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Voici ci après un message de la nouvelle ACP - les paniers de la Mule - qui fait fasse à un refus d'installer deux serres tunnels. Merci de votre aide!


Notre coopérative (www.lamule.ch), fondée cette année, emploie 3 maraîchères, et produit des paniers de légumes pour environ 75 familles. Nous exploitons des terrains prêtés par la commune de Prilly, et avons fait une demande de permis de construire pour deux serres tunnel sans fondation, qui a été refusée par le canton de Vaud, au motif que les coopératives ne sont pas reconnues comme pratiquant une agriculture professionnelle, alors même que nous employons 3 maraichères formées (CFC) dont c’est l’activité principale.

Nous faisons maintenant recours contre la décision du canton de Vaud de ne pas nous accorder ce permis. La jurisprudence actuelle ne permet pas à des coopératives de construire en zone agricole, même si celles ci emploient des maraichères qualifiées, et se consacrent uniquement à l’agriculture. Nous voulons faire changer cette interprétation de la loi, et c’est pourquoi nous faisons appel de cette décision. Si notre recours est accepté, il pourra servir de jurisprudence au niveau national, et facilitera ainsi grandement l’établissement de coopératives en zone agricole.

Nous estimons (avec conseil de l’avocat qui nous défend) les frais à environ 10’000 CHF, répartis ainsi :
– frais de justice : 3’000 CHF
– frais d’avocat (avance) 3’231 CHF
– provision frais d’avocat 3’500 CHF

Nous avons besoin d’aide, car notre plan financier ne nous permet pas d’assumer ces dépenses, mais nous pensons qu’elles sont nécessaires pour faire avancer la cause des ACP en Suisse.

Pour nous aider, rdv ici :https://potsolidaire.ch/product/financement-recour...

Merci d’avance pour votre soutien
Les paniers de la Mule

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Le journal "Blick" nous dépeint comment Bio Suisse et son organisme de certification ICB ont certifié en Janvier 2020 une plantation d’huile de palme sur l’île de São Tomé. Cette certification n’a été rendue possible que par la déforestation intense de forêts de haute valeur entre 2011 et 2014 ainsi que la séquestration de terrains à de petits agriculteurs locaux. De plus, il s’agit d’une plantation coloniale classique de grandes dimensions (des milliers d’hectare) et appartenant à une grande multinationale, alors que Bio Suisse promet de l’huile de palme achetée à des petits producteurs et de formes de productions soit disant « innovatrices et diversifiées » telles que l’« Agro-Forestry » etc.).

Des recherches effectuées par Uniterre ont documenté les déforestations et séquestrations de territoires ainsi que le type de plantation coloniale traditionnelle à Agripalma. Ainsi que le note l’article, citant Uniterre, la plantation a été certifiée malgré des violations flagrantes des règles de Bio Suisse. « Blick » explique aussi que la « pression du commerce de détail » pour obtenir une huile de palme biologique et soi-disant « de développement durable » mène parfois Bio Suisse à trahir les valeurs qu’elle prétend défendre. Il note aussi que « les inspecteurs de Bio Suisse semblent complètement dépassés lorsqu'il s'agit d'identifier de tels problèmes ». Confrontés par Uniterre avec ces reproches fin février, Bio Suisse a pris peur et retiré à Agripalma la certification en mars. Cependant, Socfin et Agripalma ont déposé un recours, qui est apparemment toujours ouvert aujourd’hui, 6 mois après le retrait de la certification : Il est donc à craindre qu’après un retrait tactique de son Département Importation en mars, Bio Suisse ne re-certifie la plantation d’Agripalma dès qu’elle estimera que la vague de critique sera passée. Il n’est pas non plus exclu que Bio Suisse ne certifie à l’avenir aussi d’autres matières premières critiques sans remarquer de semblables violations des règles de durabilité - tout cela discrètement et sans que les producteurs suisses et les consommateurs en soient informés.

Bio Suisse doit :

rejeter le recours et retirer définitivement la certification à Socfin/Agripalma

refuser de certifier les produits qui violent les réglementations et être extrêmement vigilant avec les matières premières critiques.

imposer des conditions strictes et limitées dans le temps aux producteurs déjà certifiés mais soupçonnés de ne pas respecter ces règles.

cesser d'écrire des règles "strictes" sans tenir compte des conditions d'utilisation.

corriger l'incompétence existante dans les contrôles à l'étranger et dans les procédures internes.

s'engager à la transparence envers les organisations membres, les consommateurs et les parties prenantes telles qu'Uniterre.

Communiqué de Presse le 9 septembre 2021

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Le Conseil fédéral souhaite prolonger de quatre ans le moratoire sur les cultures d’organismes génétiquement modifiés (OGM) à des fins agricoles. Le moratoire s'applique également aux produits issus de nouvelles techniques de génie génétique (NTGG). Cette décision est extrêmement bienvenue. Il permettra de sauvegarder et de renforcer la production suisse sans OGM et la stratégie qualité suisse. Cette prolongation permettra également de disposer de temps pour résoudre les questions non résolues relatives à la coexistence de différents types de culture et à la réglementation des NTGG.

La production sans OGM est un élément central de la bonne position de la Suisse sur le marché alimentaire et de la stratégie qualité suisse. La dernière enquête de l'Office fédéral de la statistique montre également que le génie génétique utilisé dans la production alimentaire est rejeté par la majorité de la population suisse. Il est donc logique que le Conseil fédéral veuille prolonger le moratoire et l'appliquer également aux nouvelles techniques de génie génétique.

Les plantes génétiquement modifiées n'offrent aucune solution aux défis de l'agriculture et du changement climatique. Le génie génétique classique n'a pas permis de développer des solutions aux problèmes liés au climat, tels que la sécheresse : 98 % des plantes produites au moyen du génie génétique classique sont résistantes aux herbicides ou produisent une toxine insecticide. Il ne s'agit clairement pas d'alternatives durables aux pesticides. Au contraire, ils contribuent à l'intensification de l'agriculture et donc aux effets néfastes qui en découlent sur l'environnement et la santé.Les nouvelles techniques de génie génétique poursuivent également des objectifs similaires. La mise au point de plantes tolérantes à la sécheresse, résistantes en permanence aux maladies ou offrant des rendements plus élevés continue d'échouer en raison de la complexité du bagage génétique qui détermine ces caractéristiques.

Dans la petite agriculture suisse, la coexistence de cultures sans OGM et de cultures OGM est pratiquement impossible. Des conditions-cadres efficaces pour la coexistence seraient coûteuses et ne pourraient exclure les risques de contamination avec toutes les conséquences économiques qui y seraient liées. Grâce au moratoire, la liberté de choix des consommateurs, inscrite dans la loi, peut continuer à être garantie.

Contrairement à l'agriculture intensive et biotechnologique qui nécessite de fortes quantités d'intrants, les approches interdisciplinaires telles que l'agroécologie représentent une alternative plus durable pour maintenir la sécurité alimentaire. Ils ont déjà fait leurs preuves dans le monde entier et ne sont pas orientés unilatéralement vers les besoins des pays riches. Ils sont également recommandés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Au lieu d'investir dans des solutions techniques coûteuses et risquées, un cadre politique devrait être mis en place pour encourager l'innovation dans ces alternatives plus durables.

ALLIANCE SUISSE POUR UNE AGRICULTURE SANS GENIE GENETIQUE

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La Coordination européenne Via Campesina (ECVC) lance sa publication « Embrasser la diversité rurale : genres et sexualités dans le mouvement paysan », afin d’ouvrir le dialogue autour de la diversité des genres et des sexualités dans les zones rurales et dans le mouvement paysan, et en espérant renforcer la lutte en faveur d’une transformation inclusive et systémique.

À travers les témoignages et les histoires de petit·e·x·s et moyen·ne·x·s agriculteur·rice·x·s et de travailleur·euse·x·s ruraux·ale·x·s d'Europe et d'ailleurs, ECVC poursuit son travail sur la diversité des genres et des sexualités en milieu rural, qui a débuté en 2015 lors de l'assemblée annuelle des femmes d'ECVC.

Cette publication appelle à une action organisée, afin d’ajouter de la couleur à la lutte paysanne, de briser les stéréotypes ruraux traditionnels, d’adopter des langages inclusifs et de reconnaître que la nature elle-même est diverse et queer. Pour ECVC, cette perspective de diversité doit jouer un rôle politique clé dans la transformation du système alimentaire.

Dans le contexte plus large des célébrations des fiertés et en voyant les agressions et attaques dont sont victimes les personnes LGBTQIA+ dans les contextes ruraux, il est évident qu’il faut faire davantage pour créer un espace sûr et inclusif au sein du mouvement de la souveraineté alimentaire pour aborder ces questions. Pour les contributeur·rice·x·s, l'état d'esprit conservateur de nombreuses zones rurales illustre la nécessité d'unir nos forces pour comprendre les diverses identités comme des identités politiques et partager la valeur des expériences LGBTQIA+ avec le mouvement paysan et la société en général.

Comme le décrit Betty Wienforth, membre d’Uniterre, Suisse, les expériences de genre dans le monde de l'agriculture peuvent être difficiles : « On est loin d’un partage équitable du travail reproductif, de la fin de la virilité́ dans les champs, d’un usage respectueux des pronoms souhaités par les personnes trans ou non-binaires. (...) Faisons entendre nos diverses voix dans nos champs pour enfin y prendre nos places ! »

Ce fil conducteur de l'identité et de la liberté de prendre sa place dans le monde rural est un thème clé de cette publication. "On peut être un paysan, fier de son métier, aimer les hommes, tenter activement de se départir des clichés de l’hétéro-normativité et porter haut et fort la parole de son syndicat ! Je n’ai pas à avoir honte de qui je suis !", déclare Jean-Baptiste Roux de La Confédération paysanne, France.

Et Beth Stewart, de la Landworkers' Alliance, au Royaume-Uni, souligne l'importance de la dimension intersectionnelle de ce travail : « Nous voulons questionner les idées des gens sur ce à quoi est censé ressembler un·e·x travailleur·euse·x de la terre. Et nous voulons inspirer et encourager les personnes rurales, qu’elles soient queer, noires, trans ou qui qu’elles soient ! »

À travers les divers témoignages de cette publication, ECVC, LVC et leurs allié·e·x·s poursuivront le travail de lutte pour la souveraineté alimentaire dans la diversité, à la fois interne et externe, en mettant l'accent sur la solidarité, l'autonomisation et l'échange. Toute personne intéressée par le travail effectué au sein de l'organisation et au-delà est encouragée à rentrer contact avec nous, afin d'élargir nos alliances et de renforcer les diverses communautés dans les zones rurales et dans le mouvement paysan.

Vous pouvez lire la publication en entier en français, anglais et espagnol ici.

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Contacts :
Paula Gioia – Comité de coordination d’ECVC- +49 178 1390024, paula.gioia@eurovia.org – EN, ES, PT, DE

Yeva Swart - Articulation des jeunes d’ECVC - info@yevaswart.com+31 6 13168717 - ND, EN, FR,
Ou envoyer un mail à press@eurovia.org

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Campagne de La Via campesina en faveur de Gaza

La récente vague de bombardements par les forces israéliennes à Gaza a tué plus de 260 personnes, dont 60 enfants et 40 femmes, et a déplacé de force plus de 120 000 personnes de leurs foyers. Les missiles ont pilonné la région pendant 11 jours consécutifs, infligeant des dommages catastrophiques aux vies et aux moyens de subsistance des habitant⋅e⋅s de la région.

Le ministère de l’agriculture de Gaza a estimé à environ 27 millions de dollars les dommages causés, notamment aux serres, aux terres agricoles et aux élevages de volailles. L’Union of Agricultural Workers Committee (UAWC), membre de La Via Campesina, informe que des milliers de travailleur⋅se⋅s paysan⋅ne⋅s, d’agriculteur⋅rice⋅s et de pêcheur⋅se⋅s de Gaza ont subi des pertes de récoltes et des dommages aux infrastructures agricoles et de pêche.

Les installations agricoles telles que les fermes d’élevage, les puits et les réseaux d’irrigation ont été gravement endommagés. La fermeture complète de la mer et la destruction des bateaux de pêche ont perturbé les activités de pêche et menacent la sécurité alimentaire de plus de 3600 familles de pêcheurs.

Une évaluation rapide de l’UAWC à Gaza estime la perte de récolte à plus de 50 hectares. Les attaques de missiles ont eu un impact sur la santé du sol et ont infligé de graves dommages aux réseaux d’irrigation et de transmission. Des centaines de serres ont été détruites. L’équipe d’évaluation informe également que des dizaines d’étangs agricoles sont pollués ou recouverts de gravats.

Les dommages importants causés aux stations d’épuration, aux réseaux d’égouts, aux puits d’eau posent un défi énorme et entraînent des risques sanitaires dus à des conditions insalubres. Selon les Nations unies, environ 800 000 personnes à Gaza n’ont pas d’accès régulier à l’eau courante propre, car près de 50 % du réseau d’eau a été endommagé lors des bombardements.

Comment pouvez-vous aider ?

Le système alimentaire de Gaza est en ruines. Les Palestinien⋅ne⋅s cherchent maintenant à restaurer entre autres leurs puits d’eau, leurs serres, leurs étables pour les animaux et leurs bateaux de pêche. La Via Campesina veut aider en contribuant à hauteur de 250 000 USD d’ici le 31 août 2021.

En contribuant par ce lien, vous pouvez aider directement la population de Gaza, en particulier les fermes familiales et les pêcheurs, à reconstruire et à retrouver leur dignité et leurs moyens de subsistance. Chaque somme compte. En tant que citoyen⋅ne⋅s solidaires , soutenons le peuple de Gaza dans sa lutte pour reconstruire sa vie et accéder à la justice.

Cliquer ici pour faire un don

Mondialisons la lutte, mondialisons l’espoir !

La Via Campesina

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Nombre de familles paysannes sont soulagées, d’autres espéraient un autre résultat.

Ce score résulte d’une campagne forte et très présente du 2 x NON. Mais aujourd’hui, nous, paysannes et paysans devons remercier les citoyennes et citoyens qui malgré des préoccupations environnementales réelles, ont décidé de ne pas porter préjudice à l’agriculture suisse en acceptant l’une ou l’autre voire les deux initiatives.

Une partie importante du peuple suisse témoigne donc de son soutien à l’agriculture. Mais il serait erroné de comprendre ce résultat comme une validation de la politique agricole actuelle qui sacrifie l'agriculture paysanne sur l'autel de la compétitivité.

Ce résultat montre que les solutions aux défis auxquels doivent répondre notre société, notre système alimentaire et l'agriculture nécessitent dès à présent une discussion avec tous les acteurs concernés et notamment les paysannes et paysans. L’OFAG, l’USP, les Chambres agricoles doivent maintenant communiquer clairement quels sont leurs objectifs en termes de réduction des phytosanitaires, des antibiotiques, donner des délais clairs et justifier des résultats. Les questions d’importation de fourrage doivent être sérieusement débattues. Uniterre a toujours affirmé qu'il n'y aura pas de solution sans prise en compte des conditions-cadres économiques qui poussent l'agriculture vers la spécialisation, la mécanisation, la rationalisation de type industriel et l'agrandissement des structures.

Uniterre en revient toujours à la souveraineté alimentaire, laquelle promeut une agriculture diversifiée, inclusive et en circuits courts, un système transparent, démocratique qui,s’il était mis en œuvre répondrait aux besoins des paysannes et paysans mais aussi des consommatrices et consommateurs tout en garantissant une prise en compte des enjeux climatiques, sociaux et économiques.

Il faudra donc des systèmes de distribution plus efficaces, des relations plus étroites entre consommateur.trices et producteur.trices, un partage des risques équitable et une réduction des marges de la grande distribution pour permettre cette transition.

L'augmentation constante de la pression sur les prix à la production par une politique fédérale qui privilégie le commerce international doit être stoppée. Pour permettre à l'agriculture de répondre aux attentes de la société,il faut que la production soit réglée par des contrats qui définissent les quantités, la qualité, le prix, le calendrier de livraison et le paiement des acomptes à l'avance. Les négociations pour ces contrats doivent se faire en toute transparence et de manière équitable.

L'accès à une alimentation de qualité pour toutes les couches de la population doit être soutenu par des mesures de politique sociale. C'est avec l'ensemble des actrices et acteurs concernés qu'Uniterre s'engagera fermement pour l'avenir de la production paysanne en Suisse.

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Sans soutien financier par la Confédération, l’agriculture suisse ne peut survivre. Étant donnés les prix très très bas des produits agricoles payés par l’industrie agroalimentaire et les grandes coopératives, le paysan ne peut pas survivre.

Le système des paiements directs, soit pour 2020 près de trois milliards de fr, cela représente une moyenne de 60'000 fr par exploitation agricole. Cette somme varie en fonction des surfaces.

On peut dire qu’il s’agit d’un revenu de base, mais conditionné à l’abandon de surfaces non cultivées, les jachères ou surfaces de compensation écologique.

Ces surfaces sont de l’ordre de 100'000 hectares, soit plus que la surface totale du blé, qui à lui seul couvre nos besoins !

Les arguments des agriculteurs opposés à ces deux initiatives dénoncent la perte de rendement sans traitements chimiques. Alors, une solution simple, la Confédération continue à verser ces compensations tant que le marché reste ainsi bloqué et aussi, permet de cultiver à nouveau toutes les surfaces bloquées.

L’argument écologique du sauvetage des abeilles et autres petites bêtes ne tient pas car avec les cultures il y a des aussi fleurs. Les surfaces fleuries ont été un prétexte pour mettre les verts dans la combine et se faire pardonner la destruction des abeilles.

Ce manque de production est voulu par nos autorités pour permettre l’achat à bas prix de produits étrangers, système très critiqué par les opposants ! Il faut comprendre qu’avec les prix bradés payés aux producteurs du tiers-monde, ces derniers qui n’ont pas de compensation financière, sont exploités et vivent misérablement. Une source de réfugiés économiques !

Ernest Badertscher, Orbe

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Un groupe de la société civile vient de lancer une pétition qui s'adresse au Conseil d’Etat du Canton de Vaud et à la Municipalité de la Ville de Lausanne.

Son objectif : agir sans attendre pour garantir la souveraineté alimentaire et favoriser les transitions professionnelles vers les métiers liés à la production agricole biologique locale.

Préambule

Selon l’OFAE (Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays) : « La production suisse couvre, en moyenne, 50 % de la demande. Cela signifie que notre pays est tributaire de l’étranger pour couvrir totalement ses besoins en aliments. »

Le 17 décembre 2018, l’assemblée générale des Nations Unies a voté en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan-nes et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. La Suisse s’est fortement impliquée dans ce processus et a voté pour son acceptation. La mise en œuvre de la Déclaration correspond à la réalisation de la souveraineté alimentaire.

Le 29 septembre 2018, l’initiative populaire pour une souveraineté alimentaire est rejetée par 68,4% des Suisses. Cependant, 4 cantons romands ont dit «oui». Le canton de Vaud accepte à 57% l’initiative d’Uniterre.

Le 19 mars 2019, l’urgence climatique est déclarée par le Parlement vaudois.

Le 15 août 2019, la Ville de Lausanne émet un rapport sur les pistes à suivre pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

Le 24 juin 2020, le Conseil d’Etat adopte le Plan climat 1ère génération, présente les mesures d’impulsion du Plan climat vaudois et répond aux objets parlementaires.

Face à l’urgence climatique et la destruction rapide de la biodiversité, la préservation de nos vies est une nécessité absolue. Nous sommes inquiet-es face à la dépendance alimentaire qui nous amènera dans une situation plus dramatique encore lors des prochaines crises économiques, écologiques et sanitaires.

En conséquence, l’urgence nous force aujourd’hui à demander:

  • Au Canton ; la mise en place de la souveraineté alimentaire par le biais d’une agriculture écologique et diversifiée tournée vers la production locale, ainsi que des conditions de travail équitables. Nous demandons l’augmentation du nombre d’actif-ves dans l’agriculture, la garantie du droit à l’utilisation, à la multiplication, à l’échange et à la commercialisation des semences par les paysan-nes. Le Canton doit garantir la transparence sur le marché et favoriser la détermination de prix équitables. Le Canton doit veiller au renforcement des échanges commerciaux directs entre paysan-nes et consommateurs-trices. En outre, le Canton doit mettre en place, par le biais de subventions des mesures d’insertion socioprofessionnelles, la valorisation des métiers liés à la terre et aider ainsi à la transition professionnelle. Ces métiers sont l’avenir dans un monde qui doit repenser les métiers cruciaux liés au changement climatique et à la perte de la biodiversité, ces dangers imminents pour notre survie.
  • A la Ville de Lausanne sur la base du contenu du Rapport-préavis Nº 2019 / 30 du 15 août 2019 de la Ville de Lausanne d’étendre son rayon d’action par ; – la transformation des espaces verts de la ville en des espaces de formation et de transition métiers et de production agricole en conformité avec des normes écologiques (bio, perma, sans OGM). Nous lui demandons d’être innovatrice et avant-gardiste dans son rôle de capitale vaudoise en favorisant la formation citoyenne aux métiers de l’agriculture biologique, la valorisation des métiers liés à la terre et à la transformation artisanale des produits alimentaires et de faciliter la transition par le biais des mesures d’insertion socioprofessionnelles communales.

Signez la pétition : https://autonomie-alimentaire-et-transition.ch/?fb...

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La Section Uniterre Fribourg, s’est prononcée sur les initiatives qui seront proposées le 13 juin prochain.


En ce qui concerne l’initiative pour une eau propre, Uniterre Fribourg se prononce fermement pour le NON.
Si l’intention est louable, ce texte signifiera la mort de beaucoup d’exploitations agricoles de notre canton. Soyons honnêtes, c’est plutôt les paiements directs qui sont attaqués mais cela va probablement amener en plus une catastrophe écologique à long terme. Pourquoi ?


De petites exploitations, en zone de Préalpes par exemple, se sont diversifiées et ont construit des poulaillers bio avec sortie en plein air. Avec l’obligation de produire l’affouragement sur l’exploitation pour pouvoir toucher des paiements directs, elles ne pourront plus garder leurs poulaillers car il n’est pas possible de produire les céréales permettant de nourrir ses animaux quand vous êtes à 900 m d’altitude. Il ne leur restera que les dettes sur les bras puisqu’il ne sera plus possible d’amortir les installations. Ce cas de figure est également applicable aux élevages de porcs. La diminution des poules entraînera la diminution de production d’oeufs également. Ces productions devront donc être importées.

Cette initiative tape à côté du problème car il aurait fallu prendre cette mesure au niveau national et pas sur une seule et unique exploitation. Avec une géographie très différente d’une région à une autre, il n’est pas toujours possible de produire de manière diversifiée puisque les paysans dépendent de la qualité de leurs terres, de l’altitude,etc… Le petit-lait, les pommes de terre non consommées par la population, la pulpe de betterave, etc… sont recyclés dans la nourriture des animaux. Cela ne sera plus possible à moins de perdre les paiements directs. Le lisier est un engrais naturel, s’il n’y a plus d’animaux, il n’y aura plus de lisier non plus.

Ne pouvant remplir les obligations résultant de l’initiative pour une eau propre, un 20 % des exploitations sortira vraisemblablement des paiements directs et produira de façon intensive de manière à compenser cette perte des paiements directs. Les surfaces écologiques liées à la PER (prestations écologiques requises, qui est le mode de culture d’une très grande majorité des paysans) seront donc converties en surfaces intensives avec une libre application de pesticides ou d’insecticides. La surexploitation de ces surfaces à elle seule annulera le bénéfice de l’initiative.


L’interdiction d’utiliser des pesticides entraînera une perte de rendement de 20 à 30 % à la production alors que nous ne sommes en mesure actuellement de couvrir qu’un petit 50 % des besoins de notre population. Dans cette initiative on parle de pesticides de manière générale qu’ils soient de synthèse ou pas, il n’y a pas de différence. La production biologique sera elle aussi touchée par cette interdiction des pesticides.
En Suisse notre eau est de qualité exceptionnelle et il ne faut pas oublier que les pollutions que nous connaissons aujourd’hui relèvent des autorisations émises par nos autorités fédérales qui valident l’homologation des produits. C’est donc à eux de faire leur travail et à ne pas se fier uniquement aux recommandations émises par les fabricants de ces mêmes produits. La législation est déjà suffisante, il faut qu’elle soit appliquée. Le scandale chlorothalonil a été rendu possible parce que les autorités n’ont pas fait leur travail.



Initiative sur les pesticides de synthèse.
Oui le monde paysan doit limiter au maximum l’utilisation des pesticides de synthèse mais nous n’avons pas attendu le lancement de cette initiative pour le faire. Pour preuve, en dix ans, cette utilisation a diminué drastiquement et nous continuons dans cette ligne.


Comme d’habitude, on met la charrue avant les boeufs, on interdit et on verra après. Cela pose de nombreux problèmes et aura un impact sur le revenu paysan et provoquera un nouveau tsunami dans la disparition des fermes. Pourquoi ?


Les producteurs de viande vont être mis sous pression avec une diminution de 40 % annoncée par les initiants pour utiliser les surfaces pour cultiver des fruits et des légumes. Le poulet et le porc sont particulièrement visés. La baisse de volailles amènera une baisse de production des oeufs notamment. Que va manger le consommateur ? Des produits d’importation.


Les inititiants garantissent que les produits ne correspondant pas à nos normes de production ne passeront pas la frontière. C’est absolument faux car la plupart de ces importations relèvent d’accords bilatéraux sous la bannière de l’OMC et le Conseil fédéral affirme qu’on ne peut pas y toucher. De plus quels seront les contrôles effectués, dans quels pays, qui les fera, qui paiera, tout autant de questions auxquelles personne n’a de réponse. Si cela se fait sur la base de déclaration, nous retrouverons le même scénario que pour l’autorisation des phytosanitaires, n’importe qui peut déclarer n’importe quoi lorsqu’il n’y a pas de contrôle. Les produits étrangers n’ont pas les mêmes normes que nous et, sous l’égide de l’OMC, nous continuerons d’importer sans aucun contrôle.


La conversion de prairies en cultures maraîchères entraînera également une baisse du cheptel bovin qui est déjà en crise aujourd’hui. Dans notre région c’est inconcevable, preuve en est les demandes répétées d’importation de lait et de beurre qu’on a connues en 2020 et qui sont de nouveau d’actualité.


Dans notre canton, la production de betterave, de pommes de terre, de colza, disparaîtra presque totalement car elle ne couvrira absolument plus les frais de production sans parler de dégager un salaire pour le producteur.


Les cultures sans labour disparaîtront également car il est impossible, notamment pour des questions climatiques, de cultiver sans pesticides et de dégager un revenu.


Les rendements de production de céréales baisseront d’un tiers environ et auront pour conséquence une recrudescence des importations. Or avec la souveraineté alimentaire, cela fait des années que nous demandons des limitations d’importation, nous sommes donc en contradiction avec nos propres principes notamment concernant les dégâts environnementaux liés aux transports.


Lors des discussions avec les initiants, ces derniers ont admis que des cultures allaient disparaître dans notre pays. Mais cela ne se limite pas à ça. Notre économie chocolatière par exemple ne pourra plus transformer le cacao car elle devrait acheter l’équivalent de la moitié de la production mondiale en mode bio. C’est absolument impensable. Que se passera-t-il ? Ces entreprises délocaliseront simplement leur production, leur transformation à l’étranger.


Cette initiative aura un impact beaucoup plus étendu qu’on ne le prétend. Si on regarde sous la vision des emplois, s’il y a délocalisation, il y aura aussi perte d’emplois et perte de consommateurs pour nos productions.


Lorsque toutes les productions seront sans pesticides de synthèse, les prix vont-ils aller à la hausse selon la loi du marché qui dit moins d’importations égal plus de valorisation des prix ?


Poser la question semble y répondre, moins on a de lait sur le marché plus le prix baisse. Où est la logique ? Produire sans pesticides de synthèse demande plus de main d’oeuvre, le prix des aliments doit en tenir compte pour garantir le revenu paysan.


Le moratoire sur les OGM arrivera à terme en décembre 2021, le comité fribourgeois s’inquiète que l’interdiction des phytosanitaires serve de prétexte à l’autorisation définitive des OGM (organismes génétiquement modifiés) sur le territoire Suisse. On ne peut revendiquer un monde naturel et laisser modifier génétiquement des plantes avec une grave atteinte à la biodiversité sous prétexte qu’on ne disposera plus de pesticides de synthèse.


Donc, au vu de ce qui précède, la section fribourgeoise s’oppose à ces deux initiatives même si Uniterre s’est prononcé pour le refus de l’initiative eau propre et pour la liberté de vote en ce qui concerne les phytosanitaires.


Les paysans suisses continueront de travailler dans le respect de la biodiversité, en limitant au maximum les intrants pour vous apporter une nourriture saine et fiable.

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La campagne « 2xNon » de la majorité du monde agricole laisse songeur ! Elle donne l’impression que tous les problèmes encaissés ces dernières décennies par les paysannes et paysans sont incarnés dans ces deux initiatives populaires. Est-ce vraiment la bonne cible, la juste question? Bien sûr nous ne sommes pas seuls responsables de la dégradation du climat, de l’effondrement de la biodiversité, de la déforestation de l’Amazonie, des transports à tout-va, du gluten, du trop de sucre et de sel et de bien d’autres choses encore. Mais nous en souffrons aussi, et nos enfants et petits-enfants n’en souffriront pas moins dans le futur. Nous n’oublions pas non plus que l’agriculture est une question de société, et pour cause nous avons tout simplement fait ce que les politiques ont commandité : l’Etat, l’industrie, les écoles d’agriculture, les grandes surfaces et le reste.

Et la santé publique est menacée par la chimie, d’accord les preuves sont là. Mais l’agriculture n’est qu’en partie responsable, et que même peu, c’est déjà trop. Mais depuis leur ferme, les producteurs la ferment ! Ce ne sont plus nos produits, ils sont industrialisés, additionnés, sujet d’actions de concurrence, de marketing à gogo par ceux-là même qui nous rémunèrent au minimum. Ils sont les champions d’un monstrueux gaspillage : 30, 40, 50%. Converti en surface agricole, en heures de travail, de pollution, de mépris, cela fait beaucoup mais ils sont dans leur droit, c’est encore vrai !

Et la santé de l’agriculture, de la campagne et de ces fermes, la santé de celles et ceux qui travaillent plus longtemps que les autres, qui s’en occupe à part les marchands d’innovation technologique? Pourquoi, dans les années quatre-vingts, a-t-on abandonné la régulation des marchés, supprimé la garantie des prix et des revenus, ouvert toujours plus les frontières, tout cela en échange de paiements directs, de concurrence effrénée ? Une politique qui saborde des centaines d’exploitations conduit autant à l’endettement qu’au découragement, anéanti les successions. Dire « 2xNon » n’est-ce pas entériner cette politique-là, celle de l’agrobusiness irresponsable ? Celle de l’Etat, le grand organisateur, censé être responsable du territoire et de la santé de tous, de la fertilité des sols, de nos rapports au monde ?

Alors où est le problème? Est-ce le contenu de ces deux initiatives ou l’orientation de la politique agricole ? Est-ce les citadins soucieux du bien-être collectif ? Est-ce les défenseurs de l’environnement qui poseraient problème ou est-ce le dispositif du libéralisme débridé qui profite à l’avidité d’une minorité ?

Si l’agriculture et l’alimentation sont en premier visées, c’est que c’est la première ligne de front existentiel pour toute la société. On ne peut pas leur reprocher car nous sommes leurs paysans, du moins on l’était avant que l’industrie et le commerce s’entremettent avec le libéralisme. Mais il n’empêche, nous sommes au front. Malheur aux contribuables s’ils sont mal servis par la politique agricole actuelle. La remettre en cause c’est peut-être le message des initiants et d’une partie des électeurs. Le 13 juin, phytos ou pas phytos, eau propre ou moins propre, les souffrances des campagnes demeureront et le bonheur de l’agro-business perdurera tant que le monde des paysannes et paysans restera sans son propre projet, sans citoyenneté audacieuse qui cherche à gagner plus tôt qu’à combattre les plus de 50% d’électeurs. C’est pourquoi pour combattre notre propre faiblesse nous voterons 2x OUI, même si nous avons des réserves à leur encontre.

Paul Sautebin, Sonvilier

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Au sein d'Uniterre, nous avons lors de différents échanges, discussions et consultations internes recueillis un certain nombre de réflexions que nous aimerions rendre accessibles à nos membres et sympathisants pour nourrir le débat afin qu'il permette à notre mouvement d'encourager la transition plus que jamais nécessaire vers une agriculture paysanne valorisée et durable sur les aspects économiques, sociaux et environnementaux.