Josette Roudaire et Jean-Marie Birbès étaient ouvriers, en contact avec l’amiante. Paul François, agriculteur, a été intoxiqué par un pesticide de Monsanto, le Lasso. Henri Pézerat, chercheur au CNRS, a marqué leurs vies en les aidant à se battre pour que ces crimes industriels ne restent pas impunis… La justice s’est-elle prononcée pour les responsables du grand mensonge de l’amiante ? Que fera-t-elle pour ceux de la catastrophe annoncée des pesticides ?

Trailer:

https://metroboulotkino.ch/portfolio-posts/les-sentinelles/

La projection du film sera suivie d'un débat avec Anne Thébaud-Mony, sociologue connue notamment sur son livre "Les risques du travail".

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Les bactéries qui développent la capacité de survivre à un traitement aux antibiotiques ont l’avantage, elles se multiplient, tandis que les autres meurent. Cette sélection produit un nombre croissant de bactéries résistantes. Pour leur part, les antibiotiques sont répartis en différentes classes en fonction de leur façon d’agir. Ainsi, lorsqu’un antibiotique n’est plus efficace, il est possible d’utiliser un médicament d’une autre classe. Cependant, aucune nouvelle classe d’antibiotiques n’a été découverte depuis 30 ans. Il est d’autant plus important de sauvegarder l’efficacité des médicaments existants. Les antibiotiques les plus récents doivent être utilisés de façon particulièrement restrictive, afin de ne pas perdre de leur efficacité (les antibiotiques dits de réserve). L’utilisation excessive et parfois inappropriée d’antibiotique au cours des dernières années et décennies a conduit au développement de souches bactériennes résistantes contre tous ou quasiment tous les antibiotiques.

En Europe, le nombre de décès lié à une infection de bactéries résistantes est estimé à 25 000. Dans ce contexte, le Conseil fédéral et tous les Offices fédéraux compétents ont été impliqués dans l’élaboration et la mise en œuvre de la Stratégie Antibiorésistance Suisse (StAR), avec l’objectif de maintenir l’efficacité des antibiotiques dans la médecine humaine et vétérinaire. La santé humaine, la santé animale et la santé environnementale sont trois éléments étroitement liés qui s’influencent mutuellement. L’approche One Health favorise la coopération de ces différents domaines afin de préserver la santé de tous.

Les mesures de la stratégie sont réparties en huit domaines d’action

  • Surveillance : La distribution et l’utilisation d’antibiotiques, ainsi que les occurrences de résistances doivent faire l’objet d’une surveillance systématique. Cette démarche permet aussi d’évaluer le succès des mesures mises en œuvre.
  • Prévention : Lorsque l’on n’utilise pas d’antibiotiques, il ne peut y avoir des résistances. Ce domaine d’action vise à réduire les infections en améliorant l’hygiène et la gestion dans la médecine humaine ; dans l’élevage, des mesures comme l’amélioration de l’hygiène, l’optimisation des conditions de détention et la mise au point de traitements alternatifs comme les vaccinations permettent également de limiter l’emploi d’antibiotiques.
  • Utilisation rationnelle des antibiotiques : L’utilisation d’antibiotiques ne peut être évitée complètement. Cependant, lorsqu’elle devient nécessaire, il faut utiliser le médicament le plus efficace selon l’état des connaissances actuelles. Des directives précises et strictes concernant la remise et l’administration des antibiotiques critiques seront introduites, afin de préserver leur efficacité.
  • Lutte contre la résistance : Les résistances doivent être identifiées rapidement pour empêcher leur propagation.
  • Recherche et développement : Il existe des lacunes en matière de connaissances concernant l’apparition et la propagation des résistances. La recherche et le développement dans ce domaine, ainsi que les nouvelles découvertes en matière de diagnostic ou de substances antimicrobiennes sont soutenus.
  • Coopération : La coopération à l’échelle politique, scientifique et économique, ainsi qu’entre les domaines de la médecine humaine et vétérinaire, l’agriculture et l’environnement sera encouragée selon l’approche One Health.
  • Information et formation : La connaissance sur les antibiorésistances et leur prévention au sein de la population et des professionnels seront améliorées.
  • Conditions générales : Il s’agit d’éviter la création de mécanismes du marché ou d’incitatifs économiques qui vont à l’encontre de cette stratégie.1

En œuvre depuis 2016

La StAR a été approuvée par le Conseil fédéral en 2015, elle est mise en œuvre depuis 2016. Les productrices et producteurs ont pu constater quelques conséquences de cette mise en œuvre, en particulier l’interdiction de la remise d’antibiotiques de prophylaxie (protection de la mamelle) ou à titre de stocks. Bien que ces mesures ne soient pas toujours faciles à mettre en œuvre, elles sont importantes à long terme. Parallèlement, des projets de recherche en cours vont démontrer qu’une amélioration des conditions de détention et des mesures de prophylaxie peuvent contribuer à une réduction de l’utilisation d’antibiotiques. L’utilité de ces mesures peut sembler évidente à certains, mais ces travaux de recherche sont tout de même importants, puisqu’ils serviront de base d’argumentation pour une amélioration des conditions de détention.

Vigilance de mise

Dans la théorie, le programme de la StAR est excellent, mais il faut rester vigilant. En particulier dans le domaine des incitatifs économiques, le potentiel d’amélioration reste important. Au cours des dernières années, certains antibiotiques ont disparu du marché ; leur homologation étant échue, les entreprises pharmaceutiques ne voulaient pas supporter les frais importants d’un renouvellement de l’homologation. En revanche, certains nouveaux médicaments apparaissent sur le marché. Ils contiennent des antibiotiques de réserve et sont vendus à prix attrayant. Ce développement contribue uniquement à l’augmentation des bénéfices des entreprises, il est en contradiction frappante avec le concept d’une utilisation prudente. S’il est plus facile d’utiliser des antibiotiques de réserve, le risque est grand que leur utilisation devienne courante.

La prophylaxie connaît également différentes approches. Réduire l’utilisation d’antibiotiques pour améliorer la santé des animaux est une bonne alternative. Toutefois, de certains pays nordiques nous arrivent aussi des exemples moins bons : en réduisant l’introduction de germes par une plus grande industrialisation de l’élevage et une isolation des troupeaux de l’environnement, comme nous le connaissons déjà partiellement pour l’élevage de porc en Suisse. Un développement dans cette direction peut être judicieux dans le cadre de la problématique des antibiorésistances, mais il n’apportera certainement aucune amélioration pour le bien-être des animaux.

L’approche globale de la StAR est essentielle et reflète le constat que cette problématique n’est pas uniquement la faute des producteurs et des vétérinaires. La production animale tellement intensive qu’elle ne peut se passer d’antibiotiques n’est pas la seule responsable ; les phénomènes d’antibiorésistance résultent également de l’utilisation inconsidérée dans la médecine humaine. Ces problèmes sont causés par toute la population et doivent être traités dans ce sens. Dans la mise en œuvre, il faut aller plus loin que gronder ceux qui utilisent des antibiotiques. Les entreprises pharmaceutiques et les distributeurs doivent également rendre des comptes. Lorsqu’il s’agira de rédiger les directives sur l’utilisation d’antibiotiques importants, il faudra également établir des règles sur la production et la commercialisation de ces médicaments.

Lara Moser est membre d’Uniterre, elle travaille en tant qu’assistante clinique au Département pour la médecine vétérinaire clinique à la Clinique des ruminants de l’Université de Berne.



1: https://www.bag.admin.ch/dam/bag/de/dokumente/mt/star/strategie-star.pdf.download.pdf/strategie-antibiotikaresistenzen-ch.pdf


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Le scandale européen des œufs contaminés relance le débat de la sécurité qui agitent partis politiques et organisations paysannes depuis de très longs mois. Les citoyens seront appelés à se prononcer le 24 septembre sur le sujet. L'interview de Rudi Berli, président d'Uniterre Genève.

A ne pas manquer!

https://www.rts.ch/play/radio/linvite-de-la-redact...

Communiqué de Presse
La production de masse et l’industrie agro-alimentaire viennent de fournir une fois de plus la preuve qu’elles sont totalement incompétentes. Si la rationalisation à outrance, la concentration d’animaux de rente dans de grandes halles et la diminution tous azimut des coûts de production peuvent sembler efficaces dans un premier temps, les scandales alimentaires qui jalonnent les ans ne font que nous rappeler que ce modèle est dépassé. En termes de durabilité, nous sommes bien loin des objectifs fixés. Se retrouver avec des millions d’œufs à détruire et des centaines de milliers de poules à abattre (au bas mot), c’est une honte pour nos civilisations. Les victimes seront à nouveau les producteurs et leurs animaux d’un côté, les consommateurs de l’autre, comme toujours les deux extrémités de la chaine. Les premiers subissent les retombées très négatives du scandale, et les seconds sont bernés par les belles promesses de l’agro-alimentaire. Quand allons-nous apprendre de nos erreurs ?

Et combien de temps encore les grands distributeurs d’ici et d’ailleurs pourront-ils engranger de juteux bénéfices ?

La pression énorme qu’ils mettent sur les fournisseurs pour obtenir toujours plus en payant toujours moins est directement responsable du scandale. Que nos deux chers géants orange fassent donc leur examen de conscience !

Si la production indigène n’est pas entièrement à l’abri d’écueils de ce genre, elle reste néanmoins la plus sûre. Seules des exploitations agricoles travaillées par des familles paysannes sont à même d’assurer notre futur alimentaire. Il faut cesser de voir dans le bon marché et l’ultra-rapide la réponse aux problèmes de notre temps. Produire de la nourriture de qualité prend du temps, demande des compétences, un investissement personnel fort et implique des coûts. Il faut donc donner aux producteurs les moyens d’aller dans le bon sens : revaloriser le rôle du paysan, lui permettre de gagner sa vie décemment, c’est la seule solution pour ne plus vivre ce qui s’est passé en Europe ces dernières semaines. On nous rétorquera que se nourrir suisse coûte cher, mais quel est le prix social, sanitaire et écologique de ces œufs contaminés ? Plutôt que de payer les pots cassés, nous avons tout intérêt à nous tourner dès maintenant et pour de bon vers une véritable production agricole durable.

Contact presse : Vanessa Renfer – v.renfer@uniterre.ch/ 032 757 28 85

Intervention de Fernand Cuche sur le sujet lors de l'émission "Forum" de la RTS 1ère le vendredi 11 août à 18h: https://pages.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/8820... à partir de 14 min. 30s


Non à la nouvelle loi sur les epizooties
5 octobre 2012: le comité d'Uniterre a pris position sur la votation concernant la nouvelle loi sur les epizooties. Il s'oppose à cette nouvelle loi. 
Uniterre estime que le libre choix des paysannes et des paysans ne doit pas être à nouveau restreint.
Bio Suisse, Bio Forum, L'association des petits et moyens paysans (VKMB) partagent l'avis d'Uniterre.
 
Lire l'article publié en mai 2009 dans Uniterre "Epidémie, Mécanisme grippé"

 
"Prenons le temps de réfléchir aux causes des crises sanitaires"
 
Uniterre dénonce la politique du libre-échange (avril 2006)
A force de spécialisation de certains secteurs agricoles vers l'exportation à bas prix, il ne faut pas s'étonner de récolter les fruits désastreux actuels. Après avoir fait porter le chapeau pendant plusieurs mois à la volaille de basse-cour, puis aux oiseaux migrateurs, les grands élevages industriels commencent enfin à être désignés comme vecteurs principaux de la grippe aviaire. Mais si la FAO le reconnaît, elle n'est pourtant pas prête à encourager l'élevage fermier ; bien au contraire, elle s'entête dans une politique de « révolution de l'élevage » synonyme d'intégration verticale du secteur avicole, largement en main des transnationales. (cf article Uniterre avril).
Rappel et réflexion
Crise ESB en Suisse : Les responsables sont connus
La Confédération et ses services, en particulier l'Office vétérinaire fédéral, l'Office fédéral de l'agriculture, la Station fédérale de recherche en production animale de Posieux et le Secrétariat d'état à l'économie portent une lourde responsabilité dans le développement de la maladie de la vache folle en Suisse, en étant systématiquement intervenus de manière tardive et fragmentaire pour enrayer l'épizootie depuis sa découverte en Angleterre. Les conséquences économiques de l'ESB sont connues, elles se chiffrent par centaines de millions de francs de pertes pour l'agriculture.