mercredi, 26 février 2020
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Si l’accord de libre-échange que le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) négocie actuellement avec la Malaisie entre en vigueur, les paysannes et paysans malaisiens perdront la maîtrise de leurs semences au profit de grands groupes agro-industriels. Action de Carême, Pain pour le prochain et Être Partenaires lancent une action internationale pour que les normes de protection des obtentions végétales qui menacent les systèmes semenciers paysans dans les pays du Sud ne soient plus incluses dans les accords de libre-échange.

Aujourd’hui, plus de la moitié des semences commerciales sont contrôlées par trois multinationales, dont Syngenta, qui a son siège en Suisse. Une poignée d’entreprises décide donc de ce que nous cultivons et de ce que nous mangeons. La gamme des semences produites par ces multinationales ne comprend que quelques espèces, généralement inadaptées aux particularités locales. Pour qu’elles poussent et atteignent un rendement élevé, les paysannes et paysans doivent aussi acheter des engrais et des pesticides aux mêmes multinationales, qui obtiennent ainsi de juteux bénéfices, au détriment de l’environnement et de la biodiversité.

Dans l’accord de libre-échange en cours de négociation, la Suisse demande à la Malaisie d’adopter une loi stricte en matière de protection des obtentions végétales conforme à la Convention internationale pour la protection des obtentions végétales ratifiée en 1991 (UPOV 91). La protection des obtentions végétales – une sorte de brevet sur les semences – garantit aux semenciers un monopole, dont tirent parti, pour l’essentiel, les multinationales de l’agriculture. « Si nous ne pouvons plus produire nos semences, ce sont les semenciers qui fixeront les prix. Cette loi nous empêche en outre de transmettre nos connaissances ancestrales aux générations de demain », explique Borhan Omar, membre du conseil communal de Sungai Rusa en Malaisie. Depuis des générations, les familles paysannes de son village sélectionnent leurs propres semences, qu’elles multiplient, échangent et vendent. Or, ce sont précisément ces pratiques qu’une nouvelle loi veut interdire.

Les conséquences de ce modèle sont déjà visibles dans d’autres pays d’intervention d’Action de Carême et de Pain pour le prochain. « Au Honduras, nos partenaires ont déposé une plainte constitutionnelle contre une loi qui met en péril le droit à l’alimentation de la population et plus spécifiquement le droit aux semences. La procédure est encore en cours », relate Ester Wolf, responsable Droit à l’alimentation à Pain pour le prochain. « Le droit aux semences est reconnu dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans, approuvée en 2018 par de nombreux pays, dont la Suisse. Il est incohérent que la Suisse demande une loi qui limite l’accès aux semences des familles paysannes dans les accords de libre-échange », poursuit-elle.

Pour que la Malaisie ne connaisse pas le même sort, plus de 90 paysannes et paysans malaisiens ont envoyé des lettres au SECO pour lui demander d’exclure l’adoption d’une loi conforme à l’UPOV 91 des négociations de l’accord de libre-échange. Par signe de solidarité avec la Malaisie et parce qu’elles sont elles-mêmes concernées, plus de 1000 personnes d’Afrique, d’Amérique latine et d’autres pays d’Asie ont elles aussi écrit au SECO. Le public suisse est également invité à soutenir cette action, comme l’ont déjà fait plus de 200 personnes et de nombreuses paroisses.

En lançant leur Campagne œcuménique 2020 (du 26 février au 12 avril) intitulée « Ensemble pour une agriculture qui préserve notre avenir », Action de Carême, Pain pour le prochain et Être Partenaires demandent que les paysannes et paysans puissent conserver la propriété et la maîtrise de leurs semences.

Afin de sensibiliser le public suisse aux enjeux liés aux semences, les trois œuvres ont mis sur pied plusieurs événements (voir les détails plus bas) qui auront comme protagonistes des spécialistes du domaine semencier, des personnes du milieu associatif qui s’engagent pour la sécurité alimentaire ainsi que des académiciennes. L’hôte de la campagne de cette année, Octavio Sánchez Escoto, interviendra à trois des six événements proposés et apportera son témoignage sur la situation au Honduras. Octavio Sánchez Escoto est coordinateur d’ANAFAE, une organisation partenaire qui promeut l’agroécologie et l’accès aux semences traditionnelles.

Dossier de presse comprenant des documents de fond :

Modèle de la lettre adressée au SECO : www.voir-et-agir.ch/semences

Photos des expéditeurs et expéditrices de la lettre adressée au SECO : www.voir-et-agir.ch/lettres

Notre publication Perspectives sur le sujet : « Les semences appartiennent aux familles paysannes »

Reportage multimédia : « Les semences, à l’origine de tout »

Court film d’animation qui explique la problématique en 3’50’’ : « Semences en résistance ».

Hôte de la campagne 2020 (en Suisse du 17 au 29 mars, mais joignable à distance) : Octavio Sanchez Escoto, Honduras, coordinateur d’ANAFAE, une organisation partenaire qui promeut l’agroécologie et l’accès aux semences traditionnelles

Site web de la campagne : www.voir-et-agir.ch/semences

Renseignements :

Ester Wolf, responsable Droit à l’alimentation chez Pain pour le prochain

wolf@bfa-ppp.ch, 021 614 77 13, 076 481 06 01

Tiziana Conti, responsable de la communication chez Action de Carême

conti@fastenopfer.ch, 021 617 88 82, 076 366 06 40

mardi, 18 février 2020
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Pour une alimentation saine pour tous, contre l'injustice sociale, le changement climatique et la perte de biodiversité. L'agriculture nous concerne tous et toutes.

Ce matin a eu lieu a Bern la conférence de presse d'annonce de la manifestation "L'alimentation est politique!" de ce samedi 22 février.

Uniterre a présenté les revendications suivantes dans le cadre de sa participation:

Sur les plans écologique, social et économique, la politique agricole actuelle est en difficulté. L'agriculture paysanne est tiraillée entre la pression vers plus de marché, de libre-échange et d'esprit d'entreprise, et les demandes toujours plus nombreuses de durabilité et de bien-être des animaux. La pression sur les coûts s'en trouve accrue, les intrants et les investissements sont élevés et le prix de vente est bien inférieur au prix couvrant les coûts de production. Résultat : 3 fermes par jour ferment définitivement leurs portes.

Depuis sa fondation en 1951, le syndicat paysan Uniterre poursuit l'objectif d'une agriculture durable. L'agriculture fournit d'importants services sociaux, tels que la production d'aliments sains, le développement rural, la protection des paysages, la promotion de la biodiversité et la préservation de la fertilité des sols. Ces services doivent être reconnus, soutenus par la société et, compte tenu de la crise climatique et écologique, fortement promus en termes de durabilité. La protection des ressources et des cycles naturels est d'une grande importance.

Avec le mouvement paysan international "La Via Campesina", Uniterre s'engage en faveur de la souveraineté alimentaire. Nous devons façonner la politique agricole et alimentaire de sorte à ce qu'elle réponde à nos besoins - de manière démocratique, équitable et autodéterminée : Un système alimentaire local, durable et diversifié, avec des conditions de travail dignes et équitables, ainsi que des prix justes.

L'agroécologie façonne le travail d'Uniterre et de La Via Campesina et combine les connaissances traditionnelles avec la défense des droits des paysan.ne.s. Ces derniers englobent l'accès aux semences, à la terre, à l’eau et à d’autres biens communs. Nous comprenons l'agroécologie comme un processus social. Les initiatives en faveur de l'agroécologie, de la souveraineté alimentaire et de la déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant en milieu rural (UNDROP) sont des résultats concrets de l'engagement des paysan.ne.s en faveur de la justice. Ils forment l'actuelle base du travail politique d'Uniterre.

Les accords de libre-échange nuisent à l'agriculture dans le monde entier. Nous revendiquons que les produits agricoles doivent être protégés contre les importations de denrées alimentaires bon marché, et que les biens agricoles doivent être exclus des accords de libre-échange. Nous sommes dépendants du commerce transfrontalier, mais celui-ci doit être basé sur des normes équitables et écologiques, et non sur des prix de dumping. L'approvisionnement de la population en denrées alimentaires nationales est une priorité.

La situation des revenus des agriculteurs doit être améliorée. Des prix équitables, des contrats d'achat à long terme avec des quantités et des prix contraignants, garantissent des investissements futurs qui tiendront compte de l’écologie et du bien-être animal. Notre objectif est de répondre aux besoins réels de la population, qui soit servie aussi directement que possible, et non de satisfaire un marché dominé par de grands distributeurs et quelques transformateurs. Les prix des denrées alimentaires ne doivent pas devenir le jouet d'une politique sociale malavisée.

Les femmes d'ici et d'ailleurs dans le monde ont un accès très limité à la terre. En Suisse, seulement 6 % des exploitations agricoles sont gérées ou détenues par des femmes. C'est pourquoi nous exigeons : Plus de personnes dans les exploitations agricoles, et non de moins en moins ! Dans l'agriculture également, le travail devrait être réparti de manière équitable entre un plus grand nombre de personnes, hommes, femmes et jeunes.

Une agriculture d'avenir signifie pour nous que les personnes travaillant dans l'agriculture, le commerce alimentaire, la gastronomie et la transformation trouvent un moyen de subsistance et qu'une vie digne pour tou.te.s soit ainsi rendue possible.

Notre mouvement est également un pont vers le Sud. L'appauvrissement mondial des paysan.ne.s, le monopole des semences par l’agroindustrie, la saisie et l'expulsion des terres et les exportations bon marché du Nord sapent également la souveraineté alimentaire et détruisent les moyens de subsistance des paysan.ne.s de cette région, avec pour conséquences la fuite et la migration. Nous disons : « Ca suffit ! »

Maria Jakob, Ursina Töndury et Mathias Stalder, Uniterre

vendredi, 07 février 2020

En accordant des concessions douanières massives sur l'huile de palme, l'accord de libre-échange avec l'Indonésie signé par la Suisse neprofite qu'aux négociants de matières premières et à l'industrie agro-alimentaire.

Alors qu'en septembre 2019, 300'000 ha de forêts tropicales étaient en feu en Indonésie, il est incompréhensible que la Suisse favorise l'extension du commerce d'huile de palme.

Les importations d'huile de palme bon marché mettent sous pression la production indigène de tournesol et de colza.

Nous voulons dénoncer le rôle des entreprises de sociétés de trading avec les matières premières alimentaires tel que l'huile de palme. Pour quatre sociétés d'entre elles, toutes actives à Genève, à savoir Cargill, Bunge, Louis Dreyfuss Company et Olam elles engrangent à elles seules des bénéfices annuels de 220 Mrds de dollars. Cette somme équivaut au PIB de l'ensemble des 40 pays les plus pauvres.

Selon le principe du pollueur-payeur, nous leur adresserons aujourd'hui une facture pour les coûts sociaux et environnementaux qu'elles causent.

Parallèlement nous lançons notre campagne de financement participatif pour la campagne sur l'huile de palme, car nous devons compter sur nos propres moyens pour que cette question puisse être soumis à une votation populaire.

Lien vers le site : https://wemakeit.com/projects/stop-huile-de-palme

Pour plus de renseignements :

Rudi Berli, président Uniterre Genève, (fr/de), 078 70 77 883

Willy Cretegny, Nouveau Radical, (fr), 079 626 08 25

www.stop-huile-de-palme.ch


lundi, 27 janvier 2020
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Le Parlement a approuvé l’accord de libre-échange avec l’Indonésie le 20 décembre 2019. Et ce, malgré le fait que la déforestation massive et la menace des feux, le travail des enfants et le travail forcé, l’utilisation de pesticides toxiques et le déplacement de milliers de petit*e*s agriculteurs*trices et de populations autochtones sont la règle en Indonésie.

Nous nous opposons donc à un accord de libre-échange avec l’Indonésie, qui nous est vendu comme étant durable. Le terme durabilité signifie pour nous que la sécurité sociale et des conditions de travail équitables doivent être garanties, que l’environnement et surtout la forêt tropicale doivent être protégés et que le sol et les gens doivent être pris en considération.

L’accord de libre-échange n’est pas convaincant. C’est pourquoi nous disons non et montrons aux gouvernements indonésien et suisse : pas avec nous ! Nous osons l’impossible et lançons le premier référendum contre un accord de libre-échange en Suisse. Soutenez-nous maintenant et signez le référendum !

L’huile de palme est cultivée dans des monocultures, avec le recours à des pesticides toxiques, au travail des enfants et au travail forcé, ceci dans des des conditions de travail misérables. D’immenses zones de forêt tropicale offrant une riche biodiversité sont irrémédiablement détruites. Les petits exploitants et les populations autochtones sont chassés de leurs terres. Il n’y a pas d’huile de palme durable.

L’huile de palme est présente dans un produit sur deux. Produite à très bas prix, l’importation entraîne une concurrence déloyale avec nos huiles végétales indigènes. La demande mondiale continue d’alimenter la consommation.

Alors qu’en Suisse, nous fixons des normes élevées en matière de protection de l’environnement, de bien-être des animaux et de biodiversité, les conditions en Indonésie sont en totale contradiction avec nos exigences.

Le commerce mondial a entraîné la destruction de l’environnement. Compte tenu de la crise climatique, le transport de marchandises doit être limité. Dans la plupart des pays, le libre-échange n’a augmenté ni la prospérité ni la qualité de vie et ne sert que les intérêts économiques des multinationales.

Comme dans tous les accords de libre-échange, il manque des mécanismes de contrôle efficaces, de sanctions contraignantes. Les violations des droits de l’homme et du travail, de la protection du climat et de l’environnement ne sont pas l’exception, mais la règle. La durabilité mise en avant des accords est donc réduite à néant.

Très bientôt, nous devrons également débattre des accords de libre-échange avec le Mercosur (regroupement d’États sud-américains) et la Malaisie. Il est juste et stratégiquement important de soutenir le référendum maintenant. Ce faisant, nous envoyons un signal pour un commerce mondial juste et équitable !

Nous n’avons pas de temps à perdre !

mercredi, 18 décembre 2019
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Dans sa séance du 6 septembre 2019, le comité directeur d’Uniterre, réuni à Berne, a longuement débattu des deux initiatives visant à réduire ou supprimer l’usage des produits phytosanitaires de synthèse dans l’agriculture. Ces deux textes, « Initiative pour une Suisse sans pesticides de synthèse » et « Initiative pour une eau potable propre et une alimentation saine », font très largement débat non seulement au sein de l’agriculture, mais également auprès de la société civile, de laquelle elles sont du reste issues.

La première, dite également Future 3.0, demande, dans un délai de 10 ans, l’interdiction de l’utilisation des phytos de synthèse en agriculture mais également pour l’entretien des paysages, espaces verts et espaces publics. Elle demande également à ce que les produits importés – pour l’alimentation humaine et animale – soient exempts de ces substances. (Référence pour le texte complet de l’initiative en fin d’article).

La mise en œuvre d’un tel projet serait exigeante pour l’agriculture. En effet, de nombreuses solutions seraient à trouver et mettre en place pour permettre aux familles paysannes de relever ce défi tout en assurant leurs revenus. Les bons résultats obtenus par les paysan.ne.s en agriculture biologique ne doivent pas nous faire sous-estimer les difficultés auxquelles il faudrait faire face.

Citons par exemple la nécessité de trouver une importante main-d’œuvre, qualifiée, pour le 85% des fermes qui ne sont actuellement pas bio. Citons également la nécessité de faire face à une immanquable baisse de rendement, pouvant aller jusqu’à 30% selon les cultures, un point crucial alors que nous dépendons de l’étranger pour plus d’une calorie sur deux. Evoquons la nécessité vitale d’engager massivement des fonds pour la recherche publique afin de développer des outils, des méthodes de culture et des produits naturels, en vue de protéger les cultures, et de sélectionner – sans recours aux OGM, cela va de soi – des variétés de végétaux qui sauront faire face à la foi aux ravageurs et aux importants changements climatiques qui nous attendent.

Relevons également la question centrale du marché. Si les agriculteurs peuvent fournir un effort supplémentaire en vue d’une production alimentaire plus écologique, ils ne peuvent en aucun cas être les seuls à en supporter les conséquences. En cas d’acceptation du texte, nous devrons exiger des prix équitables, rémunérateurs et garantis, la réduction des marges indécentes réalisées par la grande distribution sur la gamme bio, l’adhésion totale des citoyen.ne.s au mouvement, et une protection adéquate de la production helvétique aux frontières. Il est en outre hors de question d’accepter un quelconque nivellement des prix vers le bas, sous prétexte que le bio deviendrait la méthode standard de production.

Néanmoins, des familles paysannes nombreuses, plus de gens qui travaillent la terre, des structures modestes, à taille humaine, la répartition équitable de la plus-value au sein de chaque filière, l’indépendance vis-à-vis des grands groupes agro-industriels, c’est tout cela que cette initiative peut nous apporter. Et tout cela, ce n’est rien d’autre que la souveraineté alimentaire, pour laquelle nous nous battons de longue date. C’est pourquoi le comité directeur encourage ses membres à accepter le texte « Initiative pour une Suisse sans pesticides de synthèse », et s’engage à se battre bec et ongles pour que sa mise en œuvre ne soit pas une épreuve de plus pour les familles paysannes, mais plutôt le passage vers un nouveau chapitre.

Alors que la plupart des organisations agricoles et citoyennes de ce pays ont mis les deux initiatives sur un pied d’égalité et recommandent soit le 2x Oui, soit le 2x Non, Uniterre a choisi de les traiter séparément. En effet, si leurs buts sont très semblables, les moyens pour y parvenir sont bien différents.

L’initiative pour une eau potable propre et une alimentation saine souhaite conditionner l’obtention des paiements directs à plusieurs nouvelles règles, qui sont le renoncement aux pesticides de synthèse, le renoncement à l’utilisation de l’antibiothérapie prophylactique dans les troupeaux, et la détention d’animaux uniquement si leur fourrage peut être produit à 100% sur la ferme. Contrairement au premier texte, elle ne dit rien quant à la problématique des importations, et ne demande d’efforts qu’aux familles paysannes.

Un même but louable donc, mais un levier bien différent. Il s’agit d’un projet punitif qui désigne les familles paysannes comme seules coupables des pollutions observables dans nos cours d’eau. Dans leur argumentaire, le comité d’initiative a même l’audace d’affirmer que la population suisse paie les paysan.ne.s, via ses impôts et les paiements directs, pour polluer.

Le comité directeur a estimé que ce texte offre une très mauvaise solution au problème en présence. S’il est bien clair que la majorité des exploitations n’auraient d’autre choix que de se soumettre aux nouvelles conditions d’obtention des paiements directs, l’initiative n’interdit de fait pas l’utilisation des produits phyto sur le territoire helvétique. Dans certaines branches de production, telles que la viticulture ou l’arboriculture, il n’est pas incensé de concevoir que des producteurs feraient le choix de poursuivre leur travail avec les substances en question.

Le point le plus grave concerne cependant les importations. En omettant volontairement ce chapitre, l’initiative fait la promotion d’une agriculture suisse bien propre en ordre, sans se soucier de ce qu’il se passe chez nos voisins, ou à l’autre bout du monde. Ne serait-ce pas là la mise en place d’un système à deux vitesses ? Or, Uniterre a toujours fait la promotion d’une alimentation saine, basée sur un système de production familial, paysan, le plus respectueux possible, et cela pour toutes les couches de la population.De ce constat, le Comité directeur a conclu que l’initiative loupe totalement sa cible, raison pour laquelle il encourage les membres d’Uniterre et la population à rejeter ce texte.

La société civile, qu’on le veuille ou non, est entrée de façon bien décidée dans le processus de décision à l’égard de nos méthodes de production. Les familles paysannes sont au-devant d’un choix : décider de ne pas en tenir compte, ou engager avec les consommatrices et consommateurs un dialogue serein et constructif, fait de compréhension mutuelle, de respect et de partenariat. Avec l’initiative pour une Suisse sans pesticides de synthèse, une demande nous est faite. On peut toujours argumenter sur la forme. Mais sur le fond, nous y voyons une belle opportunité : celle de nous rapprocher de nos clients, pas les grands distributeurs qui nous malmènent depuis bien trop longtemps, mais bien les citoyennes et citoyens de ce pays qui redécouvrent avec enthousiasme le plaisir de se nourrir avec les produits du coin.

Alors on y va, mais tous ensemble !

Vanessa Renfer, secrétaire d’Uniterre

www.initiative-sauberes-trinkwasser.ch

https://future3.ch


mardi, 17 décembre 2019
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Harare, le 17 décembre 2019 – Alors que nous célébrons aujourd’hui le premier anniversaire de l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·ne·s et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) en décembre dernier, nous demandons aux gouvernements, mouvements sociaux, alliés et activistes d’intensifier leurs efforts à l’échelle mondiale pour que les Etats membres des Nations Unies s’engagent à appliquer cet important instrument. A La Via Campesina, nous avons réaffirmé les droits des paysan·ne·s comme l’une des priorités de notre agenda 2020. Il est important pour LVC de populariser cette Déclaration et de construire et de partager les connaissances et expériences parmi nos organisations membres sur la manière d’utiliser cette Déclaration.

Au cours de l’année, de concert avec nos alliés, nous avons exercé de fortes pressions au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies, du Conseil économique et social (ECOSOC), du Conseil des droits de l’homme, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Comité mondial pour la sécurité alimentaire (CSA) ainsi que dans nos régions et pays pour créer une dynamique internationale qui favorise et encourage la réalisation des droits des paysan·ne·s. La Via Campesina croit fermement que le fait de lier le contenu de la Déclaration au cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’agriculture familiale (lancée cette année par la FAO) renforcera les efforts pour éradiquer la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la malnutrition par des méthodes agroécologiques de production alimentaire pour toutes et tous – pas seulement pour les communautés rurales !

Alors que nous célébrons le premier anniversaire de l’adoption de la Déclaration, La Via Campesina continue de promouvoir les transformations sociales. La Déclaration ouvre des possibilités de s’attaquer aux inégalités et à la discrimination qui touchent de manière disproportionnée la population rurale dans le monde entier. Pour le mouvement paysan mondial, la lutte pour la promotion et la protection des droits des paysan·ne·s est à moitié gagnée. C’est un processus construit collectivement. Ce qui est crucial maintenant, c’est la volonté politique et la voie que prendront les États membres de l’ONU pour que le contenu de cette Déclaration devienne une réalité vécue par des millions de familles rurales. Ce qui importe, c’est que la Déclaration des Nations Unies soit mise en œuvre dans sa lettre et dans son esprit dans tous les pays du monde. Nous restons engagés dans cette lutte !

https://viacampesina.org/fr/la-via-campesina-appel...

jeudi, 05 décembre 2019
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S’il est bien un refrain que les productrices et producteurs suisses de lait ont entendu depuis la fin des contingents laitiers, c’est bien qu’il y avait surproduction de lait et que cela a contraint les acheteurs et transformateurs à trouver une parade pour faire face à cette offre pléthorique. Des montagnes de beurre se sont matérialisées, de la poudre de lait a été massivement préparée puis stockée. Devant les difficultés à écouler ces denrées sur le marché suisse, les industriels ont eu recours à l’exportation. Cependant, afin d’être concurrentiels sur le marché européen, voire mondial, ces produits ont vu leur prix réduit artificiellement, et le manque à gagner a été mis en grande partie sur le dos des producteur.trice.s. Ainsi, chacune et chacun a vu sa maigre paie de lait amputée de quelques centimes supplémentaires (0,35 centimes/litre de lait pour tous les producteur.trice.s de lait et 0,45 centimes/litre de lait pour les producteur.trice.s de lait de centrale entre 2014 et 2016 via Fromarte), afin de financer l’écoulement du surplus. Certes, les transformateurs ont aussi participé financièrement, cependant ils ne sont pas dans une situation aussi précaire que les familles paysannes.

Des consommateur.trice.s averti.e.s ont signalé ces derniers jours via les réseaux sociaux la présence, dans les rayons Migros, de plaques de beurre de cuisine comportant la mention « Lieu de production temporaire : EU ; pénurie de matières premières ». Ainsi donc, lorsqu’il y a surproduction, les productrices et producteurs passent à la caisse ; et lorsqu’il y a un manque, ce sont les consommatrices et consommateurs qui trinquent, car le prix pour ce beurre, tiré d’un lait produit selon des normes moins sévères, n’a pas été baissé. Et bien évidemment, les familles paysannes n’en tireront aucun avantage non plus. Personne en effet n’envisage actuellement une augmentation du prix indicatif.

L’objectif de nos chers distributeurs est on ne peut plus clair. Par une pression continue sur les prix, on force les paysannes et paysans à cesser la production laitière. Puis la pénurie venue, on peut en toute légitimité demander l’ouverture des frontières pour pallier le manque. Ne restera plus qu’à faire d’une situation temporaire un acquis permanent, et l’ouverture de la ligne blanche sera consommée. Qui aura alors les reins assez solides pour continuer la production laitière en Suisse, avec toutes les contraintes qui en découlent ?

En attendant que la défense professionnelle FPSL (Fédération des Producteurs Suisse de Lait) et que l’Interprofession Lait (IP Lait) réagissent, nous invitons les consommatrices et consommateurs à boycotter ce beurre importé, et à favoriser l’achat auprès des producteur.trice.s directement, ainsi que des fromageries artisanales. Et bien évidemment, nous demandons une adaptation immédiate du prix du lait, avec effet rétroactif au 1er novembre 2019. Il en va de la sauvegarde d’une part importante de notre patrimoine, et de la survie des quelques 19'000 familles paysannes à préserver ce savoir-faire unique.

Contacts presse :

Philippe Reichenbach (FR) – Commission lait d’Uniterre – 079 640 89 63

Maurus Gerber (DE/FR) - 024 454 18 05


pdf

jeudi, 28 novembre 2019
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Le lancement du Manifeste paysan, avec au 28 novembre, près de 1000 signatures d'agricultrices et agriculteurs, a été rendu public lors de la conférence de presse du 28 novembre à Berne. A cette occasion, nous avons mis le focus sur les contradictions de la politique agricole helvétique. En Suisse, des exigences de plus en plus strictes en matière de développement durable et de bien-être animal sont mises en concurrence avec les normes sociales et écologiques douteuses des importations bon marché, le dernier exemple en date étant l'accord de libre-échange avec le Mercosur que la Suisse a signé le 23 août 2019.

Le Conseil fédéral s'emploie activement à négocier ce genre d’accords, qui vont pourtant à l'encontre de l'intérêt général de la population pour une meilleure protection du climat, la durabilité, la sécurité et la souveraineté alimentaire. Les conséquences pour l'agriculture sont catastrophiques : Vanessa Renfer, paysanne et secrétaire d'Uniterre, a déclaré au début de la conférence de presse : " Plus de la moitié des exploitations ont disparu en 20 ans ! En fait, la seule option qui s'offre aux familles paysannes est "grandir ou mourir ! ". Cette logique implacable a ses conséquences : grandes fermes, grands bâtiments, grosses machines = grosses dettes ! Plus d'heures de travail, mais pas vraiment plus de revenus = burn-out, dépression, divorce..." Cette logique imprègne tous les secteurs de l'agriculture.

Avec ce manifeste, nous souhaitons redonner à nos collègues paysannes et paysans plus de respect et de reconnaissance pour leur profession. Aujourd'hui, nous exigeons des prix équitables pour nos produits, un marché transparent et une concurrence loyale.

Il s'agit de la première étape du renforcement du dialogue au sein de l'agriculture, de la transformation et des consommateurs. Dans un deuxième temps, nous formulerons des revendications que nous voulons intégrer activement à la politique fédérale. C'est pourquoi nous organiserons des réunions régionales en janvier et février 2020, afin de formuler une liste complète de revendications communes et d'avoir ainsi une influence positive sur la suite des discussions autour de la PA22+.

A cette fin, nous soutenons également la mobilisation des "Raisins de la colère" le 2 décembre 2019 à Berne à 10 heures pour défendre l'agriculture indigène.

Signez ce manifeste au lien suivant ! (Attention: vous pouvez le signer si vous êtes paysanne ou paysan).

Introduction de Vanessa Renfer, paysanne et membre d'Uniterre

Intervention d'Yves Batardon, pour la filière viti-vinicole

Intervention de Romain Beuret, pour la filière céréalière

Intervention de Markus Müller, pour la filière porcine

Intervention de Stefan Brunner, pour la filière maraîchère

Intervention de Philippe Reichenbach, pour la filière laitière


Revue de presse

https://www.schweizerbauer.ch/politik--wirtschaft/agrarpolitik/manifest-zu-widerspruechlicher-agrarpolitik-54150.html

https://www.laliberte.ch/news-agence/detail/uniterre-veut-federer-les-paysans-autour-d-un-manifeste/544194

https://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Uniterre-veut-federer-les-paysans-avec-un-manifeste-30134736

https://www.youtube.com/watch?v=VdySmW4nssw

https://www.lematin.ch/suisse/uniterre-federe-paysans-manifeste/story/29978909

https://www.tdg.ch/suisse/uniterre-federe-paysans-manifeste/story/29978909

https://www.laliberte.ch/news-agence/detail/uniterre-veut-federer-les-paysans-autour-d-un-manifeste/544194

https://www.swissinfo.ch/fre/uniterre-veut-fédérer-les-paysans-autour-d-un-manifeste/45398776
mercredi, 13 novembre 2019
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A la suite de la crise que traverse la production viti-vinicole et agricole, plusieurs paysans et paysannes d’Uniterre ont lancé l’idée d’un Manifeste.

Son objectif ? Réveiller les milieux politiques et alerter les élus à Berne de l’importance capitale de maintenir une agriculture indigène, diversifiée, familiale, respectueuse des humains, de la terre et des animaux.

Comment ? En récoltant le plus possible de signatures des paysans et paysannes suisses !

Peut-être n'avons-nous pas toutes et tous la même vision sur le devenir de l’Agriculture. L'important n'est pas d'avoir raison mais de fédérer ce qu'il reste encore de l'agriculture paysanne en Suisse. Aujourd'hui, au vu de la situation, il nous faut avancer ensemble en ne nous focalisant pas sur nos divergences mais en nous unissant autour de toutes les valeurs communes contenues dans ce Manifeste. Ceci simplement pour que nous tous, paysan.ne.s, nous retrouvions le courage et la force d’affronter l’avenir.

Alors signez ce manifeste au lien suivant ! (Attention: vous pouvez le signer si vous êtes paysanne ou paysan).

Merci !


Manifeste des paysannes et paysans suisses pour un marché juste et équitable

Nous, paysannes et paysans suisses, sommes unis dans cette action

Nous, paysannes et paysans, vigneronnes et vignerons, maraîchères et maraichers, éleveuses et éleveurs, productrices et producteurs de lait, arboricultrices et arboriculteurs, horticultrices et horticulteurs, nous toutes et tous qui travaillons la terre, demandons plus de respect et de reconnaissance sur le caractère indispensable de notre métier. Aujourd'hui, nous exigeons des prix équitables pour nos produits, un marché transparent et une concurrence loyale.

Aujourd’hui, un nombre croissant de citoyennes et citoyens s’engagent pour le climat et le développement durable et de nombreux politiciens reprennent leurs discours.
Pourtant le Conseil Fédéral s’acharne avec l’appui de certains d’entre eux à négocier tous azimuts des accords de libre-échange en pleine contradiction avec ses engagements et ses prises de positions en faveur du climat, de la durabilité, de la sécurité et de la souveraineté alimentaire.

Par ce manifeste nous dénonçons le libre marché qui détruit, dans le monde entier, la paysannerie et le climat, ceci en déstabilisant la société dans son ensemble !

Le Conseil Fédéral facilite les importations, et le marché n’arrive pas à absorber la production locale de denrées alimentaires.

Nous ne pouvons pas respecter les normes suisses de rémunération et de durabilité, et à la fois être concurrentiels avec les importations étrangères. Le marché globalisé pèse sur tous les secteurs de la production agricole, bio y compris. L’agriculture suisse s’en trouve affaiblie et quasi au bord de l’implosion.

Les importations de pain industriel et autres surgelés à base de céréales en provenance de trusts agroalimentaires des pays de l'Est (tout particulièrement de Pologne) ont doublé en 10 ans. Elles représentent 120’000 t par an, écoulées majoritairement par la grande distribution, alors que les céréales et oléagineux cultivés selon les normes IP-Suisse, extenso et bio sont déclassés, car le marché est saturé.

Le lait est en crise, dans un marché piloté au profit des transformateurs et de la grande distribution, au détriment des productrices et producteurs qui, ne parvenant plus à couvrir leurs frais, abandonnent la production laitière.

Le vin produit en 2018 est encore dans les cuves et que trouve-t-on dans les grandes surfacesoudans le réseau de distribution Landi de Fenaco (sauf Genève)? Des vins étrangers en action et au commerce beaucoup plus rémunérateur. Près de 40% des vins importés le sont à moins de 1.50 CHF le litre. Les vins suisses, face à cette concurrence déloyale, perdent des parts de marché et ne représentent plus que 35 % des ventes. Tandis que, depuis 20 ans, les principales solutions proposées sont la promotion et l’exportation.

Les tomates d’Almería inondent les grandes surfaces depuis des années, et comme par enchantement, elles deviennent bio, marché oblige !Les entreprises qui y gèrent les serres sont régulièrement mises en cause pour non-respect des droits humains par exploitation esclavagiste des ouvrières et ouvriers agricoles, pour pollution, contamination et assèchement des nappes sous-terraines et des sources.

Malgré cette situation, notre gouvernement continue à signer des accords de libre-échange qui vont faciliter les importations de produits agricoles.

La production industrielle de viande dégage quatre fois plus de CO2 que la viande suisse issue de bétail nourri à l’herbe. L’élevage industriel est complice des incendies de la forêt amazonienne par l’utilisation de maïs et de soya provenant de ces régions sinistrées réaffectées à la production de masse.

Un accord de libre-échange pour l’huile de palme a été signé avec l’Indonésie, un autre est en cours de négociation avec la Malaisie. La production d’huile de palme est responsable de la déforestation, elle saccage les ressources des populations locales et elle concurrence la production d’huiles végétales suisses !

Un nouvel accord avec le Mercosur (Amérique du Sud) permettra d'importer encore plus facilement de la viande industrielle, du vin, des fruits et des fleurs d'Amérique du sud sur plus de 12’000 km ! Un projet similaire est en discussion avec les Etats-Unis.

La libéralisation du marché des fleurs coupées, en 2017, a fait grimper l’importation de fleurs provenant de l’étranger, notamment du Kenya et de la Colombie. Aujourd’hui les fleurs suisses ne représentent que 3% de celles vendues en grandes surfaces.

La volonté du peuple suisse de favoriser une agriculture familiale dans un marché juste et équitable n’est pas respectée. Nous ne voulons plus être divisés par les promesses non-tenues de la Confédération. Nous exigeons des règles de marché équitables.

Par ma signature je reconnais le bien-fondé des valeurs exprimées dans ce Manifeste et m’engage à les promouvoir afin que soit pris en compte le péril qui menace aujourd’hui les paysannes et les paysans. Je souhaite que me soient rendus le respect et la dignité dans le métier que j’exerce au service de la communauté.

Pour signer ce Manifeste, rdv au lien suivant !

jeudi, 07 novembre 2019
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Malgré la qualité exceptionnelle de leur production de vins, les vignerons suisses subissent une concurrence étrangère toujours plus forte qui aboutit à une situation catastrophique pour le secteur viticole. En juin, l'Association suisse des viticulteurs et encaveurs indépendants (ASEVI) a soumis au Conseil Fédéral un catalogue de mesures urgentes et à long terme pour assurer l'avenir de la production viticole indigène.

La mesure la plus importante consiste en une adaptation rapide du contingent d'importation fixé en 1996 à 170 millions de litres sur une base de 310 millions de litres de consommation. Cette consommation s'élève aujourd'hui à 275 million de litres. Il est dès lors cohérent d'abaisser le contingent d'importation à 130 millions de litres. C'est une mesure que le Conseil Fédéral peut prendre immédiatement sans remettre en cause les traités commerciaux signés. Le commerce et les importateurs doivent enfin s'adapter au marché ! Les taxes hors contingent tarifaire doivent être réadaptées afin de limiter les distorsions de concurrence.

Par ailleurs, les contingents d'importation doivent être attribués en fonction de la prise en charge de produits indigènes, comme c'est le cas dans la filière viande par exemple.

Dans le cadre du commerce transfrontalier enfin, la franchise doit être abaissée de 5 à 2 litres de vin par jour et par personne. Parmi les mesures urgentes, l'ASEVI demande une aide au stockage pour l'encavage de la récolte 2019, une dénonciation immédiate de la dérogation "Swissness" pour la fabrication de fondues avec du vin étranger et un fonds de crédit-relais pour éviter des faillites et de défauts de paiement.

Pour toute réponse, le gouvernement préconise de voir l'augmentation de la concurrence comme une chance et de se satisfaire d'un éventuel renforcement de la promotion. La Suisse, qui signe des traités sur le climat, le rapport agricole mondial et la Déclaration sur les Droits paysans, pour ne citer que ces documents officiels, devrait être plus cohérente, et mettre en œuvre sa Constitution et ses lois qui l'obligent à préserver la production et l'approvisionnement indigène.

D'autre part, il est scandaleux de judiciariser un dossier de politique agricole, dont la consultation est encore ouverte dans le cadre de la PA 22+, à savoir le dossier des contrôles de cave. Cette ordonnance très largement critiquée met les vignerons-encaveurs dans le même panier que les acheteurs, vendeurs et importateurs de vins étrangers, et leur demande les mêmes contrôles administratifs ! Toutes les organisations agricoles ont refusé cette ordonnance absurde et plus d'une centaine de recours ont été déposés par des vignerons-encaveurs. Résultat : Le gouvernement se cache derrière l'administration et veut intimider la contestation par des sanctions financières et juridiques, par le biais d'avances et de frais dissuasifs. L'ASEVI exige l'annulation immédiate des menaces financières et une reprise du dialogue dans le cadre de la consultation sur la PA 22+.

Article de Rudi Berli.