La conception de systèmes alimentaires durables est un sujet d'actualité dans les villes suisses. Quel rôle l'agriculture urbaine peut-elle jouer dans le contexte de l’alimentation urbaine ? Quels sont les exemples d'innovation ? Des approches et des exemples de réussite seront présentés et discutés pendant le cours. En outre, le cours offre suffisamment d'espace pour l'échange d'expériences.


L'agriculture urbaine se conjugue au pluriel, des initiatives de quartiers aux fermes urbaines professionnelles, en passant par les collectifs de citoyens. Le brassage des idées innovantes, renouvelle les façons d’envisager l’agriculture et l’alimentation, la place des technologies, l’implication sociale et le rapport à l’environnement. Les nombreux projets innovants et initiatives de la société civile s’inscrivent le plus souvent dans une perspective de durabilité du système alimentaire de la ville. Les villes elles-mêmes sont activement impliquées dans le façonnement de ces changements.

Pour plus d'informations et inscriptions : https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~3866/1~10~Shop3...

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La pétition "De meilleures conditions de travail pour les salarié.e.s dans l’agriculture" a été lancée lors de la fête des travailleuses et travailleurs du 1er mai. L'idée de cette pétition est venue d'un groupe de militant.e.s qui ont participé aux assises "Résistance au plat du jour" à Berne en février 2020.

Vous souvenez-vous du débat médiatique qui a eu lieu il y a environ un an, lorsqu'au début de la saison des asperges, on ne savait soudain plus si suffisamment de travailleurs saisonniers pouvaient venir dans les champs suisses en raison des restrictions de voyage imposées à la suite de la pandémie de COVID-19 ? Soudain, le travail agricole a été considéré comme systémique et, pendant un court moment, il a semblé que les conditions de travail précaires des travailleurs agricoles pouvaient enfin trouver plus de publicité.

Malheureusement, les conditions scandaleuses dans lesquelles de nombreux travailleurs et travailleuses agricoles, principalement migrant.e.s, doivent accomplir leur travail n'ont guère changé depuis lors. Nombreux sont celles et ceux qui continuent à travailler dur pendant de longues heures pour un salaire dérisoire, sans bénéficier d'une protection juridique suffisante.

Par conséquent, avec cette pétition, qui est adressée aux gouvernements cantonaux de Berne et de Zurich, ils souhaitent initier une amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs et travailleuse agricoles, principalement migrant.e.s, et contribuer en même temps à un débat social plus large pour une transformation socio-écologique de notre production alimentaire.

Ils demandent que les contrats-types de travail cantonaux (ctt) des cantons de Berne et de Zurich soient adaptés aux conditions de travail habituelles en Suisse :

  1. Semaine de 45 heures en moyenne annuelle (précédemment : 55) avec une limitation des heures supplémentaires

    2. Introduction d'un salaire minimum obligatoire de 4 000 francs suisses bruts par mois.


Rdv ici pour signer la pétition :https://mailchi.mp/0597975e29d7/wir-bleiben-dran-m...

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Dans le cadre de la Journée internationale des luttes paysannes du 17 avril 2021, Le MAPC (Mouvement Pour une Agriculture Paysanne et Citoyenne) a lancé un appel aux amies paysannes, pour de courtes vidéos qui témoignent de leurs luttes et racontent leurs projets agricoles.

Ce film avait pour objectif de visibiliser des enjeux paysans, d’informer sur des organisations et projets paysans. Au final, il regroupe une quinzaine de vidéos de Suisse, du Mali, de France, d’Allemagne, du Brésil et de Colombie.

De différents horizons, il semble cependant qu’elles se rassemblent pour crier le mot d’ordre de la Via Campesina : QUE VIVE LA SOUVERAINTE ALIMENTAIRE ! SOLIDARITE AVEC LES PAYSANNES ET PEUPLES OPRIMEES PAR LA SOCIETE MONDIALISEE ET NEOLIBERALE !

--> Retrouvez le lien de la vidéo ICI

Communiqué de presse : Journée internationale des luttes paysanne 17 avril à Genève

(Pour simplifier la lecture, le féminin générique est employé pour désigner ;tous les genres sans intention de discrimination)

Le 17 avril 2021 marquera les 25 ans de la journée des luttes paysannes initiées par la Via Campesina en 1996 suite à l’assassinat de 19 paysannes brésiliennes qui réclamaient qu’on leur rende leurs terres. Cette journée marquera aussi les 10 ans de l’occupation du Champ des Filles à Genève, transformé en jardin collectif autogéré pour dénoncer la disparition des terres cultivables.

La pandémie actuelle qui coïncide avec la crise climatique nous rappelle la fragilité de nos sociétés et souligne l'importance de systèmes alimentaires résilients permettant aux populations l'accès à une alimentation saine et de qualité. Cette préoccupation se reflète dans les débats de société autour du libre-échange (Indonésie, Mercosur, etc. ), de l'utilisation de pesticides de synthèse, de la qualité de l'eau et de l'élevage industriel ainsi que du transport de fourrages et de l'usage d'antibiotiques liés à l'élevage.

Cette actualité se heurte à la tendance politique qui veut accélérer la dérégulation des marchés, qui renforce le contrôle par l'industrie et la grande distribution sur nos assiettes. La pression économique croissante détruit l'agriculture paysanne etfavorise les méthodes de production agro-industrielles. Il s'agit d'une volonté politique d'imposer le marché capitaliste de l’offre alimentaire, massivement importée, et de reléguer les productions paysannes locales au rang de niche ou d'entretien du paysage.

Dans les campagnes, la situation est grave : toutes les filières agricoles sont sous pression !

Le réseau de paysannes et citoyennes constitué par la Via Campesina, œuvre toute l’année à la construction de la Souveraineté Alimentaire (plébiscité à Genève en 2018), qui vise à se réapproprier notre alimentation et ses conditions de production, pour une rémunération équitable des paysannes et un accès pour toutes à une alimentation de qualité.

Dès lors, nous exigeons des autorités cantonales qu'elles s'engagent fermement dans cette direction. Les revendications suivantes doivent être soutenues et mises en œuvre :

– soutenir les circuits courts et les différentes formes de ventes directes (ventes à la ferme, marchés, agriculture contractuelle, structures de distribution participatives,..) et mettre en œuvre une démarche exemplaire de la restauration collective publique ;

– exiger de la grande distribution une vente prioritaire de produits locaux contractualisée sur les prix, la qualité, la quantité, le calendrier de livraison et les modalités de paiement d'acomptes ;

– soutenir la création d'une assurance sociale alimentaire avec une conditionnalité agro-écologique pour favoriser l'accès de la population à une alimentation issue de l'agriculture paysanne ;

– promouvoir la vente du lait équitable genevois labellisé GRTA. Ce lait est payé 1 Fr. aux paysannes au lieu des 60 cts payés actuellement. Ce prix rémunérateur permet de maintenir une production laitière à Genève. La reproduction de cet exemple doit être encouragée, par exemple en fixant des prix minimaux pour les filières paysannes dans le cadre du label GRTA ;

– soutenir la transmission et l'installation de nouvelles fermes en facilitant les démarches administratives, en garantissant la transparence et en soutenant la création d'instruments financiers qui permettent de mutualiser les investissements pourdonner accès à la terre aux jeunes paysannes.

Une manifestation a eu lieu à la plaine de Plainpalais le samedi 17 avril 2021.



En raison de la pandémie du Corona qui perdure, le groupe-orga a décidé de repousser les rencontres Allmend prévues du 16 au 18 avril 2021 à Genève. Dans la situation actuelle, il nous semble trop difficile de mettre en place des rencontres qui restent dans la philosophie des Allmend ; c'est-à-dire avec de grandes plénières, des échanges informels en groupe, une autogestion basée sur la spontanéité, etc. tout en veillant à la santé de tou*te*s*.


Nous souhaitons toutefois fêter le 17 avril, journée internationale des luttes paysannes, ensemble ! C'est pourquoi nous t'invitons à nous rejoindre à Genève afin de participer à la manifestation organisée sur la Plaine de Plainpalais par le MAPC (Mouvement pour une Agriculture Paysanne et Citoyenne : mapc-ge.ch ) et de rester encore jusqu'à dimanche !


PROGRAMME PROVISOIRE

Samedi 17 avril

10h : rendez-vous sur la Plaine de Plainpalais (Genève) à la manifestation organisée par le MAPC.

À partir de 16h environ : « Table ronde inter-fermes », discussion et échanges entre les participant*e*s des B-Allmend et les membres du MAPC à la Ferme de la Touvière à Meinier (Route de Carre d'Aval 10, 1252 Meinier; touviere.ch)

→ Il est prévu que nous nous déplacions ensemble jusqu'à Meinier et que nous nous répartissions sur place en petits groupes mélangés afin de faire connaissance et d'échanger sur les différentes structures agricoles alternatives.

→ Le groupe d'organisation proposera un input et des traductions entre l'allemand et le français sont prévues.

Ensuite : soirée tranquille ensemble avec repas et… fête !


Dimanche, 18 avril

A partir de 10h environ : Discussion interne des rencontres B-Allmend: la suite ?

Ensuite : Visite de la Ferme de la Touvière et éventuellement d'autres visites spontanées de fermes et projets dans la région.


NUITE : Il y aura des places de parking et de camping à disposition. Il est aussi possible de dormir sur place en amenant soi-même un matelas de camping ou de dormir dans un petit dortoir.


REPAS :

Samedi midi : Pique-nique spontané, chacun*e* amène quelque chose !

Samedi soir : Repas organisé, prix libre

Dimanche : Petit déjeuner selon le lieu ; le repas de midi sera organisé, prix libre

→ Nous nous réjouissons de tout apport de nourriture, n'oublie pas de nous tenir au courant si tu amènes quelque chose en grandes quantités.


COVOITURAGE : si vous venez en voiture et disposez d'une place, merci de nous le signaler. Ainsi nous pouvons transmettre les infos aux personnes qui en auront besoin.


IMPORTANT : Nous te sommes reconnaissant*e*s* de bien vouloir t'inscrire d'ici au 5 avril en répondant à cet e-mail : b-allmend@immerda.ch

Indique-nous en même temps s'il te plaît, combien de personnes viennent avec toi et si tu as besoin d'une place pour dormir, ainsi que quand est-ce que tu penses arriver et repartir. Il y a aussi la possibilité d'arriver un jour plus tôt et de trouver des places de couchage décentralisées.

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Uniterre s’est à nouveau penché sur les initiatives en lien avec l’agriculture qui seront en votation le 13 juin 2021. Voici les points essentiels qui en ressortent :

Liberté de vote pour « l’Initiative pour une Suisse sans pesticides de synthèse »

Vouloir se passer totalement de pesticides de synthèse est tout à fait louable et c’est ce vers quoi notre société doit tendre si nous voulons à l’avenir disposer de sols vivants et cultivables, et donc pouvoir nous nourrir. MAIS pour en arriver là, nous devons garantir aux paysan.ne.s notamment des prix équitables, un accompagnement dans la transition, et un engagement concret de la part des consommateur.trice.s : retrouvez toutes nos revendications ci-après dans l‘annexe 1.

Au delà des conflits pro ou anti phytosanitaires, nous voulons à Uniterre nous recentrer sur la vraie et lancinante problématique des prix ainsi que sur la remise en question totale d’un système qui ne fait que dégrader et détruire le monde paysan : un marché toujours plus dérégulé et une diminution de la souveraineté alimentaire au profit d’un libre-échange accru. C’est tout ce système qu’il faut remettre à plat !

C’est aux consommateur.trice.s de choisir le 13 juin 2021 de quelle alimentation ils.elles souhaitent disposer à l’avenir. Et si tel est leur souhait de se passer de pesticides de synthèse, alors nous nous battrons pour poser un cadre fort sur lequel s'appuyer pour bâtir nos revendications.

Non pour « l’Initiative pour une eau potable propre et une alimentation saine »

Il s’agit d’un projet punitif qui désigne les familles paysannes comme seules coupables des pollutions observables dans nos cours d’eau. Nous estimons que ce texte offre une très mauvaise solution au problème en présence. De plus, le point le plus grave concerne les importations. En omettant volontairement ce chapitre, l’initiative fait la promotion d’une agriculture suisse bien propre en ordre, sans se soucier de ce qu’il se passe chez nos voisin.e.s, ou à l’autre bout du monde. Ne serait-ce pas là la mise en place d’un système à deux vitesses ? Retrouvez notre argumentaire complet ci-après dans l‘annexe 2.

La campagne du 2 fois NON est contre-productive

Nous déplorons certains des arguments mis en avant dans le cadre de la campagne contre ces initiatives : dire que le prix de la nourriture exploserait, est-ce bien judicieux ? Alors que nous devons nous battre pour des prix plus justes payés aux paysan.ne.s ! Des emplois disparaitront peut-être ? Mais au contraire, une agriculture qui se passe de pesticides de synthèse nécessite une main d’œuvre plus importante ! Enfin, mettre dans le même panier ces deux initiatives est totalement contre-productif.

Ces initiatives auraient pu être l’occasion d’entamer un vrai DEBAT sur le système alimentaire que nous voulons pour le futur et auraient pu donner la possibilité de revaloriser le noble travail que font chaque jour nos paysan.ne.s, à savoir nous nourrir ! Au lieu de cela, nous assistons à une guerre stérile, qui est en train de diviser le monde paysan, ce que nous déplorons vivement. « Diviser, pour mieux régner ! », nous y revenons encore et encore…

Uniterre continuera la lutte pour des prix rémunérateurs et assurera son travail de défense professionnelle.

Contacts presse :

Rudi Berli, 078 707 78 83 (D/F)

Vanessa Renfer, 078 821 24 83 (F)

Annexe 1 : Argumentaire initiative pour une Suisse sans pesticides de synthèse

L’initiative « Pour une Suisse libre de pesticides de Synthèse », dite également Future 3.0, demande, dans un délai de 10 ans, l’interdiction de l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse en agriculture mais également pour l’entretien des paysages, espaces verts et espaces publics. Elle demande également à ce que les produits importés – pour l’alimentation humaine et animale – soient exempts de ces substances.

On ne peut nier les faits suivants :

  • La pression des consommateur.trice.s pour des produits exempts de pesticides de synthèse est de plus en plus forte.
  • Nous assistons à un effondrement de la biodiversité ; à une dégradation de la qualité des sols et de l’eau, dont l’agriculture est en partie responsable.
  • La recherche tire la sonnette d’alarme sur les conséquences dramatiques des produits phytosanitaires de synthèse sur la santé et avant tout sur celle des paysan.ne.s.

MAIS AUSSI que :

  • Nous assistons à la disparition du monde paysan : passage de 19% d’actifs agricoles en 1955 à 2% en 2005 ; à la disparition des fermes et des terres agricoles.
  • Les paysan.ne.s ont de moins en moins de marge de manœuvre ; on leur impose de plus en plus de contraintes environnementales et sur le bien-être animal ALORS QUE la pression sur les prix payés à la production s’intensifie: les paysan.ne.s ne sont pas rémunérés à hauteur du travail fourni et des exigences demandées.
  • Les paysan.ne.s sont de plus en plus endetté.e.s.

Vouloir se passer totalement de pesticides de synthèse est tout à fait louable et c’est ce vers quoi notre société doit tendre si nous voulons à l’avenir disposer de sols vivants et cultivables, et donc pouvoir nous nourrir.

MAIS pour en arriver là, nous devons garantir aux paysan.ne.s :

  • Des prix équitables, c’est-à-dire des prix qui couvrent les coûts de production, ce qui sous-entend :
    • Un engagement fort des consommateur.trice.s de consommer local et d’accepter que se nourrir a un coût : est-ce normal que la part actuelle de notre budget allouée à l’alimentation ne représente que 7% ? Il faudra toutefois trouver une solution pour aider les familles avec de très bas revenus, car une alimentation saine est un droit, pas un luxe.
    • Une prise de conscience de la grande distribution de sa responsabilité sociale, environnementale et économique qu’impactent directement ses stratégies commerciales (pression sur les prix, marges élevées, importations, etc.)
    • La mise sur pied par la Confédération d’un cadre assurant aux producteur.trice.s une information claire ettransparente sur les marchés, sur les marges réalisées à toutes les étapes de la chaîne de valeur et surtout la participation pleine et éclairée des producteur.trice.s aux décisions sans distorsion de pouvoir. Cela conformément aux articles 2.3, 11 et 16 de la Déclaration sur les droits des paysan.ne.s.[1]
    • La Suisse doit également veiller à ce que les entreprises commerciales situées sur son territoire respectent et renforcent les droits des paysan.ne.s (art. 2.5).

--> Si demain, une production agricole sans pesticides de synthèse devient la norme, nous devons garantir que les prix à la production soient ajustés à la hausse et non nivelés vers le bas.

Si l’initiative venait à passer, nous exigeons :

  • Des mesures concrètes de la Confédération :
    • Les produits importés répondent aux mêmes obligations de production que la production indigène, sinon, ils sont interdits.
    • Une prise en charge garantie et prioritaire des produits indigènes.
    • Les importations ne viennent combler que les manques dans la production indigène.
  • D’investir massivement dans la recherche publique : dans certains cas, traiter ses cultures est indispensable, nous devons pour cela permettre de trouver des alternatives qui ne mettent en danger ni la santé humaine, ni animale, et qui préservent la santé des sols et la qualité des eaux. Il faut également intensifier la recherche de variétés résistantes aux maladies et aux aléas climatiques.
  • Favoriser les pratiques agro-écologiques : méthodes culturales, lutte intégrée, prévention des maladies, etc.
  • Accompagner les paysan.ne.s pour la phase de transition :
    • Revaloriser les salaires agricoles pour augmenter le nombre d’actifs travaillant dans l’agriculture
    • Adapter la formation initiale et complémentaire aux nouveaux défis
    • Renforcer la vulgarisation agricole par la formation de formateur.trice.s et la diffusion large de formations aux paysan.ne.s
  • Prendre des mesures concrètes pour stopper le gaspillage alimentaire : 2’600’000 tonnes d’aliments sont perdus chaque année en Suisse. Ce qui permettrait notamment de compenser les baisses de rendement, pouvant aller de 10 à 40% selon les cultures.
  • Sortir les produits agricoles des accords de libre-échange : ce sont bien les accords de libre-échange actuels qui mettent en danger l’approvisionnement local. Il suffit de regarder les dégâts que cela a provoqué dans le secteur viticole ! Libre-marché et plus de durabilité sont incompatibles !
  • Investir dans la sensibilisation et information des consommateur.trice.s.

--> Tout ce que nous demandons ici n’est rien d’autre que la Souveraineté Alimentaire, pour laquelle Uniterre se bat depuis des décennies au côté de La Via Campesina ! Et elle peut devenir réalité par la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan.ne.s et des autres personnes travaillant dans les zones rurales dans les politiques intérieures et extérieures de la Suisse.

Si l’initiative venait à passer, il s’agit d’un projet de société où toutes et tous, nous sommes concerné.e.s. Nous ne pouvons demander aux paysan.ne.s d’assumer seuls ce tournant. Ce serait un changement radical de paradigme qui serait demandé et un vrai partenariat entre les consommateur.trice.s et les producteur.trice.s !


Annexe 2 : Argumentaire initiative pour une eau potable propre et une alimentation saine

L’initiative pour une eau potable propre et une alimentation saine souhaite conditionner l’obtention des paiements directs à plusieurs nouvelles règles, qui sont le renoncement aux pesticides de synthèse, le renoncement à l’utilisation de l’antibiothérapie prophylactique dans les troupeaux, et la détention d’animaux uniquement si leur fourrage peut être produit à 100% sur la ferme. Contrairement au premier texte, elle ne dit rien quant à la problématique des importations, et ne demande d’efforts qu’aux familles paysannes.

Un même but louable donc, mais un levier bien différent. Il s’agit d’un projet punitif qui désigne les familles paysannes comme seules coupables des pollutions observables dans nos cours d’eau. Dans leur argumentaire, le comité d’initiative a même l’audace d’affirmer que la population suisse paie les paysan.ne.s, via ses impôts et les paiements directs, pour polluer.

Nous estimons que ce texte offre une très mauvaise solution au problème en présence. S’il est bien clair que la majorité des exploitations n’auraient d’autre choix que de se soumettre aux nouvelles conditions d’obtention des paiements directs, l’initiative n’interdit de fait pas l’utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire helvétique. Dans certaines branches de production, telles que la viticulture ou l’arboriculture, il n’est pas insensé de concevoir que des producteurs feraient le choix de poursuivre leur travail avec les substances en question.

Le point le plus grave concerne cependant les importations. En omettant volontairement ce chapitre, l’initiative fait la promotion d’une agriculture suisse bien propre en ordre, sans se soucier de ce qu’il se passe chez nos voisins, ou à l’autre bout du monde. Ne serait-ce pas là la mise en place d’un système à deux vitesses ? Or, Uniterre a toujours fait la promotion d’une alimentation saine, basée sur un système de production familial, paysan, le plus respectueux possible, et cela pour toutes les couches de la population.

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[1] La Suisse a l’obligation de tout mettre en œuvre pour renforcer la position des paysan.ne.s lors des négociations (art. 9.3), en tenant compte des déséquilibres de pouvoir existant entre les différentes parties et en garantissant leur participation active, libre, effective et éclairée (art 2.3). L’accès à l’information étant un point déterminant pour pouvoir négocier, les paysan.ne.s ont le droit de recevoir des informations concernant les facteurs susceptibles d’influer sur la production, la transformation, la commercialisation et la distribution de leurs produits (art 11.1).

L’association faîtière Insertion Vaud invite les milieux économiques, les acteurs de l’insertion et toutes les personnes soucieuses de durabilité à suivre son prochain colloque en ligne le lundi 22 mars 2021 de 17h00 à 18h30.

Animé par Jonas Schneiter, ce colloque proposera des conférences, des vidéos, une table ronde et la participation de la conseillère d’Etat Rebecca Ruiz. Les perspectives d’insertion socioprofessionnelle dans les métiers verts y seront présentées et débattues en garantissant une part d’interactivité avec le public.

Vous trouverez ici l’accès au programme complet et au lien pour s’inscrire gratuitement afin de recevoir en temps utile les coordonnées numériques de l’événement : http://insertion-vaud.ch/news/colloque2021

Colloque soutenu par la Direction de l’insertion et des solidarités (DIRIS) de l’Etat de Vaud, en partenariat avec la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) et Impact Hub Lausanne.

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L'orientation générale de la politique agricole PA22+ que préconise le Conseil Fédéral part du constat que l'agriculture suisse ne serait pas suffisamment productive et compétitive. Les solutions que propose le gouvernement sont l’agrandissement des structures et la spécialisation, la hausse de la productivité. La réduction des droits de douane, par des accords de libre-échange, devrait résoudre le problème de la compétitivité. Le projet PA22+ renforce les contradictions de la politique agricole actuelle, il ne remet pas en cause le système qui, de facto, ne peut être ni durable, ni social car son principe-maître est de produire au moindre coût possible. Le projet dissocie la production, le social et l'écologie alors que les défis actuels exigent de repenser le système qui ne répond pas actuellement au mandat constitutionnel de durabilité.

Le revenu agricole est inférieur de 30% par rapport au revenu moyen et se situe à Fr. 4'550-, pour un revenu horaire inférieur à Fr.20.-. L’érosion du nombre de fermes en Suisse se poursuit au rythme de 2 à 3 cessations par jour et au niveau de l'emploi plus de 100'000 postes de travail ont disparu en 20 ans. La tendance à l’industrialisation et à la spécialisation des filières se renforce au détriment de l’environnement. L'agriculture a tendance à se développer indépendamment de la capacité de charge (carrying capacity) des ressources naturelles disponibles. La perte de qualité de nos sols en est une conséquence. Cette tendance péjore le bilan énergétique de la production, augmente l'utilisation d'intrants importés et a une influence néfaste sur le climat, l'environnement, la biodiversité et la qualité de l'eau : C'est une voie sans issue !

Le renvoi de la PA 22+ doit permettre à notre gouvernement de présenter un projet intégrant réellement les différents piliers de la durabilité dans une Vision à long terme de l’agriculture et de l’alimentation. Ce rapport sur l'évolution future de la politique agricole doit sérieusement prendre en compte le développement de circuits courts et proposer des mesures pour réduire le gaspillage alimentaire.

Les débats montrent clairement les préoccupations et exigences des citoyen.ne.s, illustrées par les initiatives populaires sur la protection des eaux, la production fourragère, l'utilisation de pesticides et l'élevage. Elles doivent être intégrées dans les réflexions sur la nouvelle politique agricole. Sans oublier que la planification économique de l'agriculture se fait sur des horizons temporaires longs. Le rythme des réformes de la politique agricole de 4 ans est déjà bien trop rapide. Pour cette raison, nous ne pouvons accepter la proposition de raccourcir la durée du cadre financier à 2 ans. Pour répondre au revenu agricole insuffisant, au renchérissement et aux exigences croissantes, Uniterre soutient l'augmentation du cadre financier de Fr.186 millions.

A moyen terme, Uniterre propose la tenue d'Etats généraux de l'Agriculture réunissant les différents acteurs dans un processus participatif, transparent et démocratique pour réorienter la politique alimentaire sur la base de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP).

Sur le court terme et en réponse aux discussions actuelles au parlement, les propositions d’Uniterre sont les suivantes :

Nous soutenons le maintien d'une aide aux techniques d'épandage diminuant les émissions. Les incitations pour l’utilisation de pendillards doivent être maintenues. Mais une obligation d’utilisation de ce système doit être rejetée, car elle occasionnerait des coûts que de nombreuses fermes ne pourraient assumer. Ce système n'est, de plus, pas adapté à la topographie de nombreux terrains (en pente, escarpés ou de surface moindre). Le compactage des sols par le poids des machines utilisées est important et doit être pris en compte.

Les pertes en matières minérales doivent être minimisées en aval notamment par le choix de systèmes de stabulation adéquats, en corrélation avec le nombre d'animaux en élevage et la surface de la ferme. Cela implique la valorisation des engrais de ferme. Il y a lieu de rétablir la vérité sur les prix en prenant en compte l’externalisation des coûts environnementaux par l’importation de fertilisants et autres intrants. Une agriculture durable, dont la productivité serait déterminée par les ressources naturelles à disposition et la capacité d’autonomie des fermes ne peut être envisagée sans un réajustement des prix à la production.

Dans cette optique, Uniterre est favorable à l'organisation d'une sortie programmée du glyphosate et exige des moyens pour un renforcement des recherches agronomiques d'alternatives et un accompagnement des paysan.ne.s dans cette transition. Ainsi que la garantie que la production agricole suisse ne soit pas mise en concurrence avec des produits dont les modes de productions sont moins exigeants.

Les accords de libre-échange sont une illustration de cette voie sans issue. Ils renforcent les intérêts de l'agro-industrie au détriment des paysan.ne.s du Sud global et de la Suisse. Ils ont un lourd impact sur le climat et l'environnement dans les pays tiers, ils bafouent les droits des paysans. Pour toutes ces raisons, il faut exclure les produits agricoles des traités de libre-échange ! A commencer par l’ALE avec le Mercosur qui doit être soumis au référendum facultatif.

Nous avons besoin de votre présence pour valider les comptes 2019 et 2020.
Merci de vous annoncer par mail à info@uniterre.ch si vous désirez participer à l’AG. Vous recevrez le lien vers la vidéo-conférence par e-mail.

Ordre du jour de l’assemblée générale
1. PV de l’AG du 7 avril 2019
2. Rapport du Président
3. Rapport du Secrétariat
4. Réélection du Président
5. Comptes 2019 1 et 2020 et rapport des vérificateurs
6. Budget 2021
7. Adoption des rapports, des comptes 2020 ainsi que du budget 2021
8. Présentation du programme de l’assemblée d’Uniterre du jeudi 20 mai

Réserver le 20 mai 2021
Une occasion de nous retrouver, enfin, en chair et en os et de définir notre mode de fonctionnement et nos
objectifs et aussi de planifier ensemble nos activités 2021 et 2022, qui comptent des échéances politiques
cruciales pour notre agriculture. Nous devons nous mettre d’accord toutes et tous sur les positions que
nous voulons défendre en tant qu’Uniterre.

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Le 7 février 1971, la Suisse accordait enfin le droit de vote aux femmes. Par la suite, il a fallu attendre 1995 pour que soit mise sous toit la Loi sur l’égalité entre hommes et femmes. On ne peut pas dire que la Suisse fasse figure de modèle dans ce domaine. Au niveau agricole, pas de quoi se vanter non plus. L’immense majorité des fermes appartiennent aux hommes et sont menées par eux. Plus grave encore : Alors que de très nombreuses épouses collaborent régulièrement aux travaux agricoles, à peine 30% d’entre elles reçoivent un salaire et bénéficient en conséquence d’une protection sociale. Dans les offices de vulgarisation, rares sont les conseiller.ère.s qui informent les couples de la manière de prévoir et calculer un salaire pour la femme.

Au niveau laitier, l’assemblée des délégués de producteurs est composée à plus de 99 % d’hommes. Pourquoi ? Parce que les femmes ne sont pas considérées comme des productrices, quand bien même elles sont présentes matin et soir à l’étable. Cela les prive de facto du droit à s’exprimer. Heureusement, les choses commencent à bouger, puisque la future politique agricole prévoit de rendre obligatoire la rémunération de l’épouse (ou de l’époux, dans quelques cas), sous peine de se voir priver d’une partie des paiements directs (subventions). N’est-ce pas triste, cependant, de devoir arriver à de tels extrêmes pour que le travail de la conjointe soit reconnu ?

Nous paysannes, nous nous battons au quotidien pour que le lait que nous produisons soit payé à sa juste valeur. Nous nous battons pour l’équité. N’est-il pas temps d’appliquer ce principe à nous-mêmes, et d’être nous aussi rémunérées convenablement ? Nous sommes aujourd'hui le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. En ce jour, osons revendiquer ce qui nous est dû !

Vanessa Renfer

Paysanne et secrétaire à Uniterre

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Un Projet de Développement Régional (PDR) «Légumes bio Seeland» a été déposée. Le principal objectif du PDR «Légumes bio Seeland» est de créer, avec Morat tourisme, de la valeur ajoutée dans la culture maraîchère biologique de la région du Seeland.

Fenaco a déposé un recours contre ce projet le 18 janvier 2021.

Plusieurs organisations ont été choquées de ce recours:

Lettre ouverte au Conseil d’administration et à la direction de fenaco

Les organisations professionnelles agricoles signataires ci-dessous souhaitent vous faire part de leur réaction suite à votre recours déposé le 18 janvier 2021 contre le soutien public au projet de développement régional (PDR) Bio Gemüse Seeland. Notre indignation doit être portée à la connaissance des coopératives régionales membres de fenaco, de vos membres individuels, de vos employés, de vos partenaires et de vos clients.

Ce n'est ni l'endroit ni notre rôle d'établir une argumentation juridique pour dénoncer ce recours scandaleux. Nous faisons confiance aux services du canton de Fribourg et à l'Office fédéral de l'agriculture pour apporter une réponse complète, étayée et décisive à votre démarche.

Cependant, nous estimons qu'il est de notre devoir à la fois d'exprimer notre consternation, notre incompréhension et notre colère, et de dénoncer le mépris qu'une entreprise au chiffre d'affaires de plus de 7 milliards de francs, qui prétend "appartenir aux agriculteurs", manifeste à l'égard des organisations agricoles locales plus petites et des producteurs de légumes dynamiques et courageux.

Le PDR fribourgeois a été accepté par les instances officielles de la Confédération, les autorités fribourgeoises et le parlement cantonal. Elle fait l'objet d'une préparation minutieuse et complète. Cet instrument de développement agricole existe depuis quatorze ans. Pourquoi ne vous êtes-vous pas opposé au principe de base dès le début ?À ce jour, plus de 62 PDR ont été adoptés dans toute la Suisse, sont en cours de mise en œuvre ou ont déjà été achevés. « L’objectif principal de cette coopération régionale est la création de valeur ajoutée dans l’agriculture. La coopération au sein du PDR vise à exploiter le potentiel de la région et à améliorer les revenus agricoles. » (OFAG). Qu'est-ce qui ne vous plaît pas dans l'objectif des principes du PDR ? L'idée de base selon laquelle les agriculteurs peuvent augmenter leur revenu agricole ? Ne souhaitez-vous pas que notre secteur professionnel se développe également ? Quelles sont vos intentions lorsque vous attaquez de front une initiative d'agriculteurs ? Ne réalisez-vous pas que le succès de ce projet profitera à l'agriculture dans son ensemble, ainsi qu'à d'autres partenaires régionaux tels que le tourisme local ? fenaco et ses membres n'ont-ils jamais reçu de fonds publics pour des projets ou des travaux de construction ? À une époque où l'image de notre profession n'est pas tout à fait positive, est-il vraiment approprié de scier la branche sur laquelle vous êtes assis vous aussi ? Comment osez-vous parler de concurrence déloyale alors que vous avez une position dominante dans de nombreux secteurs ?

Nous ne nous attendons pas à ce que vous répondiez à toutes ces questions. Nous sommes des organisations professionnelles agricoles suisses et nous tenons à vous rappeler, puisqu'il ne vous semble pas très clair, que vous êtes des agriculteurs/trices ou que vous travaillez pour les agriculteurs/trices suisses. En attaquant ce PDR vous attaquez toute la profession. Ce sont toutes celles et tous ceux qui s'efforcent de valoriser notre profession que vous méprisez ainsi.

Afin d'assurer une bonne poursuite de la coopération avec votre entreprise, nous, les organisations soussignées de cette lettre ouverte, vous demandons instamment de retirer votre recours contre le PDR Bio Gemüse Seeland immédiatement après la décision de première instance.

Signataires:

Bio Fribourg, Bio Genève, Bio Vaud, Bio Neuchâtel, Progana, Terra Viva, Uniterre, Uniterre section Fribourg

Pdf lettre ouverte

Aperçu des principaux arguments de Fenaco

Réponse de Fenaco à la lettre ouverte (page 1) (page 2)