vendredi, 23 mars 2018
#

Le 20 mars, une délégation d’Uniterre composée de Charles-Bernard Bolay, Berthe Darras, Vanessa Renfer et Michelle Zufferey, a eu l’opportunité de rencontrer M. le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, en présence de Messieurs Dominique Kohli, Sous-directeur de l’OFAG et Jean-Marc Chappuis, Conseiller pour les affaires agricoles, DEFR.

En introduction, Monsieur Le Conseiller fédéral nous a affirmé sa volonté de favoriser undialogue large, voire même un débat, sur la politique agricole afin de trouver, avec tous les acteurs, des solutions consensuelles, qui sont une caractéristique d’un bon fonctionnement de la Suisse. Il nous a dit être content de mettre des visages sur le nom d’Uniterre et curieux de nous entendre.

Ce fut pour nous l’occasion de clarifier les thèmes de l’initiative pour la Souveraineté alimentaire qui sont toujours mal interprétés, à savoir le maintien de la protection douanière, l’importation de denrées produites selon des exigences comparables à celles en vigueur en Suisse, l’incompatibilité de lier mesures environnementales et respect des animaux avec une intensification de la production agricole, la fuite en avant que représente la recherche permanente de réduire les coûts de production.

Egalement mentionnés furent les prix du lait en Suisse, le manque de transparence des filières et la main-mise des grands distributeurs, à l’exemple de la décision soudaine de la Migros, de ne plus vendre les œufs issus de ponte au sol d’ici 2020. Nous avons partagé notre préoccupation au sujet des accords avec le Mercosur et le traité de libre-échange sur l’huile de palme.

De son côté, Monsieur le Conseiller fédéral nous a répondu point par point. Et il nous a expliqué les raisons de ses décisions, chiffres à l’appui. La politique agricole future est, dit-il,la continuité de la PA 2014-2017 et 2018-2021. Et elle a pour but de maintenir les emploisdans les PME, tout en donnant une plus grande marge de manœuvre à une agriculture entrepreneuriale et compétitive, respectueuse de l’environnement et des animaux. De même, les négociations avec le Mercosur donneraient accès (en échange, par exemple, d’une importation de viande qui aurait peu d’incidence sur notre pays) à des marchés prometteurs tels que le Mexique et le Brésil pour des produits manufacturés en Suisse.
Nous n’avions pas la prétention de convaincre M. le Conseiller fédéral d’adhérer à nos positions sur la politique agricole et les accords internationaux. Au contraire, nous avons été confortés dans l’idée que notre agriculture n’est, aux yeux de l’administration et de la majorité des forces politiques, qu’une monnaie d’échange dans un grand système économique globalisé. Il est cependant important de saisir toutes les opportunités de créer le dialogue et de semer, là où nous le pouvons, les graines porteuses d’avenir.



dimanche, 10 décembre 2017

A partir de fin 2018 les 95 millions versés par la Confédération à l’industrie agroalimentaire en contrepartie de la prise en charge de 50’000 t de céréales et de 210’280 t de lait suisses ne seront plus attribués sous la forme actuelle de loi « chocolatière ».

C’est la conséquence des accords de l’OMC que la Suisse a signée à Nairobi en 2015. Cette manne financière revenait pour près de 75 % à quatre entreprises : Nestlé, Mondelez, Hochdorf et Lindt&Sprüngli (70 Mio). Par ailleurs, les bénéfices de ces deux premières multinationales se chiffrent à des dizaines de milliards… cherchez l’erreur.

Au niveau de la production suisse les quantités concernées représentent 6 % du lait et 11 % du blé. Il faut rappeler que pour le lait nous avons toujours une production excédentaire en Suisse d’environ 15 %, alors que pour les céréales panifiables la production indigène n’est que de 85 %. La Suisse importe actuellement 100’000 t de céréales panifiables, et environ 130’000 t de produits boulangers industriels transformés. Ces importations sont détaxées, suite à l’adoption du « prinicipe de Cassis de Djion ». Tant le prix du lait que celui du blé et des céréales fourragères sont couplés indirectement aux prix européens (prix seuil pour les céréales / prix indicatif pour le lait), avec un « bonus swissness » d’environ 15 cts. Les deux prix ne rémunèrent pas de manière équitable le travail paysan. Les quantités de céréales fourragères importées sont en augmentation, rien que pour le soja elles approchent 285’000 t. Cette situation est grave et ne permet pas de garantir durablement l’approvisionnement du pays. Cette année, il y aura un déclassement de près de 100’000 t de céréales panifiables qui exercera une pression supplémentaire sur les prix. Comme dans le secteur laitier il faudrait avoir des contrats d’achat qui définissent une quantité, une qualité, un prix et un échelonnement pour le paiement des acomptes.

Au niveau suisse une bataille âpre est menée au parlement pour maintenir ce soutien à l’exportation.

Le parlement propose de verser une prime aux producteurs de 56 millions (Fr. 120.-/ ha) qui sera ensuite prélevée aux producteurs, en faveur de l’industrie… Pour rappel, la loi chocolatière avait pour but de baisser le prix de la « matière première » suisse au prix européen, par le biais d’un paiement, avec l’intention de soutenir les transformateurs exportateurs. Les industries exportatrices et l’administration envisagent en cas de suppression de cette subvention de faciliter les importations sans taxation par le moyen du trafic de perfectionnement actif qui permet d’importer une partie d’un produit transformé en Suisse mais destiné à l’exportation. La partie générale de l’article 12 de la loi sur les douanes stipule que des intérêts publics prépondérants peuvent être invoqués pour interdire ce trafic de perfectionnement. La loi autorise l’importation de biens agricoles si le désavantage du prix de matière première ne peut pas être compensé (al3). Il est évident que de telles importations menacent toute la filière de production et de transformation locale, régionale, indigène. L’industrie agro-alimentaire participe très activement à la pression générale exercée par l’administration et le Conseil Fédéral contre la régulation douanière. Nous avons besoin d’une industrie agro-alimentaire en Suisse qui participe à l’approvisionnement de notre pays avec des produits transformés. Ce secteur fait lui-même l’objet d’un processus de concentration très important. Cette concentration a plusieurs effets négatifs : elle se fait au détriment des économies locales et de l’emploi, elle standardise notre alimentation, elle génère un déséquilibre des pouvoirs sur le marché et exerce une pression sur les prix à la production. La situation des entreprises artisanales de transformation n’a rien à envier à la situation de l’agriculture paysanne. Au contraire sa destruction est déjà plus avancée. Il existe dans quelques régions des initiatives précurseurs qui relocalisent les filières de production, transformation et distribution transparentes, tout en créant une plus-value pour tous les échelons. (Genève, Pain Tournerêve, et GRTA).

Il y a dans cette situation quatre pistes importantes à défendre au niveau des organisations paysannes et à faire valoir dans les institutions politiques et sur les marchés :

- Des prix couvrant les coûts de production et permettant de rémunérer équitablement le travail

- Donner la priorité à l’approvisionnement du marché indigène, revaloriser la production fourragère indigène. Défendre une régulation douanière flexible qui favorise l’approvisionnement et la transformation indigène. Taxer les fourrages commerciaux pour soutenir la production. Taxer les produits boulangers importés.

- Soutenir la transformation locale et régionale en favorisant une économie circulaire et en garantissant la transparence (labels, accès au crédit, promotion)

- Exporter des produits qui conquièrent des marchés par leur qualité et non par un alignement sur les bas prix d’une production agro-industrielle

Tous ces points et préoccupations sont repris dans l’initiative pour la souveraineté alimentaire qui devra enfin contraindre le Conseil Fédéral à soutenir et développer l’agriculture paysanne, comme il aurait dû le faire depuis bien longtemps au regard des lois déjà existantes.

Rudi Berli


mercredi, 29 novembre 2017
#

L'Union suisse des paysans critique le double jeu du Conseil fédéral, dont la stratégie agricole vise une ouverture des frontières tout en exigeant une production helvétique de qualité et respectueuse des ressources. Interview du conseiller national Jacques Bourgeois, directeur de l'USP. Et réponse aux questions de Paul Ecoffey - membre d'Uniterre - par rapport à l'initiative sur la Souveraineté Alimentaire.

https://www.rts.ch/play/radio/forum/audio/les-pays...

jeudi, 23 novembre 2017
#

Uniterre a organisé ce jeudi 23 novembre une manifestation à la Waisenhausplatz à Bern, manifestation ayant 2 objectifs: lancer la pétition lait et protester contre l’insuffisance des contrats-laitiers.


1/ Lancement de la pétition lait

Uniterre lance officiellement aujourd'hui la pétition lait « Pour Fr.1-par litre de lait payé aux producteur-trice-s afin qu’ils puissent vivre dignement ! ».

La pétition sera remise courant mars 2018 à M. Johan Schneider-Amman, Ministre de l’agriculture, et à la Chancellerie fédérale. Nous exigeons que la loi sur l’Agriculture soit respectée, en particulier le point qui stipule que les paysan-ne-s doivent disposer d’un revenu comparable à la moyenne des revenus de leur région.

La pétition peut se signer soit en ligne : https://uniterre.ch/petitionLait soit par papier – version téléchargeable sur le même lien - ou nous pouvons vous en faire parvenir par courrier.


2/ Insuffisance des contrats-laitiers

Le Conseil Fédéral a enfin décidé d’accorder la force obligatoire de l’IP-Lait pour appliquer le règlement sur les contrats laitiers, à savoir que désormais « tout acheteur de lait est tenu d’annoncer à ses fournisseurs le vingtième jour du mois au plus tard les quantités et les prix de ses achats du mois suivant ». C’est un premier pas mais il n’est de loin pas suffisant. Une communication mensuelle sur les quantités et la valorisation du lait ne permet pas aux producteur-rice-s d’adapter leur production.

Cette action a été suivi d'une 2ème action symbolique : dans un magasin Denner où nous avons trouvé du lait vendu à moins d'Fr.1-le litre, nous sommes allés à la caisse avec les briques de lait et nous avons demandé à parler au gérant sur le prix payé au producteur. La gérante nous a indiqué comprendre nos revendications mais nous a aussi rappelé que malheureusement, à son niveau, elle ne pas faire grand chose et qu'il faut aller protester au niveau de la centrale à Zurich.

Communiqué de presse


Revue de presse

https://www.rts.ch/play/radio/la-matinale/audio/le-journal-de-7h-presente-par-julien-bangerter?id=9093740&station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0446cdf8da

https://www.24heures.ch/economie/Prix-du-lait-Unit...

https://www.rjb.ch/Place-publique/Prix-du-lait-CIC...

https://www.tdg.ch/economie/prix-lait-uniterre-lan...

http://www.agrihebdo.ch/news/detail.asp?Id=3904

https://bauernzeitung.ch/sda-archiv/2017/uniterre-lanciert-petition-fuer-fairen-milchpreis/

https://www.schweizerbauer.ch/politik--wirtschaft/kampf-um-milchpreis/uniterre-demo-fuer-fairen-milchpreis-38950.html

https://www.blick.ch/news/schweiz/milchmarkt-bauern-fordern-einen-franken-pro-liter-milch-id7638453.html

http://www.telebaern.tv/118-show-news/19572-episod...



jeudi, 23 novembre 2017
#


RAS-LE-BOL d'être roulés dans la farine par nos politiques et nos acheteurs?

D’être les pantins de Coop, Denner et consorts? Ca suffit!


Jeudi 23 novembre Journée de mobilisation avec un 1er rdv à 10h à la Waisenhausplatz, à Berne

Lancement officiel de la pétition lait d'Uniterre «Pour Fr.1-/litre de lait payé aux producteur-trice-s de lait afin qu’ils puissent vivre dignement!», pétition qui sera remise au ministre de l’agriculture, Johann Schneider-Ammann et aux autorités fédérales pour qu’ils prennent enfin leurs responsabilités et fassent respecter les articles 5 et 37 de la loi sur l’Agriculture.

suivi d’un petit dessert maison dont Uniterre a le secret...


Pourquoi cette mobilisation?

- Parce que nous attendons toujours l’action du Conseil Fédéral sur l’application des contrats-laitiers comme stipulé dans la loi sur l’agriculture.

- Parce que rien ne bouge sur le prix du lait payé honteusement bas aux producteurs, et qu’en attendant les producteurs de lait continuent d’agoniser lentement…

- Parce que cela suffit d'être roulés dans la farine par nos politiques et nos acheteurs, d’être les pantins de Coop, Denner et consorts avec leurs publicités mensongères de produits «soi-disant» équitables…


Nous avons besoin de monde!



vendredi, 17 novembre 2017
#


RAS-LE-BOL d'être roulés dans la farine par nos politiques et nos acheteurs?

D’être les pantins de Coop, Denner et consorts? Ca suffit!


Jeudi 23 novembre Journée de mobilisation avec un 1er rdv à 10h à la Waisenhausplatz, à Berne

Lancement officiel de la pétition lait d'Uniterre «Pour Fr.1-/litre de lait payé aux producteur-trice-s de lait afin qu’ils puissent vivre dignement!», pétition qui sera remise au ministre de l’agriculture, Johann Schneider-Ammann et aux autorités fédérales pour qu’ils prennent enfin leurs responsabilités et fassent respecter les articles 5 et 37 de la loi sur l’Agriculture.

suivi d’un petit dessert maison dont Uniterre a le secret...


Pourquoi cette mobilisation?

- Parce que nous attendons toujours l’action du Conseil Fédéral sur l’application des contrats-laitiers comme stipulé dans la loi sur l’agriculture.

- Parce que rien ne bouge sur le prix du lait payé honteusement bas aux producteurs, et qu’en attendant les producteurs de lait continuent d’agoniser lentement…

- Parce que cela suffit d'être roulés dans la farine par nos politiques et nos acheteurs, d’être les pantins de Coop, Denner et consorts avec leurs publicités mensongères de produits «soi-disant» équitables…


Nous avons besoin de monde!



mercredi, 15 novembre 2017
#

24 septembre 2017: et maintenant?

Sans surprise, le nouvel article constitutionnel sur la Sécurité alimentaire a passé haut la main l’épreuve du vote populaire, avec des résultats proches des records nationaux. L’on peut sans autre se réjouir que le peuple helvétique ait dans son ensemble clairement manifesté son soutien à notre agriculture, en ayant à cœur de suivre le mot d’ordre donné par les constructions bucoliques en paille à proximité des fermes. Si l’agriculture est souvent critiquée pour diverses raisons, ce jour-là en tout cas les doutes ont été balayés et remplacés par une très belle preuve de confiance.

Reste qu’aujourd’hui, les défis sont nombreux. De l’avis même des initiants et de Johan Schneider-Amman, l’article constitutionnel en tant que tel ne va pas changer grand-chose à la situation. Et pourtant! Il n’est pas exagéré de dire qu’actuellement l’agriculture se trouve à la croisée des chemins, et toutes et tous nous braquons nos regards sur la façon dont elle va répondre à nos attentes. Quelles décisions vont être prises au sein du Conseil fédéral? Quels soutiens pour les familles paysannes? Quel type d’agriculture sera privilégié? Est-ce que ce vote assurera le maintien d’une agriculture portée par une grande diversité d’exploitations agricoles? Qu’est-ce qui sera concrètement mis en œuvre pour maintenir les fermes, voire en augmenter le nombre? Quels acteurs de la chaîne alimentaire seront prioritaires? Une première étape sera de faire le tri parmi les attentes, de déterminer lesquelles sont les plus fondamentales, et lesquelles il sera possible de satisfaire.

La tâche n’est pas aisée: les paysannes et les paysans de ce pays connaissent des quotidiens infiniment variés, que ce soit en termes de type de production, de taille d’exploitation, de contexte familial. L’agriculture n’est pas faite pour rentrer dans un moule! Il est pourtant un point essentiel sur lequel tout le monde peut s’accorder: en tant que branche économique, les personnes qui y travaillent doivent pouvoir en vivre dignement. Nous savons que ce n’est pas le cas actuellement. Nous sommes cependant persuadés que c’est possible.

Du point de vue du consommateur, ce n’est en tout cas pas plus simple. Les revendications de nos concitoyen-ne-s, quoique légitimes, sont légion. Répondre à leurs attentes en termes d’écologie, de goût, de prix, de proximité, de diversité, d’accessibilité, sera un exercice des plus périlleux, mais ce sont les promesses qui ont été faites tout au long de la campagne par les porteurs du contre-projet! Et y répondre, demandera du courage politique, et une volonté partagée d’aller vers un système alimentaire résilient.

L’initiative pour la Souveraineté alimentaire permettra des débats de fonds et l’émergence de systèmes novateurs et de projets-pilotes ouvrant la voie vers une société plus juste, respectueuse, diversifiée et responsable. Pour qui s’est amusé à se promener sur les réseaux sociaux au mois de septembre, il a été facile de constater que les souhaits des consommateurs dépassent de très loin les objectifs fixés par le contre-projet. Un ras-le-bol général suite aux trop nombreux scandales alimentaires; un soutien affectif profond aux paysannes et paysans qui sont leurs voisins; une volonté clairement exprimée de retourner faire ses achats directement chez le producteur; le refus quasi-unanime des fermes-usines qui n’offrent aucune sécurité; le rejet également très marqué des OGM; ce sont tous ces arguments que l’on retrouve tout simplement dans l’initiative lancée par Uniterre. C’est à se demander si au final, les votants n’ont pas déjà pris un peu d’avance sur le programme fédéral.


Vanessa Renfer et Michelle Zufferey


lundi, 13 novembre 2017
#

article de Jean-Luc Wenger paru dans Le Courrier du 10 novembre 2017

Rencontre avec Fernand Cuche qui poursuit sa lutte pour une politique agricole durable.

«Nous ne pouvons pas régater sur
le prix du lait. Un producteur touche 50 cen- times le litre en Suisse, alors que c’est 25 centimes en France. Nous ne sommes pas concurrentiels.»

lire l'article

lundi, 06 novembre 2017
#

L'invité-e de Romain Clivaz - RSR1- vendredi 3 novembre

Interview de Pascal Corminboeuf, ancien conseiller d’Etat fribourgeois, qui ne partage pas la vision du Conseil fédéral sur les perspectives de la politique agricole.

écouter l'interview

vendredi, 03 novembre 2017

Communiqué de presse Uniterre et Alliance pour la souveraineté alimentaire

Lausanne, 3 novembre 2017

Vue d’ensemble sur la politique agricole

Le syndicat paysan Uniterre et l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire ont accueilli avec beaucoup d’inquiétude les déclarations du Conseiller Fédéral Johann Schneider-Ammann du 1er novembre. Durant la campagne sur la Sécurité Alimentaire, nous avons mis en garde contre le risque de multiplication des accords de libre-échange. Cela s’est confirmé. Il est donc d’autant plus important de s’engager pour la souveraineté alimentaire, elle qui préconise un marché équitable, dans le respect de tous les acteurs, ainsi que le partage juste de la valeur ajoutée.

Cette interminable litanie du Conseil Fédéral sur l’ouverture des frontières, la compétitivité et le pouvoir de l’innovation a abouti à la fermeture de 2 à 3 exploitations agricoles par jour, la chute de 30% des prix à la production ces 30 dernières années, ceci alors que la part du budget des ménages dédiée à l’alimentation n’est que de 7%. Ce développement alimente l’énorme concentration du marché dans les mains d’une poignée d’entreprises nationales et de multinationales. Et ces dernières, de par leur puissance sur le marché, poussent à la destruction de l’agriculture paysanne, parmi d’autres conséquences bien connues comme l’industrialisation, la surexploitation des ressources naturelles, le changement climatique et la perte de la biodiversité (voir Rapport Mondial sur l’Agriculture 2008).

Les paroles contradictoires du Conseil Fédéral n'aident ni les paysannes et paysans, mais au contraire servent leurs adversaires. Il est prévu d’allouer des moyens supplémentaires pour atténuer les effets de cette ouverture des marchés. Cela rendra les paysannes et les paysans encore plus dépendants de l’Etat et ce, en complète contradiction avec l’esprit entrepreneurial prôné par le Conseil Fédéral. Répéter inlassablement un non-sens, ne le rend pas plus sensé! Nous exigeons que l'agriculture soit définitivement exclue des accords de libre-échange. Pierre-André Tombez, président de l'Alliance pour la Souveraineté Alimentaire indique : "Au niveau mondial, nous faisons partie de cette poignée de pays qui importent énormément de denrées alimentaires. La mise en place d'un marché équitable local et international, comme le propose notre initiative pour la Souveraineté Alimentaire, est la solution pour arrêter les accords de libre-échange."

La défense d’une agriculture diversifiée et des protections douanières efficaces, ainsi que la démocratisation des systèmes alimentaires, sont impératifs pour permettre le maintien de l'agriculture paysanne et d’une alimentation saine. Ulrike Minkner, paysanne bio et vice-présidente de l'Alliance pour la Souveraineté Alimentaire précise : "Notre vision d'une agriculture qui produit une alimentation socialement juste et écologique, trouve un écho dans notre pratique quotidienne comme paysannes et paysans ainsi que dans l'initiative pour la Souveraineté Alimentaire."

L’Alliance pour la souveraineté alimentaire a été fondée en septembre 2016, elle promeut l’initiative pour la souveraineté alimentaire. Elle réunit environ 250 organisations et personnes issues de mouvements agricoles, ecclésiastiques et sociaux. La votation aura vraisemblablement lieu en automne 2018.




communiqué en pdf