vendredi, 26 mai 2017
samedi, 02 décembre 2006
Depuis mai 2006, la sortie anticipée du contingentement laitier a permis à certaines organisations de passer d'un contrat de droit public à un contrat de droit privé. Nous sommes aujourd'hui en présence de 27 organisations laitières qui explose l'offre et font le bonheur des transformateurs et distributeurs qui négocient au plus offrant. Uniterre a, à plusieurs reprises, tenté d'amener sa contribution afin de chercher à regrouper l'offre.
vendredi, 28 juillet 2006

mardi, 25 juillet 2006
La politique agricole suisse est en réforme perpétuelle. Cela concerne les lois telles que la Loi sur l'agriculture, la Loi sur le droit foncier rural ou celle sur le bail à ferme. Uniterre s'engage pour que les modifications répondent aux attentes des familles paysannes.
Uniterre a pris position en décembre 2005 sur le projet de Politique Agricole 2011.
Courant 2006, elle a également donné son point de vue sur les modifications de différentes ordonnances.
Uniterre suit de près l'évolution du dossier auprès du Parlement.
Parallèlement, nous nous engageons à la récolte de signatures pour la Pétition contre PA 2011   > les photos du dépôt de la pétition le 28 fevrier 2007 à berne
Uniterre participe à l'action pour le maintien du soutien à la mise en valeur de la laine de mouton.Lettre de soutien à la mise en valeur de la laine co-signée par Uniterre.Lettre-type à télécharger et à envoyer à vos Conseillers nationaux et des Etats.
 
La loi sur l'agriculture voté le 22 juin par le Parlement
La loi sur l'agriculture a été votée et ce n'est pas pour nous réjouir. Nous l'avons toujours dit, ce n'est pas le rythme de la réforme qui pose problème, mais bien l'orientation de celle-ci. De très nombreux signes au plan national et international démontrent que la libéralisation des marchés nous amène dans une voie sans issue, tant pour l'agriculture que pour la société. Uniterre regrette donc que ce soit de simples ajustements qui ait été apportés à la loi et non un vrai changement de cap comme nous l'avions demandé via une pétition qui a eu de larges échos. Uniterre ne se décourage pas pour autant et prépare d'ores et déjà la suite : interpellation des candidat-e-s aux élections nationales de cet automne, afin qu'ils se déterminent sur nos visions et début de réflexions sur une éventuelle initiative populaire. Ce qui s'ajoute à nos luttes sur les marchés, à l'exemple du mouvement lancé pour un prix du lait équitable pour tous « par litre de lait, un franc pour le paysan ».
lundi, 29 mai 2006
Réponse conjointe d'Uniterre et de la Coordination Paysanne Européenne.
Votre rapport sur la faisabilité d'un accord de libre-échange, amène rapidement aux conclusions auxquelles nous nous attendions. Une évolution drastique des structures est prévue, faisant passer le nombre d'exploitations de plus de 60'000 à 30'000. Comme vous l'indiquez, les conséquences sur le revenu et les structures seront pires que celles attendues par un éventuel accord OMC. Le revenu net sectoriel perdrait 300 millions de plus que le scénario OMC et 5'000 exploitations supplémentaires.
lundi, 15 mai 2006
2008. Uniterre a été consulté, comme d'autres organisations, sur le projet d'étendre le mandat de négociation de la délégation suisse à l'OMC. Pour le Département, l'objectif étant d'assouplir la position de la Suisse afin d'être en mesure d'accepter un éventuel accord. Uniterre a exprimé son opposition par une lettre adressée au seco le 14 avril 2008. document
mardi, 09 mai 2006

 
"Prenons le temps de réfléchir aux causes des crises sanitaires"
 
samedi, 29 avril 2006
Jonction Ville Campagne
Le 29 avril 2006 au Parc Gourgas, dans le quartier de la Jonction à Genève.
> programme
mardi, 25 avril 2006
 
"La fièvre du libre-échange mène à la grippe aviaire"
 
mardi, 18 avril 2006
Uniterre dénonce la politique du libre-échange (avril 2006)
A force de spécialisation de certains secteurs agricoles vers l'exportation à bas prix, il ne faut pas s'étonner de récolter les fruits désastreux actuels. Après avoir fait porter le chapeau pendant plusieurs mois à la volaille de basse-cour, puis aux oiseaux migrateurs, les grands élevages industriels commencent enfin à être désignés comme vecteurs principaux de la grippe aviaire. Mais si la FAO le reconnaît, elle n'est pourtant pas prête à encourager l'élevage fermier ; bien au contraire, elle s'entête dans une politique de « révolution de l'élevage » synonyme d'intégration verticale du secteur avicole, largement en main des transnationales. (cf article Uniterre avril).
mercredi, 08 mars 2006
Commandez des banderoles"Moins d'OMC - Plus de souveraineté alimentaire"!
C'est avec ce slogan qu'Uniterre prévoit de lancer, ensemble avec les collègues suisses-alémaniques d'"Arbin" (Arbeitsgruppe bäuerliche Inhalte), une campagne nationale d'affichage contre l'OMC.
mardi, 31 janvier 2006
> décembre 2006: pour un prix du lait national équitable!
> novembre 2006: Quelle ligne doit-on suivre?
> octobre 2006: Arrêtons de subventionner les grands distributeurs!
> septembre 2006: Production de dindes: exigeons le maintien des filières!
> juillet 2006: «Angélisme et pragmatisme» ou «professionnalisme et amateurisme»?
mardi, 10 janvier 2006
14.12.2006 Menaces sur les filières Uniterre, Unia et la FRC signent un communiqué commun et organisent une soirée de sensibilisation auprès du public dans les rues marchandes de Fribourg.
27.11.2006 25'000 signatures contre PA 2011Alors qu'Avenir Suisse propose de clouer l'agriculture au pilori et que PA 2011 ne fait aucun progrès, Uniterre maintient son soutien à la pétition contre PA 2011.
16.10.2006 2030 et la souveraineté alimentaireA l'occasion de la journée internationale sur la souveraineté alimentaire, Uniterre interpelle le seco et les agroscopes sur la durabilité du libre-échange.
27.09.2006 Les grands distributeurs et les coûts Arrêtons de subventionner les grands distributeurs!
20.09.2006 Prix du laitLa situation économique des paysans exige une augmentation du prix du lait. 
20.09.2006 Riz génétiquement modifiéRiz transgénique non autorisé en Suisse
04.09.2006 PA 2011La résistance s'élargit
28.06.2006 Le panier à 4 pattesDe la prairie aux gigots, il n'y a qu'un pas
01.06.2006 Accord de libre-échangeUniterre et la CPE s'y oppose
22.05.2006 ESBLa décision du TF laisse sceptique
12.05.2006 OMCDes échanges sur la base du droit à la souveraineté alimentaire
09.05.2006 Grippe aviaireConfinement des responsables de la santé publique
08.05.2006 Plainte ESBUn jugement politique et économique
29.04.2006 Journée «Jonction ville-campagne»à l'occasion de la Journée Internationale de la Lutte Paysanne 2006
25.04.2006 Grippe aviaireLa fièvre du libre-échange mène à la grippe aviaire
02.02.2006 Grévistes de "la Boillat" à ReconvilierUniterre apporte son soutien
10.01.2006 OMC militants inculpésDemande de libération
jeudi, 27 août 2020
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Communiqué de presse d'Uniterre, Pain pour le prochain, Cetim, Geneva Academy, Action de Carême, Fian International/Suisse, HEKS-EPER et Swissaid

Déclaration sur les droits des paysan·ne·s : la Suisse doit harmoniser politique extérieure et engagements internationaux

Lucerne, Berne et Genève, le 27 août 2020

Le paradoxe est frappant : les paysans et paysannes, principaux pourvoyeurs de nourriture du monde, sont les premiers à souffrir de la faim et de l’extrême pauvreté dans de nombreux pays. Conscientes de cette situation, les Nations Unies ont adopté en 2018 une Déclaration* pour garantir leurs droits. La Suisse s’est engagée à la mettre en œuvre. Or, une étude mandatée par plusieurs ONG helvétiques montre que sa politique extérieure laisse beaucoup à désirer dans ce domaine. Ces organisations ont présenté aujourd’hui les résultats de l’étude aux offices fédéraux concernés.

La paysannerie familiale et les personnes travaillant dans des zones rurales sont les gardiennes de la sécurité alimentaire mondiale, mais aussi les principales victimes de la faim et de l’extrême pauvreté. Les politiques agricoles et commerciales de nombreux gouvernements ne font que peu de cas des droits et des besoins de la paysannerie et s’en remettent, pour l’alimentation, aux multinationales de l’agro-industrie.

La Confédération suisse a joué un rôle clé lors des négociations qui ont abouti à la Déclaration de 2018 sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales – un instrument international qui permet à ces derniers de faire valoir et de défendre leurs droits. Toutefois, l’étude en question montre que la Confédération doit améliorer la cohérence de domaines centraux de sa politique extérieure si elle entend contribuer à la concrétisation des droits des paysan·ne·s dans le monde entier.

L’orientation générale est correcte, mais il reste encore beaucoup à accomplir

L’étude mandatée par les organisations Action de Carême, CETIM, EPER, FIAN Suisse, Pain pour le prochain, SWISSAID et Uniterre analyse, à la lumière de la Déclaration des Nations Unies, la politique extérieure de la Suisse dans le domaine du commerce, des semences, des droits fonciers et de la coopération au développement. Après en avoir exposé les lacunes, elle présente une liste de revendications.

Partisane du libre-échange, la Suisse n’en adopte pas moins certaines mesures pour protéger son agriculture. Cette politique axée sur la Suisse nuit toutefois aux paysanneries familiales des pays du Sud et va à l’encontre des droits que leur garantit la Déclaration des Nations Unies. Elle prive d’innombrables personnes de leurs droits, entre autres, à la terre, à la biodiversité et à un environnement propre et sain. Il incombe dès lors à la Suisse de procéder à un examen minutieux et de déterminer l’impact des accords de libre-échange, déjà en vigueur ou en préparation, sur les familles paysannes en Suisse et celles dans les pays signataires.

Il s’agit aussi de prendre l’initiative de promouvoir le droit des paysan·ne·s à participer aux négociations et modifier en conséquence les règles applicables. La Suisse doit en outre reconnaître clairement le droit aux semences et cesser de subordonner la signature d’accords de libre-échange à la promulgation de lois strictes en matière de protection des obtentions végétales.

Les paysan·ne·s sélectionnent, utilisent et reproduisent des semences depuis des millénaires, contribuant de la sorte à préserver la biodiversité. Par le biais de sa politique de développement, la Suisse doit promouvoir l’adoption de lois respectueuses des systèmes locaux de semences paysannes et renforcer ces derniers.

En outre, l’étude montre que le nouveau message du Conseil fédéral sur la stratégie de coopération internationale, concernant la période 2021 à 2024, ne mentionne les droits des paysan·ne·s que dans le Programme global sécurité alimentaire de la DDC et que le rôle important octroyé au secteur privé fait planer une menace importante sur le respect des droits humains et l’usage coutumier du sol. Or, la Suisse doit veiller à ce que tous les projets du SECO et de la DDC soient conformes aux droits des paysan·ne·s. L’étude recommande que la coopération internationale aide les paysan·ne·s à réclamer et à exercer leurs droits afin d’encourager et de rendre effective leur participation dans les processus et instances de décision. De plus, elle doit soutenir la constitution et la promotion d’organisations paysannes, y compris à l’échelle nationale.

Les ONG ont présenté les résultats de l’étude lors de l’entretien tenu aujourd’hui avec des services fédéraux, et notamment le Département fédéral des affaires étrangères et l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle. Elles se sont félicitées de l’esprit d’ouverture des responsables politiques et espèrent poursuivre un dialogue constructif.

L'étude complète est disponible ici https://www.geneva-academy.ch/joomlatools-files/do...
et un résumé ici https://www.geneva-academy.ch/joomlatools-files/do...


*Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales

Renseignements :
Ester Wolf, responsable droit à l’alimentation à Pain pour le prochain, wolf@bfa-ppp.ch, 021 614 77 13, 076 481 06 01

Melik Özden, directeur du CETIM, contact@cetim.ch, 022 731 59 63, 079 728 80 58

jeudi, 20 août 2020
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Uniterre critique la déclassification de 20 000 tonnes de blé panifiable des classes Top, I et II pour la période du 14 septembre 2020 au 30 juin 2021. L'annonce faite par la Fédération Suisse des Producteurs de Céréales (FSPC) le 18 août 2020 est incompréhensible, car la production de blé panifiable ne couvre qu'environ 85% de la demande intérieure. La production nationale devrait bénéficier d'un traitement préférentiel, plutôt que d’être mise en concurrence avec du blé importé : 42’446 t (qualité bio) de céréales panifiables importées avec les droits de douane de Fr. 18.-/dt et environ 120 000 tonnes de produits de boulangerie industrielle. La déclassification représente non seulement un manque à gagner pour les productrices et producteurs de blé panifiable mais en plus, elle déclenche à son tour une pression sur les prix des céréales fourragères.

Les productrices et producteurs de céréales assument les coûts de production et tous les risques (météo, maladies éventuelles des cultures), ils cotisent largement à l’organisation faîtière (fonctionnement, stockage, etc.) tout cela pour, au final, subir une pression constante sur les prix !

Cette pression sur les prix doit cesser, c'est pourquoi Uniterre exige :

  • Des contrats de vente clairs pour la quantité, le prix, la qualité et les conditions de paiement,
  • Des prix couvrant les coûts et une rémunération équitable du travail agricole,
  • Une augmentation du prix indicatif et les prix seuil,
  • La priorité à l'approvisionnement intérieur et à l'amélioration de la production de céréales fourragères,
  • La promotion des structures de traitement locales et régionales, de la transparence et de la gestion du recyclage,
  • Des exportations qui ouvrent les marchés par leur qualité au lieu de s'aligner sur les bas prix de la production agro-industrielle.

Le 16 juin 2020, Bio Suisse a déjà réduit les prix indicatifs de 3 francs pour le seigle et de 2 francs pour le blé. De telles réductions de prix empêchent une production suisse durable. Le prix à la production ne représente qu'environ 11 % du prix d'un kilo de pain blanc. Si les marges restaient inchangées, l'augmentation à un prix couvrant les coûts de production ne représenterait, pour les consommatrices et consommateurs, que 3 centimes par kilo de pain.

Un cadre est nécessaire pour promouvoir une économie équitable et durable, en donnant la priorité à une production locale basée sur une utilisation respectueuse des ressources disponibles !

Communiqué de presse , 20. août 2020

vendredi, 14 août 2020
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Souvenez vous, au mois d'avril, nous avons envoyé le courrier suivant au Conseiller Fédéral Parmelin suite aux annonces de ce dernier du 1er avril visant à faciliter certaines importations pour faire face à la crise actuelle du COVID-19. Ces mesures ne sont pas acceptables!

Vous trouverez au lien ici la réponse que nous avons reçu.

En voici quelques extraits ainsi que nos réactions :


Voici notre réaction par rapport à la filière viticole :

Les vins suisses ont perdu depuis le milieu des années nonante 40 à 50 millions de litres de part de marché. Sur une consommation de 310 millions de litre à la fin des années quatre vingt, la consommation des vins suisses était de 125 à 130 millions de litres. En 2019, la consommation était d’environ 250 millions de litres pour une part de seulement 85 millions de litres pour les vins suisses.

Cette diminution des parts de marché peut s’expliquer par les moyens mis par les vins étrangers, notamment européens, pour leur promotion en suisse. Mais ces grands moyens n’expliquent pas à eux seul le problème.

D’une part la réglementation des importations a changé en 1993 suite au référendum de la maison Denner contre l’arrêté viticole. La conséquence a été l’abandon de l’attribution des parts du contingent d’importation selon les prestations à la production suisse.

A elle seule, cette modification est responsable pour une large part de la perte des parts de marché. Cette mesure était encore la seule protection pour les vins suisses face à la distorsion de concurrence des vins à bas prix. Depuis, le vin est le seul produit agricole suisse ne bénéficiant d’aucune mesure de protection.

D’autre part, la consommation ayant perdu environ 50 à 60 millions de litres, le volume de 170 millions de litres du contingent tarifaire doit être reconsidéré.

Jusqu’au début du XXI siècle, le commerce transfrontalier ne pesait pas beaucoup sur les affaires du commerce suisse et l’importation par des particuliers bénéficiait d’une franchise de 2 litres par jour et par personne. Mais en 2014, la confédération, dans un souci de simplification des procédures douanières, a trouvé juste de mettre cette franchise à 5 litres, soit l’équivalent par jour et par personne d’un carton de 6 bouteilles. Pour un marché qui représente, selon les estimations, plus de 13 milliards de francs, c’est un coup de poignard dans le dos des vignerons suisses.

Monsieur le Conseiller fédéral et ancien vigneron, vous savez très bien que le marché des vins est déséquilibré et que la production suisse est la grande perdante.

Nous ne pouvons que vous répéter que la viticulture suisse a besoin de ce rééquilibrage et que c’est l’application de l’article 22 de la loi sur l’agriculture alinéa b « attribution des parts de contingent selon les prestations à la production suisse » qui doit être appliqué au plus vite.

Le volume du contingent tarifaire doit être adapté à la consommation actuelle avec un volume ramené à 100 millions de litres.

Et enfin, la franchise de douane de 5 litres par jour et par personne doit retrouver la valeur d’avant 2014, soit 2 litres par jour et par personne.


Voici notre réaction par rapport à la filière viande :

Dans sa réponse à notre courrier, le conseiller fédéral Guy Parmelin met en avant le fait que le CF ne disposerait d’aucune compétence pour freiner les importations, et qu’il n’a fait, avec l’OFAG, que répondre à la demande de Proviande de prolonger la période des importations.

Nous voyons toutefois au moins 2 bonnes raisons pour lesquelles le CF aurait pu intervenir en faveur des paysannes et paysans suisses.

Dès le début de la crise sanitaire, la fermeture des restaurants a entraîné un effondrement de la demande. La chute des prix ne s’est pas faite attendre et a touché de nombreux éleveurs de bétail. Ce sont pourtant les importateurs et les industriels qui ont bénéficié d’aide sous la forme d’un soutien financier à la congélation. Où est la logique ?

Si le raisonnement du CF se justifie par la crainte d’un défaut de l’approvisionnement, alors il est temps que nos autorités réfléchissent à plus long terme et commencent par le b.a.-ba : c’est en soutenant la filière locale grâce à des prix équitables que l’on évitera le danger de la pénurie. C’est élémentaire ! Cela est même inscrit dans la Loi sur l’Agriculture, puisque les agriculteurs doivent disposer d’un revenu comparable à la moyenne des emplois de leur région, or ce n’est que très rarement le cas.

D’un point de vue plus général, les importations de viande à bas prix, en provenance d’Amérique du Sud bien souvent, répondent certes à la logique capitaliste de notre gouvernement, mais ignorent totalement la votation populaire de septembre 2017 sur la sécurité alimentaire, qui demande que les importations se fassent sur la base de critères de durabilité. Or il n’y a rien de durable dans les productions industrielles du Brésil ou d’Argentine.

La crise sanitaire est la preuve flagrante que nous devons penser autrement nos systèmes alimentaires.

jeudi, 13 août 2020
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L’organisation faitière du marché laitier (l’IP Lait) devrait gérer le marché laitier. Pourtant, elle n’a jamais fait respecter son propre règlement (cf. annexe p. 2-3). L’organisation de défense des producteurs suisses de lait (Fédération des Producteurs Suisses de Lait = FPSL = Swissmilk), malgré d’importantes cotisations[1], n’est pas capable de faire remonter le prix du lait. Pourtant, avec l’actuelle pénurie de beurre, cette augmentation devrait se faire automatiquement. Le prix moyen payé aux producteur.trice.s de lait couvre actuellement moins de la moitié des coûts de production[2]. De plus, la FPSL est membre de l’organisation sectorielle du beurre (34 % des parts) et a, à ce titre, acheté les droits d’importation des 1000 premières tonnes de beurre. Comment peut-elle défendre les producteur.trice.s de lait dans ces conditions ? Il s’agit d’un conflit d’intérêts grave qui porte préjudice à une vraie défense des producteur.trice.s de lait (cf. annexe p. 5-6) ! Les directions de nos organisations régionales comme par exemple Prolait ou Genossenschaft Zentralschweizer Milchproduzenten (ZMP) défendent-elles réellement leurs membres ? Sont-elles impartiales (cf. annexe p. 8-9) ?

Cette situation dure depuis bien trop longtemps et détruit la filière du lait de centrale en Suisse. Dégoutés et épuisés, les producteur.trice.s de ce secteur arrêtent les uns après les autres (1995 : 44’360 producteur.trice.s de lait en Suisse ; 2019 : 19’048 soit une diminution de plus de 50 % (57 %) du nombre de producteur.trice.s de lait en 25 ans). L’ouverture de la « ligne blanche » (=suppression des taxes douanières) n’est qu’à deux doigts de devenir une réalité : pour preuve, les demandes d’importations de beurre en chaîne : une nouvelle demande d’importation de 1800 tonnes de beurre a été faite par IP Lait, qui a été acceptée par l’OFAG ce 11 août. Cela suffit !

Nous demandons :

  • Une refonte totale de l’IP Lait et de sa façon de fonctionner, en prenant exemple sur les interprofessions qui fonctionnent bien (ex. l’interprofession du Gruyère)
  • En ce qui concerne la FPSL, des cotisations indexées sur le prix du lait départ ferme et des délégués représentant réellement leur base, SANS DOUBLE CASQUETTE, avec des durées de mandats limitées.
  • En ce qui concerne les organisations régionales, sans pool laitier et sans indépendance véritable, elles n’ont pas leur raison d’être.
  • Une revalorisation immédiate du prix du lait. Nous revendiquons un prix du lait qui couvre les coûts de production ; et non pas une augmentation de prix homéopathique et ridicule comme annoncée chez certains transformateurs pour début juillet (entre 0,6 et 1 ct par litre de lait). C’est une honte !
  • L’abandon du lait segment B et du versement de la prime fromagère sur ce segment (versée illégalement !) (cf. annexe p. 4).
  • La mise en place, par la Confédération, d’une loi obligeant à ce que les produits soient achetés à un prix couvrant les coûts de production afin que la grande distribution arrête le dumping sur le dos des producteur.trice.s et la pression constante mise sur les transformateurs. Il est inadmissible que le lait coûte moins cher que l’eau !

La pénurie actuelle de beurre est l’exemple même du dysfonctionnement de la filière laitière ! Prix du lait insuffisant ® moins de producteur.tice.s ® moins de production laitière, et en plus, une mauvaise mise en valeur du lait pour les producteur.trice.s.

A nos collègues producteur.trice.s de lait, qui voient leur revenu s’effondrer depuis 30 ans (passage d’un prix garanti de 1,07 frs à un prix moyen de 55 cts aujourd’hui) : N’est-il pas temps d’exiger, en contrepartie de nos cotisations, une véritable défense professionnelle ?

pdf et annexe (explications)


[1] moyenne par producteur.trice.s de lait = 2290 frs/an ; soit 23,15 mio /an

[2] Selon Agridea, mise en valeur 2019 : le coût de production en plaine s’élève à 1,09 frs

lundi, 10 août 2020
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Allez vite voir les merveilleux événements concoctés spécialement pour vous!

www.gout.ch

lundi, 03 août 2020
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La Via Campesina a publié un livret illustré de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP).


mardi, 21 juillet 2020
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Un appel à la raison

En avril, nous avons interpellé le Conseiller fédéral Guy Parmelin dans une lettre ouverte où nous dénoncions les aberrations des décisions récentes concernant les importations, de viande de bœuf et d’œufs en particulier.

En avril également, nous avons fait connaître notre totale opposition à l’importation d’un contingent de 1000 tonnes de beurre pour faire face à la pénurie annoncée sur le marché indigène, une demande formulée par l’IP lait.

En mars, nous nous sommes battus aux côtés des maraicher.ère.s pour obtenir la réouverture des marchés dans les villes, avec succès heureusement.

C’est un appel à la raison et au bon sens que nous formulons au gré de nos revendications. La crise du coronavirus révèle sans ambiguïtés nos besoins les plus primaires : être en sécurité, se nourrir, se désaltérer, conserver sa dignité humaine. Quand l’improbable se produit, et que les frontières se ferment, être autonome c’est être libre. Alors que la digitalisation nous offre sur un plateau la mondialisation à faible coût, pour une nation riche comme la nôtre, le choc fut d’autant plus frappant lorsque nous avons réalisé que nous étions bien peu de chose sans les apports de pays lointains, dont nous exploitons les ressources sans vergogne : main d’œuvre, production agricole, production de biens courants.

Sous couvert d’assurer la sécurité des citoyen.ne.s, la classe politique a réagi de façon somme toute prévisible. Faciliter les importations, c’est une réaction dans l’urgence. Fermer les marchés urbains, c’est éviter de trop réfléchir aux solutions possibles pour soutenir les producteur.rice.s. Et distribuer des milliards, parce que du temps, il en manquait peut-être, mais de l’argent, certainement pas. Tant mieux si cela a permis de sauver nos PME.

De nombreux.se,s citoyen.ne.s ont présenté cependant une réaction diamétralement différente. Ils ont osé la réflexion et la solidarité. Ils ont repris le chemin des fermes pour se nourrir localement. Ils ont confectionné des masques en tissu, avec ce qu’ils avaient à disposition. Ils se sont improvisé enseignantes. Ils ont répondu à l’appel des centres hospitaliers pour offrir un soutien bénévole aux équipes soignantes. Ils ont usé de leur talent pour témoigner de leur reconnaissance envers tous les métiers indispensables, ceux qui sont les plus mal payés aussi. Ils se sont occupés des personnes âgées ou vulnérables.

Face à l’inconnu de la crise sanitaire, la meilleure chance d’un peuple pour recouvrer ou conserver son autonomie, c’est la solidarité, le partage et l’action commune. Pour de nombreux.se.s Suisse.sse.s, ce fut d’abord une obligation. Mais dans bien des cas, cela a fini par devenir un plaisir, et donner une nouvelle saveur à la vie.

Vanessa Renfer, paysanne et secrétaire Uniterre

mardi, 21 juillet 2020
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Un appel à la raison

En avril, nous avons interpellé le Conseiller fédéral Guy Parmelin dans une lettre ouverte où nous dénoncions les aberrations des décisions récentes concernant les importations, de viande de bœuf et d’œufs en particulier.

En avril également, nous avons fait connaître notre totale opposition à l’importation d’un contingent de 1000 tonnes de beurre pour faire face à la pénurie annoncée sur le marché indigène, une demande formulée par l’IP lait.

En mars, nous nous sommes battus aux côtés des maraicher.ère.s pour obtenir la réouverture des marchés dans les villes, avec succès heureusement.

C’est un appel à la raison et au bon sens que nous formulons au gré de nos revendications. La crise du coronavirus révèle sans ambiguïtés nos besoins les plus primaires : être en sécurité, se nourrir, se désaltérer, conserver sa dignité humaine. Quand l’improbable se produit, et que les frontières se ferment, être autonome c’est être libre. Alors que la digitalisation nous offre sur un plateau la mondialisation à faible coût, pour une nation riche comme la nôtre, le choc fut d’autant plus frappant lorsque nous avons réalisé que nous étions bien peu de chose sans les apports de pays lointains, dont nous exploitons les ressources sans vergogne : main d’œuvre, production agricole, production de biens courants.

Sous couvert d’assurer la sécurité des citoyen.ne.s, la classe politique a réagi de façon somme toute prévisible. Faciliter les importations, c’est une réaction dans l’urgence. Fermer les marchés urbains, c’est éviter de trop réfléchir aux solutions possibles pour soutenir les producteur.rice.s. Et distribuer des milliards, parce que du temps, il en manquait peut-être, mais de l’argent, certainement pas. Tant mieux si cela a permis de sauver nos PME.

De nombreux.se,s citoyen.ne.s ont présenté cependant une réaction diamétralement différente. Ils ont osé la réflexion et la solidarité. Ils ont repris le chemin des fermes pour se nourrir localement. Ils ont confectionné des masques en tissu, avec ce qu’ils avaient à disposition. Ils se sont improvisé enseignantes. Ils ont répondu à l’appel des centres hospitaliers pour offrir un soutien bénévole aux équipes soignantes. Ils ont usé de leur talent pour témoigner de leur reconnaissance envers tous les métiers indispensables, ceux qui sont les plus mal payés aussi. Ils se sont occupés des personnes âgées ou vulnérables.

Face à l’inconnu de la crise sanitaire, la meilleure chance d’un peuple pour recouvrer ou conserver son autonomie, c’est la solidarité, le partage et l’action commune. Pour de nombreux.se.s Suisse.sse.s, ce fut d’abord une obligation. Mais dans bien des cas, cela a fini par devenir un plaisir, et donner une nouvelle saveur à la vie.

Vanessa Renfer, paysanne et secrétaire Uniterre

mardi, 21 juillet 2020
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Et après ?

Nous écrivons cet éditorial en pleine phase de confinement avec l’espoir qu’au mois de mai, tout le monde aura pris conscience notre dangereuse dépendance aux importations (aliments, combustibles, matières premières pour les entreprises et l’industrie pharmaceutique, etc.). Pour exemple, le 3 avril 2020, la Russie, premier exportateur mondial de blé, a décidé de limiter ses exportations de plusieurs variétés de céréales, dont le blé jusqu'au 30 juin. Cela prouve bien qu’en cas de pénurie, l’intérêt national prime sur tout autre.
Martina Brun écrit que la pandémie est un révélateur des faiblesses de notre système : notre dépendance aux importations subordonne la Suisse au bon vouloir et aux stratégies politiques de pays tiers, surtout en temps de crise ! La Suisse doit donc tout mettre en œuvre pour augmenter son autonomie et son autosuffisance alimentaire. Pour cela il faut une politique agricole forte qui soutienne la production nationale et les circuits courts qui sont très résilients.

Notre forêt est une richesse à préserver et valoriser! Puits de carbone très efficace, elle recèle aussi un potentiel intéressant comme bois de chauffage (augmentation de l’autonomie énergétique) et de construction. La filière du bois suisse doit être renforcée pour que les métiers liés à la forêt et au bois puissent perdurer et se développer autour d’une filière locale saine.

Nous espérons que les décideurs politiques et les acteurs économiques reconnaitront le bien-fondé des revendications pour un changement en profondeur de notre système. Des revendications qui pour certaines sont martelées depuis des décennies dans la sourde indifférence du monde économique et des gouvernements. Lors des « Assises pour une agriculture solidaire », les quelque 200 personnes présentes ces 2 jours ont témoigné de l’importance qu’elles accordent à une agriculture locale, source de liens, respectueuse de la nature et des animaux. Respectueuse des hommes et des femmes : paysan.ne.s et ouvrier.ère.s, en Suisse ou ailleurs dans le monde. Toutes et tous doivent bénéficier d’un salaire et de conditions sociales leur permettant de vivre dignement !
Ainsi, il est inadmissible que nous consommions des fruits et légumes qui cassent les prix de la production indigène et sont produits et récoltés par des ouvrier*ères sous-payés, sans assurances et sans protections. Il est inadmissible que nous consommions de la viande importée, transportée sur des milliers de kilomètres et débitée dans le pays d’origine par des travailleurs*ses à la chaîne ! En important et consommant ces produits, nous sommes co-responsables de drames humains ! Betty Wienforth relate la situation des paysan.ne.s sans terre au Brésil et leur combat pour (sur)vivre dans ce pays qui ne soutient que les grands et les riches.

Il est temps de développer un système basé sur la solidarité, l’équité, la durabilité et la responsabilité. Il est temps que tous les acteurs des filières, y compris la grande distribution, rendent des comptes sur les impacts de leurs stratégies commerciales sur les familles paysannes, les ouvriers*ères dans les champs, dans les unités de transformation, d’emballage et de frêt.

Michelle Zufferey, Secrétaire Uniterre


samedi, 27 juin 2020
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Betty Wienforth, maraîchère aux Jardins de Cocagne

Dans le cadre d'un échange entre Uniterre et le mouvement brésilien des sans-terre "Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra" (MST), j'ai passé trois semaines dans les États brésiliens de Sao Paulo et de Santa Catarina à la fin de 2019. Pour mieux connaître le MST dans les domaines de l'organisation, de la production et de la commercialisation, il était nécessaire de comprendre l'orientation politique et l'histoire du mouvement des sans-terre.



Un mouvement de petits agriculteurs comptant 1,5 million de membres¹.

Depuis une trentaine d'années, le mouvement social se bat pour la terre, les changements sociaux et la réforme agricole. Dans le contexte brésilien, où 46 % des terres utilisables appartiennent à 1% des propriétaires terriens et où l'industrie agricole repose principalement sur l'exportation de soja, de maïs, de canne à sucre et de bétail, sans aucune considération pour la population ou les ressources naturelles, le MST représente une opposition importante. Avec environ 1,5 million de membres, l'influence du MST est évidente bien au-delà des questions de droits fonciers.

J'ai pu constater dès le début de mon voyage, lors de ma visite au camp "Marielle vive", à quel point le MST peut changer la vie des personnes qui y participent. Ceux qui décident d'aller au MST prennent part à une occupation (non violente) de la terre et s'installent dans le camp de tentes pour organiser leur nouvelle vie ensemble et enfin et surtout pour cultiver leur propre parcelle de terre.



La diversité est pratiquée ici

Actuellement, environ 130 000 familles vivent dans ces camps et 380 000 autres familles dans des colonies (occupations de terres légalisées). Au cours de mes nombreuses rencontres, j'ai fait la connaissance de personnes très différentes, comme des personnes d'origine européenne ou africaine, des chrétien.ne.s, des homosexuel.le.s assumé.e.s ou même des marxistes et bien sûr des personnes qui ne peuvent pas être classées dans un seul groupe. Cette énorme diversité n'est peut-être pas surprenante, puisque la société brésilienne est tout aussi diverse. Ce qui est remarquable, cependant, c'est avec quelle évidence et avec quel respect pour chaque individu, les gens du MST essaient de vivre ensemble et de s'organiser de façon démocratique à la base. Le désir d'une vie meilleure et autodéterminée et le sentiment d'appartenance à la classe ouvrière semblent être les éléments fédérateurs ici. Le moyen de réalisation concret est la production agricole sur leurs propres terres.



Différentes formes de production et de commercialisation

Les formes de production et de commercialisation des membres du MST sont aussi différentes que les personnes qui y travaillent. Au cours de mon voyage, j'ai pu visiter diverses entreprises agricoles. D'une très grande coopérative laitière à un petit collectif de culture de légumes en passant par une simple entreprise familiale, tout était là. En tant que formes de production innovantes, j'ai appris davantage sur l'agroforesterie et l'agroécologie. Les formes de commercialisation que j'ai pu connaître allaient de l'agriculture solidaire aux négociations avec les chaînes de supermarchés, en passant par la commercialisation et le programme de cantine scolaire brésilien. Préoccupé par la diminution des marchés de vente (en particulier ceux de l'État), le MST tente actuellement de créer ses propres boutiques, qui doivent servir à la fois de points de rencontre marketing et socioculturels. En outre, les possibilités d'exportation de certains produits sélectionnés sont également envisagées.

La situation politique actuelle au Brésil et le renforcement des grands propriétaires terriens et de l'agro-industrie qui en résulte inquiètent beaucoup les gens du MST. Préoccupation pour leur existence économique, leur liberté personnelle et la poursuite du mouvement.



17 avril, Journée internationale des luttes paysannes

N'oublions pas l'occasion malheureusement très triste qui a amené la "Via Campesina" à proclamer la journée internationale des luttes paysannes. Le 17 avril 1996, dans l'État du Parà, 19 membres du MST ont été assassinés par la police militaire brésilienne dans le cadre de leur lutte pour le droit à la terre.

Les programmes d'échange, comme celui auquel j'ai participé, les formes d'action et d'organisation internationales communes dans la lutte pour la souveraineté alimentaire, ainsi que la connaissance et la compréhension mutuelles des différentes situations dans les différents pays et contextes, sont et resteront la base d'une lutte réussie contre le libre-échange effréné et l'agrobusiness mondial.


¹Source des chiffres : Actions pour le changement - Portefeuille ; https://mstbrasilien.de/wp-content/uploads/2018/10... ; 24.03.2020