mardi, 16 juillet 2019
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Nous nous sommes retrouvés en ce mardi 16 juillet devant la Migros du Shopiland de Schonbühl pour protester contre l'annonce de la baisse du prix du lait annoncée par ELSA- le transformateur de Migros - à ses producteur.trice.s de lait au 1er juillet 2019. Cette annonce de baisse de prix du lait est inacceptable et incompréhensible ; alors que la situation du marché laitier en Suisse comme en Europe vit actuellement une embellie. Cette décision ne va faire qu'aggraver la situation déjà catastrophique des producteur.trice.s de lait Suisse.

Au moyen d'un cercueil représentant le.la dernier.ère producteur.trice de lait Suisse, nous - Uniterre mais aussi les organisations paysannes Big-M, BZS (Bäuerliche Zentrum Schweiz) et BBK (Bernische Bäuerliche Komitees) - avons exprimés notre mécontentement envers ELSA/Migros et demandons un retour en arrière sur cette décision scandaleuse.

Ci après: le discours lu lors de l'action expliquant la situation et les faux arguments mis en avant par ELSA/Migros pour justifier cette baisse de prix.

Discours

vendredi, 05 juillet 2019
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Pour la première fois depuis longtemps, le marché laitier vit une embellie : la production actuelle n’est pas excédentaire, les stocks de beurre et de poudre sont au plus bas (production cumulée de janvier à mars 2019, en comparaison à 2018 : lait – 3.3% et beurre – 12.6%). La situation sur le marché européen est similaire. Et pourtant, des transformateurs décident de baisser le prix du lait. En particulier, ELSA - transformateur de Migros - qui a l'une des meilleures mises en valeur du lait sur le marché, impose la baisse la plus importante : 3 centimes par litre de lait à partir du 1er juillet 2019.

Migros propose un lait « durable » depuis le début de l'année 2019 mais cela ne garantit en rien la pérennité des exploitations laitières avec une baisse de 3 cts sur du lait qui est déjà payé 40% de moins que les coûts de production. Le seul point durable qu'il y a dans le lait Migros, c'est la durabilité de ses marges! Et cerise sur le gâteau : son lait « durable » est mis en avant avec, entre autres, la mention « partenariats équitables »... !!

Elsa n'est pas le seul transformateur à agir en ce sens. Emmi a également annoncé une baisse de 0,4%.

Cette décision ne va faire qu'aggraver la détresse des producteur.trice.s de lait. Pour rappel: pour produire 1l de lait en Suisse, cela coûte environ 1fr. en plaine alors que les producteur.trice.s de lait touchent entre 50 et 60 centimes par litre.

Message pour ELSA-Migros : si vous ne vous décidez pas à revenir en arrière, attendez vous à nous voir débarquer avec nos grosses bottes dans vos magasins!

Pdf

lundi, 24 juin 2019
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La prime à la transformation fromagère, anciennement à 15 cts par kilo de lait, aujourd’hui à 10,5cts par kilo de lait suite à la suppression de la loi chocolatière au 1er janvier 2019, est une prime versée par la Confédération à l’industrie laitière. Cette prime est destinée à maintenir le prix du lait dans un marché fromager libéralisé. Cette prime à la transformation fromagère doit revenir directement aux producteur.trice.s de lait. Ceci est stipulé dans l’art. 6 let.b de l’Ordonnance sur le Soutien du prix du Lait (OSL) et dans l’art. 38 de la loi fédérale sur l’agriculture (Lagr). Cependant, force est de constater que l’ordonnance et la loi ne sont que partiellement appliquées.

Selon une analyse de la Recherche Agronomique Suisse*, datant de 2014, entre 60 et 100 Mio de Fr sur les environ 300 millions versés par la Confédération, ne sont pas versés aux producteur.trice.s. Cette situation n'a pas changée. Suite à ce constat, un parlementaire, Monsieur Molina, a déposé en décembre dernier une interpellation à ce sujet, intitulée : « Suppléments pour le lait transformé en fromage. Tromperie systématique? ». Dans sa réponse, le Conseil Fédéral nie l'ampleur de l’abus et affirme que l'application de la loi est contrôlée ponctuellement par sondage. Nous avons donc envoyé une lettre ouverte à Monsieur Parmelin afin de dénoncer ce scandale !

Par le moyen de cet encaissement du supplément à la transformation fromagère non conforme à la loi, l'industrie laitière organise un dumping avec l'exportation de fromage à un prix en dessous du prix du lait payé en Europe. Cette situation ne peut plus durer !

*Analyse de l’impact sur le marché laitier du supplément pour le lait transformé en fromage, Listorti G., Tonini A.,Recherche Agronomique Suisse 5(5), 212-215, 2014


Annexes :

  1. Lettre ouverte envoyée à Monsieur Parmelin, responsable de l’OFAG
  2. Interpellation de Fabian Molina
  3. Avis du Conseil Fédéral à l’interpellation de Fabian Molina

Pdf avec les annexes

vendredi, 10 août 2018

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dimanche, 08 juillet 2018
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Retour sur la grève du lait de 2008, un grand moment de mobilisation paysanne.



Chronologie

2005 - Première réunion des producteurs de lait européens (EMB) : Revendication d'un prix rémunérateur de 40 cts Euros / 1.- CHF et d'une régulation des quantités en main paysanne. Stratégie de regroupement des paysans, menace de grève du lait.

2005, 18 octobre - Conférence de presse à Berne organisée par Uniterre, Big-M et BZS, présentation du drapeau "Grève du lait - Oui / Milchstreik - Ja". 1200 drapeaux vendus durant l'hiver.

2006 - Sortie anticipée du contingentement laitier, octroi de quantités supplémentaires.

2007 - Libéralisation complète du commerce de fromage Suisse - UE.

2007 été - Début de la distribution des panneaux "Les paysans ont besoin d'un prix du lait équitable - Fr 1.-".

2008, 1er février - Manifestation à Berne, Uniterre et Big-M pour un prix rémunérateur.

26 mai - Début de la grève du lait en Allemagne.

27 mai - Big-M appelle à la grève du lait.

28 mai - Uniterre appelle à la grève du lait.

29 mai - Les chambres agricoles de Lucerne, Argovie se prononcent en faveur des revendications des producteurs.

30 mai - Les chambres zurichoises et jurassiennes se solidarisent également, grève partielle BZS, NBKS, BBK.

1 juin - PSL pose un ultimatum pour une hausse du prix à l'industrie et menace de se solidariser.

2 juin - Les négociations entre PSL et l'industrie et la grande-distribution aboutissent à un accord à minuit.

3 juin - Fin de la grève.

Juin - 80 % des producteurs de lait se prononcent dans une consultation de la base en faveur d'une gestion des quantités par l'organisation faîtière des producteurs.



Les revendications. Les organisations paysannes de base n'ont pas les mêmes revendications : au niveau des prix, BIG-M fixe une revendication de 10 cts supplémentaires au premier juillet et 1.- Fr à moyen terme, Uniterre revendique dès le départ 1.- Fr et le BZS revendique 85 cts au 1er juin et 1.- Fr à moyen terme.L'organisation faîtière PSL demande une hausse immédiate du prix du lait de 7 cts. Le prix du lait se situait alors à 72 cts.

Au niveau plus général, les organisations paysannes de base revendiquent toutes une gestion des quantités en main paysanne. Uniterre appelle les paysans à rejoindre l'EMB dans le but de regrouper l'offre. Les comités paysans NBKS/BZS/BBK, demandent à PSL de coordonner la grève.

Dynamique de développement du mouvement. Le travail de presse intensif (et les bonnes répercussions médiatiques, publication d'une liste online des grévistes dans le Schweizer Bauer), ainsi que la tenue des "centres de grève" à Obfelden et ensuite à Rikon et Safenwil ont un bon effet mobilisateur. L'ultimatum de PSL du 31 mai pour une grève générale ainsi que le soutien de plusieurs chambres cantonales élargissent encore le mouvement. Sur l'ensemble de la Suisse près de 50 % des producteurs de lait ont cessé de livrer leur lait. L'industrie laitière est sous pression.

Conclusion de la grève. Durant toute la journée de lundi 2 juin des négociations entre PSL, les transformateurs et les distributeurs ont lieu. Les organisations de base BIG-M et Uniterre n'y sont pas présentes. Lors d'un ultimatum posé à minuit, une hausse de 6 cts est proposée. Uniterre refuse la forme de l'ultimatum et demande une décision par la base. PSL et BIG-M acceptent le résultat et cessent la grève. Uniterre et NBKS arrêtent la grève le mardi 3 juin au soir. •︎


Rudi Berli
Agriculteur et secrétaire d'Uniterre

Complément à l'article-interview parue dans Uniterre - le Journal Paysan Indépendant - édition spéciale juillet 2018



Abréviations :
Big-M Bäuerliche Interssen Gemeinschaft - Milchmarktkampf
BZS Bäuerliches Zentrum Schweiz
NBKS Neue Bauern Koordination Schweiz
BBK Berner Bäuerliches Komitee
FPSL Fédération des Producteurs Suisses de Lait (organisation faîtière)
EMB European Milk Board


> article de 2008 avec nouvelles au jour le jour et photos

Communiqués de presse:

04.06.2008 Les producteurs d'Uniterre se sont retrouvés hier soir pour faire le point sur la grève
1 franc par litre de lait! - Le mot d'ordre de grève est levé.

03.06.2008 Uniterre maintient son mot d'ordre de grève jusqu'au moins mardi soir lors de l'assemblée prévue à 19h30 au Domaine des Barges à Vouvry. Une décision démocratique sera prise avec tous les producteurs présents.

01.06.2008 400 producteurs romands se sont retrouvés à Palézieux pour décider de la suite du mouvement.La grève se poursuit, les négociations n'ayant pas encore débuté. La revendication est de 1fr par litre.

30.05.2008 La grève se poursuit.

28.05.2008 Communiqué de Presse Grêve du lait
L'assemblée du producteurs de lait Uniterre-EMB a décidé à l'unanimité d'une grèsve du lait qui commence jeudi 29 mai au matin.

28.05.2008 invitation à l'assemblée des producteurs de lait Uniterre-EMB pour annonce grève lait illimitée

lundi, 11 juin 2018
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Le 27 mars dernier, l’organisation paysanne Uniterre déposait auprès des Autorités fédérales sa pétition « Pour 1.- frs par litre de lait payé au producteur », munie de près de 25'000 signatures récoltées en 4 mois. Il demandait à la Confédération de remettre un peu d’ordre dans le marché du lait de consommation en faisant respecter la Loi sur l’Agriculture qui stipule que les paysannes et paysans doivent bénéficier d’un revenu moyen comparable aux autres secteurs économiques d’une même région.

La réponse du ministre de l’économie ne s’est pas faite attendre, et exprime une fois encore un mépris certain à l’égard des quelques 20'000 familles paysannes qui travaillent durement en production laitière. Non seulement il est écrit que la Confédération continuera de laisser la situation aller à vau-l’eau, en se cachant derrière le sacro-saint marché libéralisé du lait, mais en plus, M. Schneider-Ammann avoue implicitement que 75% des fermes laitières sont encore appelées à disparaître à l’avenir, faute de présenter, selon son point de vue, un seuil de rentabilité économique suffisant, et que rien ne sera fait pour maintenir la grande variété de ces fermes à taille humaine.

Le rouleau compresseur du libéralisme débridé continue son implacable progression, faisant fi des victimes et des dégâts environnementaux et économiques qu’il laisse sur son passage. Par la même occasion, la volonté populaire de sauvegarder la paysannerie locale est également bafouée, au profit de l’agro-industrie qui, par le biais de ses capitaux, aura bientôt la mainmise totale sur la production laitière helvétique.

Uniterre poursuit dès lors son engagement pour que paysannes et paysans bénéficient un jour d’un revenu équitable, et que consommatrices et consommateurs conservent l’accès à une alimentation saine, produite localement, loin des fermes-usines qu’ils ne souhaitent pas.

Lausanne, le 11 juin 2018

lundi, 04 juin 2018
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Une action organisée par BIG-M et Uniterre a eu lieu aujourd'hui 4 juin à Bern à la Waisenhausplatz pour protester contre les exportations de dumping, qui sont une honte pour la Suisse !

Le Conseil des Etats débattra le mercredi 6 juin sur trois objets (initiatives cantonales FR, GE ainsi que la motion Nicolet) qui demandent essentiellement tous la même chose : la quantité de lait produit en Suisse doit être adapté à la demande. Une production laitière excédentaire ne permet pas depuis longtemps de réaliser une valorisation raisonnable. Pour réguler les excédents du marché, ces derniers sont exportés sous forme de dumping (beurre et fromage) à l'étranger. Ceci en utilisant à la fois des cotisations obligatoires et des fonds publics. Cela doit cesser.

Big-M et Uniterre demandent au Conseil des États de stopper le plus rapidement possible ces exportations de beurre et de fromage à prix cassés et de soutenir ce mercredi les interventions visant à mettre en place un système d'ajustement des quantités.

Lien Communiqué de presse


lundi, 04 juin 2018
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Le Conseil des Etats débattera le mercredi 6 juin sur trois objets (initiatives cantonales FR, GE ainsi que la motion Nicolet) qui demandent essentiellement tous la même chose: La quantité de lait produit en Suisse doit être adapté à la demande.

Une production laitière excédentaire ne permet pas depuis longtemps de réaliser une valorisation raisonnable. Pour réguler les excédents du marché ces derniers sont exportés sous forme de dumping à l'étranger. Ceci en utilisant à la fois des cotisations obligatoires et des fonds publics. Cela doit cesser.

Ces exportations de dumping sont une honte pour la Suisse!
C'est pour cette raison que BIG-M et Uniterre organisent le lundi 4 juin
une action spectaculaire à Berne. Venez nombreuses et nombreux!


mardi, 29 mai 2018
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lundi 4 juin 2018 à 13h30
Waisenhausplatz, Berne

Le Conseil des Etats débattera le mercredi 6 juin sur trois objets (initiatives cantonales FR, GE ainsi que la motion Nicolet) qui demandent essentiellement tous la même chose: La quantité de lait produit en Suisse doit être adapté à la demande.

Une production laitière excédentaire ne permet pas depuis longtemps de réaliser une valorisation raisonnable. Pour réguler les excédents du marché ces derniers sont exportés sous forme de dumping à l'étranger. Ceci en utilisant à la fois des cotisations obligatoires et des fonds publics. Cela doit cesser.

Ces exportations de dumping sont une honte pour la Suisse!
C'est pour cette raison que BIG-M et Uniterre organisent le lundi 4 juin
une action spectaculaire à Berne. Venez nombreuses et nombreux!


jeudi, 24 mai 2018
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>> écouter les émissions - RTS Couleur3

En Suisse, 2 à 3 exploitations agricoles ferment chaque jour. Une diminution qui frappe davantage les petits paysans, qui ont moins de 30 hectares de surface agricole, que les grandes exploitations, plus rentables. Ce métier, l’un des plus vieux au monde, devient de plus en plus désavantageux ( le revenu moyen d’un paysan a baissé de 30% depuis 1980 pour atteindre, en moyenne 44'000 francs par an) et rare: (le nombre de paysans a diminué de moitié en Suisse en l’espace de 30 ans).

Plus grave et inquiétant encore: un vague de suicides meurtrit la paysannerie dans notre pays. De 60 en 2009, elle est passé à 153 en 2015.

Ce jeudi, la 3 cherchera à comprendre pourquoi ce secteur, indispensable à notre alimentation, écologie et société est en difficulté. Et quelles sont les solutions pour lui venir en aide.