sont surtout ses propres bénéfices qu’il espère augmenter !

L’agriculture industrielle, avec de grandes structures et des monocultures, s’avère en vérité particulièrement néfaste pour le climat et pour la biodiversité. De plus, en arrêtant le bio, tel que le propose Syngenta, l’agriculture se mettrait davantage à dos la société civile en compromettant :

  • la qualité de l’eau potable,
  • la qualité de nos terres,
  • la biodiversité,
  • la protection du climat,
  • la santé publique

En arrêtant le bio, nous produirons peut-être davantage de denrées alimentaires, mais pas de vivres. Et nous ferons - surtout ! - augmenter le chiffre d’affaire et les bénéfices de Syngenta et de toute l’agrochimie.

Les vraies solutions au problème de pénurie alimentaire se trouvent ailleurs, et en plus elles sont beaucoup moins coûteuses :

  • Mieux répartir la nourriture,
  • Arrêter la spéculation sur la nourriture,
  • Arrêter le gaspillage alimentaire, tout le long de la chaîne de production,
  • Arrêter d’utiliser des denrées pour en produire du carburant,
  • Ne pas fourrager des denrées qui peuvent nourrir l’humain,
  • Préserver nos terres de l’érosion, de la désertification et de la spéculation,
  • Promouvoir de plus petites structures, diversifiées par l’agroforesterie et la permaculture, pour plus de résilience et d’autonomie,
  • Sortir l’agriculture des accords de libre échange et de l’OMC,
  • En résumé, Promouvoir la souveraineté alimentaire !

Il est vrai, l’agriculture bio produit moins en quantité, mais mieux et de manière plus durable. A long terme, ce sera la durabilité de tout le système, la durabilité et la qualité de de nos terres nourricières qui seront déterminantes, et non pas les profits à court terme de quelques géants !

La fuite en avant vers le « toujours plus » ne nous sauvera pas, bien au contraire, elle ne fera que nous précipiter dans une spirale infernale de problèmes toujours plus insurmontables. Alors ne cédons pas aux sirènes des solutions toutes faites, mais empoignons à bras le corps, et pour de bon, toutes ces difficultés ! En route vers la Souveraineté alimentaire, avec les paysan.nes du monde entier !

Contacts presse :

Maurus Gerber (d/f): 081 864 70 22

Laurent Vonwiller (d/f): 078 877 01 79


pdf


lundi, 09 mai 2022
#

Depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, La Via Campesina n’a cessé de dénoncer les politiques néolibérales et de libre-échange qui détruisent les paysanneries du monde et déstabilisent les systèmes alimentaires locaux. De Seattle à Cancún, de Hong Kong à Buenos Aires, les paysan·nexs ont inspiré une grande alliance des peuples contre l’imposition d’un nouvel ordre commercial au service des multinationales et des milliardaires.

Pendant le mois de juin, les paysan·nexs du monde entier nous appellent à nous mobiliser une fois encore, à Genève, contre cette organisation aux politiques criminelles.


Les mobilisations paysannes et autochtones ont permis de bloquer les négociations. Depuis 2001 et l’accord de Doha, aucun nouvel accord de l’OMC n’a jamais pu être adopté. Cependant, l’accord de Marrakech s’applique : il oblige à ouvrir les marchés aux entreprises transnationales et empêche notamment la mise en place de politiques publiques ambitieuses en faveur des paysan·nexs et des autres petit·exs producteur·ricexs. De plus, les accords de libre-échange bilatéraux ou régionaux se sont multipliés.


Solidarité avec la lutte exemplaire de La Via Campesina en défense de la souveraineté alimentaire des peuples !


Les politiques néolibérales et d’imposition du libre-échange ont fortement fragilisé les paysanneries du monde entier. Elles poussent les pays à donner la priorité aux cultures d’exportation et à dépendre des importations pour nourrir leur population. Elles accentuent l’accaparement des ressources naturelles par les transnationales, au détriment des paysan·nexs et des communautés locales. Elles aggravent le réchauffement climatique en favorisant la monoculture industrielles, la déforestation, la surexploitation des sols et de l’eau ainsi que la perte de biodiversité. La santé des foyers les plus précaires est sévèrement affectée par la perte de qualité de l’alimentation issue de processus industriels et de l’exportation.

Pandémie de Covid-19, événements extrêmes liés au réchauffement climatique, guerre en Ukraine, aujourd’hui le constat est sans appel : faire dépendre l’alimentation et la santé des peuples du commerce international et des entreprises transnationales est irresponsable et criminel. Cela doit cesser. L’OMC doit sortir de l’agriculture ! La souveraineté alimentaire doit être la base des politiques agricoles et alimentaires et les pays doivent mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) ainsi que les directives sur la pêche artisanale.


Dans tous les domaines, la souveraineté des peuples est bafouée par l’OMC.

Le libre-échange est aussi criminel dans d’autres domaines. Désarmant les États, il a imposé le néolibéralisme : démantèlement des services publics, austérité, dettes, délocalisation et surproduction - cette course vers le bas des États a exacerbé les inégalités et démultiplié la misère, au Sud comme au Nord. Les femmes en sont les premières victimes ; les migrations forcées, les guerres et les violences endémiques en sont les conséquences. La dérégulation financière attise la spéculation et une succession de crises endémiques, avec en parallèle des régulations totalitaires qui renforcent le « droit » aux bénéfices des transnationales et leurs brevets sur les semences et les médicaments (même en pleine pandémie)!

Nous exigeons des politiques publiques qui favorisent l'accès à la terre et aux ressources agricoles pour les jeunes ainsi que la mise en place de circuits courts.

MANIFESTATION INTERNATIONALE CONTRE LA CONFÉRENCE MINISTÉRIELLE DE L’OMC : Samedi 11 juin, 14h, Place Lise Girardin, Genève

Grève pour le climat Genève/Vaud, Solifonds, Congreso de los Pueblos_Suiza, Maison collective Malagnou, Rafale, The Development Institute, Arlac (BE), Red Wiphalas, Aipazcomun, Red Tinka, Activistas Sociales 14 de Septiembre, Coordinadora de Bases de la Plaza 14 de Septiembre, Anticapitalistas et Ecologistas en Acciôn, Comunidad Bolivia Plurinacional CH, Autoconvocadxs Internacional Madrid, World Forum of Fisher Peoples (WFFP), Permacultura Atta, Basta, Association de solidarité Nicaragua - El Salvador, Friends of the Earth International, Masifundise development Fund, SIKH Human Rights Group, Nouvelles générations Chili, Rencontre Internationale Anti-autoritaire, VCS VivaCuba


mardi, 03 mai 2022
#

L’organisation paysanne Uniterre a pris part à la consultation proposée par le Conseil fédéral. Voici dans les grandes lignes nos revendications.

La période récente nous montre de manière évidente l'importance d'un approvisionnement alimentaire sécurisé pour la population, ainsi que le rôle prépondérant que l'agriculture paysanne doit y jouer. L’agriculture paysanne occupe un rôle de premier plan dans la décarbonation du système alimentaire et la transition vers une société plus durable. Mais cette agriculture paysanne est aujourd'hui prise en étau entre un marché alimentaire toujours plus mondialisé avec une pression permanente sur le prix à la production et la nécessité de préserver les ressources naturelles, le climat et la biodiversité. Le renvoi de la politique agricole 22+ n’a pas encore ouvert le débat sur un système alimentaire cohérent qui doit dépasser ces contradictions. Ainsi la destruction de l’agriculture paysanne par l’évolution structurelle, voulue par l’OFAG, n’est toujours pas remise en question par les orientations proposées

Ces dernières années, le nombre de suicides et de burn-out dans l’agriculture est en forte augmentation. C’est pour cela et, vu la situation géopolitique actuelle, que le moment est venu de revaloriser le travail de l’agriculture. Ainsi dans l’Ordonnance sur la Terminologie agricole, Uniterre propose de coupler l’UMOS (Unité main d’oeuvre standard) à l’équivalent temps plein (ETP) appliqué au sein de l’OFAG. Une UMOS devrait donc passer de 2600 h/an, à moins de 2000 h/an. Les facteurs pour le calcul des UMOS devront donc être adaptés et corrigés à la hausse (mais pas les seuils UMOS !).

Uniterre déplore que la protection douanière de la production indigène de céréales fourragères et panifiables, d’oléagineux et de plantes protéiques ne soit pas renforcée. Pour combler ce manque, nous proposons de modifier l’ordonnance sur les importations.

Quant à la production laitière : Uniterre soutient pleinement le versement direct de la prime à la transformation fromagère aux producteur.trice.s. Par contre, Uniterre ne comprend pas que l’OFAG ne soit pas capable de faire appliquer la motion 19.3952 "Améliorer les termes du contrat-type de l'Interprofession du lait ", adoptée par les deux chambres du parlement. Le nouveau contrat cadre de l’IP-Lait ne garantit toujours pas la liberté de livraison, sans pénalisation, du lait du segment B. C’est un déni de notre système démocratique ! Aujourd’hui, nous privilégions l'exportation de fromages produits avec du lait B sans aucune valeur ajoutée, alors que nous devons importer du beurre. Au lieu de pousser les exportations à tous crins, nous devons privilégier l'approvisionnement du marché suisse !

Compte-tenu de l’introduction de nouveaux objectifs (primes aux cultures spéciales, protection des troupeaux, soutien aux races indigènes, soutien aux plantes résistantes, …), Uniterre exige que l’enveloppe budgétaire soit adaptée dans ce sens. Par ailleurs, Uniterre attend que la Confédération présente une politique agricole globale et cohérente, qui englobe aussi les domaines de l’alimentation. De plus, il est clair que l’agriculture a des implications dans de nombreux autres domaines, tels que l’environnement, la santé, le tourisme, la mobilité, l’aménagement du territoire, et les prestations réalisées par l’agriculture devraient jouir du soutien financier des départements concernés.

Cependant, ces considérations ne doivent pas dédouaner les différents acteurs du marché, qui doit être la source principale de rémunération des produits agricoles. En outre, la Confédération ne peut pas être libérée de son devoir moral de créer et de favoriser des conditions-cadre équitables pour une répartition juste et transparente de la valeur ajoutée tout au long des filières.

réponse à la consultation sur le train d'ordonnances agricoles

mercredi, 20 avril 2022
#

Prise de position du MAPC, Mouvement pour une Agriculture Paysanne et Citoyenne (Genève)

Ce dimanche 17 avril 2022, journée internationale des luttes paysannes, le Comité du 17 avril a organisé une plantation de patates sur l’ancien emplacement de la coopérative maraîchère du Jardin des Charrotons, aux Cherpines à Genève. Celle-ci avait cessé son activité en 2017 suite au non-renouvellement de son bail agricole par les propriétaires du terrain. Certes, le déclassement de la zone des Cherpines condamnait la pérennité de la coopérative, mais le constat est que cinq ans plus tard, le terrain est toujours en friche, et rien n’a été construit comme initialement prévu.

Le MAPC, Mouvement pour une Agriculture Paysanne et Citoyenne, prend position aujourd’hui contre le déclassement à tout va des terres agricoles et contre la politique de la Confédération, qui ne protège pas les structures agricoles à taille humaine, qui pratiquent une agriculture extensive et agroécologique respectueuse du vivant et qui font un travail essentiel à la survie de nos sols et à la production agricole des décennies à venir. En effet, à l’heure actuelle 3 fermes par jour disparaissent en Suisse. Les terres sont de plus en plus déclassées pour laisser place bien souvent à la construction de complexes commerciaux non indispensables ou à des locaux commerciaux, qui restent vides ou peu utilisés. Sous la pression de logiques du marché et de l’agroindustrie, les fermes deviennent de plus en plus grandes et de plus en plus mécanisées et technologiques, entrainant la disparition des petites fermes, des paysannes*, remplacées par des machines ou des robots, ainsi que la disparition du savoir paysan et des terres accessibles pour les néopaysannes qui souhaitent se lancer.

Les terres des Cherpines étaient des terres multiséculaires du terroir genevois. Longtemps cultivées selon des pratiques culturales respectueuses des sols, elles étaient parmi les plus fertiles du canton. De même, la coopérative maraîchère du Jardin des Charrotons, organisée en ACP, était une structure qui cultivait biologiquement une grande diversité de légumes permettant la livraison hebdomadaire de 140 paniers, destinés à des mangeuses de la région. C’était aussi un lieu vivant et de rencontres, qui multipliait les savoirs paysans en expérimentant de nouvelles techniques et en accueillant des stagiaires régulièrement. Suite à la fin du bail aux Cherpines, l’aide apportée par l’État au relogement de la coopérative a été très faible et toujours conditionné à une obligation ; un relogement sur des terrains agricoles de l’État n’est possible que si la forme juridique « coopérative » change pour une forme en entreprise individuelle.

Le MAPC se questionne ainsi sur la transparence de l’utilisation des terres agricoles à Genève et de ses méthodes d’attribution. Comment savoir si des terrains agricoles de l’État se libèrent ? Nous estimons qu’à l’avenir, les terrains agricoles appartenant à l’État doivent favoriser en premier l’installation de nouvelles structures et non l’agrandissement de fermes déjà existantes. Mais aussi, et l’exemple du Jardin des Charrotons en témoigne, comment est-il possible de laisser au bon vouloir de propriétaires privées nonagricultrices
l’attribution et les conditions d’utilisation des terres agricoles ?

Parce que le MAPC promeut ce type de structures et pratiques agricoles, aujourd’hui menacées par l’industrialisation du travail de la terre, le MAPC soutient l’occupation du champ des Cherpines de ce 17 avril 2022 et soutiendra le Comité du 17 avril lors des négociations qui vont se tenir ces prochains jours avec le propriétaire du lieu, ce dernier ayant annoncé dimanche qu’il était ouvert à la discussion pour mettre en place un bail d’exploitation.

Uniterre soutient cette prise de position.

Contact : info@mapc-ge.ch / mapc-ge.ch
* Le féminin générique est utilisé à des fins de lisibilité et inclut toute identité de genre.

pdf

Communiqué de presse du comité du 17 avril

https://www.youtube.com/watch?v=S4WZnjoG7tY