jeudi, 02 décembre 2021
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Communiqué de presse d’Uniterre

L’annonce du Conseil Fédéral du 24 novembre d’approbation de la prolongation pour 4 ans de la force obligatoire pour le contrat-type de l’Interprofession du lait (IP Lait) pour tous les acheteurs et vendeurs de lait cru a choqué Uniterre.

Dans son communiqué de presse du 25 octobre 2021, Uniterre demandait à ce que la prolongation de la force obligatoire de l’IP Lait soit conditionnée. Nous avions également pris position suite à la consultation possible. Nos demandes ont-elles été prises en compte ?

Le problème principal : L’IP Lait a refusé la mise en application d’une décision parlementaire, à savoir la motion Noser (19.3952). Cette motion demandait notamment que la livraison du lait segment B devienne volontaire (cf. annexe ci dessous). Le Conseil Fédéral doit respecter et faire appliquer les décisions politiques. Comment peut-on encore avoir confiance en nos institutions quand ces dernières ne respectent pas les décisions parlementaires ?

C’est un scandale ! L’IP lait se croit au dessus des lois et le Conseil Fédéral le confirme.

Cette nouvelle est bien triste pour les producteurs de lait. Ces derniers vont continuer à faire les frais de l’irresponsabilité de l’IP Lait et de la désobéissance du Conseil Fédéral. L’hémorragie continue, le lait vient à manquer. Qu’espère le Conseil Fédéral ? Ouvrir la ligne blanche pour avoir accès à du lait encore meilleur marché ? Mais la production baisse également en Europe, à cause des mêmes aberrations.Au vue du contexte de dérèglement climatique que nous vivons, ne faudrait-il pas plutôt sécuriser l’approvisionnement en Suisse, que de le détruire ? Le Conseil Fédéral veut-il la mort de la production laitière suisse ? La Souveraineté alimentaire est plus que jamais pertinente !

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Contact presse :

Philippe Reichenbach : 079 640 89 63

Maurus Gerber : 081 864 70 22

Annexe

Communiqué de presse du 25 octobre


lundi, 22 novembre 2021
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Communiqué de presse de l'EMB - Bruxelles, le 18 novembre 2021

Les représentants de douze pays européens se sont réunis cette semaine à Louvain, en Belgique lors de l’Assemblée générale de l’European Milk Board (EMB) afin d’échanger sur des solutions importantes pour le secteur laitier. En effet, les erreurs commises dans le secteur agricole de l’UE et leurs conséquences problématiques apparaissent de plus en plus clairement. La production de lait est déjà en baisse dans d’importants pays producteurs, car la part non-couverte des coûts pousse les éleveurs à mettre la clé sous la porte en masse, et ce depuis depuis des années déjà. Les représentants des producteurs laitiers européens ont ainsi réitéré la nécessité de corriger le cap afin de garantir un avenir au secteur et aux producteurs et productrices ainsi que de de pérenniser la production fiable d’aliments pour les citoyens de l’UE.

À la pression sur les coûts qui a pesé jusqu'à présent sur les producteurs, par exemple en raison de la stratégie libérale actuelle d'exportation et d'importation, s'ajoute la pression sur les revenus qui résulte des stratégies vertes actuelles et futures telles que le Pacte vert et la stratégie « De la ferme à la fourchette ». Comme l’ont souligné les nombreux représentants des producteurs laitiers, des mesures environnementales et climatiques sont nécessaires pour tous les secteurs de la société. Toutefois, elles doivent être pensées jusqu’au bout. Ainsi, dans le secteur agricole, les stratégies doivent être conçues de manière à être tenables pour les producteurs et efficaces pour l’environnement et le climat.

L’Assemblée générale dans son ensemble s’est accordée sur le fait que les solutions présentées pour le secteur doivent impérativement comprendre des conditions cadres pour une couverture des coûts afin de corriger les erreurs commises par le passé et éviter d’en commettre de nouvelles lors de l’élaboration de politiques vertes. Les représentants des producteurs laitiers présents à la réunion ont mis l’accent sur la nécessité d’avoir des instruments à disposition pouvant limiter temporairement les volumes en période de crise, ainsi qu’une politique axée sur un financement solide des mesures de durabilité. Pour le secteur agricole, cela doit signifier que tous les coûts de production – y compris les coûts de durabilité – sont couverts et ne sont pas répercutés au niveau des producteurs.

« Grâce à la réforme de la PAC adoptée cette année, la réduction volontaire des volumes a officiellement été ancrée dans l’Organisation commune des marchés de l’UE en tant qu’instrument pour les périodes de crise. Il s’agit d’un premier petit pas en avant sur un chemin encore long que les décideurs politiques doivent emprunter aux côtés des agriculteurs et agricultrices pour une refonte complète du système agricole actuel », a déclaré Sieta Van Keimpema. Sur ce chemin, les stratégies en matière de durabilité de l’UE devraient aussi être adaptées. « Nous voulons une politique climatique, car il va sans dire que nous, les agriculteurs, sommes les premiers à ressentir les effets du changement climatique. Toutefois, cette politique doit être abordable et réellement efficace pour l’environnement et le climat ».

Contacts :

Sieta van Keimpema – présidente de l'EMB (NL, EN, DE) : +31 (0)612 16 80 00
Kjartan Poulsen – vice-président de l'EMB (EN, DK, DE) : +45 (0)212 888 99
Silvia Däberitz – directrice de l'EMB (FR, DE, EN) : +32 (0)2 808 1936
Vanessa Langer – contact presse de l'EMB (FR, EN, DE) : +32 (0)484 53 35 12
lundi, 15 novembre 2021
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Réaction de la commission lait d’Uniterre aux modifications du train d’ordonnances agricoles 2021

L’obligation des pendillards reportée au 1er janvier 2024

Nous saluons le report de l’épandage du lisier avec des pendillards au 1er janvier 2024.

Cependant, avant sa mise en place, il faut pouvoir en assurer le financement : comme déjà indiqué dans nos précédents communiqués, le besoin en équipement va engendrer des coûts non négligeables pour les producteurs.

Nous demandons donc une augmentation du prix des produits agricoles tel que le lait, la viande, les céréales, afin de compenser l’investissement nécessaire. Ce n’est pas seulement aux producteurs de prendre en charge ces coûts supplémentaires mais bien au marché !

Diminution de la prime fromagère de 1 ct et augmentation du supplément pour le lait commercialisé de 0,5 ct

Des années qu’Uniterre mettait en garde contre l’abaissement de la prime fromagère. Ca y est, nous y sommes !

Des années que nous martelons que le système actuel de versement de la prime fromagère est tellement opaque, mal contrôlé qu’il pousse une partie des industriels à utiliser cette prime pour la fabrication de fromage pour l’exportation, fromage sans aucune valeur ajoutée. Système que l’Interprofession Lait ne veut pas remettre en cause !

N’est-ce pas quelque part une punition du Parlement cette diminution ?

De plus, le supplément pour le lait commercialisé a été augmenté de 0,5 ct, passant de 4,5 cts à 5 cts. Est-ce une bonne nouvelle ? Le gouvernement précise que : « Cette hausse vise à utiliser le crédit dans toute la mesure du possible pour le lait de centrale, conformément aux vœux du Parlement. ». N’oublions pas qu’à la base, ce supplément a été mis en place pour remplacer la loi chocolatière pour permettre aux industriels de compenser le prix de la matière première suisse pour l’exportation, via les fonds de « réduction du prix de la matière première » et « Régulation ». Depuis 2021, il y a eu des modifications par rapport à ces fonds : transfert du fonds « régulation » vers le fonds « réduction du prix de la matière première » et introduction d’un 3ème fonds de soutien d’exportation à la protéine lactique (boîte MPC) mais là n’est pas la question !

Nous nous demandons aujourd’hui si ses 0,5 ct vont aller dans la poche du producteur ou être récupérés par l’industrie comme les 4,5 cts. Permettez nous d’en douter !

Afin de compenser la baisse de la prime fromagère qui sera forcement répercutée sur le prix aux producteurs, nous appuyons le besoin, une nouvelle fois, d’une augmentation du prix de base du lait.

Contact presse :

Philippe Reichenbach, 079 640 89 63

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mardi, 02 novembre 2021
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L’Interprofession du Gruyère a fêté le 6 juillet 2021 ses 20 ans en grande pompe. L’occasion pour Uniterre de revenir sur les débuts de cette Interprofession et de rétablir quelques vérités.

Interview croisée de Max Fragnière – ancien président de la section Fribourg d’Uniterre, ancien membre de l’IPG et Gaston Nicolier – président d’Uniterre à l’époque de la création de l’IPG.

Nous avons trouvé dans les archives du journal d’Uniterre, anciennement appelé l’Union des Producteurs Suisses (UPS) les PV des 1ères discussions sur le Gruyère en 1992. Pouvez-vous nous en dire plus. Pourquoi ces discussions ?

MF&GN : Cremo a annoncé vouloir industrialiser la production de Gruyère et construire une première centrale dans le canton de Fribourg, qui puisse transformer 15 millions de kg de lait en Gruyère sur une année. Pour nous, c’était une grosse erreur : la fabrication du fromage tel que le Gruyère devait rester artisanale, autant pour garantir une qualité gustative et éviter une « standardisation du goût », que pour garder la main sur la gestion des quantités et donc sur un prix rémunérateur aux producteurs.

L’Union (pour désigner l’UPS tout au long de l’article) s’y oppose fermement et lance une pétition qui récoltera 10 000 signatures en 20 jours.

Et pendant ce temps, l’Union Centrale des Producteurs de Lait (UCPL) qui est l’ancienne Fédération des Producteurs Suisses de Lait (FPSL) donnait son accord (mais pour 5 millions de kg) et allait ainsi à l’encontre des nombreuses personnes et institutions qui s’y opposaient. Au sein de la Fédération des Sociétés Laitières Fribourgeoises (FSLF), ancêtre de la Fédération des Sociétés Fribourgeoises de Laiterie (FSFL), les avis étaient partagés mais le soutien l’a finalement emporté.

Que s’est-il passé ensuite ?

MF: 2 choses : la 1ère, pour contrer cela, il nous a fallu rapidement mettre en place une charte du Gruyère afin de limiter la production du Gruyère aux fromageries artisanales. Nous avons pour cela rencontré Philippe Bardet un 8 décembre, je n’ai plus l’année exacte en tête, autour de 1990. Philippe Bardet était alors membre de la Fédération des Sociétés d’Agriculture de la Suisse Romande (FSASR), qui est l’équivalent aujourd’hui de la Fenaco suisse romande. La charte sera créée et signée le 2 juillet 1992 et Philippe Bardet deviendra le secrétaire de la Commission de cette charte.

La 2ème chose : nous avons fait recours à l’OFAG contre la décision de l’UCPL d’approuver la fabrication des ateliers de production du Gruyère de Cremo. L’OFAG nous a répondu que ce recours n’était pas recevable. Nous avons alors fait recours auprès du Tribunal Fédéral - même réponse : demande irrecevable. Résultat : Cremo a pu mettre en place une structure pour la production du Gruyère.

GN: j’ai du coup proposé d’aller occuper les ateliers du Gruyère de la Cremo. Je déplorais le manque de pouvoir des paysans au sein de l’UCPL. Il y avait déjà une surproduction et on craignait que celle-ci ne se détériore encore. Alors que la condition sine qua none pour maîtriser les prix, c’était la gestion des quantités de production.

Il y avait alors une charte du Gruyère. Quelle a été l’étape suivante ?

GN: Suite à des échanges avec des fromagers français qui avaient développé des fromages avec Appellation d’Origine Contrôlée (AOC), l’idée est venue de développer aussi une AOC pour le Gruyère. La Charte du Gruyère a eu comme tâche principale d’élaborer ce dossier pour l’AOC, et pour cela, définir quelles étaient les étapes de production d’un Gruyère AOC.

MF&GN: La coordination nécessaire pour respecter les méthodes de production propre au Gruyère nécessitait une organisation particulière et en 1995, l’Union a fait les démarches pour la création d’une interprofession. Sa structure idéale : 4 producteurs, 4 fromagers, 4 affineurs et 1 président indépendant ainsi que l’assurance que chaque groupe ait ses propres délégués. Son travail : que les trois groupes s’entendent sur les prix, les marges et les quantités de chacun.

D’ailleurs, l’équipe de l’époque avait proposé que ce soit Fernand Cuche qui soit directeur mais Fernand Cuche n’a pas accepté.

Et Cremo dans tout ça ?

GN: Cremo a malgré tout démarré sa production de Gruyère. Du coup, notre priorité était que Cremo ne puisse pas avoir l’AOC, celle-ci devait être réservée aux fromageries artisanales villageoises.

Suite des événements

L’assemblée constitutive de l’IPG a eu lieu le 2 juin 1997 à Gruyères. Son 1er directeur fut Philippe Bardet, toujours en fonction aujourd’hui. Et Le 1er président, Pierre Dubois, ancien conseiller d’état neuchâtelois. Le président actuel de l’IPG est Oswald Kessler.

Le 22 janvier 1998, la demande d’AOC pour le Gruyère a été remise à l’OFAG. L’AOC Gruyère sera instaurée le 6 juillet 2001 puis remplacée par l’Appellation d’Origine Protégée (AOP) en 2011.

Aujourd’hui, Cremo continue de fabriquer du Gruyère AOP.

Comment vous avez pris le fait que l’IPG fête ses 20 ans sans citer Uniterre, alors à la base de la création de cette Interprofession ?

MF: l’interprofession existe, c’est le plus important. Qu’elle donne satisfaction aux producteurs, qu’elle puisse leur apporter un bon prix du lait, ma foi, c’est l’essentiel. Que l’on n’ait pas participé à la fête des 20 ans, personnellement, je ne suis pas surpris.

GN: pour moi, l’important, c’est qu’on ait pu aboutir à la création de cette Interprofession et qu’on ait pu protéger la fabrication du Gruyère.

NB : certaines informations proviennent également des archives des journaux de l’UPS, Max Fragnière et Gaston Nicolier ne se souvenant pas de tout dans le détail.

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lundi, 25 octobre 2021
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Les organisations paysannes avaient jusqu’au 18 octobre pour prendre position notamment sur la requête de l’IP Lait, à savoir que la déclaration de force obligatoire de son règlement du contrat-type et de la segmentation soit prolongée de quatre ans.

Uniterre a fait savoir sa position que voici :

En principe, Uniterre soutient la force obligatoire pour le contrat d'achat de lait type et de la segmentation. Cependant, nous ne pouvons pas accepter le refus de mettre en œuvre la motion Noser, que nous voyons comme un irrespect totale de la démocratie. En effet, cette motion demandait notamment que la livraison du lait segment B deviennent volontaire. L’IP Lait n’a pas voulu mettre en place cette mesure, « craignant » une baisse du prix du lait segment A.

Le problème vient en grande partie de la composition de l’IP-Lait, où les producteurs ne sont pas réellement et impartialement représentés.

Rappelons que l’objectif de l’IP Lait est de « renforcer l’économie laitière suisse et particulièrement de ses membres, notamment par le maintien et la promotion de la valeur ajoutée […]. » Depuis sa création, l’IP Lait ne s’est occupée que de la viabilité économique des acheteurs et des transformateurs, tout en négligeant le maillon le plus important que sont les producteurs. En voici le triste constat : depuis 2009, le prix du lait à la production pour le lait de vache est passé de 73,17 centimes à 60,19 centimes en 2020. Résultat : sur cette même période, le nombre de producteurs de lait (y compris les exploitations d'estivage) est passé de 27 151 exploitations à 18 296 à fin 2020, soit une baisse d'environ 32%.

Comme l’IP Lait ne s'est pas montré disposée à mettre en œuvre la résolution parlementaire ; et comme l’IP Lait n’a pas su faire de propositions alternatives pour améliorer la valeur ajoutée et la viabilité économique de la production laitière, nous demandons au Conseil fédéral de ne pas étendre l'applicabilité générale de l’IP Lait tant que l’IP Lait ne fera pas d'efforts pour mettre en œuvre une amélioration de la sécurité de la planification et de la valeur ajoutée pour les producteurs au sens de la résolution parlementaire.

De plus nous demandons également une refonte en profondeur de la structure de l’IP Lait à l’instar par ex. de l’Interprofession du Gruyère, où les groupes producteurs-affineurs-fromagers sont représentés équitablement.

Il est grand temps de se réveiller avant qu’il ne soit trop tard et que le lait vienne tellement à manquer qu’il faudra ouvrir la ligne blanche.

Uniterre a d’ailleurs travaillé en parallèle avec la parlementaire Meret Schneider sur une motion qui découle de notre prise de position : motion 21.4296* « Wertschöpfung und Planungssicherheit für Milchbauern », motion déposée le 1 octobre 2021 au Conseil national.

*https://www.parlament.ch/de/ratsbetrieb/suche-curi...

Contact presse : Rudi Berli, r.berli@uniterre.ch - 078 707 78 83

CP et Argumentaire d'Uniterre sur la consultation pour la demande de force obligatoire de l'IP Lait

lundi, 14 juin 2021
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Action organisée par Uniterre, Big-M et BBK

Si la production laitière doit avoir un avenir, cela ne peut se faire qu'avec un prix du lait qui couvre les coûts de production. Jusqu'à présent, cependant, les producteurs laitiers ont été contraints de livrer du lait B bon marché. Avec ce système, la lutte pour des segments de marché à faible valeur ajoutée se fait sur le dos des fournisseurs. Le prix indicatif du lait B est inférieur de 18 centimes à celui du lait A. Ce lait bon marché, qui sert même à financer des exportations de dumping, fait baisser le prix, de sorte qu'aucun lait durable ne peut être produit à long terme ! Ainsi, la production de lait durable et paysanne en Suisse est détruite un peu plus chaque jour !
Il est un fait que la pression constante sur les prix dans l'agriculture conduit à des formes de production qui sont de moins en moins acceptées par la population. Le Parlement fédéral l'a reconnu. Avec une unanimité historique de gauche à droite, la motion « Améliorer les termes du contrat-type de l'Interprofession du lait » de la CER du Conseil des États a été acceptée par le Conseil des États le 24.09.2019, et par le Conseil national le 28.06.2020 avec seulement 2 voix contre. Un élément décisif est que l'approvisionnement en lait B bon marché devienne volontaire. La résistance des acheteurs de lait et de l'industrie laitière était prévisible. Aujourd'hui, lors de son assemblée des délégués, l'Interprofession du lait refusera de se plier à cette exigence parlementaire. C'est un scandale !
La demande du Parlement est justifiée et peut être mise en œuvre sans aucun problème. Pour les consommateurs, cela ne changera rien du tout, mais la renonciation au lait B augmentera considérablement le prix du lait pour les agriculteurs.

Nous, producteurs laitiers, demandons que la motion soit appliquée.

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Mise à jour

Décisions de l'assemblée des délégués de l’IP Lait du 2.7.2021 : à partir du 1er janvier 2022, les conditions suivantes s'appliqueront au contrat d'achat du lait : les conditions d'achat du lait (quantités et prix) doivent être portées à la connaissance de chaque fournisseur individuellement chaque mois pour les segments A et B au plus tard le 20 du mois précédent. Les délégués ont accepté de ne pas rentrer en matière concernant la livraison facultative du lait segment B, tel qu'exigé par le Parlement. L’IP Lait confirme donc ainsi le non respect de la décision parlementaire du 28.6.2020.

Motion « Améliorer les termes du contrat-type de l'Interprofession du lait »

Déposé par la CER-CE le 28.06.2019, Accepté par le Conseil des Etats le 24.09.2019, accepté par le Conseil National le 28.06.2020


Le Conseil fédéral est chargé d'intervenir auprès de l'Interprofession du lait afin que le contrat type pour l'achat et la vente de lait cru comprenne, conformément à l'article 37 de la loi sur l'agriculture, les éléments suivants:

Le contrat d'achat de lait doit indiquer les prix auxquels la livraison est effectuée afin que le fournisseur de lait en ait connaissance avant la livraison et qu'il puisse planifier son activité entrepreneuriale. La segmentation A, B, C en vigueur doit être maintenue. En outre, il s'agit d'interdire de ne pas fixer de prix pour le segment C et d'écouler les excédents laitiers dans le cadre du segment B : un prix spécifique doit impérativement être déterminé pour les segments B et C. Les prix appliqués aux segments A et B doivent être définis dans le contrat, au moins pour une durée de trois mois, en indiquant la quantité et le prix au kilogramme. Il convient par ailleurs de laisser au fournisseur de lait le choix d'accepter ou non une livraison de lait du segment C. Par conséquent, les vendeurs et acheteurs doivent convenir des quantités de lait de segment B livrées et du prix de livraison. Les producteurs qui ne souhaitent pas livrer de lait des segments B et C bon marché ne doivent cependant pas être sanctionnés par une réduction des quantités pour les segments A et B.

mercredi, 20 janvier 2021
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Communiqué de presse Uniterre

Des paysans protestent vivement à l’annonce de la demande d’importation de lait frais destiné au trafic de perfectionnement par la fromagerie Imlig – Agri du 15.01.2021

Malheureusement cette annonce ne nous surprend même pas. Elle étaye ce que nous dénonçons à Uniterre depuis des années ! Le système actuel est tellement retors qu’il pousse les industriels à fabriquer ce fromage pour l’exportation, un fromage qui n’a aucune valeur ajoutée et qui :

  • entre en concurrence déloyale avec nos fromages à haute valeur ajoutée qui sont exportés.
  • entre en concurrence déloyale même avec les fromages produits par les pays vers lesquels nous l’exportons.
  • profite du Swissness sans aucun mérite.
  • détourne illégalement les primes pour la transformation fromagère, primes qui sont censées être versées aux producteurs. C’est du vol que même nos autorités ne sanctionnent pas.

En 2019, la Suisse a exporté 6064 t de « Switzerland Swiss » (cf. schéma ci après), ce fromage de la colère qui profite avec sa dénomination même doublement du Swissness…!

Nous ne dénonçons pas directement la fromagerie Imlig, qui n’est que victime d’un système opaque, malhonnête, qui dure depuis bien trop longtemps.

De plus, la diminution du nombre de producteur.trice.s, qui commence à entrainer une diminution de la production, n’y est aussi pas pour rien. En effet, tous les voyants étaient au vert en 2020 pour enfin espérer une augmentation significative du prix du lait de centrale, suite à la pénurie de beurre ayant conduit à un volume d’importation total de 4’800 tonnes. C’est la loi de l’offre et de la demande : quand l’offre manque, les prix sont censés augmenter. Et pourtant, cette augmentation de prix n’a été que dérisoire, pour ne pas dire inexistante.

Nous sommes sûrement passés sous la barre des 19’000 producteur.trice.s de lait à fin 2020 (19’048 à fin 2019).

Il est grand temps que les représentants des producteur.trice.s à l’Interprofession Lait (IP Lait) prennent le taureau par les cornes pour exiger :

- l’arrêt de ce système mafieux de production de fromages indutriels pour l’exportation ;

- la valorisation du lait Suisse dans le segment A, pour une fabrication de produits indigènes, comme le beurre, dont on manque cruellement ;

- une augmentation SIGNIFICATIVE du prix du lait, si nous voulons encore croire à une production de lait de centrale en Suisse à l’avenir !

La commission lait d’Uniterre

Contact presse : Philippe Reichenbach : 079 640 89 63


Pour rappel : la prime fromagère

Tous les transformateurs reçoivent une prime de 10,5 cts pour le lait transformé en fromage. L’objectif de cette prime était de stabiliser le prix du lait industriel après la libéralisation du marché fromager (juin 2007). Cette prime ne devrait être attribuée que sur du lait payé au prix du segment A. Une partie du lait de centrale transformée en fromage est prise sur le segment B (10 à 13%, soit 150 à 200 000 tonnes de lait) et cette prime fromagère est également touchée sur ce lait segment B. De nombreuses fromageries artisanales transmettent cette prime correctement aux producteurs. Par contre, certains grands acheteurs et transformateurs contournent cet objectif par une application opaque de la segmentation, ce qui empêche les producteurs de savoir exactement quel est le prix réel de leur lait.

Selon une analyse de la Recherche Agronomique Suisse*, entre 60 et 100 millions de francs par an ne reviendraient pas aux producteur.trice.ss, comme c'est prévu selon la loi (art. 6 let.b de l’Ordonnance sur le Soutien du prix du Lait (OSL) et art. 38 de la loi fédérale sur l’agriculture (Lagr)). (Somme totale : 293 millions de francs par an).

Résultat : au final, ce lait ne coûte que 35 cts aux transformateurs qui ne reversent pas la prime fromagère aux producteur.trice.s (Prix segment B, moyenne 2019, 45 cts) ! C’est pour cela que des milliers de tonnes de fromages à pâte mi-dure sont exportées aux alentours de Fr 3.-/kg. Cette situation a été tolérée par l'OFAG durant des années.

* Analyse de l’impact sur le marché laitier du supplément pour le lait transformé en fromage, Listorti G., Tonini A.,Recherche Agronomique Suisse 5(5), 212-215, 2014

La composition des fromages exportés a radicalement changé depuis la libéralisation avec l’UE en 2007 (année de mise en place de la prime fromagère). En plus d’une décennie, les quantités d’Emmentaler AOP à l’export ont baissé de 52 % alors que pour la première fois en 2017, le Gruyère AOP a devancé l’Emmentaler AOP. Le segment AOP représente 34% de toutes les exportations. Dans le même temps, tout un segment de fromages à pâte mi-dure et dure (zone orange de l’illustration, Raclette Suisse et Switzerland Swiss inclus) a considérablement augmenté pour représenter 41% de toutes les exportations.

Source : La filière laitière en Suisse, AGRIDEA, 2018

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vendredi, 06 novembre 2020
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Communiqué de presse Uniterre


En 2020, la Suisse a importé de manière extraordinaire 1800 tonnes de beurre au printemps, 1000 tonnes en été et une nouvelle demande de 2000 tonnes est en cours, argumentant un manque de lait. Les prix du lait auraient dû fortement augmenter, aucune différence notoire n’a été observée. Un véritable scandale !
Le consommateur est induit en erreur, il pense souvent acheter du beurre Suisse.

Paysannes, paysans, il est temps de reprendre le contrôle de la filière du beurre. Dans le canton de Fribourg, une laiterie produit déjà du beurre en payant 10 à 12 centimes de plus que le lait B (lait d’industrie). Cela prouve que c’est possible. Nous vous appelons, paysannes et paysans, à contacter vos laiteries pour fabriquer et commercialiser votre beurre régionalement.

A vous consommatrices et consommateurs, demandez dans vos laiteries, dans vos fromageries du beurre Suisse et faites vos biscuits de Noël avec du VRAI BEURRE SUISSE.


Contact pour les médias :

Philippe Reichenbach : 079 640 89 63 (F)

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jeudi, 05 novembre 2020
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Communiqué de presse Uniterre

Sur la base des recherches approfondies d'Andreas Volkart, Uniterre a rendu publique la pratique de paiement illégale de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) il y a un an. Les principales préoccupations : le supplément pour le lait transformé en fromage doit être versé directement aux productrices et producteurs de lait (10,5 ct./kg), la transparence doit également être assurée dans les deuxième et troisième contrats d’achat de lait et le supplément pour le lait transformé en fromage doit figurer séparément sur les comptes laitiers, conformément à la loi. Beaucoup de ces points ne sont pas encore garantis et il est justifié de penser que des millions de contributions financières ne parviennent pas aux productrices et producteurs de lait. Il convient de rappeler à ce sujet la déclaration d'Adrian Aebi, vice-directeur de l'OFAG : « Chaque franc que nous versons par ces canaux est un risque. C'est pourquoi nous devons modifier le système le plus rapidement possible afin de verser directement l’argent aux producteurs » (Schweizerbauer du 3.2.2020). En effet, comme le précise un arrêté du Tribunal fédéral (4.12.2018), l'OFAG a un devoir d'exécution et de preuve et doit veiller à ce que l'argent parvienne aux producteur.trice.s.

Les utilisatrices et utilisateurs de lait doivent enregistrer chaque jour les quantités de lait livrées par les productrices et producteurs (art. 8 al. 1, OSL). Le service administratif de l'OFAG doit être informé mensuellement de la quantité livrée par la productrice ou le producteur (art. 8 al. 2 OSL). Enfin, les utilisatrices et utilisateurs de lait doivent également effectuer un contrôle quotidien et détaillé de l’utilisation du lait (art. 9 OSL). Le service administratif de l'OFAG doit être informé mensuellement des détails de ce qui est fait avec le lait acheté. Toutes ces données doivent être transmises par le service administratif à l'OFAG (art. 12 al. 2, let. b OSL). Le service administratif de l'OFAG, l'OFAG lui-même et les utilisatrices et utilisateurs de lait disposent ainsi de toutes les données pertinentes. Cependant, les productrices et producteurs de lait n'obtiennent les données ni par l'intermédiaire du transformateur ni par l'OFAG. Ils ne peuvent donc pas contrôler ce qui est fait avec leur lait.

Ni l'intervention politique du conseiller national Fabian Molina (12.12.2018) sur le « Supplément pour le lait transformé en fromage. Tromperie systématique ? », ni notre plainte à l’autorité de surveillance contre l'OFAG (20.9.2019) n'ont porté leurs fruits. C'est pourquoi, aujourd'hui, nous déposons une plainte à l’autorité de surveillance contre le DEFR. Il s'agit de mettre un terme au détournement organisé de l'argent des contribuables. Si nos « Milchbüechlirechnung » sont corrects, 120 millions de francs ne sont pas versés aux productrices et producteurs chaque année. Depuis l’introduction du supplément pour le lait transformé en fromage en 1999, le cumul des sommes non-payées atteint environ 1 milliard de francs suisses ! Et au lieu de mettre enfin de l'ordre dans la situation, une proposition de modification de la loi fédérale sur l'agriculture (art. 38 al. 1bis et art. 39 al. 1bis) avec le passage suivant a été présentée : « Si le supplément est versé par l’intermédiaire des utilisateurs de lait, la Confédération fournit cette prestation avec effet libératoire. » On peut dire que le service juridique de l'OFAG a fait un excellent travail !

Nous voulons donc nous assurer que les productrices et producteurs de lait puissent faire valoir leurs droits et exigeons des contrôles efficaces auprès des acheteurs et transformateurs de lait ainsi qu’une enquête complète sur ce qui s'est passé.

Contact pour les médias :

Berthe Darras : 079 904 63 74 (F)

Andreas Volkart : 079 278 76 98 (D)

pdf CP

plainte

jeudi, 13 août 2020
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L’organisation faitière du marché laitier (l’IP Lait) devrait gérer le marché laitier. Pourtant, elle n’a jamais fait respecter son propre règlement (cf. annexe p. 2-3). L’organisation de défense des producteurs suisses de lait (Fédération des Producteurs Suisses de Lait = FPSL = Swissmilk), malgré d’importantes cotisations[1], n’est pas capable de faire remonter le prix du lait. Pourtant, avec l’actuelle pénurie de beurre, cette augmentation devrait se faire automatiquement. Le prix moyen payé aux producteur.trice.s de lait couvre actuellement moins de la moitié des coûts de production[2]. De plus, la FPSL est membre de l’organisation sectorielle du beurre (34 % des parts) et a, à ce titre, acheté les droits d’importation des 1000 premières tonnes de beurre. Comment peut-elle défendre les producteur.trice.s de lait dans ces conditions ? Il s’agit d’un conflit d’intérêts grave qui porte préjudice à une vraie défense des producteur.trice.s de lait (cf. annexe p. 5-6) ! Les directions de nos organisations régionales comme par exemple Prolait ou Genossenschaft Zentralschweizer Milchproduzenten (ZMP) défendent-elles réellement leurs membres ? Sont-elles impartiales (cf. annexe p. 8-9) ?

Cette situation dure depuis bien trop longtemps et détruit la filière du lait de centrale en Suisse. Dégoutés et épuisés, les producteur.trice.s de ce secteur arrêtent les uns après les autres (1995 : 44’360 producteur.trice.s de lait en Suisse ; 2019 : 19’048 soit une diminution de plus de 50 % (57 %) du nombre de producteur.trice.s de lait en 25 ans). L’ouverture de la « ligne blanche » (=suppression des taxes douanières) n’est qu’à deux doigts de devenir une réalité : pour preuve, les demandes d’importations de beurre en chaîne : une nouvelle demande d’importation de 1800 tonnes de beurre a été faite par IP Lait, qui a été acceptée par l’OFAG ce 11 août. Cela suffit !

Nous demandons :

  • Une refonte totale de l’IP Lait et de sa façon de fonctionner, en prenant exemple sur les interprofessions qui fonctionnent bien (ex. l’interprofession du Gruyère)
  • En ce qui concerne la FPSL, des cotisations indexées sur le prix du lait départ ferme et des délégués représentant réellement leur base, SANS DOUBLE CASQUETTE, avec des durées de mandats limitées.
  • En ce qui concerne les organisations régionales, sans pool laitier et sans indépendance véritable, elles n’ont pas leur raison d’être.
  • Une revalorisation immédiate du prix du lait. Nous revendiquons un prix du lait qui couvre les coûts de production ; et non pas une augmentation de prix homéopathique et ridicule comme annoncée chez certains transformateurs pour début juillet (entre 0,6 et 1 ct par litre de lait). C’est une honte !
  • L’abandon du lait segment B et du versement de la prime fromagère sur ce segment (versée illégalement !) (cf. annexe p. 4).
  • La mise en place, par la Confédération, d’une loi obligeant à ce que les produits soient achetés à un prix couvrant les coûts de production afin que la grande distribution arrête le dumping sur le dos des producteur.trice.s et la pression constante mise sur les transformateurs. Il est inadmissible que le lait coûte moins cher que l’eau !

La pénurie actuelle de beurre est l’exemple même du dysfonctionnement de la filière laitière ! Prix du lait insuffisant ® moins de producteur.tice.s ® moins de production laitière, et en plus, une mauvaise mise en valeur du lait pour les producteur.trice.s.

A nos collègues producteur.trice.s de lait, qui voient leur revenu s’effondrer depuis 30 ans (passage d’un prix garanti de 1,07 frs à un prix moyen de 55 cts aujourd’hui) : N’est-il pas temps d’exiger, en contrepartie de nos cotisations, une véritable défense professionnelle ?

pdf et annexe (explications)


[1] moyenne par producteur.trice.s de lait = 2290 frs/an ; soit 23,15 mio /an

[2] Selon Agridea, mise en valeur 2019 : le coût de production en plaine s’élève à 1,09 frs