lundi, 24 juin 2019
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La prime à la transformation fromagère, anciennement à 15 cts par kilo de lait, aujourd’hui à 10,5cts par kilo de lait suite à la suppression de la loi chocolatière au 1er janvier 2019, est une prime versée par la Confédération à l’industrie laitière. Cette prime est destinée à maintenir le prix du lait dans un marché fromager libéralisé. Cette prime à la transformation fromagère doit revenir directement aux producteur.trice.s de lait. Ceci est stipulé dans l’art. 6 let.b de l’Ordonnance sur le Soutien du prix du Lait (OSL) et dans l’art. 38 de la loi fédérale sur l’agriculture (Lagr). Cependant, force est de constater que l’ordonnance et la loi ne sont que partiellement appliquées.

Selon une analyse de la Recherche Agronomique Suisse*, datant de 2014, entre 60 et 100 Mio de Fr sur les environ 300 millions versés par la Confédération, ne sont pas versés aux producteur.trice.s. Cette situation n'a pas changée. Suite à ce constat, un parlementaire, Monsieur Molina, a déposé en décembre dernier une interpellation à ce sujet, intitulée : « Suppléments pour le lait transformé en fromage. Tromperie systématique? ». Dans sa réponse, le Conseil Fédéral nie l'ampleur de l’abus et affirme que l'application de la loi est contrôlée ponctuellement par sondage. Nous avons donc envoyé une lettre ouverte à Monsieur Parmelin afin de dénoncer ce scandale !

Par le moyen de cet encaissement du supplément à la transformation fromagère non conforme à la loi, l'industrie laitière organise un dumping avec l'exportation de fromage à un prix en dessous du prix du lait payé en Europe. Cette situation ne peut plus durer !

*Analyse de l’impact sur le marché laitier du supplément pour le lait transformé en fromage, Listorti G., Tonini A.,Recherche Agronomique Suisse 5(5), 212-215, 2014


Annexes :

  1. Lettre ouverte envoyée à Monsieur Parmelin, responsable de l’OFAG
  2. Interpellation de Fabian Molina
  3. Avis du Conseil Fédéral à l’interpellation de Fabian Molina

Pdf avec les annexes

mercredi, 12 juin 2019

Le 19 décembre 2018, le Conseil fédéral a ouvert la procédure de consultation sur l’avant-projet de loi fédérale relative à l’approbation des accords de libre-échange. Ce projet prévoit la suppression de la soumission au référendum facultatif des accords de libre-échange. Le prétexte invoqué pour ce démantèlement des droits démocratiques est la "lenteur administrative", une "dilution politique" et "l'influence négative sur l'attrait de la place économique et la réputation de partenaire". Si on comprend bien la logique du Conseil Fédéral autant supprimer directement la démocratie. Uniterre se positionne très fermement contre ce projet qui veut limiter les droits démocratiques sur des questions qui touchent les bases de notre vie dans la société.

Les accords de libre-échange ont eu un impact global extrêmement négatif, notamment en termes de dégradation des conditions de travail, mais aussi de destruction environnementale. Aujourd'hui, il est question d'intégrer des critères de durabilité dans ces accords de libre-échange. Mais la logique commerciale dominante, qui s’appuie sur une mise en concurrence acharnée, assigne d'emblée une fonction d'alibi à ses prétendues bonnes intentions. Le droit au travail et aux moyens de production, la protection de l'environnement et un développement porteur d'avenir sont les éléments clés des relations commerciales et pas un annexe en bas de page.

Bien que la planète surchauffe, la Suisse accélère la cadence des négociations sur de nouveaux accords de libre-échange (Indonésie signé en attente de ratification, Malaisie, Mercosur, Etats-Unis, Accord cadre avec l'UE). Chacun de ces projets porte atteinte à la Constitution, à la sécurité et à la souveraineté alimentaire. Que faudra-t-il comme pression populaire pour faire comprendre à notre gouvernement que le local vaut mieux que le global au niveau des transports de marchandises, au niveau environnemental et au niveau de la protection des salaires et des revenus suisses ? Les accords de libre-échange sont une régression par rapport à un système douanier différencié, démocratiquement instauré et qui peut à tout moment évolué et être adapté.

Rudi Berli, secrétaire d'Uniterre


mercredi, 12 juin 2019
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Il y a 37 ans l’article constitutionnel sur l’égalité a été voté et depuis 22 ans la Loi sur l’égalité existe. Pourtant les disparités salariales entre hommes et femmes sont toujours de mise, les retraites des femmes sont souvent misérables. Elles sont en moyenne 37% moindres que celles des hommes.

Les femmes travaillent à temps partiel pour pouvoir s’acquitter des tâches ménagères, du soin des enfants, des proches.

Les femmes paysannes sont dans la même situation. Elles aident leur conjoint en prenant en charge la gestion familiale. Elles soutiennent leur mari sur l’exploitation, en prenant la responsabilité de la comptabilité, elles s’occupent aussi des animaux de la ferme, elles s’engagent aux travaux des champs lors des périodes chargées et font la cuisine pour les ouvrières et ouvriers.

Le 14 juin 2019, toutes les femmes, quelles que soient leur profession, leur rôle, leur appartenance sociale et politique sont appelées à manifester pour démontrer leur solidarité envers les autres femmes. Mais aussi pour que le travail des femmes soit reconnu, pour qu’elles soient visibles, car nombreuses sont les femmes qui travaillent dans l’ombre.

Dans les cantons, les femmes organisent des soirées de discussion, des conférences à la suite de la diffusion d’un film, des fêtes, des ventes de soutien, etc.

Informez-vous sur les activités prévues dans votre canton ! La coordination romande de la grève des femmes vous donnera les contacts et coordonnées nécessaires. Voir : grevefeministe@gmail.com, mais aussi Facebook : Grève des femmes, grève féministe.

Ce serait magnifique que les femmes paysannes soient visibles et qu’elles démontrent leur solidarité envers toutes les autres femmes ! Une remarque encore : la grève vise un système patriarcal, elle n’est pas une grève contre les hommes, qui sont bienvenus s’ils veulent témoigner leur soutien à la cause des femmes.

Extrait de la Déclaration sur les droits des paysan.ne.s en lien avec le rôle des femmes.

« Les paysannes et les autres femmes vivant en milieu rural jouent un grand rôle dans la survie économique de leur famille et dans l’économie rurale et nationale, notamment par leur travail dans les secteurs non monétaires de l’économie, mais se voient souvent refuser la jouissance et la propriété de la terre, un accès équitable à la terre, aux ressources productives, aux services financiers, à l’information, à l’emploi ou à la protection sociale, et sont souvent victimes de violence et de discrimination sous des formes et dans des manifestations diverses »

Michelle Zufferey, secrétaire à Uniterre

vendredi, 07 juin 2019
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La multinationale suisse Interholco, basée dans le canton de Zoug, possède une énorme concession forestière dans le nord du Congo. Cette zone correspond au type de forêt nécessitant une protection particulière (« critical habitat »). Interholco ouvre des routes dans la forêt tropicale intacte pour abattre du bois et met ainsi en danger l’habitat naturel du gorille des plaines, une espèce menacée.

Interholco détruit la forêt tropicale sur l’équivalent d’un quart de la surface de la Suisse. Cette zone correspond au type de forêt nécessitant une protection particulière («critical habitat»). La déforestation s’avère très grave, car la zone présente une très grande biodiversité. Grâce à l’initiative pour des multinationales responsables, nous pouvons mettre un terme à cette déforestation.

Avec cette lettre de protestation, le comité de l'initiative multinationales responsables exige d’Interholco de ne plus abattre aucun arbre pour construire de nouvelles routes dans la forêt tropicale intacte !

Lien vers la lettre de protestation à signer : https://initiative-multinationales.ch/lettre-de-protestation


samedi, 25 mai 2019
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Le bas de laine


Le nombre d'éleveuses et éleveurs d'ovins ne cesse de diminuer. La viande d’agneau est très populaire, mais environ la moitié de la consommation est importée. Au premier semestre 2016, ce chiffre atteignait 4035 tonnes. 60 pour cent des importations proviennent de Nouvelle-Zélande ou d'Australie. Ce sont surtout les morceaux nobles que l'on mange en Suisse. La production indigène, en revanche, est en baisse ; en 2015, elle représentait 4 415 tonnes. En Suisse, l'agneau est surtout consommé au printemps et en automne après l'alpage. Beaucoup de gens ne savent pas que la viande a aussi une saison.

Les contributions de la Confédération à la transformation de la laine, ces dernières années, ont au moins empêché que la laine ne devienne un déchet en Suisse. Aujourd'hui, ces contributions sur le recyclage font à nouveau l'objet d'un débat. Une mauvaise idée et une mauvaise nouvelle pour les nombreuses initiatives, petites et grandes, qui ont essayé avec créativité de rendre la laine populaire en tant que produit naturel suisse.

Non, les moutons ne sont pas bêtes. En troupeau, les moutons valorisent de manière idéale nos Alpes et de nombreuses petites "parcelles marginales". Ce sont des animaux attachants qui ont un lien étroit avec leur progéniture et leurs congénères.

Mais attention, il faut veiller à distinguer le vrai mouton du loup déguisé en agneau! Au risque de se mettre en péril.

L’ex-conseiller fédéral, M. Schneider-Ammann fait partie de la deuxième catégorie. Sous son apparence affable, il a néanmoins défendu une politique libérale très dure privilégiant les intérêts des compagnies suisses, reléguant l'éthique et la morale à un rang secondaire – et mêmes les voix critiques ont relevé qu’il a su redonner le sourire à l'économie suisse. Au cours de son mandat de ministre de l'Économie, M. Schneider-Ammann a conclu des accords de libre-échange avec 11 pays, dont le plus récent avec l'Indonésie. Les problèmes liés à la déforestation des forêts tropicales ont, une fois de plus, été occultés par les intérêts des entreprises (notamment agro-alimentaires, agro-chimiques). Pour M. Schneider-Amman et les lobbyistes, ces accords permettront de développer des affaires très lucratives pour la Suisse. Reste à voir aussi comment ces buts économiques pourront être conciliés avec les objectifs climatiques.

M. Guy Parmelin a repris le dossier économique à la suite de M. Schneider-Amman. Un successeur à la tête de l'Office fédéral de l'agriculture est également recherché, pour remplacer le directeur actuel, M. Lehmann. On peut changer les têtes, mais il faut plus que cela pour mettre la politique agricole sur une nouvelle voie. •

vendredi, 24 mai 2019
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Nous avons besoin de votre soutien - producteur.trice.s, consommateur.trice.s - pour la pétition de solidarité du marché laitier!

Les revendications de cette pétition:

  1. Les prix indicatifs de l’Interprofession Lait (IP Lait) doivent avoir valeur départ ferme (et non franco rampe*)
  2. Les indications de quantités pour la segmentation doivent être faits obligatoirement en kilos
  3. La segmentation doit aussi s’appliquer à l’échelon producteur.trice – acheteur de lait
  4. La livraison de lait en-dessous du prix indicatif-A doit être volontaire pour les producteur.trice.s

* Franco rampe signifie le prix transport compris jusqu'à la laiterie ou l'usine de transformation

Regardez la vidéo ci après: https://www.uniterre.ch/download_file/view/874

Signez la pétition : rdv sur www.farmersolidarity.com/ch ou

remplissez le coupon ci joint à envoyer.

Cette pétition fait partie d'une pétition de solidarité pour tous les producteur.trice.s de lait européen, pétition lancée par l'EMB (European Milk Board). Cette pétition sera lancée à l'ensemble de l'Europe très prochainement.


Explications:

Une production laitière sur mesure – pas de surplus !

Depuis 10 ans la production laitière suisse dépasse les quantités qui peuvent être vendues à un prix raisonnable. Et depuis 10 ans le lait excédentaire est dégagé sur le marché mondial à des prix de dumping. Pour ce lait, le prix payé aux producteur.trice.s signifie des pertes nettes.

La segmentation

La segmentation sépare le lait selon les utilisations en trois segments :

Le segment A : produits laitiers avec une bonne valorisation (protégé par des tarifs douaniers ou des primes de soutien)
Le segment B : produits laitiers avec une valorisation limitée càd. plus de pression de concurrence (pas de protection, pas de soutien), à l’exception de lait d’industrie transformé en fromage pour l’exportation
Le segment C : produits de régulation, de dégagement sans soutien

La segmentation devrait remplir deux fonctions :

  1. Elle sépare sur le marché le lait vendu dans le segment protégé, ou les quantités au bénéfice d’une prime de soutien direct. Ce lait est désigné par lait A (voir règlement Interprofession Lait).
  2. Elle devrait donner une liberté de choix aux producteur.trice.s pour leur permettre de décider s’ils.elles veulent produire du lait mal payé. Pour pouvoir garantir cette liberté la livraison de lait C devrait être volontaire pour les paysan.ne.s. La segmentation est aujourd’hui contournée, puisque le lait C a quasiment disparu et que le lait excédentaire est déclaré comme lait B. Car à ce moment le.la paysan.ne n’a plus le choix. Dans ce système, les paysan.ne.s livrent forcément des quantités de lait, souvent soutenues par des primes fédérales, mais qui doivent être dégagés à des prix de dumping sur des marchés étrangers.

Plus de transparence et d’obligations

La différence entre le prix indicatif décidé et communiqué par l’IP-Lait et le prix payé aux producteur.trice.s est énorme. Le prix communiqué dans les médias vaut franco rampe. Le prix payé aux producteur.trice.s se situe aujourd’hui entre 10 à 20 centimes en dessous de ce prix ! Les innombrables déductions faites sur chaque litre ne peuvent pas être comparées et ne sont pas transparentes. Le prix franco rampe n’a aucune pertinence.. A l’avenir l’IP-Lait doit fixer le prix indicatif départ ferme. C’est ce prix qui est déterminant pour les paysan.ne.s !

Moins de lait à un meilleur prix

Chaque producteur.trice doit pouvoir choisir s’il.elle veut produire du lait (excédentaire) bon marché ou s’il.elle veut y renoncer. S’il.elle renonce à la production de lait bon marché, le prix de son lait livré doit s’améliorer. De nombreuses fermes surtout dans des zones topographiques moins favorables retrouveraient une perspective. Celui.celle qui veut tout de même livrer ce lait excédentaire bon marché pourra toujours le faire. Mais il.elle devra assumer de son côté tout le coût de « valorisation ». Il n’est pas tolérable de faire payer aux producteur.trice.s qui renoncent à la production d’excédents, les coûts engendrés par la production de ces excédents. Il est inadmissible que des fonds publics soient abusivement utilisés pour ces quantités de lait.

C’est un non-sens absolu de forcer les producteur.trice.s de lait à livrer du lait, qui doit par la suite être dégagé sur le marché mondial. Cela ne sert qu’à amortir les surcapacités des transformateurs laitiers. Ce n’est pas défendable du point du vue économique et écologique très élevé. Ça suffit définitivement!

C’est le travail de traite des vaches qui doit générer de l’argent et pas l’exploitation des paysan.ne.s.

jeudi, 09 mai 2019
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Lausanne, le 9 mai 2019

Modification de l’ordonnance sur l’importation de produits agricoles (OIAgr)

Lors de sa séance de comité du 3 mai 2019, l’organisation paysanne Uniterre s’est penchée sur ladite consultation. Dans son ensemble, le projet tel qu’il est formulé n’a pas suscité d’opposition, à l’exception notable de la proposition de suppression du régime d’importation sur divers produits végétaux.

Même en l’absence de taxes douanières, le permis général d’importation (ci-après PGI) doit rester un privilège que la Confédération peut accorder ou refuser. Il porte notamment sur l’importation de fleurs coupées, de semences céréalières et autres et plants. La production de semences céréalières et de fleurs coupées subit déjà de très fortes pressions en Suisse, à cause de la concurrence étrangère. Se passer de cet instrument permettant de réguler les importations, c’est risquer de porter un coup fatal à nos productions locales. Ce serait également contraire aux accords de Paris que la Suisse a signés et porte préjudice à la réalisation des objectifs climatiques qu’elle s’est fixés.

L’importation des fleurs coupées doit être limitée et non pas promue. En effet, la production de fleurs coupées pose problème en termes de justice sociale et de santé pour les travailleuses et travailleurs et en termes d’environnement du fait de l’utilisation massive de produits phytosanitaires et des longs transports
S’agissant de la production de plants et de semences, ce sont des activités fondamentales d’un point de vue de sécurité et souveraineté alimentaires: protection et promotion de la diversité biologique des variétés locales, traçabilité et circuits courts. Il est du devoir de la Confédération, conformément à l’article 104a de la constitution, de faire son maximum non seulement pour maintenir les variétés locales, mais aussi pour les promouvoir. Le PGI est en ce sens un indispensable outil de régulation et de protection.

Ce sont les raisons pour lesquelles Uniterre plaide pour que l’obtention d’un PGI reste obligatoire et rejette la proposition de suppression du régime du permis d’importation pour divers produits végétaux.

pdf


lundi, 29 avril 2019

L'UNI et l’EPFL recherchent ensemble des passionnés d’agro-écologie participative pour faire revivre leur 7 hectares de terre agricole et leur Ferme de Bassenges au cœur du campus, relier les producteurs et la communauté universitaire et créer un activateur de durabilité forte au centre de l’agglomération de l’Ouest lausannois.

L’appel à candidature est publié sur : www.unil.ch/unibat

Délai de rendu des candidatures : 30 juin 2019

Visite du site : 10 mai de 13h00 à 17h00 (sur inscritpion)

mercredi, 17 avril 2019

Bruxelles, le 17 avril 2019 - Le poing levé et l’autre main dans la terre, nous nous unissons depuis l’Europe au choeur international de ce 17 avril, affirmant que seules la Réforme agraire et la Justice sociale permettront d’obtenir des droits paysans.

Concrètement, en Europe, cela implique notamment une réforme paysanne de la gestion et du contrôle des terres. Sans quoi, le niveau extrêmement fort de leur concentration dans la région, où 2,7% des fermes contrôlent 50% des terres cultivables, poursuivra son intensification et l’on continuera de promouvoir un modèle agroindustriel qui porte en lui le conflit social, l’exploitation du travail, la destruction de l’environnement, les dégâts sur la santé et la pauvreté rurale.

La question des terres est essentielle dans le cadre des droits des paysan.ne.s et de la lutte pour la souveraineté alimentaire.

C'est pourquoi ECVC continue de lutter pour une réforme de la gestion des terres en Europe. Plus concrètement, il faut une Directive européenne sur les régimes fonciers conforme d’une part avec l’article 17 de la Déclaration des droits des paysan.ne.s approuvée récemment par les Nations Unies et basée d’autre part sur les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers avalisées par le Comité de la Sécurité Alimentaire Mondiale de l’ONU.

Une réforme de l’orientation actuelle de la PAC (Politique agricole commune européenne) devient, à cet égard, une tâche fondamentale. Les subventions provenant de celle-ci favorisent la concentration des terres et les grandes exploitations tout en marginalisant les petites. De plus, elle bloque de plus l’accès des futur.e.s agriculteur.rice.s à la terre en en faisant augmenter le prix.

Dans ce contexte profondément inégalitaire, pour protéger l’accaparement et la marchandisation des terres à des fins spéculatives, les États criminalisent et répriment les usages alternatifs des fermes et villages abandonnés, par de jeunes paysan.ne.s sans terres enthousiastes à l’idée de mettre en place un autre modèle d’agriculture et de société pour se nourrir et nous nourrir

Pour perpétuer l’héritage de nos 19 camarades du MST assassiné.e.s il y a 23 ans à Eldorado de Carajás au Brésil, en cette Journée internationale des luttes paysannes, nous ranimons notre clameur et notre lutte pour la défense des paysannes et des paysans dans le monde entier.

Des Droits paysans MAINTENANT! Par la Réforme agraire et la Justice sociale!

Lire ici le communiqué de La Via Campesina International

jeudi, 11 avril 2019
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Les producteurs de lait africains et européens réclament de l’UE une politique responsable.

(Bruxelles, 10 avril 2019) Ils ont parcouru des milliers de kilomètres de l’Afrique jusqu’au quartier européen : Aujourd’hui, lors de la manifestation de solidarité près du bâtiment du Conseil de l’UE, des producteurs de lait du Burkina Faso et du Mali ainsi que de trois autres États d’Afrique de l’Ouest se tiennent aux côtés d’agriculteurs de toute l’Europe. Dans une déclaration commune, ils réclament une production durable en Europe et en Afrique afin de ne pas détruire les structures importantes qui existent dans l’agriculture. La surproduction européenne et l’orientation actuelle de l’UE à l’export ont des conséquences désastreuses sur la production laitière locale en Afrique de l’Ouest ; c’est dans ce contexte qu’ils se mobilisent.

« Ne détruisons pas les structures locales ! »

« Chez nous, plusieurs centaines de milliers de personnes vivent de la production et de la transformation du lait », déclare Christian Dovonou, directeur pays de Vétérinaires Sans Frontières au Burkina Faso pour expliquer le poids économique de la production laitière en Afrique de l’Ouest. « Ces structures locales seront menacées si les importations à bas prix en provenance de l’UE continuent de croître », ajoute Mr. Dovonou. Depuis 2016, les exportations de mélange de lait écrémé et de graisses végétales en poudre de l’UE vers l’Afrique de l’Ouest ont augmenté de 24 %. « Le mélange de lait écrémé en poudre et de graisse végétale est vendu sur les marchés africains comme lait entier en poudre à un prix 30 % inférieur, donc à un niveau qui nuit au développement du lait local et qui s’assimile à du dumping. »

« L’UE produit beaucoup de lait. Trop. Jusqu’ici, on n’a pas essayé de régler ce problème avec des instruments adaptés, mais seulement en augmentant les exportations, surtout pour les produits à bas prix », explique Thierry Kesteloot de l’organisation belge de développement Oxfam-Solidarité. « Les personnes lésées sont celles, surtout des femmes, qui travaillent dans la production laitière et ne peuvent pas faire face à la concurrence à bas prix venue d’Europe », indique M. Kesteloot.

Dans une déclaration commune, les représentants des différentes organisations d’Afrique et d’Europe ont donc réclamé de l’Union européenne une politique agricole et commerciale équilibrée, qui garantisse des conditions équitables aux producteurs de lait en Afrique et en Europe. En plus des représentants venus du Mali, Burkina Faso, Sénégal, de Mauritanie et du Niger ainsi que des producteurs européens de l’European Milk Board (EMB – l’association faîtière de 20 organisations laitières européennes), la manifestation d’aujourd’hui est aussi organisée et mise en oeuvre par les ONG de coopération Oxfam, SOS Faim et Vétérinaires Sans Frontières.

Même s’il n’y a plus de subventions européennes aux exportations, il y a quand même du dumping, car :

1. Les producteurs européens reçoivent des financements sous forme de paiements directs, ce qui baisse le prix des exportations ;

2. La forte surproduction dans l’UE fait que les prix payés par les laiteries aux producteurs de l’UE sont très inférieurs au niveau des coûts de production. Cela permet aussi d’exporter à prix réduit ;

3. Par le procédé d’enrichissement en matières grasses végétales, les produits laitiers sont constitués d’ingrédients à bas prix, ne correspondant pas au produit naturel. Cela réduit aussi le prix des produits.

Développer la production laitière locale plutôt qu’alléger les droits de douane

Le lait en poudre est souvent importé en sacs de 25 kg qui bénéficient du tarif extérieur commun très avantageux, à 5 %, fixé au niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour François Graas de l’organisation SOS Faim, les importations ne doivent pas être condamnées en bloc car la production locale ne peut actuellement pas répondre à la demande en produits laitiers. « Mais il doit y avoir un équilibre et les importations à bas prix ne doivent pas dominer. Il est également nécessaire d’appuyer les structures locales via la politique de coopération au développement, car la production laitière représente un grand potentiel d’emplois et de possibilités de revenus. »

Comme le souligne Ibrahima Aliou de Niger, une production laitière bien développée est la meilleure protection contre la pauvreté et l’exode rural. De plus, elle offre des perspectives aux jeunes. « Les pays du Nord comme du Sud devraient donc encourager la production, la collecte et la transformation du lait local, plutôt que de miser sur les importations d’excédents subventionnés », explique Ibrahima Aliou. Il existe déjà un nombre croissant d’initiatives visant à favoriser la production locale de lait en Afrique de l’Ouest.

Dans quelle mesure les éleveurs laitiers européens profitent-ils du grand business avec l’Afrique ?

Avec la disparition des quotas laitiers, les producteurs de lait se sont vus promettre de grands débouchés à l’export. La réalité est que les prix au producteur dans l’UE sont inférieurs de 10 centimes aux coûts de production et que le secteur laitier se retrouve sans un instrument efficace de gestion de crise. Ce ne sont donc pas les éleveurs laitiers européens qui profitent de la croissance du marché mondial.

La politique agricole commune : une opportunité pour les agriculteurs ici et là-bas

Erwin Schöpges, le président de l’European Milk Board (EMB), souligne l’importance d’un instrument efficace de gestion de crise dans la future politique agricole de l’UE. « Nous n’avons pas le droit d’exporter les problèmes de la surproduction européenne en Afrique » affirme M. Schöpges en solidarité avec ses collègues africains. L’EMB réclame un Programme de responsabilisation face au marché qui observe le marché et qui soit capable de réagir précocement aux crises qui s’annoncent, par exemple au moyen d’une renonciation volontaire aux livraisons. « En tant que producteur de lait, j’aimerais obtenir des prix rémunérateurs, afin de ne plus être dépendant des paiements directs qui subventionnent indirectement nos exportations vers les pays tiers. » M. Schöpges salue le vote, début avril, du rapport modifiant les règlements de l’organisation commune des marchés dans le cadre de la réforme de la PAC. Selon lui, avec son programme de réduction volontaire des volumes, la commission agriculture du Parlement européen a exprimé un vote clair en faveur de mesures efficaces de gestion de crise en cas de perturbations du marché.

Les représentants venus d’Afrique et leurs collègues européens sont unanimes dans leur appel à la politique de l’UE : « Pour avoir des structures saines dans l’agriculture, nous avons besoin de producteurs engagés et d’une politique responsable. S’il vous plaît, profitez de la réforme actuelle de la PAC pour vous montrer à la hauteur de cette responsabilité : mettez en place de bons instruments pour lutter contre les excédents nocifs et le dumping ! »


Pdf communiqué de presse

Déclaration

Chiffres sur la production laitière dans l’UE et en Afrique

Plus de photos disponibles sur : https://we.tl/t-6kxzz7duxV

Vidéo de l'événement : https://youtu.be/T5Se4nuw-z4