vendredi, 26 mai 2017
mardi, 27 septembre 2016
Loin des regards, dans la plus complète opacité, des méga-accords commerciaux poursuivent la privatisation des semences du monde et de la biodiversité. Comment expliquer qu'en notre nom, sans que cela n'émeuve grand-monde, le bien commun de l'humanité soit bradé aux géants de l'industrie des semences et des biotechnologies ; et ce, au détriment des droits les plus élémentaires de celles et ceux qui nourrissent l'humanité en améliorant et en transmettant ces semences depuis la nuit des temps ?
mardi, 27 septembre 2016
Depuis la divulgation en 2013 des négociations autour du TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement), la Arbeitsgemeinschaft bäuerliche Landwirtschaft (AbL)[i] et le regroupement TTIP unfairhandelbar[ii] jouent un rôle prépondérant dans le mouvement de protestation. En Allemagne, cette opposition aux traités est un des mouvements citoyens actuels les plus puissants. Le 17 septembre 2016, des centaines de milliers de citoyennes et de citoyens ont manifesté dans 7 villes d'Allemagne.
 
mardi, 27 septembre 2016
Qu'est-ce que le TTIP ?
Le Partenariat Transatlantique de Commerce et d'Investissement TTIP entre l'UE et les États-Unis vise principalement une chose : laisser le champ libre aux multinationales. La Suisse ne peut pas participer aux négociations, mais elle peut rejoindre l'accord en tant qu'État tiers. Le SECO a déjà entamé les pourparlers dans ce sens.
mardi, 27 septembre 2016
 
Les nouveaux défis pour une sélection végétale sans génie génétique
- Evaluer les techniques et leurs produits
- Protéger la diversité génétique
- Garantir la liberté de choix
 
téléchargez la brochure de Stop OGM
mercredi, 14 septembre 2016
Les producteurs de lait et de viande portugais ont manifesté ensemble mardi 23 août. Ils ont organisé une opération escargot avec plus de 60 tracteurs entre Ovar et Estarreja (Region Aveiro). Cette action a été organisée par l'organisation CNA - Confederação Nacional da Agricultura et sa filiale APPLC - Associação Portuguesa de Produtores de Leite e Carne.
mardi, 13 septembre 2016
Lettre ouverte de paysannes bio et employées agricoles à Bio Suisse
Selon l'étude de la CISA, un accord de libre-échange trilatéral entre la Suisse, l'UE et les États-Unis (TTIP) causeraitaux paysan-ne-s suissesd'énormes pertesde l'ordre de 587 millions par an, mais selon cette évalutation il ne menacerait pas leur existence. Parmi les membres de la CISA, aux côtés de Nestlé, Migros et Economiesuisse on trouve également des organisations agricoles comme IP Suisse, Bio Suisse, Suisseporcs et Vache Mère Suisse.
mardi, 13 septembre 2016
Une cinquantaine d'éleveurs français (Confédération paysanne) et belges (MIG/FMB, FUGEA et MAP) viennent de stopper, à la frontière franco-belge, le camion qui collecte pour la coopérative Milcobel l'usine des 1000 vaches, symbole de la surproduction qui casse les prix au détriment des éleveurs européens. Déjà en juin dernier, ils avaient bloqué l'entrée de la coopérative, tentant de sensibiliser ses dirigeants aux ravages engendrés par l'industrialisation de l'agriculture.
mardi, 13 septembre 2016
Chers amis producteurs et productrices de lait, chers sympathisants,
L'Association nationale des agriculteurs danois (LDM) salue l'adoption par l'UE d'un mécanisme de réduction de la production laitière. Malheureusement, seule une partie de l'ensemble des mesures est destinée à cette réduction.
mardi, 13 septembre 2016
Communiqué ECVC - Bruxelles, le 6 septembre, 2016
Aujourd'hui, la Coordination Européenne Via Campesina et l'European Milk Board ont présenté à l'Observatoire du Marché du Lait (MMO) leur analyse et leur diagnostic de la situation actuelle dans le secteur laitier, notamment celle des producteurs.
vendredi, 09 septembre 2016
Communiqué de Presse de la Via Campesina
(Harare, le 8 septembre 2016) Le 10 septembre est la journée d'action contre l'OMC, La Via Campesina, mouvement paysan international qui rassemble plus de 200 millions de paysans venant de 164 organisations membres dans 73 pays, commémore la mort de Lee Kyung Hae et continue à lutter pour la FIN de l'OMC.
mardi, 06 septembre 2016
Fondation de la section Uniterre BernSamedi 5 novembre de 15h à 18h Restaurant Bären Ostermundigen an der Bernstrasse 25
Fondation de la section Uniterre AargauMercredi 9 novembre à 19hauf dem Hof von Fabio Tanner, Altenberg 307, Wölflinswil
Contact: m.stalder@uniterre.ch
 
mardi, 30 août 2016
Lancé le 3 décembre 2015 à Paris, le Tribunal Monsanto aura pour mission d'évaluer les faits qui sont reprochés à la multinationale ainsi que de juger les dommages causés. Il sera organisé à La Haye, du 14 au 16 octobre 2016. Les initiateurs du Tribunal Monsanto, dont StopOGM et La Via Campesina font partie, lancent un appel à la société civile pour qu'ils participent au financement de cette opération.
+interviews de Marie-Monique Robin et Olivier de Schutter
mardi, 30 août 2016
Depuis l'adhésion de la Pologne à l'UE et l'abolition des quotas, le nombre de fermes laitières dans ce pays a diminué ; il y a moins de vaches et plus de lait. Mais toutes les exploitations n'ont pas grandi.
mardi, 30 août 2016
Interview avec Tina Siegenthaler, membre du comité de Loconomie, qui offre une formation en agriculture solidaire, et membre de la coopérative de légumes Ortoloco à Zurich.
 
mardi, 30 août 2016
Par principe, le comité d'Uniterre ne donne pas de consigne de vote pour des sujets qui ne sont pas directement liés à l'agriculture. Néanmoins, il est persuadé que cette initiative peut apporter des opportunités pour les familles paysannes, notamment dans la production d'énergie, le soutien aux circuits courts et à l'économie locale en général.
 
vendredi, 26 août 2016
Pendant deux ans, Uniterre a oeuvré, sous mandat de la Ville de Nyon, à la création de l'association d'agriculture contractuelle de proximité « Les Jardins de Nyon ». Après avoir invité l'ensemble des familles paysannes du district à une première séance d'information, un groupe de personnes motivées a travaillé à la création de l'association proprement dite. Une année après sa fondation et les premiers légumes livrés, Gian Paolo Berta livre son point de vue et analyse les défis pour l'avenir de la jeune structure.
mardi, 23 août 2016

Contre le pouvoir et l'impunité des multinationales de l'agro-business
Un nombre croissant de citoyens de différentes régions du monde voient aujourd'hui l'entreprise américaine Monsanto comme le symbole d'une agriculture industrielle et chimiquequi pollue, accélère la perte de biodiversité et contribue de manière massive au réchauffement climatique.Le modèle agro-industriel promu par Monsanto est à l'origine d'au moins un tiers des émissions de gaz à effet de serre mondiales dues à l'activité humaine ; il est aussi largement responsable de l'épuisement des sols et des ressources en eau, de l'extinction de la biodiversité et de la marginalisation de millions de petits paysans. Il menace aussi la souveraineté alimentaire des peuples par le jeu des brevets sur les semences et de la privatisation du vivant.
Aidez à organiser le Tribunal Monsantohttp://www.monsanto-tribunalf.org 
 
mardi, 23 août 2016
L'inititative pour la souveraineté alimentaire et les paysan-ne-s du syndicat Uniterre se mobilisent avec une large alliance contre les traités TTIP, TISA & Co 
manifestation nationale à Berne le Samedi 8 octobre
La souveraineté alimentaire au lieu du libre-échange!
Nous Paysannes et Paysans, Consommatrices et consommateurs, ne sommes pas d'accord avec l'orientation libre-échangeiste du Conseil Fédéral et du SECO.
vendredi, 19 août 2016
La problématique de l'accès à la terre est un préalable central à toute réflexion sur l'agriculture. Pour permettre l'existence d'une agriculture de proximité, respectueuse de l'environnement et de la santé humaine, il ne suffit pas de sauvegarder des zones agricoles. Il faut encore s'assurer de la répartition des terres et des conditions de leur travail.
mercredi, 17 août 2016
La conférence extraordinaire des ministres de l'agriculture des Länder allemands s'est tenue le 15 juillet à Bruxelles en raison de la crise persistante dans le secteur laitier. Les ministres de l'agriculture de tous les Länder étaient présents ainsi que le ministre fédéral de l'agriculture, Christian Schmidt, et le commissaire européen Phil Hogan. Le ministre français de l'agriculture, Stéphane Le Foll, avait également été invité mais s'est excusé au dernier moment. Le BDM était représenté à ce rendez-vous important par Romuald Schaber et une délégation sur place.
mercredi, 17 août 2016
Dans le contexte de l'incertitude qui continue de planer autour du Brexit, le Président de la fédération irlandaise ICMSA, John Comer, en appelle à l'UE pour qu'elle suspende immédiatement les négociations avec le Mercosur, les négociations du TTIP et d'autres éventuels accords de libre échange dans l'attente d'une vision claire des implications du Brexit et leur prise en considération dans tout accord commercial à venir.
mardi, 16 août 2016
Alors que la Fête du 1er août, donne à nos édiles l'occasion d'enfiler quelques perles au collier des bonnes intentions et des orientations à suivre pour un futur radieux, il faut surtout s'attacher aux citations de ceux qui nous gouvernent au plus haut niveau pour s'assurer de leur crédibilité. Notre président 2016 s'est évidemment, de par sa fonction de magistrat suprême, prêté à l'exercice. «Notre petit pays n'est pas une simple tache sur la carte du monde» s'est-il exclamé sans rire!
Pour un pays qui a autant blanchi d'argent et continue certainement de le faire, l'image de la tache est particulièrement bien choisi et ne prête pas forcément à rire, juste à sourire!
vendredi, 29 juillet 2016
On ne lâche rien! Ensemble, solidaires pour notre paysannerie.
Plus que jamais, les familles paysannes sont esseulées et leurs problèmes niés par les instances politiques, sociales et économiques de notre pays. Même celles censées les défendre. Un coup d'oeil au rapport agricole 2015 publié en novembre par l'OFAG et intégralement disponible sur Internet montre la profondeur et l'ampleur des doutes et des craintes qui secouent l'entier du monde agricole suisse. Les fermes continuent à mettre la clé sous la porte, et les si mal-nommés exploitants agricoles à se suicider.
vendredi, 22 juillet 2016
« La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures, produite à l'aide de méthodes durables et respectueuses de l'environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. La souveraineté alimentaire met au coeur des systèmes de production et des politiques les aspirations et les besoins de ceux qui produisent, distribuent et consomment les aliments en lieu et place des exigences des marchés et des transnationales. » - Déclaration de Nyéléni sur la souveraineté alimentaire (Mali, 2007)
vendredi, 22 juillet 2016
Participez à la délégation suisse!
Inscrivez-vous!
Du mercredi 26 au dimanche 30 octobre aura lieu à Cluj, en Roumanie, le 2ème forum Nyéléni pour la souveraineté alimentaire. Plus de 1000 personnes venant de 42 pays - paysans- nes, bergers-ères, consommateurs-trices, jardiniers-ières urbains-nes, peuples indigènes, chercheurs-euses, travailleurs-euses agricoles, écologistes, militants-tes pour les droits humains et syndicalistes venant de toute l'Europe se rassemblerons pour une série d'ateliers et de débats sur les moyens de reprendre le contrôle du système agricole et alimentaire.
jeudi, 18 juin 2020
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Par Vanessa Renfer, paysanne et secrétaire d’Uniterre

Pour bien comprendre comment fonctionne le marché du bois en Suisse, je me suis rendue dans l’Arc jurassien où j’ai pu m’entretenir avec Jean-Claude, scieur indépendant. Il a souhaité garder l’anonymat. Il dirige depuis de nombreuses années une scierie bien implantée dans sa région, et il met un point d’honneur à n’utiliser que du bois local. Sa spécialité est d’être en mesure de proposer toutes sortes de façonnage, de façon à pouvoir répondre aux demandes les plus diverses. Ce sont plus de 2’500 m3 de bois par année qui passent au travers de ses machines pour être sciés, rabotés et façonnés. Ce sont des produits aux dimensions standards qui sont fabriqués, mais également des articles plus spécifiques.

Préserver le capital forestier

A la question des impacts des changements climatiques sur son travail, Jean-Claude estime ne pas être tellement touché pour le moment. En effet, les garde-forestiers avec qui il collabore peuvent encore, dans sa région, prévoir chaque année suffisamment de coupes de bois frais, issu d’arbres en bonne santé et de belle qualité, pour qu’il puisse continuer de fournir à ses clients planches, éléments de charpente et autres lattes et parquet. Cependant, la part des coupes urgentes, liées à la sécheresse et aux attaques de parasites tels le bostryche, augmente de façon inquiétante ces dernières années. En vertu du principe que l’on ne prélève dans la forêt que le volume qui pousse annuellement (comme les intérêts à la banque), le jour viendra probablement où les coupes sanitaires dépasseront ce volume, en tout cas certaines années, et le bois frais viendra à manquer. De plus, il estime qu’il faut impérativement veiller à poursuivre une exploitation raisonnable de la forêt. Il a pu constater, au fil des ans, que le nombre d’arbres « âgés » encore sur pied a beaucoup diminué.

Jean-Claude fait également le constat que les petites scieries indépendantes disparaissent inexorablement au fil des ans. De la même façon que dans la paysannerie, la concurrence étrangère et la course aux prix les plus bas sont pour beaucoup dans cette évolution. On apprend au fil de la conversation que l’industrie du bois est subventionnée en Europe, tout particulièrement pour ce qui concerne la construction des scieries. Ce fait me sera confirmé plus tard par Jan Boni, ingénieur forestier du Canton de Neuchâtel. Il a ainsi été possible de maintenir en Europe des structures modernes. Cependant il semble que l’idée d’instaurer des subventions pour l’industrie du bois en Suisse ne fasse pas l’unanimité. Un peu comme dans le milieu agricole, la subvention présente l’inconvénient majeur d’entraîner d’inévitables contrôles, ce que tous ne souhaitent pas, et une certaine lourdeur administrative. Actuellement, l’argent public sert essentiellement à promouvoir l’entretien durable de nos forêts, qu’elles soient publiques ou privées, ce qui en fin de compte sert aussi la cause de l’industrie du bois, de façon insuffisante cependant.

Quelle aide pour les scieries ?

Quant au problème des importations, il est bien complexe là aussi. Par chance, l’obligation de déclarer l’origine du bois a été maintenue, alors que le Conseil fédéral voulait la supprimer, en vertu de la simplification administrative. Cependant, il faut savoir qu’il n’existe aucune taxe ni droit de douane pour le bois, que ce soit en bois rond ou en bois transformé. Le lamellé-collé est un exemple particulièrement frappant, puisque 95% de ce produit utilisé en Suisse provient de l’étranger. A ce sujet, l’avis de nos deux professionnels diverge. Pour Jean-Claude, les taxes douanières permettraient de favoriser le bois suisse en dynamisant les scieries. Car de son expérience, les clients s’intéressent surtout au prix. La provenance est un critère secondaire. En revanche, Jan Boni estime que l’industrie du bois suisse ne serait pas en mesure de fournir les produits qui sont actuellement importés. En tout cas pas dans l’immédiat.

Il existe pourtant des initiatives pour mettre en avant cette précieuse ressource naturelle, qui est la seule dont nous disposons en Suisse. Un organisme comme Lignum a mis sur pied un label, le COBS (Certificat origine bois suisse), qui peut être un atout marketing lors de la construction, et que les collectivités publiques peuvent utiliser pour se vendre, et attirer artisans ou habitants. Mais on pourrait aller plus loin, et offrir une subvention aux scieries ou aux utilisateurs du bois suisse, voire carrément aux deux. Cette incitation financière serait relativement aisée à mettre en place, et présente l’avantage de ne pas être coercitive ni punitive.

Prise de conscience

L’arrivée du Coronavirus dans nos contrées a encore fragilisé un marché du bois déjà bien tourmenté. Après quelques coups de vent remarquables entre janvier et février, contribuant à la saturation du marché, la pandémie a entraîné le ralentissement, voire l’arrêt total, de nombreuses scieries et entreprises forestières, en Suisse comme en France voisine. Il est conseillé aux propriétaires forestiers de ne plus rien couper. Comment les entreprises suisses vont-elles sortir de ce mauvais pas ? Il faut espérer que la crise engendrera une prise de conscience de l’ensemble de la société : nos piliers sont celles et ceux qui assurent nos besoins fondamentaux en temps de crise. Les personnes qui travaillent le bois, notre seule ressource naturelle, en font partie et méritent pleinement une valorisation décente de leur labeur.

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Zoom sur nos forêts

Rudi Berli, maraîcher et secrétaire d’Uniterre

La forêt suisse constitue la deuxième ressource naturelle du pays après l’eau. Selon la statistique forestière, la surface boisée est en augmentation de plus de 1000 ha par année et représente 31% de la surface du pays. Bien que sa fonction première soit la production de bois, la forêt revêt un caractère multifonctionnel garanti par la loi : protection, aspects sociaux, écologiques et économiques. Depuis 1990 (protocole de Kyoto), la forêt est le plus souvent gérée comme puits de carbone net 1.La forêt suisse appartient à hauteur de 71% aux collectivités publiques avec un peu plus de 898’000 ha. 240’000 propriétaires privés possèdent une surface de moins de 50 hectares avec un total de 373'000 ha. La sylviculture suisse emploie environ 5’800 personnes et l’industrie du bois dans son ensemble, avec 12’000 entreprises principalement situées dans des régions rurales, occupe 90’000 personnes au total.

Depuis le début des années 80, l'économie forestière suisse est en crise. C'est à partir de 1985 que l'exploitation forestière est devenue déficitaire, malgré des subventions fédérales et cantonales qui s'élèvent aujourd'hui à environ 300 millions de francs. Dans un marché du bois libéralisé, c'est le transport relativement bon marché qui a fait chuter les prix du bois, alors que les coûts d'exploitation ne cessent d'augmenter. Le bois de première qualité est cependant toujours rentable.

Pour garantir les prestations forestières à long terme, la situation économique de la sylviculture doit être redressée notamment en stimulant la demande et en favorisant l'accès au marché pour le bois indigène. En tant que réservoir de CO2 dans les bâtiments et les produits en bois, l’imposition d’une proportion minimale de bois suisse dans tout nouveau bâtiment serait bénéfique au climat. Malgré les accords de l'OMC, les critères de durabilité et de transport pourraient être invoqués dans les soumissions publiques d'achat.

Alors qu'en plaine les quantités de bois récoltées sont équilibrées entre l'accroissement et le décroissement, la situation est différente dans les zones de collines et de montagne. Sur l'ensemble de la Suisse, le potentiel du bois n'est utilisé qu'à hauteur de 50% environ. Quelque 5.2 millions de m3 de bois ont été récoltés en 2018, soit 11 % de plus que l’année précédente.En cause, la prolifération des bostryches, la sécheresse estivale et les dégâts causés par les tempêtes hivernales. Un meilleur accès aux forêts pourrait permettre d’exploiter de manière durable – sans en récolter plus qu’il n’en pousse – 2 à 3 millions de m3 de bois supplémentaires. La consommation indigène des ressources à base de bois se situe en 2018 à 11,2 millions de m3. 24% pour des matériaux en bois, 19% pour du papier et du carton et 54% pour le bois-énergie. En 2018, la consommation d’énergie totale en Suisse était couverte à 4,6% par le bois et plus de 10 % des ménages suisses étaient chauffés au bois. Cette énergie est quasi neutre en CO2 et joue un rôle de premier plan dans la stratégie énergétique nationale.

Pour l'agriculture le bois reste une activité intéressante, même si son rendement financier est précaire. Elle procure une indépendance énergétique et un revenu d'appoint à condition de maîtriser le débouché et de pouvoir adapter les quantités à la demande. C’est ainsi que s’ouvrent de nouvelles possibilités pour les paysan.ne.s, par exemple en créant leur propre réseau de chauffage à bois à distance. Il existe pour l'agriculture également un potentiel dans le développement de l'agroforesterie dans un système de polyculture non-forestière.

Il est donc important de défendre, également dans une perspective de souveraineté alimentaire et agroécologique, l'utilisation du bois des forêts suisses gérées durablement.

[1] On désigne par puits de carbone l’absorption nette de dioxyde de carbone par des écosystèmes et par source de carbone sa libération nette dans l’atmosphère. Les activités humaines, telles que les reboisements, les déboisements, l’exploitation forestière et l’agriculture, ont une influence sur les stocks de carbone des écosystèmes. En Suisse, les sources de carbone provenant des déboisements pourraient être plus importantes que les puits de carbone résultant des reboisements. La gestion des forêts représente le potentiel de puits de carbone le plus important.
Source : OFEV : puits_et_sourcesdeco2danslexploitationforestiere.pdf

mardi, 16 juin 2020
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Ce lundi 15 juin a eu lieu à Berne la conférence de presse qui lançait la nouvelle étude de la plateforme pour une agriculture socialement durable. Deux historiens, Gilles Bourquin et Jan Chiarelli, se sont penchés sur les conditions de travail dans le domaine de l’agriculture.

L'étude, bilingue est basée sur neuf cantons et couvre la période de 2000 à 2018.Cette étude reflète une réalité pas très reluisante de notre agriculture et des conditions de vie de toutes les personnes travaillant jour après jour pour produire notre alimentation.

Retrouvez le communiqué de presse ci après:
Si l'on examine les conditions de travail des salariés agricoles, un patchwork se dessine : de Genève à la Thurgovie, de Bâle au Tessin, les contrats-types de travail cantonaux sont très variés. Cela s'applique aux pauses (seuls 9 des 26 cantons accordent des pauses rémunérées de 15 minutes par demi-journée), aux heures supplémentaires (il peut être nécessaire de faire des heures supplémentaires) et aux jours de congé, ainsi qu'à la durée du travail hebdomadaire : le canton de Glaris se distingue par une semaine de 66 heures (mai - septembre) et le pendule oscille entre 50 et 55 heures par semaine dans la plupart des autres cantons. Seul le canton de Genève est en avance avec une semaine de 45 heures. L'assujettissement de l'agriculture au code du travail fixerait une durée hebdomadaire de travail de 45 heures (article 9) et représenterait une première amélioration.

Les salaires standards publiés annuellement par l'Union suisse des paysans (USP) s'élèvent actuellement à 3 300 francs bruts pour les auxiliaires saisonniers pour 55h semaine et à 2 625 francs bruts pour les stagiaires de moins de 4 mois (desquels sont déduits les frais de logement et de nourriture, à hauteur de 990 francs par mois). Un bref aperçu de l'évolution du salaire cible : depuis 2010, il n'a augmenté que de 395 CHF pour le personnel auxiliaire saisonnier et de 135 CHF pour les stagiaires. Une Convention Collective du Travail nationale peut fixer des salaires obligatoires. Avec la conférence de presse d'aujourd'hui, nous ouvrons le débat sur cette question urgente.

Mais ce débat ne peut être mené sans tenir compte de la situation des revenus des paysannes et paysans. La discussion sur la pression exercée sur les prix à la production par Coop et Migros vient de reprendre. Ce qui est en jeu, ce n'est rien de moins qu'une communauté agricole diversifiée et familiale, qui compte encore 50 000 exploitations. 2 à 3 fermes ferment leurs portes chaque jour. La baisse des prix à la production (-30% au cours des 30 dernières années) combinée à une forte pression de production est critique pour de nombreuses exploitations. Selon l’USP, l'agriculture représente 32 centimes du franc de consommation. L'étude menée par Agrisodu identifie également de graves lacunes dans les paiements directs, car "en 2018, les agriculteurs suisses n'ont effectivement bénéficié que de la moitié des 3,6 milliards. L'autre moitié va aux grandes chaînes de transformation et de vente au détail".

En 2018, le revenu agricole par unité de travail était d'un peu moins de 52’000 CHF (70’600 CHF par exploitation), ce qui correspond à 4’340 CHF bruts par mois. Le salaire médian suisse était de 6’538 francs bruts. Le revenu est encore plus faible pour les exploitations de montagne (40’580 et 34’321 francs respectivement). Ceci est contraire à l'article 5 de la loi sur l'agriculture, selon lequel les exploitations agricoles "peuvent, sur plusieurs années, atteindre un revenu comparable à celui de la population active d'autres secteurs économiques de la même région". Et au paragraphe 2, que "lorsque le revenu est nettement inférieur au niveau de référence, le Conseil fédéral prend des mesures temporaires pour l'améliorer". Mais rien ne se passe ! En outre, le temps de travail hebdomadaire est de 67 heures pour les hommes et de 63 heures pour les femmes. De plus, les agricultrices travaillent en moyenne 11 heures par semaine à titre accessoire. Au total, une charge de travail immense, avec une dette élevée d'environ 30 000 CHF par hectare et des salaires de misère. La situation est encore exacerbée par le dumping à l’importation, qui sape nos normes en matière de bien-être animal, de responsabilité sociale et d'écologie et entraîne une concurrence déloyale pour notre production intérieure.

Uniterre a déjà fait campagne pour la normalisation des conditions de travail et des prix équitables dans le cadre de l'initiative pour la souveraineté alimentaire.

L'Espagne montre la voie : Il est interdit par la loi de fixer des prix inférieurs aux coûts de production dans les contrats de vente de produits agricoles.

Nous pouvons briser cette spirale négative en défendant enfin un changement social avec les agriculteurs, les consommateurs et les travailleurs agricoles.

Mathias Stalder, secrétaire syndicale Uniterre


Plus d'infos sur le site de la plateforme : http://www.agrisodu.ch/


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dimanche, 14 juin 2020

Rudi Berli, maraîcher, secrétaire d'Uniterre


Dans son introduction à la réforme de la politique agricole, le Conseil Fédéral affirme que les objectifs ont été atteints dans différents domaines : "En effet, les revenus ont augmenté dans l’agriculture, …" mais quelques pages plus loin, il précise son propos: "L’amélioration de la compétitivité du secteur agroalimentaire suisse est un objectif prioritaire de la politique agricole"!

Le revenu de l’activité agricole réalisé en 2018 atteint 70’600 francs par exploitation, marquant une augmentation de 4,1 % par rapport à l’année précédente. C'est une bonne nouvelle, mais elle est toute relative ! Les exploitations agricoles suisses comptent en moyenne 1,36 unité de travail plein temps.Par unité de travail, le revenu agricole est donc de 51'911 francs. Rappelons que le salaire médian brut suisse se situe à 78’000 francs. Au niveau mensuel, cela représente pour le salaire médian 6’502 francs bruts en 2016 et pour le revenu paysan mensualisé, 4’340 francs en 2018. Sachant que le temps de travail moyen en Suisse est de 41,5h par semaine alors que dans l'agriculture, il est en moyenne de 60h, cela représente une rémunération horaire de 39 francs, respectivement 18 francs pour les paysan.ne.s! Cette différence est encore beaucoup plus marquée dans les régions de collines et de montagne. (cf. tableau)

État comparatif des salaires 2016/2018 par région

Région

Revenu du travail par UTAF

Salaire de référence


Francs par an

Francs par an

Région de plaine

57 343

74 664

Région des collines

40 580

69 773

Région de montagne

34 321

66 599

Source : Agroscope, Dépouillement centralisé des données comptables ; échantillon « Situation du revenu »

L'article 5 de la Loi sur l'agriculture prescrit pourtant à l'alinéa 1 que "les mesures prévues dans la présente loi ont pour objectif de permettre aux exploitations remplissant les critères de durabilité et de performance économique de réaliser, en moyenne pluriannuelle, un revenu comparable à celui de la population active dans les autres secteurs économiques de la même région" et dans l'alinéa 2 que "si les revenus sont très inférieurs au niveau de référence, le Conseil fédéral prend des mesures temporaires visant à les améliorer." Qu'en est-il alors ?

Dans son message sur la nouvelle politique agricole 22+, le Conseil Fédéral ne mentionne, sur l'ensemble des 250 pages, aucune mesure pour remédier à cette situation !

Le revenu du travail à l'extérieur est souvent la seule planche de salut pour pouvoir continuer à survivre financièrement. Il se monte en moyenne à 31’800 francs. Les fermes spécialisées dans la transformation, de même que celles qui sont actives dans les cultures végétales (cultures spéciales ou grandes cultures), comptent parmi celles qui réalisent le revenu moyen le plus élevé. Par contre, l’élevage de vaches laitières, celui de vaches mères et celui de divers bovins (c’est-à-dire de bovins et d’une petite proportion de vaches laitières) ainsi que l’élevage de chevaux, de moutons et de chèvres génèrent un revenu de 15 à 30 % inférieur à la moyenne agricole suisse.

Les paiements directs

Au niveau comptable, les paiements directs représentent en moyenne environ 25% des produits d'une ferme. Ce qui nous amène au paradoxe qu'à part l'évolution structurelle, c'est-à-dire le démantèlement progressif de l'agriculture paysanne, aucune mesure n'est prévue pour améliorer les revenus paysans sur le marché dans la nouvelle politique agricole ! En effet, c'est à cause de la destruction des fermes, que le revenu sectoriel du travail par unité de travail annuel augmente. Certains agriculteurs vont, en plus de leur exploitation, travailler jusqu'à 100%à l'extérieur pour tenter de renflouer les comptes courants qui plongent, qu'ils ont consolidés par des emprunts à moyen terme et qui retombent assez vite dans le rouge.

L’endettement

Rappelons dans ce contexte que l'endettement moyen des fermes suisse est de près de 500'000 francs en 2017 soit un pourcentage d'environ 50% par rapport aux actifs. Par hectare de surface agricole, cet endettement est de 20'000 francs. ( source Agroscope 2014) En effet, les agriculteurs souffrent également financièrement des calendriers de paiement de leurs récoltes et de leur travail. Alors que les paiements directs sont versés en juin et novembre, les comptes courants sont fortement sollicités entre janvier et mai, et entre juillet et octobre. Le paiement des céréales, des betteraves sucrières en juillet de l’année suivant la récolte et même les paies laitières arrivent après livraison (environ 15 jours après la fin d’un mois). Pour certaines productions, le paiement arrive jusqu'à une année après. Le problème, ce n’est donc pas seulement les prix trop bas, mais également l'échelonnement des paiements directs, bisannuels au lieu d'être mensuels et l'absence d'acomptes de production.

Quel autre secteur économique pourrait absorber une telle incertitude et une telle hypothèque financière permanente ?

Payer le prix équitable, bien manger, un luxe ?

Si nous y regardons de plus près, nous voyons comment le modèle agricole actuel est déterminé par les intérêts financiers et commerciaux des grandes entreprises (du secteur agro-industriel et de la grande distribution), qui cherchent à profiter de quelque chose d’aussi essentiel que l’alimentation. Ce système de marché dérégulé, dans sa course pour transformer les besoins en marchandises, les droits en privilèges, transforme aussi la cuisine, et en particulier les produits alimentaires de qualité, en un luxe. La malbouffe et les maladies qui y sont liées touchent aujourd'hui principalement les plus pauvres et la différence entre l’alimentation pour les riches et celle pour les pauvres est renforcée.
Une production agricole et un système alimentaire durables permettent au contraire par des contrats de production et de prise en charge négociés préalablement entre producteur.trice.s et acheteurs, d'approvisionner toute la société avec des aliments de qualité et de développer un modèle agricole qui respecte les ressources environnementales et les paysan.e.s. Ces négociations peuvent se faire à tous les échelons, entre voisins, autour d'une crèche, une école, un village ou un quartier.Les contrats peuvent aussi être négociés pour l'ensemble d'une filière par une organisation des producteurs de la branche avec les distributeurs et les transformateurs. A la Confédération, il appartiendra cependant de fixer un cadre qui permette un exercice de négociation démocratique, transparent et équitable. Ce sont la qualité, la quantité, le prix, les modalités de paiement et de livraison et les paiements d'acomptes de production qui doivent être déterminés à l'avance. Ce système permet une transparence sur les marges du commerce et rend accessible une alimentation de qualité produite dans des conditions durables, équitables pour les producteur.trice.s et pour les consommateur.trice.s. Telle devrait être la vision sociale qui doit guider la politique agricole. (journal uniterre avril 2020)

mercredi, 10 juin 2020
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Notre courrier à l'Office fédéral de l’agriculture (OFAG) du 27 avril contre l'importation du beurre aura été vain. En effet, l’OFAG a accepté la demande déposée par l’interprofession du lait en relevant de 1000 tonnes le contingent d’importation de beurre au 1er juin 2020.

Au vue de la réponse de l'OFAG à notre courrier (à retrouver ici), cela n'est malheureusement pas surprenant. Comme toujours, la Confédération ne veut pas prendre ses responsabilités et mettre un cadre là où l'IP Lait ne fait pas son travail!

Alors, maintenant, l'octroi de cette autorisation nous amène quelques questions (pdf ici), que nous avons posé à l'OFAG:

  • Quels sont les acheteurs des parts de contingent mises aux enchères jusqu’au 26 mai 2020 ainsi que les quantités attribuées à ces acheteurs ?
  • D’où proviendra ce beurre ? Dans quelles conditions, avec quel cahier des charges ce dernier sera-t-il fabriqué ?
  • L'OFAG peut-il nous assurer que ce beurre importé respectera l’alinéa d. de l’article 104a. sur la sécurité alimentaire, à savoir « des relations commerciales transfrontalières qui contribuent au développement durable de l’agriculture et du secteur agroalimentaire » ?
  • Ce beurre sera-t-il soumis à des conditions strictes d’affichage lors de sa vente ? Y a-t-il une obligation de déclarer son origine étrangère sur les emballages ou étiquettes de vente ? Les acheteurs peuvent-ils le mélanger à de la production indigène pour l’écouler sans qu’il en soit expressément fait mention sur les produits concernés ?
  • Comment l'OFAG compte assurer que le lait utilisé pour la fabrication du beurre importé ne proviendra pas d’animaux nourris aux OGM, que ce lait sera produit selon les exigences du cahier des charges suisse ? Quels contrôles seront mis en place pour assurer la traçabilité de la production de ce beurre importé ?

Nous vous tiendrons informer du retour de l'OFAG à ces questions.

Nous ne baissons pas les bras et prévoyons d'autres actions à venir! La suite au prochain épisode!

lundi, 08 juin 2020
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L’initiative pour des multinationales responsables sera soumise à votation ! Une épreuve de force s’est tenue au parlement et le lobby des grandes multinationales s’est imposé sur tous les plans (voir ci-dessous pour plus de détails).

Soutenir maintenant le crowdfunding !

Uniterre soutient l’initiative pour des multinationales responsables, car elle vise une évidence: lorsque des multinationales comme Glencore polluent des rivières ou détruisent des régions entières, elles doivent en assumer les conséquences.

Afin de gagner la votation contre la campagne à 8 millions du lobby des grandes multinationales, nous avons besoin de votre soutien. Avec le lancement d’un grand crowdfunding, nous nous sommes fixés l’objectif de récolter un million de francs ! Participez dès maintenant au crowdfunding : www.initiative-multinationales.ch/crowdfunding


Un million de francs est un objectif très ambitieux que très peu de campagnes ont atteint en Suisse. Si nous voulons gagner, nous dépendons urgemment de ces fonds :

  • Nous avons besoin de 130'000 CHF au moins pour la production et la publicité de vidéos en ligne afin de mobiliser les jeunes durant la dernière phase.
  • Il nous faut 220'000 CHF au moins afin de publier des annonces dans les grands journaux.
  • Nous avons besoin de 650'000 CHF au minimum pour des affiches, sinon nous n’aurons aucune visibilité face à la campagne d’affichage étendue des grandes multinationales.

Un grand merci d’avance pour votre contribution. Qu’il s’agisse de 5, 50 ou 200 francs, tout don nous rapproche un peu plus de notre but : www.initiative-multinationales.ch/crowdfunding


Au fait, que s’est-il passé au parlement ?
Après presque trois ans de débats parlementaires s’est tenue la « conférence de conciliation » des deux chambres. Les grandes multinationales et leurs associations de lobbying se sont à nouveau imposées sur tous les plans lors de cette dernière étape. Cela signifie qu’il n’y aura pas de réglementation à l’égard de multinationales comme Glencore et Syngenta et qu’elles ne devront pas répondre de leurs actes lorsqu’elles polluent des fleuves ou détruisent des régions entières.


Nous avons maintenant besoin d’un Oui dans les urnes en faveur de l’initiative pour des multinationales responsables ! Pouvez-vous aussi soutenir le crowdfunding par un don ? Un grand merci d’avance : www.initiative-multinationales.ch/crowdfunding

mardi, 02 juin 2020
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En raison de la pandémie de la Covid-19, la collecte de signatures a été suspendue. Avec actuellement 56 500 signatures, nous sommes proches de notre objectif et nous voulons récolter encore 3 000 signatures supplémentaires d'ici le 8 juin 2020, la soumission étant prévue pour le lundi 22 juin 2020.

Le syndicat paysan Uniterre et le viticulteur biologique Willy Cretegny ont officiellement lancé le 27 janvier 2020, le référendum contre l'accord de libre-échange avec l'Indonésie, et il est maintenant soutenu par près de 50 organisations. Les dernières semaines ont montré que l'Indonésie n'est pas disposée à mettre en œuvre des normes écologiques et sociales pour empêcher la destruction des forêts vierges et de leurs richesses :

- Une nouvelle loi minière supprime la limite maximale de 15 000 hectares pour les mines individuelles et prévoit une prolongation automatique des permis pour 20 ans, en partie au profit de l'industrie du charbon. Cette loi renforce la déforestation massive des forêts.

- Selon un nouveau projet de loi, les entreprises d'huile de palme ne devront plus mettre un cinquième de leurs terres à la disposition des petit.e.s paysan*ne.s.

- La loi omnibus adoptée par le gouvernement du président Joko Widodo en février 2020 prévoit des sanctions plus légères contre les infractions à l'environnement, la fin des poursuites contre les plantations qui défrichent la forêt par le feu. En outre, cette loi privera les gouvernements locaux de leur pouvoir de décision sur l’octroi des permis pour des projets sensibles sur le plan environnemental. Le Parlement indonésien se prononcera sur cette loi dans les prochains mois.

Nous savons maintenant que les pandémies comme celle de la Corona sont étroitement liées à l'agro-industrie et à la destruction de nos moyens de subsistance naturels. Au lieu de promouvoir la souveraineté alimentaire et une agriculture diversifiée pour les petits exploitants, les accords de libre-échange alimentent la propagation des monocultures d'huile de palme et ne servent que les intérêts des grandes entreprises locales et multinationales. Kathrin Hartmann, auteur du livre "The Green Lie" et experte en matière d'éco-blanchiment, déclare à propos de l'accord de libre-échange avec l'Indonésie : « L'accord de libre-échange va accroître la souffrance et la destruction ».

Communiqué de presse du 2 juin 2020.

lundi, 01 juin 2020
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Ces derniers mois, le terme de souveraineté alimentaire a été repris en Europe et en Suisse par la société civile mais aussi par des décideurs politiques et des fonctionnaires. Il nous semble important de faire un petit rappel de ce qu’est la souveraineté alimentaire afin d’éviter qu’elle ne devienne un concept vide.

La base de la souveraineté alimentaire est le respect. Respect des hommes et des femmes et de la planète. La solidarité et la justice. La démocratie. La souveraineté alimentaire est une vision humaniste sur le long terme. La souveraineté alimentaire c’est aussi la clairvoyance et le courage de sortir du dogme néolibéral. La souveraineté alimentaire c’est l’espoir d’un monde juste et équitable.

Il n’est donc pas question de galvauder la souveraineté alimentaire, car elle est une réponse globale et systémique.

Un concept global

La « souveraineté alimentaire soutient une agriculture qui, dans un espace rural vivant et créateur d’emplois, produit une alimentation saine et de proximité permettant des prix, des conditions de travail et des salaires justes ; elle participe par ailleurs à un commerce international équitable et une exploitation durable des ressources[1]. »

La souveraineté alimentaire se construit dans une économie circulaire, inclusive, coopérative.

Une diversité de fermes à maintenir

Le paysage agricole suisse est composé d’unités agricoles très différentes les unes des autres. Certaines sont spécialisées et hautement mécanisées, elles peuvent être relativement grandes ou petites. D’autres sont plus diversifiées et extensives. Certaines produisent pour la grande distribution, d’autres pour le marché local, certaines encore transforment elles-mêmes leurs produits ou travaillent avec un artisan. Certaines travaillent de manière conventionnelle, conformément aux exigences de la politique agricole, d’autres selon les critères de l’agriculture biologique ou d’IP-Suisse. Et quelques-unes sont en biodynamie, agroécologie ou permaculture.

Il y aurait de la place pour toutes ces formes d’agriculture en Suisse. Mais il faudrait un soutien spécifique aux petites structures et aux collectifs : reconnaissance juridique, formation, recherche, finances et infrastructures, entre autres.

Promouvoir l’agriculture paysanne et les circuits courts

Environ quatre fermes disparaissent par jour en Suisse. Cette érosion est dramatique, car seules perdurent les entités agricoles hautement spécialisées. La souveraineté alimentaire a pour but de maintenir et de renforcer une agriculture paysanne et des collectifs de production qui cultivent (et élèvent leurs animaux) selon les critères de l’agriculture biologique ou de l’agroécologie et qui écoulent leur production en circuits courts. Il est vital socialement, économiquement que la population s’approprie de son alimentation et que le plus grand nombre possible puisse acquérir les compétences et des espaces de production et de transformation destinées à la vente directe.

Le marché c’est nous !

Les demandes et revendications d’Uniterre sont très souvent balayées par les nécessités de s’adapter au « marché ». Il y a bien les directives de l’OMC, les traités de libre-échange, mais en Suisse qui définit les besoins du marché ? Nous pouvons, par nos choix d’achat en tant que consommatrices et consommateurs, influencer les décisions des transformateurs et de la grande distribution. Mais il n’en reste pas moins que le cœur des décisions de ces entreprises est la rentabilité économique. Cela ne suffit pas ! Le commerce doit se mettre au service du développement durable et les coûts environnementaux, sociaux et sanitaires des produits devraient être pris en compte et répercutés sur les prix, ce qui les rendrait non attractifs. Actuellement, les dégâts sur l’environnement et les impacts négatifs sur la santé sont pris en charge par la société tandis que les bénéfices commerciaux restent en main privée !


[1] Voir les documents sur la souveraineté alimentaire sur le site https://initiative-souverainete-alimentaire.ch

lundi, 25 mai 2020

Jeune Couple Suisse cherche ancien verger à acheter en l’état pour réhabilitation.
Toutes communes des districts de Nyon et Morges, et environs
Surface et configuration du terrain libres


Contact :

sandra.rappo@gmail.com
Mme RAPPO 079/715.21.18
M. EGLI 022/519.26.02

jeudi, 14 mai 2020
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Une vidéo à ne pas manquer!

https://www.youtube.com/watch?v=QyxXJEnZt8g

Réalisée par Longo Mai - Montois

mardi, 12 mai 2020
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Lausanne, le 12 mai 2020


Uniterre s’est penché sur le train d’ordonnances agricoles 2020. Voici les points essentiels qui en ressortent :



Améliorations structurelles :

Comme lors de la consultation sur la PA 2022+, Uniterre accueille favorablement les ouvertures proposées en faveur des personnes morales dans le cadre de la LDFR ainsi qu’à des conditions de contrôle et des exigences pour éviter une mise en danger des éléments fondamentaux du droit foncier rural.


Protection à la frontière :

Uniterre estime que les propositions concernant les importations agricoles sont à rejeter en bloc. Elles sont contraires à la sécurité et à la souveraineté alimentaire ! Elles augmentent la pression sur les prix à la production par une concurrence accrue. Elles favorisent les effets négatifs sur l'environnement par une hausse des volumes d'importation et dégradent les conditions cadres assurant l'approvisionnement de la population avec une production indigène durable et de qualité. Les défis que nous imposent le changement climatique, la nécessité de protéger les ressources et l’environnement ainsi que la crise actuelle liée au coronavirus montrent l’importance de maintenir et de développer une production indigène socialement, environnementalement et économiquement durable.

Dans le secteur laitier, au lieu de faciliter l'importation de beurre, nous demandons le maintien du système actuel et et la mise en œuvre de mesures privilégiant une production suffisante de beurre indigène, plutôt que la production de fromages bon marché d’exportation. Dans le domaine des productions végétales, il faut rehausser les prix seuils, baissés par l'OFAG, pour rendre plus attractive la production indigène de fourrages. Concernant le blé panifiable, il ne faut pas modifier le système actuel, mais au contraire mettre un frein à l'importation massive de pains préfabriqués qui ne sont pas pris en compte dans le contingent d'importation de blé panifiable. Le système de mise aux enchères doit être maintenu.


Protection des végétaux :

Nous saluons l’adaptation au droit européen en matière de retrait de substances actives. L'homologation de produits autorisés en agriculture biologique devrait être accélérée par une réciprocité avec le droit européen. Uniterre rappelle qu’il s’oppose à la culture et l’utilisation d’OGM dans l’agriculture de même qu’aux techniques de mutagénèse faisant recours à l’ADN recombinant


Simplification administrative:

Certaines simplifications administratives sont bienvenues, mais dans l'ensemble, la densité de la charge administrative devrait être réduite.


Supplément pour la transformation laitière

Uniterre se bat depuis des années pour que la prime fromagère soit versée directementaux producteurs conformément à l’ordonnance sur le soutien du prix du lait (OSL Art. 6b) ! Aujourd’hui cette prime est versée aux transformateurs qui devraient la reverser aux producteurs or, nous savons qu’une partie de cette prime reste dans les poches des transformateurs et de la grande distribution,

La transparence du marché laitier doit être améliorée par une application plus rigoureuse de l'art. 37 sur les contrats laitiers, y compris le droit de livraison volontaire du lait du segment B. Aujourd’hui les producteurs ne peuvent pas décider dans quel segment leur lait sera vendu (pour rappel lait segment A : prix indicatif 71ct/l ; lait segment B : env. 45 ct/l).

Les interprofessions (art.7,8 Lagr) doivent garantir une représentation démocratique des producteurs, selon le principe 1 producteur = 1 voix. Ce renforcement est nécessaire afin que la position des producteurs soit améliorée vis-à-vis des transformateurs et de la grande distribution. Les prix indicatifs devraient avoir valeur départ ferme et des prix minimaux devraient être fixés.

En revanche, Uniterre est contre le fait de verser le supplément de non-ensilage également pour le lait bactofugé et pasteurisé transformé en fromage. La Confédération doit au contraire soutenir les mesures pour favoriser une production durable de qualité. Un prix du lait équitable de Fr. 1.- est une condition qui doit être soutenue dans les efforts de la branche.


Contact presse : Rudi Berli, r.berli@uniterre.ch, 078 707 78 83 (D/F)