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Accès au texte de la déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales

lundi, 30 mars 2020
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Le syndicat SOC-SAT informe qu'Haciendas Bio SA vient de licencier dans son centre de Pujaire Cabo de Gata Almeria plus de 20 ouvrières et ouvriers agricoles, y compris des représentants de la section syndicale SAT. Tout.e.s avaient revendiqué leurs droits et le respect de la législation du travail.

Haciendas Bio, qui vend aux consommatrices*teurs et client.e.s des fruits et légumes bio sous l'étiquette du développement durable et de la responsabilité sociale, ne paie pas les salaires légaux, elle ne paie que partiellement les contributions à la Sécurité Sociale et une longue liste d'autres irrégularités pourrait suivre, étayée par les témoignages de dizaines d’ ouvrières et ouvriers agricoles.

Il y a 3 jours, l'entreprise a eu recours au licenciement et à l'intimidation pour éviter l'élection d'un comité d'entreprise, qui permettrait aux ouvrières et ouvriers agricoles d’avoir des représentants syndicaux et de défendre leurs droits. Devant ces patrons qui utilisent l'état d'urgence pour écraser la démocratie et maltraiter la classe ouvrière, il n'y a qu'une seule voie possible, s’organiser et lutter ! Le conflit du travail est ouvert.

Nous demandons aux certificateurs de Bio Suisse, Naturland, Demeter, Global Gap de tout mettre en oeuvre pour que les ouvrières et ouvriers agricoles soient réengagés et qu’ils exigent qu’un processus électoral transparent et démocratique soit mis en place pour assurer le respect des droits du travail dans l'entreprise. S'ils ne s'y emploient pas, le discrédit sur les labels sera sans appel. Les preuves de l'exploitation et des abus dans cette entreprise sont évidentes.

Sur cette base, le syndicat SOC-SAT appelle ses partenaires en Suisse et en Europe à collaborer à la campagne : Réengagement des ouvrières et ouvriers agricoles licenciés à Haciendas Bio! (#Readmisión despedidos Haciendas Bio !)

L'heure a sonné ! Le Bio n’est pas bio sans le respect des droits des travailleuses et ouvrières et ouvriers agricoles!

mercredi, 26 février 2020
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Si l’accord de libre-échange que le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) négocie actuellement avec la Malaisie entre en vigueur, les paysannes et paysans malaisiens perdront la maîtrise de leurs semences au profit de grands groupes agro-industriels. Action de Carême, Pain pour le prochain et Être Partenaires lancent une action internationale pour que les normes de protection des obtentions végétales qui menacent les systèmes semenciers paysans dans les pays du Sud ne soient plus incluses dans les accords de libre-échange.

Aujourd’hui, plus de la moitié des semences commerciales sont contrôlées par trois multinationales, dont Syngenta, qui a son siège en Suisse. Une poignée d’entreprises décide donc de ce que nous cultivons et de ce que nous mangeons. La gamme des semences produites par ces multinationales ne comprend que quelques espèces, généralement inadaptées aux particularités locales. Pour qu’elles poussent et atteignent un rendement élevé, les paysannes et paysans doivent aussi acheter des engrais et des pesticides aux mêmes multinationales, qui obtiennent ainsi de juteux bénéfices, au détriment de l’environnement et de la biodiversité.

Dans l’accord de libre-échange en cours de négociation, la Suisse demande à la Malaisie d’adopter une loi stricte en matière de protection des obtentions végétales conforme à la Convention internationale pour la protection des obtentions végétales ratifiée en 1991 (UPOV 91). La protection des obtentions végétales – une sorte de brevet sur les semences – garantit aux semenciers un monopole, dont tirent parti, pour l’essentiel, les multinationales de l’agriculture. « Si nous ne pouvons plus produire nos semences, ce sont les semenciers qui fixeront les prix. Cette loi nous empêche en outre de transmettre nos connaissances ancestrales aux générations de demain », explique Borhan Omar, membre du conseil communal de Sungai Rusa en Malaisie. Depuis des générations, les familles paysannes de son village sélectionnent leurs propres semences, qu’elles multiplient, échangent et vendent. Or, ce sont précisément ces pratiques qu’une nouvelle loi veut interdire.

Les conséquences de ce modèle sont déjà visibles dans d’autres pays d’intervention d’Action de Carême et de Pain pour le prochain. « Au Honduras, nos partenaires ont déposé une plainte constitutionnelle contre une loi qui met en péril le droit à l’alimentation de la population et plus spécifiquement le droit aux semences. La procédure est encore en cours », relate Ester Wolf, responsable Droit à l’alimentation à Pain pour le prochain. « Le droit aux semences est reconnu dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans, approuvée en 2018 par de nombreux pays, dont la Suisse. Il est incohérent que la Suisse demande une loi qui limite l’accès aux semences des familles paysannes dans les accords de libre-échange », poursuit-elle.

Pour que la Malaisie ne connaisse pas le même sort, plus de 90 paysannes et paysans malaisiens ont envoyé des lettres au SECO pour lui demander d’exclure l’adoption d’une loi conforme à l’UPOV 91 des négociations de l’accord de libre-échange. Par signe de solidarité avec la Malaisie et parce qu’elles sont elles-mêmes concernées, plus de 1000 personnes d’Afrique, d’Amérique latine et d’autres pays d’Asie ont elles aussi écrit au SECO. Le public suisse est également invité à soutenir cette action, comme l’ont déjà fait plus de 200 personnes et de nombreuses paroisses.

En lançant leur Campagne œcuménique 2020 (du 26 février au 12 avril) intitulée « Ensemble pour une agriculture qui préserve notre avenir », Action de Carême, Pain pour le prochain et Être Partenaires demandent que les paysannes et paysans puissent conserver la propriété et la maîtrise de leurs semences.

Afin de sensibiliser le public suisse aux enjeux liés aux semences, les trois œuvres ont mis sur pied plusieurs événements (voir les détails plus bas) qui auront comme protagonistes des spécialistes du domaine semencier, des personnes du milieu associatif qui s’engagent pour la sécurité alimentaire ainsi que des académiciennes. L’hôte de la campagne de cette année, Octavio Sánchez Escoto, interviendra à trois des six événements proposés et apportera son témoignage sur la situation au Honduras. Octavio Sánchez Escoto est coordinateur d’ANAFAE, une organisation partenaire qui promeut l’agroécologie et l’accès aux semences traditionnelles.

Dossier de presse comprenant des documents de fond :

Modèle de la lettre adressée au SECO : www.voir-et-agir.ch/semences

Photos des expéditeurs et expéditrices de la lettre adressée au SECO : www.voir-et-agir.ch/lettres

Notre publication Perspectives sur le sujet : « Les semences appartiennent aux familles paysannes »

Reportage multimédia : « Les semences, à l’origine de tout »

Court film d’animation qui explique la problématique en 3’50’’ : « Semences en résistance ».

Hôte de la campagne 2020 (en Suisse du 17 au 29 mars, mais joignable à distance) : Octavio Sanchez Escoto, Honduras, coordinateur d’ANAFAE, une organisation partenaire qui promeut l’agroécologie et l’accès aux semences traditionnelles

Site web de la campagne : www.voir-et-agir.ch/semences

Renseignements :

Ester Wolf, responsable Droit à l’alimentation chez Pain pour le prochain

wolf@bfa-ppp.ch, 021 614 77 13, 076 481 06 01

Tiziana Conti, responsable de la communication chez Action de Carême

conti@fastenopfer.ch, 021 617 88 82, 076 366 06 40

vendredi, 07 février 2020

Créée y il a près de 20 ans par une douzaine d’associations et organisations du monde paysan, syndicats ouvriers, de consommateurs-trices et de migrant-e-s, la Plateforme pour une agriculture socialement durable organise, ensemble avec d’autre organisations qui poursuivent les mêmes buts, des Assises pour une agriculture solidaire.

Vous trouvez plus de précisions dans le programme joint et sur notre site internet www.agrisodu.ch.

mardi, 04 février 2020

Vous êtes invités à participer à la rencontre européenne Reclaim the Fields Meeting 2020 (RTF) ! Elle aura lieu près de Vitoria-Gasteiz et de Pamplona-Iruña, en Navarre (Espagne), du 4 au 9 février 2020, au Collectif Amarauna.

A propos de la rencontre

Les réunions de RTF européenne ont lieu chaque année en hiver. L'idée est de réunir les différentes personnes qui sont actives dans le réseau RTF. La dernière réunion a eu lieu en février 2019 près de Florence, en Italie. Il a été accueilli par le collectif Mondeggi.


Le but de ces rencontres est :

  • se rencontrer et obtenir des nouvelles des batailles locales
  • échanger sur différents sujets qui nous concernent et qui concernent nos luttes
  • discuter de notre position avec RTF : ce qui a été décidé l'année dernière, quels ont été les résultats jusqu'à présent, où et comment voulons-nous continuer
  • connaître et soutenir les luttes locales et le collectif où la rencontre a lieu
  • apprendre les uns des autres, s'amuser et se connaitre
  • il y aura des partages de compétences, des ateliers et des discussions, selon les compétences et les intérêts de chacun


Contact:

Transmettez cette invitation aux personnes potentiellement intéressés dans votre région. Et si vous avez des questions, écrire à contactrtf@riseup.net

mardi, 17 décembre 2019
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Harare, le 17 décembre 2019 – Alors que nous célébrons aujourd’hui le premier anniversaire de l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·ne·s et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) en décembre dernier, nous demandons aux gouvernements, mouvements sociaux, alliés et activistes d’intensifier leurs efforts à l’échelle mondiale pour que les Etats membres des Nations Unies s’engagent à appliquer cet important instrument. A La Via Campesina, nous avons réaffirmé les droits des paysan·ne·s comme l’une des priorités de notre agenda 2020. Il est important pour LVC de populariser cette Déclaration et de construire et de partager les connaissances et expériences parmi nos organisations membres sur la manière d’utiliser cette Déclaration.

Au cours de l’année, de concert avec nos alliés, nous avons exercé de fortes pressions au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies, du Conseil économique et social (ECOSOC), du Conseil des droits de l’homme, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Comité mondial pour la sécurité alimentaire (CSA) ainsi que dans nos régions et pays pour créer une dynamique internationale qui favorise et encourage la réalisation des droits des paysan·ne·s. La Via Campesina croit fermement que le fait de lier le contenu de la Déclaration au cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’agriculture familiale (lancée cette année par la FAO) renforcera les efforts pour éradiquer la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la malnutrition par des méthodes agroécologiques de production alimentaire pour toutes et tous – pas seulement pour les communautés rurales !

Alors que nous célébrons le premier anniversaire de l’adoption de la Déclaration, La Via Campesina continue de promouvoir les transformations sociales. La Déclaration ouvre des possibilités de s’attaquer aux inégalités et à la discrimination qui touchent de manière disproportionnée la population rurale dans le monde entier. Pour le mouvement paysan mondial, la lutte pour la promotion et la protection des droits des paysan·ne·s est à moitié gagnée. C’est un processus construit collectivement. Ce qui est crucial maintenant, c’est la volonté politique et la voie que prendront les États membres de l’ONU pour que le contenu de cette Déclaration devienne une réalité vécue par des millions de familles rurales. Ce qui importe, c’est que la Déclaration des Nations Unies soit mise en œuvre dans sa lettre et dans son esprit dans tous les pays du monde. Nous restons engagés dans cette lutte !

https://viacampesina.org/fr/la-via-campesina-appel...

jeudi, 28 novembre 2019
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Le lancement du Manifeste paysan, avec au 28 novembre, près de 1000 signatures d'agricultrices et agriculteurs, a été rendu public lors de la conférence de presse du 28 novembre à Berne. A cette occasion, nous avons mis le focus sur les contradictions de la politique agricole helvétique. En Suisse, des exigences de plus en plus strictes en matière de développement durable et de bien-être animal sont mises en concurrence avec les normes sociales et écologiques douteuses des importations bon marché, le dernier exemple en date étant l'accord de libre-échange avec le Mercosur que la Suisse a signé le 23 août 2019.

Le Conseil fédéral s'emploie activement à négocier ce genre d’accords, qui vont pourtant à l'encontre de l'intérêt général de la population pour une meilleure protection du climat, la durabilité, la sécurité et la souveraineté alimentaire. Les conséquences pour l'agriculture sont catastrophiques : Vanessa Renfer, paysanne et secrétaire d'Uniterre, a déclaré au début de la conférence de presse : " Plus de la moitié des exploitations ont disparu en 20 ans ! En fait, la seule option qui s'offre aux familles paysannes est "grandir ou mourir ! ". Cette logique implacable a ses conséquences : grandes fermes, grands bâtiments, grosses machines = grosses dettes ! Plus d'heures de travail, mais pas vraiment plus de revenus = burn-out, dépression, divorce..." Cette logique imprègne tous les secteurs de l'agriculture.

Avec ce manifeste, nous souhaitons redonner à nos collègues paysannes et paysans plus de respect et de reconnaissance pour leur profession. Aujourd'hui, nous exigeons des prix équitables pour nos produits, un marché transparent et une concurrence loyale.

Il s'agit de la première étape du renforcement du dialogue au sein de l'agriculture, de la transformation et des consommateurs. Dans un deuxième temps, nous formulerons des revendications que nous voulons intégrer activement à la politique fédérale. C'est pourquoi nous organiserons des réunions régionales en janvier et février 2020, afin de formuler une liste complète de revendications communes et d'avoir ainsi une influence positive sur la suite des discussions autour de la PA22+.

A cette fin, nous soutenons également la mobilisation des "Raisins de la colère" le 2 décembre 2019 à Berne à 10 heures pour défendre l'agriculture indigène.

Signez ce manifeste au lien suivant ! (Attention: vous pouvez le signer si vous êtes paysanne ou paysan).

Introduction de Vanessa Renfer, paysanne et membre d'Uniterre

Intervention d'Yves Batardon, pour la filière viti-vinicole

Intervention de Romain Beuret, pour la filière céréalière

Intervention de Markus Müller, pour la filière porcine

Intervention de Stefan Brunner, pour la filière maraîchère

Intervention de Philippe Reichenbach, pour la filière laitière


Revue de presse

https://www.schweizerbauer.ch/politik--wirtschaft/agrarpolitik/manifest-zu-widerspruechlicher-agrarpolitik-54150.html

https://www.laliberte.ch/news-agence/detail/uniterre-veut-federer-les-paysans-autour-d-un-manifeste/544194

https://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Uniterre-veut-federer-les-paysans-avec-un-manifeste-30134736

https://www.youtube.com/watch?v=VdySmW4nssw

https://www.lematin.ch/suisse/uniterre-federe-paysans-manifeste/story/29978909

https://www.tdg.ch/suisse/uniterre-federe-paysans-manifeste/story/29978909

https://www.laliberte.ch/news-agence/detail/uniterre-veut-federer-les-paysans-autour-d-un-manifeste/544194

https://www.swissinfo.ch/fre/uniterre-veut-fédérer-les-paysans-autour-d-un-manifeste/45398776
mercredi, 13 novembre 2019
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A la suite de la crise que traverse la production viti-vinicole et agricole, plusieurs paysans et paysannes d’Uniterre ont lancé l’idée d’un Manifeste.

Son objectif ? Réveiller les milieux politiques et alerter les élus à Berne de l’importance capitale de maintenir une agriculture indigène, diversifiée, familiale, respectueuse des humains, de la terre et des animaux.

Comment ? En récoltant le plus possible de signatures des paysans et paysannes suisses !

Peut-être n'avons-nous pas toutes et tous la même vision sur le devenir de l’Agriculture. L'important n'est pas d'avoir raison mais de fédérer ce qu'il reste encore de l'agriculture paysanne en Suisse. Aujourd'hui, au vu de la situation, il nous faut avancer ensemble en ne nous focalisant pas sur nos divergences mais en nous unissant autour de toutes les valeurs communes contenues dans ce Manifeste. Ceci simplement pour que nous tous, paysan.ne.s, nous retrouvions le courage et la force d’affronter l’avenir.

Alors signez ce manifeste au lien suivant ! (Attention: vous pouvez le signer si vous êtes paysanne ou paysan).

Merci !


Manifeste des paysannes et paysans suisses pour un marché juste et équitable

Nous, paysannes et paysans suisses, sommes unis dans cette action

Nous, paysannes et paysans, vigneronnes et vignerons, maraîchères et maraichers, éleveuses et éleveurs, productrices et producteurs de lait, arboricultrices et arboriculteurs, horticultrices et horticulteurs, nous toutes et tous qui travaillons la terre, demandons plus de respect et de reconnaissance sur le caractère indispensable de notre métier. Aujourd'hui, nous exigeons des prix équitables pour nos produits, un marché transparent et une concurrence loyale.

Aujourd’hui, un nombre croissant de citoyennes et citoyens s’engagent pour le climat et le développement durable et de nombreux politiciens reprennent leurs discours.
Pourtant le Conseil Fédéral s’acharne avec l’appui de certains d’entre eux à négocier tous azimuts des accords de libre-échange en pleine contradiction avec ses engagements et ses prises de positions en faveur du climat, de la durabilité, de la sécurité et de la souveraineté alimentaire.

Par ce manifeste nous dénonçons le libre marché qui détruit, dans le monde entier, la paysannerie et le climat, ceci en déstabilisant la société dans son ensemble !

Le Conseil Fédéral facilite les importations, et le marché n’arrive pas à absorber la production locale de denrées alimentaires.

Nous ne pouvons pas respecter les normes suisses de rémunération et de durabilité, et à la fois être concurrentiels avec les importations étrangères. Le marché globalisé pèse sur tous les secteurs de la production agricole, bio y compris. L’agriculture suisse s’en trouve affaiblie et quasi au bord de l’implosion.

Les importations de pain industriel et autres surgelés à base de céréales en provenance de trusts agroalimentaires des pays de l'Est (tout particulièrement de Pologne) ont doublé en 10 ans. Elles représentent 120’000 t par an, écoulées majoritairement par la grande distribution, alors que les céréales et oléagineux cultivés selon les normes IP-Suisse, extenso et bio sont déclassés, car le marché est saturé.

Le lait est en crise, dans un marché piloté au profit des transformateurs et de la grande distribution, au détriment des productrices et producteurs qui, ne parvenant plus à couvrir leurs frais, abandonnent la production laitière.

Le vin produit en 2018 est encore dans les cuves et que trouve-t-on dans les grandes surfacesoudans le réseau de distribution Landi de Fenaco (sauf Genève)? Des vins étrangers en action et au commerce beaucoup plus rémunérateur. Près de 40% des vins importés le sont à moins de 1.50 CHF le litre. Les vins suisses, face à cette concurrence déloyale, perdent des parts de marché et ne représentent plus que 35 % des ventes. Tandis que, depuis 20 ans, les principales solutions proposées sont la promotion et l’exportation.

Les tomates d’Almería inondent les grandes surfaces depuis des années, et comme par enchantement, elles deviennent bio, marché oblige !Les entreprises qui y gèrent les serres sont régulièrement mises en cause pour non-respect des droits humains par exploitation esclavagiste des ouvrières et ouvriers agricoles, pour pollution, contamination et assèchement des nappes sous-terraines et des sources.

Malgré cette situation, notre gouvernement continue à signer des accords de libre-échange qui vont faciliter les importations de produits agricoles.

La production industrielle de viande dégage quatre fois plus de CO2 que la viande suisse issue de bétail nourri à l’herbe. L’élevage industriel est complice des incendies de la forêt amazonienne par l’utilisation de maïs et de soya provenant de ces régions sinistrées réaffectées à la production de masse.

Un accord de libre-échange pour l’huile de palme a été signé avec l’Indonésie, un autre est en cours de négociation avec la Malaisie. La production d’huile de palme est responsable de la déforestation, elle saccage les ressources des populations locales et elle concurrence la production d’huiles végétales suisses !

Un nouvel accord avec le Mercosur (Amérique du Sud) permettra d'importer encore plus facilement de la viande industrielle, du vin, des fruits et des fleurs d'Amérique du sud sur plus de 12’000 km ! Un projet similaire est en discussion avec les Etats-Unis.

La libéralisation du marché des fleurs coupées, en 2017, a fait grimper l’importation de fleurs provenant de l’étranger, notamment du Kenya et de la Colombie. Aujourd’hui les fleurs suisses ne représentent que 3% de celles vendues en grandes surfaces.

La volonté du peuple suisse de favoriser une agriculture familiale dans un marché juste et équitable n’est pas respectée. Nous ne voulons plus être divisés par les promesses non-tenues de la Confédération. Nous exigeons des règles de marché équitables.

Par ma signature je reconnais le bien-fondé des valeurs exprimées dans ce Manifeste et m’engage à les promouvoir afin que soit pris en compte le péril qui menace aujourd’hui les paysannes et les paysans. Je souhaite que me soient rendus le respect et la dignité dans le métier que j’exerce au service de la communauté.

Pour signer ce Manifeste, rdv au lien suivant !

jeudi, 07 novembre 2019
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Malgré la qualité exceptionnelle de leur production de vins, les vignerons suisses subissent une concurrence étrangère toujours plus forte qui aboutit à une situation catastrophique pour le secteur viticole. En juin, l'Association suisse des viticulteurs et encaveurs indépendants (ASEVI) a soumis au Conseil Fédéral un catalogue de mesures urgentes et à long terme pour assurer l'avenir de la production viticole indigène.

La mesure la plus importante consiste en une adaptation rapide du contingent d'importation fixé en 1996 à 170 millions de litres sur une base de 310 millions de litres de consommation. Cette consommation s'élève aujourd'hui à 275 million de litres. Il est dès lors cohérent d'abaisser le contingent d'importation à 130 millions de litres. C'est une mesure que le Conseil Fédéral peut prendre immédiatement sans remettre en cause les traités commerciaux signés. Le commerce et les importateurs doivent enfin s'adapter au marché ! Les taxes hors contingent tarifaire doivent être réadaptées afin de limiter les distorsions de concurrence.

Par ailleurs, les contingents d'importation doivent être attribués en fonction de la prise en charge de produits indigènes, comme c'est le cas dans la filière viande par exemple.

Dans le cadre du commerce transfrontalier enfin, la franchise doit être abaissée de 5 à 2 litres de vin par jour et par personne. Parmi les mesures urgentes, l'ASEVI demande une aide au stockage pour l'encavage de la récolte 2019, une dénonciation immédiate de la dérogation "Swissness" pour la fabrication de fondues avec du vin étranger et un fonds de crédit-relais pour éviter des faillites et de défauts de paiement.

Pour toute réponse, le gouvernement préconise de voir l'augmentation de la concurrence comme une chance et de se satisfaire d'un éventuel renforcement de la promotion. La Suisse, qui signe des traités sur le climat, le rapport agricole mondial et la Déclaration sur les Droits paysans, pour ne citer que ces documents officiels, devrait être plus cohérente, et mettre en œuvre sa Constitution et ses lois qui l'obligent à préserver la production et l'approvisionnement indigène.

D'autre part, il est scandaleux de judiciariser un dossier de politique agricole, dont la consultation est encore ouverte dans le cadre de la PA 22+, à savoir le dossier des contrôles de cave. Cette ordonnance très largement critiquée met les vignerons-encaveurs dans le même panier que les acheteurs, vendeurs et importateurs de vins étrangers, et leur demande les mêmes contrôles administratifs ! Toutes les organisations agricoles ont refusé cette ordonnance absurde et plus d'une centaine de recours ont été déposés par des vignerons-encaveurs. Résultat : Le gouvernement se cache derrière l'administration et veut intimider la contestation par des sanctions financières et juridiques, par le biais d'avances et de frais dissuasifs. L'ASEVI exige l'annulation immédiate des menaces financières et une reprise du dialogue dans le cadre de la consultation sur la PA 22+.

Article de Rudi Berli.



vendredi, 07 juin 2019
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La multinationale suisse Interholco, basée dans le canton de Zoug, possède une énorme concession forestière dans le nord du Congo. Cette zone correspond au type de forêt nécessitant une protection particulière (« critical habitat »). Interholco ouvre des routes dans la forêt tropicale intacte pour abattre du bois et met ainsi en danger l’habitat naturel du gorille des plaines, une espèce menacée.

Interholco détruit la forêt tropicale sur l’équivalent d’un quart de la surface de la Suisse. Cette zone correspond au type de forêt nécessitant une protection particulière («critical habitat»). La déforestation s’avère très grave, car la zone présente une très grande biodiversité. Grâce à l’initiative pour des multinationales responsables, nous pouvons mettre un terme à cette déforestation.

Avec cette lettre de protestation, le comité de l'initiative multinationales responsables exige d’Interholco de ne plus abattre aucun arbre pour construire de nouvelles routes dans la forêt tropicale intacte !

Lien vers la lettre de protestation à signer : https://initiative-multinationales.ch/lettre-de-protestation


mardi, 18 décembre 2018
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Communiqué de presse commun HEKS EPER, FIAN, Swissaid, CETIM, Pain pour le Prochain, Uniterre - Lausanne, le 18 décembre 2018

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté hier à New York une déclaration historique pour la protection des droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. La Suisse officielle était en première ligne pour que cette déclaration voie le jour. Il s’agit maintenant de traduire en actes les droits proclamés dans la Déclaration.

Adoptée le 17 décembre par l’Assemblée générale des Nations Unies, la « Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales » (UNDROP) définit en 28 articles les droits les plus importants qui doivent être octroyés aux paysannes et paysans du monde entier. La Suisse s’est prononcée en faveur de la Déclaration dès le stade des négociations, donnant à New York un signe clair en faveur des droits des populations rurales.

Mais le vrai travail commence maintenant : la Déclaration fournit aux Etats les instruments d'une politique qui renforce les droits des paysannes et des paysans sur leurs terres, leurs semences ou leurs savoirs traditionnels. Elle est un outil efficace de lutte contre la faim et la pauvreté. Mais ces droits doivent être reconnus et mis en œuvre afin que la Déclaration ne reste pas lettre morte. Pour cela, un engagement des organisations et des réseaux de la société civile au niveau national, mais aussi de la part des Etats eux-mêmes est indispensable.

En Suisse, une large alliance d'organisations de la société civile a activement promu cette Déclaration ; elle travaillera désormais à sa mise en œuvre concrète.

Tout d'abord, il convient d’analyser de manière systématique les enjeux de la Déclaration pour la Suisse. Le Conseil fédéral est prié d'établir un rapport sur la mise en œuvre concrète de la Déclaration. Il peut s’agir notamment de donner des instructions aux services gouvernementaux concernés et aux représentations suisses à l'étranger, aux bureaux de coopération de la DDC ou aux divisions politiques du DFAE. Il est également important d'analyser les défis posés par la mise en œuvre de la Déclaration pour la politique agricole suisse actuellement en consultation, la coopération au développement ou les stratégies commerciales – concernant, par exemple, les accords commerciaux bilatéraux ou les lois sur les droits de propriété intellectuelle.


Deuxièmement, l'alliance d'organisations de la société civile prévoit d'engager un dialogue avec l'administration afin d'identifier les synergies possibles dans la mise en œuvre de la Déclaration en Suisse et par la Suisse.

Troisièmement, les différentes organisations s’engagent à faire connaître la Déclaration autant en Suisse qu’auprès de leurs partenaires à l’étranger et à les aider à la mettre en œuvre dans leurs pays respectifs.

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP)

Les petits agriculteurs, les pêcheurs, les éleveurs et les autres personnes travaillant dans les zones rurales jouent un rôle clé pour assurer la sécurité alimentaire mondiale. Néanmoins, ils sont victimes de discriminations multiples ; dans de nombreux pays, ils ne reçoivent pratiquement aucun soutien, au contraire : avec l'industrialisation et la standardisation de l'agriculture, l'accès à la terre, à l'eau ou aux semences traditionnelles devient de plus en plus difficile, voire impossible. Ces personnes sont également les plus exposées aux conséquences dévastatrices du changement climatique. Beaucoup souffrent de la faim et de la pauvreté.

La communauté internationale a reconnu le problème et a décidé que la population rurale devait être mieux protégée : dans la « Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales », adoptée hier, elle définit en 28 articles les droits les plus importants qui doivent être octroyés aux agriculteurs du monde entier. Il s'agit notamment du droit à la terre, à l'eau, aux semences, aux formes de production agro-écologiques, à un environnement intact ou au droit de déterminer ses propres objectifs économiques et alimentaires.

Le texte complet de la Déclaration peut être téléchargé via le lien suivant :

http://ap.ohchr.org/documents/dpage_f.aspx?si=A/HRC/RES/39/12

pdf

Communiqué de presse de la Via Campesina

https://viacampesina.org/fr/lassemblee-generale-de...