vendredi, 02 février 2018
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Communiqué de presse de la coalition suisse sur l'huile de palme

Berne/Zurich, le 2 février 2018

L'huile de palme doit être exclue de l'accord de libre-échange entre la Suisse et l'Indonésie. C’est ce qu’exigent les organisations suisses de défense de l'environnement, des droits humains et des consommateurs, ainsi que plusieurs organisations paysannes, dans une lettre ouverte adressée au conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann.

L'huile de palme est au cœur de l'accord de libre-échange entre la Suisse et l'Indonésie qui est sur le point d'être conclu. La culture à grande échelle de cette denrée en Indonésie et le commerce de graisses végétales bon marché causent d'énormes dégâts environnementaux et conduisent à de graves conflits dans les domaines des droits humains, des terres et du travail. Une large coalition d'organisations a adressé une lettre ouverte au Ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann et au gouvernement indonésien. Ces ONG sans but lucratif et organisations paysannes, alliées à l’organisation non-gouvernementale indonésienne WALHI qui défend les droits humains et l'environnement, demandent donc que l'huile de palme soit exclue de l'accord de libre-échange.

Dans cette lettre, la coalition met en garde contre les conséquences de l’importation d’huile de palme à bas prix qui pourrait découler de cet accord : tout signal d’augmentation de la demande entraînerait en effet de nouvelles usurpations des terres, le déplacement de la population locale et de graves dommages environnementaux. Un accord commercial n’est pas une occasion appropriée de résoudre les problèmes liés à l'huile de palme. Les organisations concernées appellent donc à un dialogue ouvert afin d'aborder la question de manière démocratique, transparente et globale.

Dans leur lettre, les organisations signataires exposent clairement que les engagements volontaires dans le cadre de systèmes de certification tels que RSPO (Roundtable on Sustainable Palmoil) sont insuffisants et donc inacceptables pour justifier l’abandon des barrières douanières. Ils se réfèrent à la plainte contre la RSPO, rendue publique il y a quelques jours, que des villageois indonésiens ont déposée auprès du point de contact de l'OCDE en Suisse. Les organisations préviennent en outre du fait que l'augmentation des importations d'huile de palme entraînera une perte de revenus significative pour les petits exploitants agricoles suisses dépendant de la production de colza ou de tournesol.

Renseignements :

  • En Français : Fédération romande des consommateurs ; Laurianne Altwegg, responsable Environnement, Agriculture & Energie ; l.altwegg@frc.ch ; 078 878 73 81
  • En Allemand : Pain pour le prochain : Miges Baumann, responsable de la politique de développement ; baumann@bfa-ppp.ch ; tél. 079 489 38 24

Documentation :

Communiqué de presse (pdf)

Contenu de la lettre ouverte (anglais)

Plainte à l'OCDE contre RSPO (anglais)

jeudi, 25 janvier 2018
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communiqué de presse Uniterre et Alliance pour la Souveraineté Alimentaire.

Après la présentation le 15 mai 2017 à la CER-CN du Conseil National de l’initiative sur «la souveraineté alimentaire – l’agriculture nous concerne toutes et tous », c’est ce mardi 22 janvier que deux représentants de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire ont pu présenter l’initiative au sein de la Commission d’Economie et de Redevances du Conseil des Etats (CER-CE).

Bien que la commission fût sceptique vis-à-vis de cette initiative, elle a reconnu l’importance de l’enjeu et les débats furent intéressants. La discussion a principalement porté sur des questions liées au marché au sein d’un environnement globalisé et sur le rôle du gouvernement pour mettre en place des conditions cadres assurant un revenu équitable pour les paysannes et les paysans. La pertinence de la revendication d’obtenir des « prix équitables pour des produits de haute qualité » a fait l‘unanimité. De même, le fait que la population soit préoccupée par l’alimentation, la situation de l’agriculture et la santé a été reconnu.

Pourtant, la commission n’en a pas tenu compte et, préférant un statu quo frileux, elle donne un préavis négatif à l’initiative. (11contre/ 0 pour/ 2 abstentions). Nous regrettons que cette opportunité de faire un choix historique et de placer la Suisse comme pionnière en Europe ait été manquée.

Le gouvernement refuse pour l’instant de faire face aux grands défis de nos sociétés avec des solutions constructives. Ceci signifie que la souveraineté alimentaire et l’agriculture paysanne continueront à être mises à mal. Et les grands traités de libre-échange à venir vont encore accentuer cette évolution négative.

Uniterre continuera pour sa part, avec le parti des Verts et leur initiative sur le commerce équitable, à relever ces défis. Il n’y aura de toute évidence pas d’alternative durable à une agriculture nourricière et paysanne, ni sur le plan social, ni économique et environnemental.



vendredi, 15 décembre 2017

Communiqué de Presse - 15 décembre 2017


Le 5, 7 et 15 décembre le Conseil National a débattu de l’initiative sur la souveraineté alimentaire. Malgré un débat intense lors de ces séances dédiées à l’avenir de la politique agricole et alimentaire, il semblerait que le parlement n’ait pas pris conscience de l’ampleur du problème. Notre agriculture paysanne disparait et le système alimentaire s’industrialise. Aucun aspect de la durabilité n’est assuré. Au niveau social, les paysans et paysannes font partie des travailleurs pauvres et des candidats au burn-out tandis que les consommatrices et consommateurs accumulent les intolérances alimentaires et essayent de s’en sortir en achetant de la nourriture toujours moins chère....

Communiqué de presse complet

jeudi, 16 novembre 2017
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Communiqué de presse Uniterre et Alliance pour la souveraineté alimentaire


Lausanne, 16 novembre 2017


Traitement de l'initiative populaire "Pour la souveraineté alimentaire. L'agriculture nous concerne toutes et tous" à la commission économie et redevances du National (CER-N)

L’organisation paysanne Uniterre ainsi que l’Alliance pour la Souveraineté alimentaire ont pris note avec déception de la décision de la CER-N de proposer au Conseil national de refuser l'initiative populaire (7 contre 0 et 15 abstentions) ainsi que de ne pas entrer en matière sur le contre-projet proposé par le député socialiste M. Beat Jans (13 contre, 4 pour et 5 abstentions).

La vue générale sur l’agriculture présentée par le Conseil fédéral a montré le fossé profond qui existe entre les promesses et les actes concernant la politique agricole. Cette vue générale a fortement influencé les débats de la CER-N puisque 15 parlementaires (une majorité) ont décidé de s'abstenir sur le rejet de l'initiative souveraineté alimentaire en raison des récentes propositions de J. Schneider Ammann. Ainsi, entre les promesses de ce dernier lors de la campagne sur le contre-projet sécurité alimentaire voté le 24 septembre 2017 et ses visions de la politique agricole présentées il y a quelque jours, il y a un gouffre qui a laissé les citoyen.ne.s, les parlementaires et les paysan.ne.s dans une situation plus qu'inconfortable. Le fait que le Conseiller fédéral ait balayé d'un revers de main tous ce que lui-même, ses services et les initiants avaient annoncés comme points positifs du nouvel article 104a démontre malheureusement à quel point un article constitutionnel rédigé en termes généraux peut être interprété de diverses manières.

Ainsi nous sommes quelque peu surpris de lire que "pour la majorité de la commission, l’art. 104 (Agriculture) et le nouvel art. 104a (Sécurité alimentaire) de la Constitution fédérale constituent une base solide sur laquelle la politique agricole peut reposer; ils donnent au Parlement une marge de manœuvre suffisante pour participer au façonnage de la politique agricole et, si nécessaire, de prévoir des mesures supplémentaires dans la loi". Le déni du récent plébiscite de la population suisse prouve que sans un contre-pouvoir sérieux aux visées néolibérales de certains Conseillers fédéraux, ces articles ne sont de loin pas suffisants pour empêcher la destruction pure et simple de l'agriculture paysanne suisse à court terme.

Une ouverture forcée des frontières et des traités de libre-échange s’opposent à l‘agriculture indigène, durable et diversifiée que nous défendons fermement. En tant que champion mondial des importations nettes d’aliments, il est indispensable de maintenir une régulation douanière flexible. C’est un aspect qui doit également se retrouver dans la future politique agricole 22+.


Sur l'initiative

Nous saluons le fait que plusieurs membres de la commission aient relevé l'importance "du renforcement de la production locale, de la protection des terres cultivables et de l’encouragement de l’agriculture sans OGM".

Aux membres de la CER-N qui estiment que notre initiative vise à ce que "l’Etat gère les prix et les quotas et qu'il limite les exportations", nous tenons à répondre qu'il n'en est rien. En effet, notre initiative se borne à demander la garantie d'une transparence du marché visant à une meilleure répartition de la valeur ajoutée dans les filières et à la formation de prix équitables qui seraient déterminés non pas par l'Etat, mais par les acteurs des filières. Sur la gestion des quantités, l'initiative demande seulement que la Confédération soutienne la création d'organisations agricoles qui auraient pour objectif d'assurer l'adéquation entre l'offre et les besoins de la population. Nullement l'Etat ne serait impliqué dans une quelconque gestion des quotas. Enfin, en ce qui concerne les exportations, nous ne les limitons pas, nous demandons la suppression des subventions étatiques à l'exportation afin d'éviter de provoquer une concurrence déloyale auprès de nos collègues d'autres régions du monde comme contrepartie au droit à une régulation douanière flexible.


Sur le contre-projet

L’organisation paysanne Uniterre ainsi que l’Alliance pour la Souveraineté alimentaire ont étudié le contre-projet déposé par le Conseiller national Beat Jans (PS) au sein de la CER-CN. Le comité d’initiative a salué le contre-projet avec certaines réserves, mais restait ouvert à une discussion sur d’éventuelles améliorations substantielles.

Une compétence fédérale sur les conditions de travail des employés agricoles, l’ancrage légal de l’interdiction des OGM, le renforcement de la position de négociation des producteurs et productrices sur le marché, la garantie d’un accès aux semences ainsi que le soutien aux circuits courts régionaux et locaux sont des parties importantes de notre initiative qui sont reprises dans le contre-projet. Mais les exigences du contre-projet demeurent insuffisantes. L'harmonisation des conditions de travail au niveau fédéral est nécessaire et l’interdiction des OGM doit être complétée par l'interdiction d’autres techniques de recombinaison du génome. Dans le cadre du renforcement de la position de négociation des producteurs sur le marché, comme indiqué plus haut, la transparence au sein des filières est indispensable en vue de la formation de prix équitables et d'une juste répartition de la valeur ajoutée tout au long de la chaîne. De plus, le maintien d’une régulation douanière flexible est essentiel. Malheureusement ces points n'ont pas été repris dans le contre-projet présenté.

Nous tenons à remercier l’engagement de Beat Jans visant à enrichir une discussion nécessaire qui a été malheureusement avortée en commission, mais que nous espérons riche lors de la plénière du National et dans la suite du processus au Parlement. Comme le disait l'ancien Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation de l'ONU M. Olivier de Schutter, "un des principaux déficit du système alimentaire est son manque de démocratie". Alors que nos systèmes alimentaires sont fragilisés, dénoncés de toutes parts, gourmands en énergie et en ressources naturelles, économiquement peu performants, socialement remis en cause, donc non durables, osons croire que le Parlement aura le courage d'entamer le changement de cap nécessaire de nos politiques agricoles et alimentaires.

Communiqué de presse en pdf

vendredi, 03 novembre 2017

Communiqué de presse Uniterre et Alliance pour la souveraineté alimentaire

Lausanne, 3 novembre 2017

Vue d’ensemble sur la politique agricole

Le syndicat paysan Uniterre et l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire ont accueilli avec beaucoup d’inquiétude les déclarations du Conseiller Fédéral Johann Schneider-Ammann du 1er novembre. Durant la campagne sur la Sécurité Alimentaire, nous avons mis en garde contre le risque de multiplication des accords de libre-échange. Cela s’est confirmé. Il est donc d’autant plus important de s’engager pour la souveraineté alimentaire, elle qui préconise un marché équitable, dans le respect de tous les acteurs, ainsi que le partage juste de la valeur ajoutée.

Cette interminable litanie du Conseil Fédéral sur l’ouverture des frontières, la compétitivité et le pouvoir de l’innovation a abouti à la fermeture de 2 à 3 exploitations agricoles par jour, la chute de 30% des prix à la production ces 30 dernières années, ceci alors que la part du budget des ménages dédiée à l’alimentation n’est que de 7%. Ce développement alimente l’énorme concentration du marché dans les mains d’une poignée d’entreprises nationales et de multinationales. Et ces dernières, de par leur puissance sur le marché, poussent à la destruction de l’agriculture paysanne, parmi d’autres conséquences bien connues comme l’industrialisation, la surexploitation des ressources naturelles, le changement climatique et la perte de la biodiversité (voir Rapport Mondial sur l’Agriculture 2008).

Les paroles contradictoires du Conseil Fédéral n'aident ni les paysannes et paysans, mais au contraire servent leurs adversaires. Il est prévu d’allouer des moyens supplémentaires pour atténuer les effets de cette ouverture des marchés. Cela rendra les paysannes et les paysans encore plus dépendants de l’Etat et ce, en complète contradiction avec l’esprit entrepreneurial prôné par le Conseil Fédéral. Répéter inlassablement un non-sens, ne le rend pas plus sensé! Nous exigeons que l'agriculture soit définitivement exclue des accords de libre-échange. Pierre-André Tombez, président de l'Alliance pour la Souveraineté Alimentaire indique : "Au niveau mondial, nous faisons partie de cette poignée de pays qui importent énormément de denrées alimentaires. La mise en place d'un marché équitable local et international, comme le propose notre initiative pour la Souveraineté Alimentaire, est la solution pour arrêter les accords de libre-échange."

La défense d’une agriculture diversifiée et des protections douanières efficaces, ainsi que la démocratisation des systèmes alimentaires, sont impératifs pour permettre le maintien de l'agriculture paysanne et d’une alimentation saine. Ulrike Minkner, paysanne bio et vice-présidente de l'Alliance pour la Souveraineté Alimentaire précise : "Notre vision d'une agriculture qui produit une alimentation socialement juste et écologique, trouve un écho dans notre pratique quotidienne comme paysannes et paysans ainsi que dans l'initiative pour la Souveraineté Alimentaire."

L’Alliance pour la souveraineté alimentaire a été fondée en septembre 2016, elle promeut l’initiative pour la souveraineté alimentaire. Elle réunit environ 250 organisations et personnes issues de mouvements agricoles, ecclésiastiques et sociaux. La votation aura vraisemblablement lieu en automne 2018.




communiqué en pdf


mardi, 24 octobre 2017

Le 18 octobre 2017, le Conseil fédéral a adopté un train d’ordonnances agricoles diversifié dans la perspective du début de la nouvelle période budgétaire 2018-2021. Ce train d’ordonnances comprend notamment l’introduction de nouveaux programmes d’utilisation efficiente des ressource, l’adaptation des contributions à la biodiversité, une utilisation plus ciblée des contributions à la promotion des ventes et d’autres simplifications administratives....

https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/...


mardi, 24 octobre 2017
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(Harare, 16 octobre 2017) La Via Campesina, à l’occasion de cette journée mondiale de la Souveraineté Alimentaire contre les multinationales, lance officiellement sa nouvelle publication “Les Luttes de La Via Campesina pour la Réforme Agraire et la Défense de la Vie, la Terre et des Territoires”. Dans une optique de renforcement de la convergence des luttes, la présente publication entend démontrer qu’une réforme agraire intégrale entre les mains des populations et inscrite dans la souveraineté alimentaire constitue le fondement nécessaire à un tel changement.

Les luttes, les stratégies de lutte et les concepts ont beaucoup évolué au sein du mouvement La Via Campesina. Cette évolution est le résultat du contexte actuel, d’une part, mais aussi des processus collectifs et d’une construction partant de la base et des territoires riches d’une grande diversité historique, culturelle, politique et économique. En ce sens, la réforme agraire intégrale et populaire apparaît clairement comme un processus pour la construction de la souveraineté alimentaire et la dignité des peuples.

Publication

dimanche, 15 octobre 2017
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Communiqué d'Uniterre et l'Alliance pour la Souveraineté Alimentaire

Le mouvement paysan international « La Via Campesina »[1] a fait du 16 octobre la journée de promotion de la Souveraineté Alimentaire. Quoi de plus logique que de nous associer à l’appel qu’il lance cette année pour la défense de la vie, de la terre et des territoires. Notre initiative populaire aborde ces aspects essentiels.

Les terres : un bien si précieux à épargner

Le sol est l’outil de travail des familles paysannes ; c’est un élément vivant dont la richesse et la fertilité doivent être préservées. Les surfaces d’assolement sont les terres qui sont les plus aptes à la culture et qui de se fait jouissent d’une certaine protection : chaque canton est tenu d’assurer le maintien d’un quota de surfaces d’assolement qui lui a été attribué au début des années 90. Mais les réserves alors disponibles sont bientôt épuisées. La nécessité de conserver des surfaces pour la production de nourriture ne fait souvent pas le poids lors de la pesée d’intérêts face aux besoins de logements, certes légitimes, des infrastructures routières ou du développement de l’économie. Et pourtant, si nous voulons fournir ne serait-ce que la moitié des besoins alimentaires de la population, nous devons épargner et non sur-consommer : urbaniser vers l’intérieur en densifiant intelligemment plutôt qu’en s’étalant, réfléchir à des moyens de déplacements moins envahissant, questionner la croissance sans limite de certaines régions. Chaque acteur doit se rappeler que la terre est un bien précieux qui nous a été prêté avant d’être transmis aux générations futures.

Un territoire vivant: plus de mains, de cœur et de têtes par hectare

Nous l’affirmons : afin de répondre à toutes les attentes de la société, nous devons pouvoir être plus nombreux dans le secteur primaire. Notre initiative veut impulser un changement de cap profond. Depuis 1990, 40% des fermes ont disparu et près de 100'000 emplois perdus; ce n’est humainement plus supportable. Si l’évolution technique compense en partie les pertes d’emplois, elle a aussi des conséquences : accroissement de l’endettement, patrimoine difficilement transmissible à la prochaine génération (investissement trop conséquent), pertes de liens sociaux. Notre initiative vise à répartir équitablement la valeur ajoutée entre les acteurs de la chaine alimentaire. Si le premier maillon de la chaine - constitué par les familles paysannes et leurs employé.e.s - est rémunéré à sa juste valeur, il est possible de créer des emplois afin de miser sur les Hommes plutôt que sur les hectares.

Aujourd’hui il n’y a plus une agriculture, mais des agricultures. Les nouvelles formes de collaborations entre paysans et la diversité des structures (petites, moyennes, grandes, bio, conventionnelles) doivent être encouragées plutôt que freinées. Elles donnent des ouvertures à l’installation de la nouvelle génération de paysannes et paysans. Un secteur qui n’encourage pas la relève et qui ne s’adapte pas à ses nouvelles aspirations est un secteur qui se meurt !

Main dans la main pour un espace rural dynamique et nourricier

Nous appelons à favoriser les échanges commerciaux directs entre paysans et consommateurs ainsi que les structures de transformation régionales. Les artisans qui transforment les produits agricoles (moulins, huileries, abattoirs, bouchers, boulangers, laiteries, fromageries, etc.) sont des acteurs essentiels à la mise en valeur de la production locale. Renforcer leur présence en zone rurale permet une meilleure traçabilité, mais aussi la création d’emplois dans un secteur économique qui a lui aussi subit des restructurations et une centralisation à outrance.

Nous sommes convaincus que la mise en place d’une économie circulaire relocalisée permet de stimuler l’innovation ; un élan souhaitable pour notre population toujours plus soucieuse de l’origine des aliments, de leurs modes de production et de leur impact sur les Hommes, les animaux et la nature.


Extraits de l’Initiative Populaire : « Pour la souveraineté alimentaire. L’agriculture nous concerne toutes et tous »

Alinéa 3, La Confédération prend des mesures pour :

a. favoriser l’augmentation du nombre d’actifs dans l’agriculture et la diversité des structures;

b. préserver les surfaces cultivables, notamment les surfaces d’assolement, tant en quantité qu’en qualité;

Alinéa 5 La Confédération :

c renforce les échanges commerciaux directs entre paysans et consommateurs ainsi que les structures de transformation, de stockage et de commercialisation régionales.

http://www.souverainete-alimentaire.ch/in/fr/




[1] La Via Campesina c’est 300 millions de paysans, 170 organisations dans plus de 70 pays. En Suisse, Uniterre et l’autre syndicat sont membres de ce mouvement.



vendredi, 13 octobre 2017
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Communiqué de presse de Prolait et Mooh



Prolait Fédération Laitière & mooh société coopérative

Yverdon/Zurich le 13 octobre 2017

Les producteurs de Prolait Fédération Laitière ont été et seront informés ces prochains jours lors de séances d’information sur les perspectives actuelles et sur de restructuration propo-sées par le Conseil d’administration. En plus de ladite restructuration, l’intégration de la com-mercialisation du lait industriel Prolait dans mooh société coopérative est proposée.

L’évolution actuelle du marché laitier suisse met tous les acteurs du marché face à de grands défis. Pour Prolait Fédération Laitière, une étroite collaboration avec l’organisation de commerce de lait mooh société coopérative est vue comme une opportunité pour ses producteurs et pour toute sa ré-gion.

L’intégration de la commercialisation du lait industriel de Prolait par mooh société coopérative est pré-vue le 1er janvier 2018. Les producteurs et les clients des deux organisations pourront profiter des sy-nergies engendrées par ce regroupement.

De son côté, Prolait Fédération Laitière continuera à développer et renforcer ses activités fédératives dans sa région. A partir du 1er janvier 2018, mooh société coopérative comptera une quantité annuelle de lait commercialisée d’env. 75 mio. de kg supplémentaires et env. 400 nouveaux membres.

vendredi, 13 octobre 2017
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Communiqué de presse d'Uniterre


A la fin du mois de juin 2017, devant la pression des organisations paysannes et au vu des marchés internationaux favorables, certains membres de l’Interprofession du lait ont accepté de concéder quelques centimes supplémentaires aux producteurs. Ce fut le cas notamment de Coop, qui par l’intermédiaire de son fournisseur Emmi, s’est engagé à verser 3 centimes supplémentaires par kilo de lait produit dans le segment A, et ceci dès le 1er juillet 2017.

Mardi 10 octobre, la Coop annonce qu’elle répercutera dorénavant cette hausse au niveau du prix à la consommation. Le litre de lait UHT augmente ainsi de 5 centimes, de même que le demi-litre ! Divers autres produits laitiers subissent eux aussi une augmentation, dont le beurre en particulier, les 250 gr passant de 2.85 frs à 2.95 frs. Comme toujours en pareilles circonstances, la hausse est plus forte au niveau du consommateur qu’elle ne l’est au niveau du producteur. La marge du distributeur est ainsi augmentée de façon à peine perceptible, mais l’on imagine aisément ce que cela peut représenter sur le volume total commercialisé par Coop.

Plus choquants surtout sont les propos mensongers du géant orange qui prétend ainsi offrir un prix équitable aux paysannes et paysans. Avec 3 centimes supplémentaires, la situation des producteurs n’évolue guère. Si toute augmentation a forcément quelque chose de positif, le prix proposé par Coop depuis juillet (et par quelques autres transformateurs depuis le 1er octobre, le prix indicatif de l’IP lait ayant également été relevé de 3 centimes entre temps) est de toute façon très largement insuffisant pour permettre de parler d’équité. Avec un revenu horaire le plus souvent inférieur à 10.-, les producteurs ne disposent actuellement pas d’un prix équitable pour leur production.

S’il est vrai que le marché laitier indigène est dépendant des marchés européens et internationaux, exposant les paysannes et paysans suisses aux affres de la concurrence étrangère, la marge des transformateurs et distributeurs reste, elle, typiquement helvétique.