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Les conseillers d’Etat en charge de l’agriculture ainsi que les interprofessions fromagères ont été interpelés concernant l’obligation des pendillards. Les cantons romands veulent adopter une position commune. Du côté de la Suisse allemande, nous avons eu des retours en ordre dispersé.

Nous attirons votre attention sur le fait qu’il y ait de fortes chances que l’Interprofession du Gruyère n’accepte pas les pendillards tels que l’on en parle aujourd’hui mais opte pour des pendillards avec patins ou enfouisseurs. Il est inadmissible qu’à l’heure où les paysans s’endettent pour respecter des normes fédérales, l’Interprofession n’ait pas encore pris de position définitive.

En attendant, nous vous proposons un modèle de lettre qui peut être repris et modifié pour l’adresser à votre acheteur de lait ou de viande par exemple pour les engraissements (on parle de Fr. 30.- HA par coupe). Nous vous laissons faire le calcul pour votre branche de production principale. Plus il y aura de réactions, plus nous aurons de chance d’être pris en compte.

Il est temps de se faire entendre alors mobilisons-nous !

Télécharger le courrier-type à envoyer à votre acheteur

Pour rappel,

Communiqué de presse du 23 juillet 2021 - Pendillards : l’enfer est pavé de bonnes intentions…

Lettre aux conseillers d’État en charge de l’agriculture

Courrier aux Interprofessions fromagères

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Action organisée par Uniterre, Big-M et BBK

Si la production laitière doit avoir un avenir, cela ne peut se faire qu'avec un prix du lait qui couvre les coûts de production. Jusqu'à présent, cependant, les producteurs laitiers ont été contraints de livrer du lait B bon marché. Avec ce système, la lutte pour des segments de marché à faible valeur ajoutée se fait sur le dos des fournisseurs. Le prix indicatif du lait B est inférieur de 18 centimes à celui du lait A. Ce lait bon marché, qui sert même à financer des exportations de dumping, fait baisser le prix, de sorte qu'aucun lait durable ne peut être produit à long terme ! Ainsi, la production de lait durable et paysanne en Suisse est détruite un peu plus chaque jour !
Il est un fait que la pression constante sur les prix dans l'agriculture conduit à des formes de production qui sont de moins en moins acceptées par la population. Le Parlement fédéral l'a reconnu. Avec une unanimité historique de gauche à droite, la motion « Améliorer les termes du contrat-type de l'Interprofession du lait » de la CER du Conseil des États a été acceptée par le Conseil des États le 24.09.2019, et par le Conseil national le 28.06.2020 avec seulement 2 voix contre. Un élément décisif est que l'approvisionnement en lait B bon marché devienne volontaire. La résistance des acheteurs de lait et de l'industrie laitière était prévisible. Aujourd'hui, lors de son assemblée des délégués, l'Interprofession du lait refusera de se plier à cette exigence parlementaire. C'est un scandale !
La demande du Parlement est justifiée et peut être mise en œuvre sans aucun problème. Pour les consommateurs, cela ne changera rien du tout, mais la renonciation au lait B augmentera considérablement le prix du lait pour les agriculteurs.

Nous, producteurs laitiers, demandons que la motion soit appliquée.

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Mise à jour

Décisions de l'assemblée des délégués de l’IP Lait du 2.7.2021 : à partir du 1er janvier 2022, les conditions suivantes s'appliqueront au contrat d'achat du lait : les conditions d'achat du lait (quantités et prix) doivent être portées à la connaissance de chaque fournisseur individuellement chaque mois pour les segments A et B au plus tard le 20 du mois précédent. Les délégués ont accepté de ne pas rentrer en matière concernant la livraison facultative du lait segment B, tel qu'exigé par le Parlement. L’IP Lait confirme donc ainsi le non respect de la décision parlementaire du 28.6.2020.

Motion « Améliorer les termes du contrat-type de l'Interprofession du lait »

Déposé par la CER-CE le 28.06.2019, Accepté par le Conseil des Etats le 24.09.2019, accepté par le Conseil National le 28.06.2020


Le Conseil fédéral est chargé d'intervenir auprès de l'Interprofession du lait afin que le contrat type pour l'achat et la vente de lait cru comprenne, conformément à l'article 37 de la loi sur l'agriculture, les éléments suivants:

Le contrat d'achat de lait doit indiquer les prix auxquels la livraison est effectuée afin que le fournisseur de lait en ait connaissance avant la livraison et qu'il puisse planifier son activité entrepreneuriale. La segmentation A, B, C en vigueur doit être maintenue. En outre, il s'agit d'interdire de ne pas fixer de prix pour le segment C et d'écouler les excédents laitiers dans le cadre du segment B : un prix spécifique doit impérativement être déterminé pour les segments B et C. Les prix appliqués aux segments A et B doivent être définis dans le contrat, au moins pour une durée de trois mois, en indiquant la quantité et le prix au kilogramme. Il convient par ailleurs de laisser au fournisseur de lait le choix d'accepter ou non une livraison de lait du segment C. Par conséquent, les vendeurs et acheteurs doivent convenir des quantités de lait de segment B livrées et du prix de livraison. Les producteurs qui ne souhaitent pas livrer de lait des segments B et C bon marché ne doivent cependant pas être sanctionnés par une réduction des quantités pour les segments A et B.

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La période récente nous montre de manière évidente l'importance d'un approvisionnement alimentaire sécurisé de la population ainsi que le rôle prépondérant que l'agriculture paysanne doit jouer dans la transition vers une société plus durable. Mais cette agriculture paysanne est aujourd'hui prise en étau entre : les velléités de certains acteurs économiques d'opérer sur un marché alimentaire toujours plus mondialisé, la pression permanente que ce modèle engendre sur les prix à la production et de l'autre coté une demande croissante de la société pour la préservation des ressources naturelles, du climat et de la biodiversité. Nous rejetons dès lors le report de ce conflit apparent dans la présente consultation.

Nous ne pouvons pas accepter les propositions qui favorisent les importations aux dépens d'une production indigène paysanne, qui devrait être durable autant écologiquement, économiquement et socialement. C’est en particulier le cas pour l’assouplissement envisagé de la protection douanière pour le beurre en abaissant le volume minimal des emballages de 25 à 10 kg. Il s’agit d’un assouplissement inacceptable alors que le prix payé aux producteur.trice.s de lait reste honteusement bas.

De plus, concernant les points sur la production laitière et le supplément fromager, Uniterrerefuse les modifications proposées, à savoir de diminuer le montant de cette prime. Nous rappelons d’ailleurs ici que le montant de cette prime est fixé dans la loi sur l’agriculture et donc qu’il n'est pas acceptable de modifier la loi par voie d’ordonnance. Nous demandons un durcissement des critères d’octroi du supplément pour le lait transformé en fromage. Nous soutenons un versement direct de cette prime aux producteur.trice.s, comme le prévoit la loi. Par ailleurs, il est indispensable que le nouveau contrat laitier garantissent la liberté de livraison, sans pénalisation, du lait du segment B, comme le prévoit la motion 19.3952 "Améliorer les termes du contrat-type de l'Interprofession du lait " du CER-CE, adoptée par le CE et le CN. Il est essentiel qu’elle soit rapidement mise en œuvre. Enfin, Uniterre soutient également la motion Nicolet 20.3945 « Modifier l'ordonnance sur le soutien du prix du lait afin de n'accorder le supplément versé pour le lait transformé en fromage, qu'aux quantités de lait payées au minimum au prix du segment A ».

Concernant les paiements directs, ces derniers rémunèrent des services fournis par l'agriculture. Ils ne doivent donc pas être un instrument de pénalisation prenant la place d'autres mécanismes légaux.

Enfin, Uniterre considère que la vulgarisation et la recherche agricole doivent prendre une place importante pour accompagner tant l'agriculture que le système alimentaire dans son ensemble vers plus de durabilité, de résilience et d'équité.

Contact presse : Rudi Berli - 078 70 77 883

Consultation train d’ordonnances agricoles 2021

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Communiqué de presse Uniterre

Le projet de loi du Parlement doit être rejeté car il propose des mesures insuffisantes. Uniterre demande que la Confédération mette en place des conditions cadres qui assurent le maintien de l'économie sucrière et de la production de betteraves. Elle doit agir au niveau des primes de culture et de la mise en valeur de la filière suisse, au niveau de la protection douanière (sucre et betteraves), ainsi qu'au niveau de la taxation des sucres alimentaires.

Afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement en sucre suisse, il est nécessaire de maintenir et de renforcer la production indigène de betteraves sucrières ainsi que la filière de transformation et les emplois qui y sont liés. Cette production est très fortement menacée par la globalisation et un dumping sur les prix qui n’est possible que parce que les coûts de tous les impacts négatifs (climat, ressources, biodiversité ainsi que les coûts sanitaires et sociaux) sont externalisés. Le prix minimum à la production des betteraves sucrières répondant aux attentes de la population en termes de durabilité, se situe à 150 Fr/t. C'était d'ailleurs le niveau des prix dans les années 1990 ! Sous la pression de la dérégulation douanière, suite aux accords bilatéraux et commerciaux, le prix suisse à la production a chuté à 54 Fr/t.

Les primes actuelles à la production doivent donc être maintenues et les suppléments de primes pour la production biologique doivent être relevés de Fr 400.- par ha et par an et de Fr. 200.- par ha et par an pour la production intégrée.Par ailleurs, il appartient à l'administration fédérale compétente de définir l'homologation indépendante et sérieuse des produits insecticides, fongicides et herbicides pouvant être utilisés pour la production. La loi ne doit pas explicitement favoriser un type de production mais équilibrer les différences de coûts et de rendements.

Le projet de loi prévoit une taxation minimale de 70 Fr/t de sucre brut importé. Uniterre préconise de relever la taxe pour l'importation de sucre au niveau maximal autorisé par les accords de l'OMC, à savoir 610 Fr/t. Ceci permettrait une hausse de 40 Fr/t du prix à la production pour la betterave. On retrouverait ainsi le niveau de prix pratiqué en 2007. Ce niveau est toutefois insuffisant pour permettre une culture rémunératrice. Il convient donc de maintenir les primes à la culture pour compenser le manque à gagner entre le prix sur le marché protégé et un prix rémunérateur.

En ce qui concerne l'importation des betteraves, il faut une mise en place de phases d'importation ainsi qu'une taxation cohérente avec les objectifs visés : prix cible minimal 100.- Fr/t, taxation environ 75.-Fr/t. Cette mesure permettrait en même temps d'empêcher le dumping écologique par une production ne répondant pas aux mêmes exigences environnementales que la production indigène.

Des mesures de taxation des sucres alimentaires industriels pourraient financer la hausse des primes, sans grever le budget agricole. Comme le préconise l'OMS dans un rapport publié en 2016 (voir lien ci-dessous), il convient de taxer les sucres utilisés par l'industrie alimentaire dans le cadre de la stratégie de prévention de santé. Les fonds récoltés doivent être au moins alloués à 50% à la production de betteraves sucrières (financement de la prime de culture et financement de la recherche publique de systèmes de production durables sans insecticides et sans herbicides, recherche de nouvelles variétés résistantes, soutien aux nouvelles techniques aux producteurs), ainsi qu'à 50% à la santé publique. Une telle taxation est appliquée en Belgique et en France sans toutefois orienter les recettes fiscales de manière contraignante.

Ainsi une taxe de 900.- Fr/t sur le sucre utilisé dans l'industrie alimentaire rapporterait 330 Millions Fr. Pour le consommateur cette taxe signifierait une augmentation de 1 ct/l de boisson sucrée.
http://www.who.int/dietphysicalactivity/publications/fiscal-policies-diet-prevention/en/

Plus d’informations :

Rudi Berli, Uniterre (FR et DE) : 078 707 78 83

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Suite à la mise en consultation du contre-projet du Conseil fédéral, en réponse à l'initiative populaire contre l'élevage intensif, Uniterre a élaboré une prise de position. Consensuel et très générique dans sa formulation, le contre-projet évite soigneusement la problématique des fermes-usines, mais propose de rendre obligatoire les programmes éthologiques SST (Système de stabulation respectueux des animaux) et SRPA (Sorties régulières en plein air) tout en renonçant purement et simplement de s'attaquer aux importations à bas prix et à leurs conséquences désastreuses pour les familles paysannes. Uniterre estime que ce contre-projet rate son objectif et n'apporte pas les solutions escomptées.

Entre attentes sociétales, impératifs écologiques et survie à long terme de la paysannerie suisse, la réflexion autour de l'élevage mérite de s'y attarder. Un sujet qui sera au cœur de notre travail dans les semaines à venir, et dont les résultats vous seront présentés au cours du printemps.

Notre prise de position

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Uniterre soutient le Parlement de l'alimentation lancé par Agriculture du futur - Réseau solidaire. L'idée est de lancer une dynamique populaire pour dessiner le système alimentaire de demain et de porter la voix des agriculteur.trice.s et des consommateur.trice.s dans les débats des futurs politiques agricoles. Illes ont besoin de votre soutien et participation! L'alimentation nous concerne tout.te.s!

Retrouvez les ici https://www.landwirtschaftmitzukunft.ch/parlement-...

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Uniterre se félicite que BirdLife Suisse, Greenpeace Suisse, Pro Natura et WWF Suisse se mobilisent et reconnaissent enfin la nécessité de sortir de l'industrialisation de l'agriculture. L'agrobusiness est la clé de voûte d'un système alimentaire basé sur la concurrence généralisée. Il provoque la destruction de l'agriculture paysanne et des circuits-courts qui est renforcée par les politiques agricoles, dont la PA22+ mise en place par la Confédération. L’agro-business ne travaille pas pour les paysan.ne.s et la PA22+ ne les soutient pas !

Le démantèlement

La nouvelle politique agricole prévoit explicitement de continuer à détruire l'agriculture paysanne diversifiée au profit de la spécialisation provoquant la disparition de deux à trois fermes par jour et la suppression quotidienne de six places de travail dans l'agriculture tous les jours.

La grande-distribution, le commerce agricole, la finance, l'agro-industrie font d’énormes bénéfices dans le marché alimentaire par la dérégulation commerciale globalisée. Ce business est encouragé par les accords commerciaux de libre-échange et encadré par les politiques agricoles qui doivent impérativement en atténuer les effets les plus négatifs. C'est en effet la démocratie alimentaire, la population, les consommatrices et consommateurs, les paysan.ne.s et l'environnement qui font les frais de ce dumping social et écologique.

Les institutions de politiques publiques se retirent de l'encadrement du marché. Ce marché dérégulé prospère tout aussi bien avec le modèle d'une alimentation low cost qu'avec une niche de produits biologiques. Et le modèle applique la même logique partout : Baisser les coûts pour augmenter les marges et les profits.

La nécessité de cohérence

Comment se fait-il que les organisations qui se mobilisent contre l'agrobusiness ne soutiennent pas la lutte contre les importations d'huile de palme, de soja ou de viande industrielle gonflé aux hormones par exemple par le refus des accords de libre-échange avec l'Indonésie ou le Mercosur ?

Est-ce que ces organisations veulent-elles s'engager à appliquer les mêmes principes éthiques aux importations dont nous dépendons déjà très largement et qui ne répondent pas aux mêmes critères de durabilité ?

Un système alimentaire résilient

Il faut une politique alimentaire qui permette une transition rapide vers un système alimentaire social et écologique. Pour cette transition, la politique publique doit fixer les règles pour favoriser un accès à une nourriture saine pour tous en assurant une rémunération équitable aux paysan.ne.s et aux ouvrières agricoles ainsi qu'aux acteurs artisanaux de la transformation et de la distribution.

Rudi Berli, maraîcher et secrétaire à Uniterre

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Souvenez vous, au mois d'avril, nous avons envoyé le courrier suivant au Conseiller Fédéral Parmelin suite aux annonces de ce dernier du 1er avril visant à faciliter certaines importations pour faire face à la crise actuelle du COVID-19. Ces mesures ne sont pas acceptables!

Vous trouverez au lien ici la réponse que nous avons reçu.

En voici quelques extraits ainsi que nos réactions :


Voici notre réaction par rapport à la filière viticole :

Les vins suisses ont perdu depuis le milieu des années nonante 40 à 50 millions de litres de part de marché. Sur une consommation de 310 millions de litre à la fin des années quatre vingt, la consommation des vins suisses était de 125 à 130 millions de litres. En 2019, la consommation était d’environ 250 millions de litres pour une part de seulement 85 millions de litres pour les vins suisses.

Cette diminution des parts de marché peut s’expliquer par les moyens mis par les vins étrangers, notamment européens, pour leur promotion en suisse. Mais ces grands moyens n’expliquent pas à eux seul le problème.

D’une part la réglementation des importations a changé en 1993 suite au référendum de la maison Denner contre l’arrêté viticole. La conséquence a été l’abandon de l’attribution des parts du contingent d’importation selon les prestations à la production suisse.

A elle seule, cette modification est responsable pour une large part de la perte des parts de marché. Cette mesure était encore la seule protection pour les vins suisses face à la distorsion de concurrence des vins à bas prix. Depuis, le vin est le seul produit agricole suisse ne bénéficiant d’aucune mesure de protection.

D’autre part, la consommation ayant perdu environ 50 à 60 millions de litres, le volume de 170 millions de litres du contingent tarifaire doit être reconsidéré.

Jusqu’au début du XXI siècle, le commerce transfrontalier ne pesait pas beaucoup sur les affaires du commerce suisse et l’importation par des particuliers bénéficiait d’une franchise de 2 litres par jour et par personne. Mais en 2014, la confédération, dans un souci de simplification des procédures douanières, a trouvé juste de mettre cette franchise à 5 litres, soit l’équivalent par jour et par personne d’un carton de 6 bouteilles. Pour un marché qui représente, selon les estimations, plus de 13 milliards de francs, c’est un coup de poignard dans le dos des vignerons suisses.

Monsieur le Conseiller fédéral et ancien vigneron, vous savez très bien que le marché des vins est déséquilibré et que la production suisse est la grande perdante.

Nous ne pouvons que vous répéter que la viticulture suisse a besoin de ce rééquilibrage et que c’est l’application de l’article 22 de la loi sur l’agriculture alinéa b « attribution des parts de contingent selon les prestations à la production suisse » qui doit être appliqué au plus vite.

Le volume du contingent tarifaire doit être adapté à la consommation actuelle avec un volume ramené à 100 millions de litres.

Et enfin, la franchise de douane de 5 litres par jour et par personne doit retrouver la valeur d’avant 2014, soit 2 litres par jour et par personne.


Voici notre réaction par rapport à la filière viande :

Dans sa réponse à notre courrier, le conseiller fédéral Guy Parmelin met en avant le fait que le CF ne disposerait d’aucune compétence pour freiner les importations, et qu’il n’a fait, avec l’OFAG, que répondre à la demande de Proviande de prolonger la période des importations.

Nous voyons toutefois au moins 2 bonnes raisons pour lesquelles le CF aurait pu intervenir en faveur des paysannes et paysans suisses.

Dès le début de la crise sanitaire, la fermeture des restaurants a entraîné un effondrement de la demande. La chute des prix ne s’est pas faite attendre et a touché de nombreux éleveurs de bétail. Ce sont pourtant les importateurs et les industriels qui ont bénéficié d’aide sous la forme d’un soutien financier à la congélation. Où est la logique ?

Si le raisonnement du CF se justifie par la crainte d’un défaut de l’approvisionnement, alors il est temps que nos autorités réfléchissent à plus long terme et commencent par le b.a.-ba : c’est en soutenant la filière locale grâce à des prix équitables que l’on évitera le danger de la pénurie. C’est élémentaire ! Cela est même inscrit dans la Loi sur l’Agriculture, puisque les agriculteurs doivent disposer d’un revenu comparable à la moyenne des emplois de leur région, or ce n’est que très rarement le cas.

D’un point de vue plus général, les importations de viande à bas prix, en provenance d’Amérique du Sud bien souvent, répondent certes à la logique capitaliste de notre gouvernement, mais ignorent totalement la votation populaire de septembre 2017 sur la sécurité alimentaire, qui demande que les importations se fassent sur la base de critères de durabilité. Or il n’y a rien de durable dans les productions industrielles du Brésil ou d’Argentine.

La crise sanitaire est la preuve flagrante que nous devons penser autrement nos systèmes alimentaires.

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Par Vanessa Renfer, paysanne et secrétaire d’Uniterre

Pour bien comprendre comment fonctionne le marché du bois en Suisse, je me suis rendue dans l’Arc jurassien où j’ai pu m’entretenir avec Jean-Claude, scieur indépendant. Il a souhaité garder l’anonymat. Il dirige depuis de nombreuses années une scierie bien implantée dans sa région, et il met un point d’honneur à n’utiliser que du bois local. Sa spécialité est d’être en mesure de proposer toutes sortes de façonnage, de façon à pouvoir répondre aux demandes les plus diverses. Ce sont plus de 2’500 m3 de bois par année qui passent au travers de ses machines pour être sciés, rabotés et façonnés. Ce sont des produits aux dimensions standards qui sont fabriqués, mais également des articles plus spécifiques.

Préserver le capital forestier

A la question des impacts des changements climatiques sur son travail, Jean-Claude estime ne pas être tellement touché pour le moment. En effet, les garde-forestiers avec qui il collabore peuvent encore, dans sa région, prévoir chaque année suffisamment de coupes de bois frais, issu d’arbres en bonne santé et de belle qualité, pour qu’il puisse continuer de fournir à ses clients planches, éléments de charpente et autres lattes et parquet. Cependant, la part des coupes urgentes, liées à la sécheresse et aux attaques de parasites tels le bostryche, augmente de façon inquiétante ces dernières années. En vertu du principe que l’on ne prélève dans la forêt que le volume qui pousse annuellement (comme les intérêts à la banque), le jour viendra probablement où les coupes sanitaires dépasseront ce volume, en tout cas certaines années, et le bois frais viendra à manquer. De plus, il estime qu’il faut impérativement veiller à poursuivre une exploitation raisonnable de la forêt. Il a pu constater, au fil des ans, que le nombre d’arbres « âgés » encore sur pied a beaucoup diminué.

Jean-Claude fait également le constat que les petites scieries indépendantes disparaissent inexorablement au fil des ans. De la même façon que dans la paysannerie, la concurrence étrangère et la course aux prix les plus bas sont pour beaucoup dans cette évolution. On apprend au fil de la conversation que l’industrie du bois est subventionnée en Europe, tout particulièrement pour ce qui concerne la construction des scieries. Ce fait me sera confirmé plus tard par Jan Boni, ingénieur forestier du Canton de Neuchâtel. Il a ainsi été possible de maintenir en Europe des structures modernes. Cependant il semble que l’idée d’instaurer des subventions pour l’industrie du bois en Suisse ne fasse pas l’unanimité. Un peu comme dans le milieu agricole, la subvention présente l’inconvénient majeur d’entraîner d’inévitables contrôles, ce que tous ne souhaitent pas, et une certaine lourdeur administrative. Actuellement, l’argent public sert essentiellement à promouvoir l’entretien durable de nos forêts, qu’elles soient publiques ou privées, ce qui en fin de compte sert aussi la cause de l’industrie du bois, de façon insuffisante cependant.

Quelle aide pour les scieries ?

Quant au problème des importations, il est bien complexe là aussi. Par chance, l’obligation de déclarer l’origine du bois a été maintenue, alors que le Conseil fédéral voulait la supprimer, en vertu de la simplification administrative. Cependant, il faut savoir qu’il n’existe aucune taxe ni droit de douane pour le bois, que ce soit en bois rond ou en bois transformé. Le lamellé-collé est un exemple particulièrement frappant, puisque 95% de ce produit utilisé en Suisse provient de l’étranger. A ce sujet, l’avis de nos deux professionnels diverge. Pour Jean-Claude, les taxes douanières permettraient de favoriser le bois suisse en dynamisant les scieries. Car de son expérience, les clients s’intéressent surtout au prix. La provenance est un critère secondaire. En revanche, Jan Boni estime que l’industrie du bois suisse ne serait pas en mesure de fournir les produits qui sont actuellement importés. En tout cas pas dans l’immédiat.

Il existe pourtant des initiatives pour mettre en avant cette précieuse ressource naturelle, qui est la seule dont nous disposons en Suisse. Un organisme comme Lignum a mis sur pied un label, le COBS (Certificat origine bois suisse), qui peut être un atout marketing lors de la construction, et que les collectivités publiques peuvent utiliser pour se vendre, et attirer artisans ou habitants. Mais on pourrait aller plus loin, et offrir une subvention aux scieries ou aux utilisateurs du bois suisse, voire carrément aux deux. Cette incitation financière serait relativement aisée à mettre en place, et présente l’avantage de ne pas être coercitive ni punitive.

Prise de conscience

L’arrivée du Coronavirus dans nos contrées a encore fragilisé un marché du bois déjà bien tourmenté. Après quelques coups de vent remarquables entre janvier et février, contribuant à la saturation du marché, la pandémie a entraîné le ralentissement, voire l’arrêt total, de nombreuses scieries et entreprises forestières, en Suisse comme en France voisine. Il est conseillé aux propriétaires forestiers de ne plus rien couper. Comment les entreprises suisses vont-elles sortir de ce mauvais pas ? Il faut espérer que la crise engendrera une prise de conscience de l’ensemble de la société : nos piliers sont celles et ceux qui assurent nos besoins fondamentaux en temps de crise. Les personnes qui travaillent le bois, notre seule ressource naturelle, en font partie et méritent pleinement une valorisation décente de leur labeur.

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Zoom sur nos forêts

Rudi Berli, maraîcher et secrétaire d’Uniterre

La forêt suisse constitue la deuxième ressource naturelle du pays après l’eau. Selon la statistique forestière, la surface boisée est en augmentation de plus de 1000 ha par année et représente 31% de la surface du pays. Bien que sa fonction première soit la production de bois, la forêt revêt un caractère multifonctionnel garanti par la loi : protection, aspects sociaux, écologiques et économiques. Depuis 1990 (protocole de Kyoto), la forêt est le plus souvent gérée comme puits de carbone net 1.La forêt suisse appartient à hauteur de 71% aux collectivités publiques avec un peu plus de 898’000 ha. 240’000 propriétaires privés possèdent une surface de moins de 50 hectares avec un total de 373'000 ha. La sylviculture suisse emploie environ 5’800 personnes et l’industrie du bois dans son ensemble, avec 12’000 entreprises principalement situées dans des régions rurales, occupe 90’000 personnes au total.

Depuis le début des années 80, l'économie forestière suisse est en crise. C'est à partir de 1985 que l'exploitation forestière est devenue déficitaire, malgré des subventions fédérales et cantonales qui s'élèvent aujourd'hui à environ 300 millions de francs. Dans un marché du bois libéralisé, c'est le transport relativement bon marché qui a fait chuter les prix du bois, alors que les coûts d'exploitation ne cessent d'augmenter. Le bois de première qualité est cependant toujours rentable.

Pour garantir les prestations forestières à long terme, la situation économique de la sylviculture doit être redressée notamment en stimulant la demande et en favorisant l'accès au marché pour le bois indigène. En tant que réservoir de CO2 dans les bâtiments et les produits en bois, l’imposition d’une proportion minimale de bois suisse dans tout nouveau bâtiment serait bénéfique au climat. Malgré les accords de l'OMC, les critères de durabilité et de transport pourraient être invoqués dans les soumissions publiques d'achat.

Alors qu'en plaine les quantités de bois récoltées sont équilibrées entre l'accroissement et le décroissement, la situation est différente dans les zones de collines et de montagne. Sur l'ensemble de la Suisse, le potentiel du bois n'est utilisé qu'à hauteur de 50% environ. Quelque 5.2 millions de m3 de bois ont été récoltés en 2018, soit 11 % de plus que l’année précédente.En cause, la prolifération des bostryches, la sécheresse estivale et les dégâts causés par les tempêtes hivernales. Un meilleur accès aux forêts pourrait permettre d’exploiter de manière durable – sans en récolter plus qu’il n’en pousse – 2 à 3 millions de m3 de bois supplémentaires. La consommation indigène des ressources à base de bois se situe en 2018 à 11,2 millions de m3. 24% pour des matériaux en bois, 19% pour du papier et du carton et 54% pour le bois-énergie. En 2018, la consommation d’énergie totale en Suisse était couverte à 4,6% par le bois et plus de 10 % des ménages suisses étaient chauffés au bois. Cette énergie est quasi neutre en CO2 et joue un rôle de premier plan dans la stratégie énergétique nationale.

Pour l'agriculture le bois reste une activité intéressante, même si son rendement financier est précaire. Elle procure une indépendance énergétique et un revenu d'appoint à condition de maîtriser le débouché et de pouvoir adapter les quantités à la demande. C’est ainsi que s’ouvrent de nouvelles possibilités pour les paysan.ne.s, par exemple en créant leur propre réseau de chauffage à bois à distance. Il existe pour l'agriculture également un potentiel dans le développement de l'agroforesterie dans un système de polyculture non-forestière.

Il est donc important de défendre, également dans une perspective de souveraineté alimentaire et agroécologique, l'utilisation du bois des forêts suisses gérées durablement.

[1] On désigne par puits de carbone l’absorption nette de dioxyde de carbone par des écosystèmes et par source de carbone sa libération nette dans l’atmosphère. Les activités humaines, telles que les reboisements, les déboisements, l’exploitation forestière et l’agriculture, ont une influence sur les stocks de carbone des écosystèmes. En Suisse, les sources de carbone provenant des déboisements pourraient être plus importantes que les puits de carbone résultant des reboisements. La gestion des forêts représente le potentiel de puits de carbone le plus important.
Source : OFEV : puits_et_sourcesdeco2danslexploitationforestiere.pdf

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Ce lundi 15 juin a eu lieu à Berne la conférence de presse qui lançait la nouvelle étude de la plateforme pour une agriculture socialement durable. Deux historiens, Gilles Bourquin et Jan Chiarelli, se sont penchés sur les conditions de travail dans le domaine de l’agriculture.

L'étude, bilingue est basée sur neuf cantons et couvre la période de 2000 à 2018.Cette étude reflète une réalité pas très reluisante de notre agriculture et des conditions de vie de toutes les personnes travaillant jour après jour pour produire notre alimentation.

Retrouvez le communiqué de presse ci après:
Si l'on examine les conditions de travail des salariés agricoles, un patchwork se dessine : de Genève à la Thurgovie, de Bâle au Tessin, les contrats-types de travail cantonaux sont très variés. Cela s'applique aux pauses (seuls 9 des 26 cantons accordent des pauses rémunérées de 15 minutes par demi-journée), aux heures supplémentaires (il peut être nécessaire de faire des heures supplémentaires) et aux jours de congé, ainsi qu'à la durée du travail hebdomadaire : le canton de Glaris se distingue par une semaine de 66 heures (mai - septembre) et le pendule oscille entre 50 et 55 heures par semaine dans la plupart des autres cantons. Seul le canton de Genève est en avance avec une semaine de 45 heures. L'assujettissement de l'agriculture au code du travail fixerait une durée hebdomadaire de travail de 45 heures (article 9) et représenterait une première amélioration.

Les salaires standards publiés annuellement par l'Union suisse des paysans (USP) s'élèvent actuellement à 3 300 francs bruts pour les auxiliaires saisonniers pour 55h semaine et à 2 625 francs bruts pour les stagiaires de moins de 4 mois (desquels sont déduits les frais de logement et de nourriture, à hauteur de 990 francs par mois). Un bref aperçu de l'évolution du salaire cible : depuis 2010, il n'a augmenté que de 395 CHF pour le personnel auxiliaire saisonnier et de 135 CHF pour les stagiaires. Une Convention Collective du Travail nationale peut fixer des salaires obligatoires. Avec la conférence de presse d'aujourd'hui, nous ouvrons le débat sur cette question urgente.

Mais ce débat ne peut être mené sans tenir compte de la situation des revenus des paysannes et paysans. La discussion sur la pression exercée sur les prix à la production par Coop et Migros vient de reprendre. Ce qui est en jeu, ce n'est rien de moins qu'une communauté agricole diversifiée et familiale, qui compte encore 50 000 exploitations. 2 à 3 fermes ferment leurs portes chaque jour. La baisse des prix à la production (-30% au cours des 30 dernières années) combinée à une forte pression de production est critique pour de nombreuses exploitations. Selon l’USP, l'agriculture représente 32 centimes du franc de consommation. L'étude menée par Agrisodu identifie également de graves lacunes dans les paiements directs, car "en 2018, les agriculteurs suisses n'ont effectivement bénéficié que de la moitié des 3,6 milliards. L'autre moitié va aux grandes chaînes de transformation et de vente au détail".

En 2018, le revenu agricole par unité de travail était d'un peu moins de 52’000 CHF (70’600 CHF par exploitation), ce qui correspond à 4’340 CHF bruts par mois. Le salaire médian suisse était de 6’538 francs bruts. Le revenu est encore plus faible pour les exploitations de montagne (40’580 et 34’321 francs respectivement). Ceci est contraire à l'article 5 de la loi sur l'agriculture, selon lequel les exploitations agricoles "peuvent, sur plusieurs années, atteindre un revenu comparable à celui de la population active d'autres secteurs économiques de la même région". Et au paragraphe 2, que "lorsque le revenu est nettement inférieur au niveau de référence, le Conseil fédéral prend des mesures temporaires pour l'améliorer". Mais rien ne se passe ! En outre, le temps de travail hebdomadaire est de 67 heures pour les hommes et de 63 heures pour les femmes. De plus, les agricultrices travaillent en moyenne 11 heures par semaine à titre accessoire. Au total, une charge de travail immense, avec une dette élevée d'environ 30 000 CHF par hectare et des salaires de misère. La situation est encore exacerbée par le dumping à l’importation, qui sape nos normes en matière de bien-être animal, de responsabilité sociale et d'écologie et entraîne une concurrence déloyale pour notre production intérieure.

Uniterre a déjà fait campagne pour la normalisation des conditions de travail et des prix équitables dans le cadre de l'initiative pour la souveraineté alimentaire.

L'Espagne montre la voie : Il est interdit par la loi de fixer des prix inférieurs aux coûts de production dans les contrats de vente de produits agricoles.

Nous pouvons briser cette spirale négative en défendant enfin un changement social avec les agriculteurs, les consommateurs et les travailleurs agricoles.

Mathias Stalder, secrétaire syndicale Uniterre


Plus d'infos sur le site de la plateforme : http://www.agrisodu.ch/


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