vendredi, 26 mai 2017
samedi, 27 décembre 2014
« Belles fêtes, merci et vive la Souveraineté alimentaire »
En cette fin d'année, c'est au Président qu'incombe la réalisation de l'édito, ce que je fais avec plaisir. D'entrée je tiens à vous transmettre, chères familles paysannes et sympathisants mes remerciements les plus sincères pour votre soutien et surtout votre engagement. L'année 2014 a été pour Uniterre une année d'abord difficile, puis réjouissante, toujours passionnante et pleine de rebondissements.
mardi, 02 décembre 2014
Un message de Dacian Ciolos, ancien commisssaire à l'agriculture européenne, à toutes les paysannes et paysans, producteurs de lait qui ont manifesté le besoin d'avoir des instruments pour réguler manager la production de lait en Europe, après 2015. Il a quitté ses fonctions en 2014. Il a été remplacé par un Irlandais, dont les popsitions sont pour l'instant peu connues. Dans tous les cas il semble moins à l'écoute que Dacian Ciolos (photo ec.europa.eu)
Lien vers la video: >ici
vendredi, 28 novembre 2014
La troisième rencontre européenne Grundtvig autour de l'agroécologie s'est tenue fin septembre 2014. Uniterre participe à ces rencontres d'échanges et de formations de paysans à paysans. Cette fois-ci, c'est Christian Bovigny qui était du voyage. Voici son témoignage. 
lundi, 17 novembre 2014
Des dirigeants de La Via Campesina à Genève pour soutenir la Déclaration sur les droits des paysans
Entre le 9 et le 13 novembre 2014 une délégation de dirigeants de La Via Campesina était présente à Genève pour appuyer la Déclaration sur les droits des paysans qui est en cours d'élaboration au Conseil des droits de l'Homme. Les dirigeants ont participé à une réunion de consultation informelle et ont identifié la reconnaissance de l'identité paysanne ainsi que le droit à la terre, le droit aux semences, le droit à la souveraineté alimentaire, le droit à un revenu digne, le droit aux ressources productives, le droit à la santé et le droit à la liberté syndicale comme quelques-uns des éléments clés du projet de Déclaration.
mercredi, 12 novembre 2014
Approvisionnement sans frontière
Fin octobre, le Conseil fédéral faisait le point sur la politique agricole actuelle et les perspectives futures. Lors de cette séance, il a annoncé qu'il lancerait un contre-projet direct à l'initiative de l'Union Suisse des Paysans «sécurité alimentaire». Le texte de l'USP, rédigée en «termes généraux» a permis à Schneider Ammann de s'engouffrer dans la brèche.
jeudi, 06 novembre 2014
Le Conseil des Droits de l'Homme à Genève a adopté une résolution autorisant la poursuite du processus en vue de l'adoption d'une Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan-ne-s et autres personnes travaillant en zone rurale (pastoralistes, ouvriers agricoles, nomades, pêcheurs, peuples indigènes, sans terre...). La Bolivie est en charge de démarrer les consultations informelles avec les États et la société civile et d'organiser une seconde session du groupe de travail intergouvernemental en novembre 2014. L'adoption d'une telle Déclaration peut potentiellement contribuer à mieux protéger les droits et améliorer les conditions de vie de millions de paysans et d'autres personnes travaillant en zones rurales dans le monde comme en Suisse.
jeudi, 06 novembre 2014
A l'invitation du réseau de Longo Mai, trois représentant-e-s du monde paysan de Colombie ont effectué ce printemps une tournée européenne pour alerter l'opinion publique des effets dévastateurs des traités de libre-échange sur la richissime biodiversité cultivée traditionnelle de ce pays. Il s'agissait de nous faire prendre conscience, en Suisse également, de la globalité du phénomène d'accaparement des semences par une poignée de sociétés transnationales ainsi que de l'urgence d'y résister.
jeudi, 06 novembre 2014
Si les projecteurs ont été tournés vers Gaza pendant l'été en raison de la brutale agression israélienne sur ce minuscule territoire, il ne faut pas oublier qu'elle n'est «qu'un élément de plus» à une occupation civile et militaire de la Palestine qui dure depuis 66 ans. L'occupation du territoire au fil des décennies a été planifiée pour prendre possession des zones les plus fertiles et les plus riches en eau. C'est particulièrement criant en Cisjordanie où les colonies de peuplement comme le mur d'annexion ont été placés à dessein pour tirer un maximum de profit de cette terre. L'agriculture, dont l'outil de travail est justement la terre, en paie un lourd tribu.
mercredi, 05 novembre 2014
Le comité de la FPLS a décidé que l'organisation allait continuer d'acheter le surplus de lait C par l'intermédiaire de Lactofama pour s'en débarrasser sur le marché mondial. Pour ce faire, il lui faut au minimum 12 millions de francs supplémentaires pour l'année prochaine. Cet argent, elle veut se le procurer par le biais d'une contribution obligatoire pour les producteurs de lait. Nous devons donc payer, pour ensuite livrer davantage. Autant de stupidité est à peine croyable !
lundi, 03 novembre 2014
Nous devons pouvoir gérer notre production
Les actuelles baisses de prix du lait sont catastrophiques pour les paysans. La faute aux marchés d'exportation dont les prix sont en berne. Raisons invoquées: l'embargo de l'UE sur les exportations vers la Russie et une production mondiale qui reste élevée.
vendredi, 31 octobre 2014
Le 30 octobre, l'Union des Agriculteurs autrichienne a porté plainte auprès de l'autorité fédérale de la concurrence autrichienne contre la chaîne de supermarchés  « Zielpunkt » pour cause du dumping des prix du lait UHT . Selon les infos de l'organisation, Zielpunkt vend du lait UHT pour 54 centimes deux jours par semaine.
mardi, 28 octobre 2014
Les prix du lait chutent actuellement en Europe. Une laiterie belge vient d'annoncer à ses membres, que le prix de lait avoisinera les 25 ct d'euro/litre dès le 1er janvier 2015. Vous trouvez la lettre d'information de la « Laiterie des Ardennes » > ici
jeudi, 02 octobre 2014
Au Royaume-Uni, les protestations contre les réductions persistantes du prix du lait des grandes laiteries continuent.
Arla prévoit de réduire le prix du lait de 1,67 pence/litre (env. 2,15 centimes) supplémentaire. D'autres grandes laiteries suivront à partir de novembre, entre eux Dairy Crest (réduction de 1,3 pence/litre) et Müller. Müller réduira le prix pour un litre de lait standard de 1,9 pence (2,44 cent) à 27,1 pence/litre (env. 34,80 cent/litre).
Les réductions sont justifiées par l'offre de lait élevée, tandis que la demande en produits laitiers reste faible.
Les producteurs britanniques ont annoncé des actions prochainement.
jeudi, 02 octobre 2014
Les ONG exigent un dialogue concernant la production et les prix
Le nouveau Commissaire à l'Agriculture se doit de mener une politique laitière responsable.
(Berlin, le 1e octobre 2014) A la veille du premier grand oral que Phil Hogan, Commissaire désigné de l'Agriculture et du Développement rural, s'apprête à passer devant les eurodéputés, une coalition d'ONG l'enjoint à promouvoir une agriculture paysanne pérenne. «La Commission doit cesser de soutenir, comme elle l'a fait jusqu'à présent, l'agro-industrie», estime l'Arbeitsgemeinschaft bäuerliche Landwirtschaft (AbL, groupement pour l'agriculture paysanne)
mardi, 30 septembre 2014
L'initiative souveraineté alimentaire est lancée
Participez toutes et tous à la récolte de signatures!
Vous trouvez toutes les infos utiles sur:
www.souverainete-alimentaire.ch
mardi, 30 septembre 2014
Invitation à rejoindre le mouvement
«Les exploitations agricoles familiales contribuent à assurer l'approvisionnement en nourriture de la population. Afin de mieux les soutenir, il est nécessaire de reconnaître la notion de souveraineté alimentaire, de renforcer le commerce équitable, ainsi que les droits des femmes au niveau agricole». Voici un extrait d'une déclaration remise à M. Johann Schneider-Ammann
mardi, 30 septembre 2014
L'initiative a été lancée
Dossier de presse:
L'initiative en bref
Prise de parole de Valentina Hemmeler Maïga
Prise de parole de Pascal Corminboeuf
Prise de parole de Fabian Molina
Prise de parole d'Ulrike Minkner
mardi, 23 septembre 2014
Uniterre est membre de la plateforme Souveraineté alimentaire & coopération internationale en Afrique, hébergée par la fédération genevoise de coopération.
Avec deux autres membres, le GRAD-s et Tourism for Help, Uniterre a participé à la 4ème foire ouest-africaine des semences paysannes, organisée en mars 2014 par l'association sénégalaise des producteurs de semences paysannes à Djimini, petit village du sud-est du Sénégal. Nous y avons co-animé trois ateliers autour de l'autonomie des organisations paysannes, de l'accès à la terre et des formations paysannes
mardi, 16 septembre 2014
En dépit du départ de Dacian Ciolos du poste de Commissaire à l'Agriculture en fin d'année, la politique de stabilisation du marché du lait doit être poursuivie par son successeur
vendredi, 12 septembre 2014
Pour la seconde année consécutive, les membres d'Uniterre comme le syndicat, vous invite à leur table à l'occasion de la Semaine du Goût! C'est une occasion rêvée de renforcer les liens entre les paysans et la population. Curieuse des goûts à découvrir ou à retrouver, cette dernière est friande d'en comprendre les origines.
jeudi, 04 septembre 2014
Lettre ouverte à Doris Leuthard contre la hausse des tarifs postaux
La Poste a mis en oeuvre au début de cette année une augmentation étalée sur trois ans de ses tarifs postaux pour la distribution des journaux et périodiques1. Alors même qu'en 2013, La Poste a réalisé un bénéfice net de 626 millions de francs.
vendredi, 29 août 2014
C'est à la traite que la Coop montre son vrai visage!
Nous sommes habitués à ce que les publicités de la Coop riment avec durabilité, bien-être animal ou bio. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes: les paysannes et les paysans rayonnent lors des mises aux enchères, les vaches ont des cornes et sont en train de pâturer, les salades chantent et les pommes tombent directement des arbres dans la corbeille
jeudi, 28 août 2014
Le 30 septembre 2014, l'initiative populaire "Pour la souveraineté alimentaire. L'agriculture nous concerne toutes et tous" sera lancée! Pour cette occasion et afin d'accompagner la récolte des 100'000 signatures nécessaires dans les 18 prochains mois qui nous amènera à une votation populaire, un nouveau site est créé:
www.souverainete-alimentaire.ch. Vous y trouverez toutes les informations utilles!
lundi, 04 août 2014

A vélo pour un été qui bouge
Le mouvement suisse de la décroissance organise une caravane à vélo pour rouler ensemble jusqu'à
Leipzig pour le congrès internatonal sur la décroissance.
Le quatrième congrès internatonal sur la décroissance aura lieu à Leipzig du 2 au 6 septembre et met l'accent sur des étapes concrètes pour aller vers une société libérée de la croissance. Le congrès veut jeter des ponts en ouvrant des débats et en favorisant les échanges entre actvistes, pionniers et pionnières ainsi que créer un espace pour des perspectves artstques.
lundi, 28 juillet 2014
Une étude consacrée au marché laitier suisse démontre les effets perturbateurs de l'abandon des quotas
Selon le président de l'EMB, l'UE connaîtra un sort similaire après l'abolition en 2015 
(Bruxelles, le 23 juillet 2014) : « Alors que cinq années se sont écoulées depuis l'abolition des quotas, les producteurs sont toujours privés de conditions stables sur le march.».
vendredi, 20 mai 2022
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Courrier adressé à l'organisme de révision de la formation agricole, formation qui est actuellement en cours de révision.

Il est indispensable que l’agriculture biologique et d’autres formes de production telles que l’agroécologie, l’agroforesterie soient mieux prises en compte dans la révision de la formation agricole de base !

Quel est le rôle d’une formation agricole ? Elle doit préparer les futur.e.s paysannes et paysans à mener à bien les nombreuses activités de leur ferme. L’apprentissage des techniques agronomiques pour les différents secteurs de production est essentiel, de même que les connaissances des lois, de la fiscalité, etc. mais cela ne suffit pas. Aujourd’hui, il faut conjuguer le travail agricole avec la durabilité, le respect des animaux, les attentes des consommatrices et consommateurs, la guerre des prix. Le métier des paysans s’est complexifié et la formation agricole doit leur donner une large palette de connaissances afin qu’iels puissent relever les défis actuels et futurs : crise climatique, dégradation des sols, de l’environnement, perte drastique de biodiversité… Les pandémies qui touchent autant les animaux que les humains et la guerre en Ukraine (et dans de nombreux autres pays) prouvent que nous ne pouvons plus aveuglement compter sur les importations d’intrants pour notre agriculture suisse. Nous devons donc impérativement développer une agriculture plus résiliente, plus durable, plus autonome. L’agriculture biologique et l’agroécologie apportent des solutions pour plus de résilience.

Nous pensons qu’une formation a le devoir de faire découvrir aux apprenant.es tous les champs des possibilités afin qu’ils puissent décider de leur stratégie entrepreneuriale en toute connaissance de cause. Il n’y a pas qu’une agriculture en Suisse ! Il faut que la formation agricole reflète les différentes tendances. Elle n’a pas le droit moral de ne promouvoir qu’un seul type d’agriculture. Au contraire, elle doit non seulement renforcer l’agriculture biologique, mais encore légitimer l’agroécologie, l’agroforesterie.

De nombreuses personnes souhaitent se former dans ces domaines : plusieurs formations en maraîchage biologique par exemple se développent actuellement de façon autonome, faute de formation adéquate. Des centaines de personnes sont sur liste d’attente pour pouvoir suivre ces nouvelles formations.

Vous nous répondrez que la demande des consommateur.trice.s n’est pas au rendez-vous concernant la consommation de produits biologiques ou d’autres labels. C’est un fait, mais le problème est ailleurs : Ce n’est pas le bio qui coûte trop cher, c’est le conventionnel qui ne couvre pas tous ses frais, parce que jusqu’à présent, la majorité des empreintes écologiques, sanitaires et sociales sont mises à la charge de la société. En plus, une nourriture, vitale, mérite plus que 7 % du budget de nos ménages.

Une formation qui mérite son nom doit permettre d’anticiper, de développer de nouvelles voies, d’oser sortir du moule !

Nous comptons sur le soutien de l'OrTra Agrialiform pour que ce besoin d’ouverture soit reconnu dans la révision actuelle de la formation, pas seulement dans les premières années de formation mais aussi au travers de spécialisations.

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mercredi, 18 mai 2022
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Information ECVC

Le 1er livret thématique sur “l’accès aux ressources et aux moyens de production” est arrivé. Il s’agit du premier de 4 livrets, constituant une partie du matériel d’éducation populaire qui sera utilisé comme une étape cruciale pour reconnecter celles et ceux qui ont inspiré et créé UNDROP. Il met en évidence la manière dont l’UNDROP peut être utilisée pour aborder et protéger les droits des paysan·nes aux ressources et aux moyens de production. Les obligations de l’État sont décrites. Il donne aussi des exemples sur la façon dont les communautés du monde entier utilisent l’UNDROP pour protéger leurs droits.

Le matériel d’éducation populaire nous aidera à utiliser efficacement l’UNDROP dans nos luttes pour affirmer et faire progresser nos droits collectifs et individuels. Ces livrets contribueront à une plus grande sensibilisation, à une meilleure compréhension et au renforcement des capacités (par la formation) des mouvements sociaux ruraux. Nous devons utiliser ce livret comme un outil fondamental pour garantir que l’UNDROP sera respectée, mise en œuvre et promue à tous les niveaux ; du local à l’international, des coutumes communautaires aux mécanismes d’élaboration des politiques.

Le matériel éducatif populaire de l’UNDROP est développé par La Via Campesina et FIAN International.

Accès au booklet

mercredi, 11 mai 2022
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Communiqué de presse Uniterre

En ces temps incertains, où le sentiment d’insécurité semble croître de jour en jour, l’ancestrale peur d’avoir faim ressurgit au fond de nos cerveaux reptiliens, et nous force à nous demander quelle attitude adopter. Le patron de Syngenta sort du bois avec une réponse toute faite, et sans ambages : il faut laisser tomber la production bio, afin d’augmenter les rendements ! Mais ne soyons pas naïfs, ce sont surtout ses propres bénéfices qu’il espère augmenter !

L’agriculture industrielle, avec de grandes structures et des monocultures, s’avère en vérité particulièrement néfaste pour le climat et pour la biodiversité. De plus, en arrêtant le bio, tel que le propose Syngenta, l’agriculture se mettrait davantage à dos la société civile en compromettant :

  • la qualité de l’eau potable,
  • la qualité de nos terres,
  • la biodiversité,
  • la protection du climat,
  • la santé publique

En arrêtant le bio, nous produirons peut-être davantage de denrées alimentaires, mais pas de vivres. Et nous ferons - surtout ! - augmenter le chiffre d’affaire et les bénéfices de Syngenta et de toute l’agrochimie.

Les vraies solutions au problème de pénurie alimentaire se trouvent ailleurs, et en plus elles sont beaucoup moins coûteuses :

  • Mieux répartir la nourriture,
  • Arrêter la spéculation sur la nourriture,
  • Arrêter le gaspillage alimentaire, tout le long de la chaîne de production,
  • Arrêter d’utiliser des denrées pour en produire du carburant,
  • Ne pas fourrager des denrées qui peuvent nourrir l’humain,
  • Préserver nos terres de l’érosion, de la désertification et de la spéculation,
  • Promouvoir de plus petites structures, diversifiées par l’agroforesterie et la permaculture, pour plus de résilience et d’autonomie,
  • Sortir l’agriculture des accords de libre échange et de l’OMC,
  • En résumé, Promouvoir la souveraineté alimentaire !

Il est vrai, l’agriculture bio produit moins en quantité, mais mieux et de manière plus durable. A long terme, ce sera la durabilité de tout le système, la durabilité et la qualité de de nos terres nourricières qui seront déterminantes, et non pas les profits à court terme de quelques géants !

La fuite en avant vers le « toujours plus » ne nous sauvera pas, bien au contraire, elle ne fera que nous précipiter dans une spirale infernale de problèmes toujours plus insurmontables. Alors ne cédons pas aux sirènes des solutions toutes faites, mais empoignons à bras le corps, et pour de bon, toutes ces difficultés ! En route vers la Souveraineté alimentaire, avec les paysan.nes du monde entier !

Contacts presse :

Maurus Gerber (d/f): 081 864 70 22

Laurent Vonwiller (d/f): 078 877 01 79


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lundi, 09 mai 2022
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Depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, La Via Campesina n’a cessé de dénoncer les politiques néolibérales et de libre-échange qui détruisent les paysanneries du monde et déstabilisent les systèmes alimentaires locaux. De Seattle à Cancún, de Hong Kong à Buenos Aires, les paysan·nexs ont inspiré une grande alliance des peuples contre l’imposition d’un nouvel ordre commercial au service des multinationales et des milliardaires.

Pendant le mois de juin, les paysan·nexs du monde entier nous appellent à nous mobiliser une fois encore, à Genève, contre cette organisation aux politiques criminelles.


Les mobilisations paysannes et autochtones ont permis de bloquer les négociations. Depuis 2001 et l’accord de Doha, aucun nouvel accord de l’OMC n’a jamais pu être adopté. Cependant, l’accord de Marrakech s’applique : il oblige à ouvrir les marchés aux entreprises transnationales et empêche notamment la mise en place de politiques publiques ambitieuses en faveur des paysan·nexs et des autres petit·exs producteur·ricexs. De plus, les accords de libre-échange bilatéraux ou régionaux se sont multipliés.


Solidarité avec la lutte exemplaire de La Via Campesina en défense de la souveraineté alimentaire des peuples !


Les politiques néolibérales et d’imposition du libre-échange ont fortement fragilisé les paysanneries du monde entier. Elles poussent les pays à donner la priorité aux cultures d’exportation et à dépendre des importations pour nourrir leur population. Elles accentuent l’accaparement des ressources naturelles par les transnationales, au détriment des paysan·nexs et des communautés locales. Elles aggravent le réchauffement climatique en favorisant la monoculture industrielles, la déforestation, la surexploitation des sols et de l’eau ainsi que la perte de biodiversité. La santé des foyers les plus précaires est sévèrement affectée par la perte de qualité de l’alimentation issue de processus industriels et de l’exportation.

Pandémie de Covid-19, événements extrêmes liés au réchauffement climatique, guerre en Ukraine, aujourd’hui le constat est sans appel : faire dépendre l’alimentation et la santé des peuples du commerce international et des entreprises transnationales est irresponsable et criminel. Cela doit cesser. L’OMC doit sortir de l’agriculture ! La souveraineté alimentaire doit être la base des politiques agricoles et alimentaires et les pays doivent mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) ainsi que les directives sur la pêche artisanale.


Dans tous les domaines, la souveraineté des peuples est bafouée par l’OMC.

Le libre-échange est aussi criminel dans d’autres domaines. Désarmant les États, il a imposé le néolibéralisme : démantèlement des services publics, austérité, dettes, délocalisation et surproduction - cette course vers le bas des États a exacerbé les inégalités et démultiplié la misère, au Sud comme au Nord. Les femmes en sont les premières victimes ; les migrations forcées, les guerres et les violences endémiques en sont les conséquences. La dérégulation financière attise la spéculation et une succession de crises endémiques, avec en parallèle des régulations totalitaires qui renforcent le « droit » aux bénéfices des transnationales et leurs brevets sur les semences et les médicaments (même en pleine pandémie)!

Nous exigeons des politiques publiques qui favorisent l'accès à la terre et aux ressources agricoles pour les jeunes ainsi que la mise en place de circuits courts.

MANIFESTATION INTERNATIONALE CONTRE LA CONFÉRENCE MINISTÉRIELLE DE L’OMC : Samedi 11 juin, 14h, Place Lise Girardin, Genève


Rencontre avec les délégué·exs de La Via Campesina, Uniterre et FIAN : Lundi 13 juin, 18h30, UniMail, salle MR280, Genève (avec le soutien de la CUAE)

Signataires :
La Via Campesina, Uniterre, Confédération Paysanne, Conf Haute-Savoie, BioGenève, La Vrille, Supermarché Participatif Paysan-La Fève, l'Affaire TourneRêve, Agriculture du Futur, ATTAC, Collectif BreakFree, CETIM, SolidaritéS, FIAN Suisse, MAPC, CADTM, FRACP, Parti Socialiste Genevois, Vert-e-s Genève, Ensemble à Gauche, Le Nouveau Radical, le Silure, UNIA Genève, SIT Genève, CUAE,FSU 74, Solifonds, Congreso de los Pueblos_Suiza, Maison collective Malagnou, Rafale, The Development Institute, Arlac (BE), Red Wiphalas, Aipazcomun, Comunidad Bolivia Plurinacional CH, Autoconvocadxs Internacional Madrid, World Forum of Fisher Peoples (WFFP), Permacultura Atta, Basta, Grève du Climat, Association de solidarité Nicaragua — El Salvador

mardi, 03 mai 2022
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L’organisation paysanne Uniterre a pris part à la consultation proposée par le Conseil fédéral. Voici dans les grandes lignes nos revendications.

La période récente nous montre de manière évidente l'importance d'un approvisionnement alimentaire sécurisé pour la population, ainsi que le rôle prépondérant que l'agriculture paysanne doit y jouer. L’agriculture paysanne occupe un rôle de premier plan dans la décarbonation du système alimentaire et la transition vers une société plus durable. Mais cette agriculture paysanne est aujourd'hui prise en étau entre un marché alimentaire toujours plus mondialisé avec une pression permanente sur le prix à la production et la nécessité de préserver les ressources naturelles, le climat et la biodiversité. Le renvoi de la politique agricole 22+ n’a pas encore ouvert le débat sur un système alimentaire cohérent qui doit dépasser ces contradictions. Ainsi la destruction de l’agriculture paysanne par l’évolution structurelle, voulue par l’OFAG, n’est toujours pas remise en question par les orientations proposées

Ces dernières années, le nombre de suicides et de burn-out dans l’agriculture est en forte augmentation. C’est pour cela et, vu la situation géopolitique actuelle, que le moment est venu de revaloriser le travail de l’agriculture. Ainsi dans l’Ordonnance sur la Terminologie agricole, Uniterre propose de coupler l’UMOS (Unité main d’oeuvre standard) à l’équivalent temps plein (ETP) appliqué au sein de l’OFAG. Une UMOS devrait donc passer de 2600 h/an, à moins de 2000 h/an. Les facteurs pour le calcul des UMOS devront donc être adaptés et corrigés à la hausse (mais pas les seuils UMOS !).

Uniterre déplore que la protection douanière de la production indigène de céréales fourragères et panifiables, d’oléagineux et de plantes protéiques ne soit pas renforcée. Pour combler ce manque, nous proposons de modifier l’ordonnance sur les importations.

Quant à la production laitière : Uniterre soutient pleinement le versement direct de la prime à la transformation fromagère aux producteur.trice.s. Par contre, Uniterre ne comprend pas que l’OFAG ne soit pas capable de faire appliquer la motion 19.3952 "Améliorer les termes du contrat-type de l'Interprofession du lait ", adoptée par les deux chambres du parlement. Le nouveau contrat cadre de l’IP-Lait ne garantit toujours pas la liberté de livraison, sans pénalisation, du lait du segment B. C’est un déni de notre système démocratique ! Aujourd’hui, nous privilégions l'exportation de fromages produits avec du lait B sans aucune valeur ajoutée, alors que nous devons importer du beurre. Au lieu de pousser les exportations à tous crins, nous devons privilégier l'approvisionnement du marché suisse !

Compte-tenu de l’introduction de nouveaux objectifs (primes aux cultures spéciales, protection des troupeaux, soutien aux races indigènes, soutien aux plantes résistantes, …), Uniterre exige que l’enveloppe budgétaire soit adaptée dans ce sens. Par ailleurs, Uniterre attend que la Confédération présente une politique agricole globale et cohérente, qui englobe aussi les domaines de l’alimentation. De plus, il est clair que l’agriculture a des implications dans de nombreux autres domaines, tels que l’environnement, la santé, le tourisme, la mobilité, l’aménagement du territoire, et les prestations réalisées par l’agriculture devraient jouir du soutien financier des départements concernés.

Cependant, ces considérations ne doivent pas dédouaner les différents acteurs du marché, qui doit être la source principale de rémunération des produits agricoles. En outre, la Confédération ne peut pas être libérée de son devoir moral de créer et de favoriser des conditions-cadre équitables pour une répartition juste et transparente de la valeur ajoutée tout au long des filières.

réponse à la consultation sur le train d'ordonnances agricoles

mercredi, 20 avril 2022
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Prise de position du MAPC, Mouvement pour une Agriculture Paysanne et Citoyenne (Genève)

Ce dimanche 17 avril 2022, journée internationale des luttes paysannes, le Comité du 17 avril a organisé une plantation de patates sur l’ancien emplacement de la coopérative maraîchère du Jardin des Charrotons, aux Cherpines à Genève. Celle-ci avait cessé son activité en 2017 suite au non-renouvellement de son bail agricole par les propriétaires du terrain. Certes, le déclassement de la zone des Cherpines condamnait la pérennité de la coopérative, mais le constat est que cinq ans plus tard, le terrain est toujours en friche, et rien n’a été construit comme initialement prévu.

Le MAPC, Mouvement pour une Agriculture Paysanne et Citoyenne, prend position aujourd’hui contre le déclassement à tout va des terres agricoles et contre la politique de la Confédération, qui ne protège pas les structures agricoles à taille humaine, qui pratiquent une agriculture extensive et agroécologique respectueuse du vivant et qui font un travail essentiel à la survie de nos sols et à la production agricole des décennies à venir. En effet, à l’heure actuelle 3 fermes par jour disparaissent en Suisse. Les terres sont de plus en plus déclassées pour laisser place bien souvent à la construction de complexes commerciaux non indispensables ou à des locaux commerciaux, qui restent vides ou peu utilisés. Sous la pression de logiques du marché et de l’agroindustrie, les fermes deviennent de plus en plus grandes et de plus en plus mécanisées et technologiques, entrainant la disparition des petites fermes, des paysannes*, remplacées par des machines ou des robots, ainsi que la disparition du savoir paysan et des terres accessibles pour les néopaysannes qui souhaitent se lancer.

Les terres des Cherpines étaient des terres multiséculaires du terroir genevois. Longtemps cultivées selon des pratiques culturales respectueuses des sols, elles étaient parmi les plus fertiles du canton. De même, la coopérative maraîchère du Jardin des Charrotons, organisée en ACP, était une structure qui cultivait biologiquement une grande diversité de légumes permettant la livraison hebdomadaire de 140 paniers, destinés à des mangeuses de la région. C’était aussi un lieu vivant et de rencontres, qui multipliait les savoirs paysans en expérimentant de nouvelles techniques et en accueillant des stagiaires régulièrement. Suite à la fin du bail aux Cherpines, l’aide apportée par l’État au relogement de la coopérative a été très faible et toujours conditionné à une obligation ; un relogement sur des terrains agricoles de l’État n’est possible que si la forme juridique « coopérative » change pour une forme en entreprise individuelle.

Le MAPC se questionne ainsi sur la transparence de l’utilisation des terres agricoles à Genève et de ses méthodes d’attribution. Comment savoir si des terrains agricoles de l’État se libèrent ? Nous estimons qu’à l’avenir, les terrains agricoles appartenant à l’État doivent favoriser en premier l’installation de nouvelles structures et non l’agrandissement de fermes déjà existantes. Mais aussi, et l’exemple du Jardin des Charrotons en témoigne, comment est-il possible de laisser au bon vouloir de propriétaires privées nonagricultrices
l’attribution et les conditions d’utilisation des terres agricoles ?

Parce que le MAPC promeut ce type de structures et pratiques agricoles, aujourd’hui menacées par l’industrialisation du travail de la terre, le MAPC soutient l’occupation du champ des Cherpines de ce 17 avril 2022 et soutiendra le Comité du 17 avril lors des négociations qui vont se tenir ces prochains jours avec le propriétaire du lieu, ce dernier ayant annoncé dimanche qu’il était ouvert à la discussion pour mettre en place un bail d’exploitation.

Uniterre soutient cette prise de position.

Contact : info@mapc-ge.ch / mapc-ge.ch
* Le féminin générique est utilisé à des fins de lisibilité et inclut toute identité de genre.

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Communiqué de presse du comité du 17 avril

https://www.youtube.com/watch?v=S4WZnjoG7tY

mardi, 19 avril 2022
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La Coordination Européenne Via Campesina (ECVC) a publié aujourd'hui une nouvelle publication sur sa vision de l'agroécologie paysanne, capable d'offrir des solutions aux grands défis environnementaux, sociaux, économiques et politiques auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui.

La publication explique les concepts de l'agroécologie paysanne selon ECVC, puis propose diverses études de cas qui illustrent les différentes façons dont l'agroécologie paysanne peut être réalisée en fonction des conditions, des cultures, des ressources et des pratiques locales. Il est important de noter que l'agroécologie paysanne n'est pas un modèle agricole normatif, mais plutôt une pratique vivante qui fonctionne avec la nature et non contre elle, reconnaissant les droits des agriculteur.rice.s et des communauté.e.s à l'autodétermination et à l'autonomie.

D’après la vision de l'agroécologie paysanne d'ECVC, les droits des petit.e.s producteur.rice.s alimentaires, reconnus au niveau international dans la Déclaration des droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP), doivent être une des priorités de son programme. En outre, les petit.e.s producteur.rice.s de denrées alimentaires doivent être respecté.e.s pour leur rôle de premier plan dans l'économie et récompensé.e.s équitablement pour leur travail.

Cela ne peut se faire que par le biais de politiques et de législations au niveau régional, national et local qui conservent et protègent les droits des dit.e.s paysan.ne.s et garantissent le libre accès et les droits de décision sur les semences, les moyens de production, la terre et les biens communs tels que l'eau, l'air, la culture et la connaissance.

Pour y parvenir, ECVC a écrit une lettre ouverte aux décideur.euse.s politiques à l'approche de la Journée internationale des luttes paysannes, demandant des politiques publiques qu’elles facilitent une réelle transition vers l'agroécologie paysanne et la souveraineté alimentaire. Cela pourrait contribuer à atteindre les objectifs en matière d'agriculture et de climat fixés par les institutions européennes dans des politiques telles que les stratégies "de la ferme à la table" et de "biodiversité".

Cependant, à ce jour, l'UE n'a pas réussi à fournir des mécanismes et des outils suffisants pour assurer cette transition, préférant plutôt encourager des pratiques isolées liées à l'agroécologie paysanne tout en maintenant un système de production alimentaire qui n'est pas durable dans son essence même. ECVC demande une régulation du marché et un soutien économique supplémentaire pour garantir une transition vers l'agroécologie paysanne dans le cadre du Pacte Vert. Cela permettra d'assurer la résilience des systèmes alimentaires pour produire une alimentation suffisante et saine, de protéger l'environnement et de promouvoir la cohésion sociale dans les zones urbaines et rurales. ECVC reconnaît également la nécessité d'un nouveau paradigme économique, basé sur les principes de solidarité, de coopération et d'échange, s'efforçant de trouver des alternatives locales et circulaires telles que les systèmes de chaînes alimentaires courtes.

Comme l'a souligné Pier Francesco Pandolfi de Rinaldis, membre de l'Articulation des Jeunes d’ECVC, "Dans l'agroécologie paysanne, les activités économiques doivent se développer dans les limites écologiques et être guidées par les conditions et les besoins locaux plutôt que par les intérêts capitalistes et la croissance à tout prix. Concrètement, cela signifie qu'il faut retirer l'agriculture des accords de libre-échange et de l'OMC et introduire une régulation du marché afin de garantir aux agriculteur.rice.s un revenu décent."

Notes à la rédaction

Lisez la publication complète, disponible en sept langues, ici : Néerlandais, Anglais, Français, Allemand, Italien, Roumain, Espagnol

Suite au lancement de cette nouvelle publication, ECVC organisera un webinaire dirigé par les paysan.ne.s avec la participation de décideur.euse.s politiques afin de faire pression pour la mise en œuvre d'une politique qui facilite sa vision de l'agroécologie. Suivez @ECVC1 sur Twitter pour recevoir plus d'informations.

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jeudi, 14 avril 2022
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Le 1er avril dernier, les membres d’Uniterre étaient conviés à l’Assemblée générale ordinaire qui s’est déroulée sur la ferme de la famille Thévoz à Russy (FR). Au menu (copieux) : validation des comptes 2021, approbation de la révision des statuts et prise de position au sujet de l’initiative contre l’élevage de masse.

Une vingtaine de membres se sont retrouvés à Russy sur la ferme de la famille Thévoz qui conduit une ferme biologique en agroforesterie avec production de fruits, cultures de variétés anciennes de céréales, un peu de maraîchage et une pépinière. Statutaire et en présentiel, l’Assemblée a été menée par Maurus Gerber, notre nouveau président élu le 26 novembre dernier, et a permis aux membres de prendre connaissance du rapport d’activité 2021. Comme le veut la règle, les comptes ont été passés en revue. Présentés dans le journal de mars 2022, rappelons ici que les comptes 2021 ont été bouclés sur un bénéfice d’un peu plus de 6'000.- frs. Le budget 2022 a été présenté avec deux variantes, l’une plus optimiste que l’autre. Dans un cas comme dans l’autre, Uniterre devra de toute façon effectuer une recherche de fonds afin de soutenir ses différents projets.

Les nouveaux statuts ont ensuite été discutés. Elaborés par une commission formée spécialement pour l’occasion, puis approuvés par le Comité directeur lors de sa séance du 24 mars, ils ont été soumis aux membres via notre site internet, et ils étaient également disponibles par courrier sur simple demande. A leur tour, les membres présents à l’AG ont pu les approuver formellement, ce qui a été fait à l’unanimité.

Cette étape importante a permis de confirmer le mode d’élection et la composition du Comité directeur, qui est maintenant en place pour 3 ans dans la composition suivante : Christine Gerber, Christian Hutter, Florian Buchwalder, Laurent Vonwiler, Yves Batardon, Philippe Reichenbach et Maurus Gerber. Deux places sont vacantes, les candidatures sont les bienvenues, tout particulièrement féminines.

Au dernier point de notre assemblée, et non des moindres : la prise de position concernant l’initiative contre l’élevage de masse. Le comité directeur avait choisi de proposer comme mot d’ordre « Oui, mais pas sur le dos des paysans ! ». La discussion a été animée et de nombreux avis ont été exprimés. A l’image des importantes divisions qui ont secoué le monde paysan suite aux initiatives anti-phytos, l’élevage intensif ne laisse personne indifférent. Devant l’impossibilité de mettre tout le monde d’accord, l’Assemblée s’est finalement résolue à proposer la liberté de vote comme mot d’ordre. Toutefois, la communication sera ciblée sur la nécessité de changer le modèle agro-alimentaire en cours, et sur les nombreuses conditions qui devront être appliquées afin de soutenir les familles paysannes. A lire à ce sujet, notre dossier en pages 4 et 5.

La journée s’est terminée autour d’un repas et avec une visite de la ferme de la famille Thévoz, qu’Uniterre remercie ici chaleureusement pour la mise à disposition de ses locaux.

Vanessa Renfer, Paysanne et secrétaire à Uniterre

Rapport d'activité 2021

mercredi, 13 avril 2022
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Selon le communiqué de presse du 4 avril 2022 co-signé par les deux organisations susmentionnées, tous les œufs de poules élevées en plein air devront répondre aux exigences du logo à la coccinelle à partir d'août 2022, afin de rester sur les rayons. Leur argument : Migros apporterait ainsi une contribution importante au bien-être des animaux, au climat et à la biodiversité. GalloSuisse - l'association des producteur*trices d'œufs suisses - n'a pas été impliquée dans les négociations, mais mise devant le fait accompli. Elle se montre donc "étonnée et déçue" par cette procédure, comme elle l'a écrit le même jour dans sa lettre ouverte.

Les exigences plus élevées en matière de biodiversité, de bien-être des animaux, de protection du climat et des ressources, d'alimentation avec du soja certifié en provenance d'Europe, etc. peuvent impliquer des changements sur l'ensemble de l'exploitation ainsi qu'une majoration des coûts. Tout cela, une fois encore, sur le dos des paysan*nes. Le géant orange ne semble, en effet, pas envisager une hausse des prix d'achat aux producteur*trices. Il n'en fait en tout cas nulle mention!

Maurus Gerber, président d'Uniterre, déclare à ce sujet : "La dimension économique et sociale de la durabilité a tout simplement été mise de côté. IP-Suisse, en tant qu'organisation de producteurs comptant environ 20'000 membres, aurait tout intérêt à intégrer ces deux aspects rapidement et de façon systématique ". En effet, l'augmentation des coûts de production réduit de plus en plus la marge de manœuvre des producteur*trices, ce qui représente une menace existentielle pour nos fermes.

Vanessa Renfer, productrice de poulet, précise : "Que ce soit pour le lait des prés, le blé sans herbicide et maintenant pour les œufs, c'est toujours la même manœuvre :

- Pas de consultation préalable des producteur*trices.

- Les paysan*nes sont toujours mis devant le fait accompli

- On ne prend pas en compte les surcoûts que cette transition va engendrer.

- On ne parle pas des prix d'achat de ces produits IP-Suisse. Actuellement, seuls 45 producteurs d'œufs répondent déjà à ces exigences. 60 devront procéder à des adaptations afin de satisfaire la Migros. Il est fort probable que cela ait un impact négatif sur les prix."

Uniterre demande un véritable partenariat plutôt qu'un diktat. Il n'est pas acceptable que l'acheteur fixe lui-même les conditions de production. Il faut un dialogue équitable, notamment sur les prix à la production. Nous attendons de la Migros qu'elle applique les principes qu'elle met en avant dans sa vision, à savoir "être un pont entre consommateurs et producteurs" et "rendre à la paysannerie ce qui lui est dû, principalement en lui payant un prix équitable pour ses produits".

Nous voulons une agriculture paysanne diversifiée qui ait de l'avenir. Nous voulons assurer la souveraineté alimentaire.

Contacts avec la presse :

Maurus Gerber, président, paysan retraité (d/f) : 081 864 70 22

Vanessa Renfer, secrétaire, paysanne (f) : 078 821 24 83.

vendredi, 08 avril 2022
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Réunis en Assemblée générale le 1er avril dernier, les membres d’Uniterre ont longuement échangé sur les tenants et aboutissants de l’initiative populaire lancée par Sentience Politics et qui vise à abolir l’élevage intensif en Suisse. La discussion, animée mais respectueuse, n’a toutefois pas permis d’aboutir à un consensus.

L’organisation paysanne Uniterre reconnaît l’intérêt du texte, qui vise à supprimer les grands élevages industriels au profit d’élevages paysans à taille humaine. Elle salue la volonté des initiants de limiter la consommation de viande et de se soucier du bien-être animal, et se félicite tout particulièrement de constater la volonté d’imposer les mêmes normes aux produits animaux importés.

Cependant, les membres ont jugé que le texte était trop vague pour en estimer pleinement les conséquences sur les familles paysannes. Le cahier des charges de Bio Suisse est cité comme un standard minimal, sans être une règle absolue. Il existe en outre un flou marqué quant à la définition même du terme « intensif », ou du bien-être animal. Par exemple, une vache attachée dans une écurie de montagne connaît-elle un bien-être suffisant, ou cela serait-il remis en question en cas de oui ? Le texte ne le stipule pas de façon suffisamment claire.

Le comportement d’achat des consommatrices et consommateurs a également été remis en question, et pour Uniterre, comme pour beaucoup d’autres organisations, le premier vote citoyen se fait lors des achats quotidiens.

En revanche, si le texte n’a pas été jugé comme adéquat pour venir à bout de la problématique en cause, il n’en demeure pas moins que la problématique de l’élevage industriel est bien réelle. Les membres d’Uniterre reconnaissent dans leur majorité que le système agro-alimentaire n’est pas en mesure de répondre aux défis de demain, tant d’un point de vue climatique, qu’environnemental, social ou sanitaire. Il est urgent d’explorer d’autres chemins pour atteindre un système agricole et alimentaire durable et résilient. Cela passe par la revalorisation du travail des familles paysannes et par la modification de nos comportements de consommation, non seulement pour les produits issus de nos animaux, mais également pour toute notre alimentation.

C’est la raison pour laquelle Uniterre a choisi de laisser à ses membres la liberté de vote. Cependant, notre organisation ne manquera aucune occasion de rappeler ses arguments en faveur d’une agriculture paysanne durable, telle qu’elle est promue par la Via Campesina. Elle appelle l’ensemble de la population à mener une réflexion au sujet de ses attentes vis-à-vis de l’agriculture suisse, et l’encourage à aller à la rencontre des familles paysannes afin de mieux cerner les problèmes, mais aussi les solutions potentielles.

Lausanne, le 8 avril 2022

Contacts presse :

Maurus Gerber, président, paysan retraité (d/f) : 081 864 70 22

Vanessa Renfer, secrétaire, paysanne (f) : 078 821 24 83


Les revendications d’Uniterre :

  • Un cadre politique qui offre un soutien fort aux familles paysannes : aides au financement de bâtiments, par exemple
  • Une consommation de viande raisonnée, strictement indigène, du museau à la queue de l’animal
  • Des prix qui couvrent l’intégralité des coûts de production, car les mesures en faveur du bien-être animal ont un coût
  • Une revalorisation importante des cultures à destination des humains, afin d’encourager les réorientations de production là où c’est possible
  • La transparence dans les filières, et une répartition équitable de la valeur ajoutée pour chaque maillon de la chaîne
  • Une protection douanière efficace

En résumé, un changement de paradigme est nécessaire pour atteindre les buts recherchés, et cela ne se peut se réaliser qu’avec le soutien de toutes et tous. Les familles paysannes ne peuvent supporter à elles seules les contraintes qui découleront de ce changement.

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