lundi, 06 décembre 2021
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Uniterre a tenu son AG extraordinaire le 26 novembre 2021 à la ferme bio Schüpfenried à Uettligen (BE). Plus de 30 membres ont répondu à l'invitation et ont élu une nouvelle direction : président Maurus Gerber et vice-président : Philippe Reichenbach.

Maurus Gerber a remis sa ferme en 2020. Il est un des membres fondateurs de la coopérative du lait équitable et il a, comme il le dit lui-même, « beaucoup de temps et la volonté de faire avancer Uniterre en suivant les principes de la souveraineté alimentaire ». Il habite à Scuol, aux Grisons.

Philippe Reichenbach, quant à lui, est producteur de gruyère bio dans les montagnes neuchâteloises. Il est la 5ème génération sur le domaine agricole. La génération suivante s’est associée à lui pour la gestion de la ferme. Il est à Uniterre depuis les blocages de la grande distribution. « Uniterre m’a rendu service et m’a fait évoluer dans ma pratique agricole».

Maurus Gerber remplace Charles-Bernard Bolay qui a œuvré durant 8 ans à la tête de l’association paysanne. Nous le remercions de tout cœur pour son engagement sans faille et lui souhaitons une belle et bien méritée retraite.

Le nouveau comité directeur, élu à l'unanimité, est composé de (voir photo de gauche à droite) : Laurent Vonwiller (agronome), Maurus Gerber (président d'Uniterre), Christine Gerber (paysanne du Jura), Florian Buchwalder (producteur de lait BL), Mathieu Genoud (maraîcher VD), Philippe Reichenbach (producteur de lait NE et vice-président d'Uniterre), Christian Hutter (maraîcher BE), Yves Batardon (viticulteur GE), André Muller (producteur de lait VD. Il n’est pas sur la photo). Deux membres supplémentaires doivent encore être désignés par leur section respective.

La nouvelle présidence et un comité engagé et diversifié vont permettre à Uniterre de poursuivre et de renforcer son engagement pour des prix rémunérateurs aux productrices et producteurs, pour des filières transparentes et une répartition équitable de la valeur ajoutée tout au long de la chaîne. Début 2022, Uniterre va convoquer à Grangeneuve deux nouvelles commissions thématiques, afin de travailler sur les prix et les filières : le 14 janvier sur les grandes cultures et le 11 février sur l'élevage.


Actuellement, les paysannes et paysans voient les prix de leurs produits baisser constamment alors que les prix des outils de production sont en hausse constante. Les paysannes et paysans portent tous les risques à la production, ils préfinancent les récoltes sans aucune garantie sur le prix final qui leur sera versé, souvent plus d’une année après la livraison ! Les paysannes et paysans n’ont pas leur mot à dire sur les prix, les stratégies commerciales des acheteurs, sur les déclassements de leurs productions en fourrage. Prenons l’exemple des céréales : 20'965 t de blé panifiable déclassées en 2020[1] et celui des pommes-de-terre : 95000 t déclassées en 2020 contre 31 000 en 2019[2]. Ces stratégies sont choquantes… on déclasse pour mieux importer !

Le système doit changer ! Il ne doit plus servir qu’à enrichir la grande distribution. Les prix à la consommation augmentent et les prix à la production baissent. Il est temps de mettre en place un système qui permette de maintenir et développer une agriculture de proximité ainsi que les métiers d’artisans-transformateurs. La souveraineté alimentaire propose des pistes concrètes vers un nouveau système alimentaire, il est temps de les mettre en oeuvre !

CONTACTS :

- Maurus Gerber (FR/DE) : 081 864 70 22

- Philippe Reichenbach (FR) : 079 640 89 63


[1] ]https://www.swissgranum.ch/documents/741931/6810561/2021-10-27_Deklassierung_Weizen_nach_Klasse.pdf/bb168d79-16fb-e78f-4fa9-fb048be4bed0

[2] ]https://www.agrarbericht.ch/fr/marche/produits-vegetaux/pommes-de-terre

jeudi, 02 décembre 2021
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Communiqué de l'Alliance Suisse pour une agriculture sans Génie Génétique

Le Conseil des Etats suit sa Commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC-CE) et vote en faveur d’un affaiblissement du moratoire sur la dissémination commerciale d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Les OGM auxquels aucun matériel génétique étranger n'a été introduit ne seront pas soumis au moratoire. Cela implique également la dissémination de virus, de bactéries, d’insectes génétiquement modifiés. L’Alliance suisse pour une agriculture sans génie génétique et l’Association des petits paysans VKMB déplorent cet affaiblissement qui entraîne une grande insécurité juridique pour les producteurs et les consommateurs et des risques inconsidérés pour l’environnement ou la sécurité sanitaire.

Fin septembre, le Conseil national a proposé d’accompagner la prolongation du moratoire de demandes concrètes à l’administration. Il s’agit en particulier de clarifier les points suivants : quels sont les coûts liés à une cohabitation des cultures génétiquement modifiée et traditionnelles en Suisse, comment continuer à garantir la liberté de choix des consommatrices et consommateurs et des productrices et producteurs, comment évaluer les risques des nouvelles techniques de modification génétique, à qui incombe la responsabilité en cas de contamination des filières ou entre producteurs. L’administration s’est également engagée à répondre jusqu’en 2022 au postulat d’Isabelle Chevalley, accepté en décembre 2020 par le Conseil national. Il demande de clarifier les enjeux juridiques entourant l’autorisation de certaines formes de modification génétique.

Ces questions restent sans réponse. La décision de la CSEC-CE crée une situation de flou juridique dangereuse pour les filières, en particulier celles où les OGM sont interdits, alors qu’aucune variété n’est aujourd’hui disponible sur le marché. Cette décision est source d’insécurité pour les productrices et producteurs et pourrait conduire à une crise de confiance de la part des consommatrices et consommateurs. De plus, la protection de l’agriculture sans OGM doit être garantie selon la Loi sur le génie génétique (LGG). Compte tenu du fait qu'il n’existe à ce jour aucun produit commercialisable présentant un avantage pour le climat, les consommateurs, l’environnement ou les agriculteurs, cette décision va à l’encontre de tout bon sens. Le manque de transparence, les risques et les incertitudes qui en découlent pourraient conduire à une crise de confiance chez les consommateurs et mettre en péril la confiance du public dans l’innovation.

Le débat sur la réglementation de l’édition du génome est aujourd’hui marqué par les promesses non fondées scientifiquement de l’agro-industrie et de scientifiques généticiens. Les techniques d’édition du génome sont hâtivement présentées comme une solution aux problèmes agricoles liés aux changements climatiques ou aux pesticides et à la faim dans le monde. Or, l’expérience de pays dotés de systèmes de réglementation plus permissifs montre que les anciennes et les nouvelles techniques de génie génétique n’ont jamais permis de diminuer ni la quantité de pesticides utilisés ni de développer des plantes tolérantes aux maladies ou aux stress climatiques divers et encore moins de réduire la question de la faim dans le monde.

Pour réaliser le changement de paradigme agricole qui permette de répondre aux défis présents et futurs (tel que demandé au niveau international par différents groupes d’experts), il faut une analyse approfondie des problèmes à résoudre créés par le système de production agricole actuel. Il faut en outre implémenter le changement et soutenir l’innovation qui permette de l’accompagner.

Au niveau international, c’est l’agroécologie qui ressort comme étant le système offrant le plus de résilience et de solutions face aux défis futurs. L’agroécologie est interdisciplinaire et holistique. Elle se passe de drone, de pesticide, de génie génétique. Elle a besoin de paysannes et paysans, de biodiversité, de savoir-faire et d’une sélection végétale locale et d’une approche participative incluant producteurs et consommateurs. Il est temps d’investir dans une recherche, une formation et une sélection végétale adaptées et de soutenir cette agriculture-là.

La sélection végétale au travers de l’utilisation des nouveaux outils génétiques est verrouillée par une poignée d’acteurs au travers des brevets. Les nouveaux outils génétiques tels que CRISPR ne peuvent plus être utilisés ni par les petites entreprises semencières suisses ou étrangères ni par nos instituts de recherche agronomique pour développer des variétés commerciales intéressantes au niveau local. Ces outils sont donc inutiles pour accompagner la transition agroécologique suisse.

Le génie génétique n’est qu’un instrument utilisé pour breveter le vivant. L’utilisation du génie génétique implique une concentration toujours plus grande de la propriété des semences qui est la base de notre production. Toute dérégulation renforcera ce système.

Le moratoire doit être mis à profit pour mettre en place un cadre légal, mais surtout pour déterminer si le génie génétique est bien utile afin de répondre aux besoins qu’a la Suisse pour sa transition agroécologique.

PDF : communiqué de presse de l'ASGG

Video : vidéo explicative position de l'ASGG

jeudi, 02 décembre 2021
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Communiqué de presse d’Uniterre

L’annonce du Conseil Fédéral du 24 novembre d’approbation de la prolongation pour 4 ans de la force obligatoire pour le contrat-type de l’Interprofession du lait (IP Lait) pour tous les acheteurs et vendeurs de lait cru a choqué Uniterre.

Dans son communiqué de presse du 25 octobre 2021, Uniterre demandait à ce que la prolongation de la force obligatoire de l’IP Lait soit conditionnée. Nous avions également pris position suite à la consultation possible. Nos demandes ont-elles été prises en compte ?

Le problème principal : L’IP Lait a refusé la mise en application d’une décision parlementaire, à savoir la motion Noser (19.3952). Cette motion demandait notamment que la livraison du lait segment B devienne volontaire (cf. annexe ci dessous). Le Conseil Fédéral doit respecter et faire appliquer les décisions politiques. Comment peut-on encore avoir confiance en nos institutions quand ces dernières ne respectent pas les décisions parlementaires ?

C’est un scandale ! L’IP lait se croit au dessus des lois et le Conseil Fédéral le confirme.

Cette nouvelle est bien triste pour les producteurs de lait. Ces derniers vont continuer à faire les frais de l’irresponsabilité de l’IP Lait et de la désobéissance du Conseil Fédéral. L’hémorragie continue, le lait vient à manquer. Qu’espère le Conseil Fédéral ? Ouvrir la ligne blanche pour avoir accès à du lait encore meilleur marché ? Mais la production baisse également en Europe, à cause des mêmes aberrations.Au vue du contexte de dérèglement climatique que nous vivons, ne faudrait-il pas plutôt sécuriser l’approvisionnement en Suisse, que de le détruire ? Le Conseil Fédéral veut-il la mort de la production laitière suisse ? La Souveraineté alimentaire est plus que jamais pertinente !

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Contact presse :

Philippe Reichenbach : 079 640 89 63

Maurus Gerber : 081 864 70 22

Annexe

Communiqué de presse du 25 octobre


mercredi, 01 décembre 2021
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Après Elizabeth Mpofu, Morgan Ody devient coordinatrice générale de La Via Campesina

Le Secrétariat opérationnel international de La Via Campesina, le mouvement mondial qui représente environ 200 millions de paysans et paysannes dans le monde, s'est déplacé cette semaine à Bagnolet, en France, accueilli par la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC) et son organisation membre La Confédération paysanne, conformément au principe de rotation entre les continents.

C'est ainsi que Morgan Ody, productrice de légumes en Bretagne, va assurer la coordination générale de La Via Campesina, transmise par Elizabeth Mpofu, de Harare au Zimbabwe. Dans le contexte actuel de crise du climat, de la biodiversité et des ressources, cette responsabilité est l'occasion de souligner combien la défense de l'agriculture paysanne et de la souveraineté alimentaire est essentielle pour promouvoir la justice climatique, économique et sociale et établir des chaînes alimentaires durables et équitables.

Depuis 25 ans, les petits et moyens agriculteurs et agricultrices du mouvement La Via Campesina se battent pour les droits des paysans et paysannes, la réforme agraire et la souveraineté alimentaire, c'est-à-dire le droit des peuples à décider de comment et par qui les aliments sont produits. Ils et elles ont travaillé sans relâche pour nourrir la population et faire en sorte que les générations passées, présentes et futures disposent d'une alimentation saine, fraîche et culturellement appropriée.

Cependant, ces paysans et paysannes sont constamment attaqués. Les solutions agroécologiques qu'ils offrent aux problèmes climatiques et alimentaires sont non seulement ignorées mais activement détruites par des politiques incohérentes, des monopoles industriels et le capitalisme néolibéral. Pour continuer la lutte contre l'agriculture industrielle et le pouvoir des multinationales, les membres de La Via Campesina sont engagés et déterminés à défendre l'agriculture paysanne à travers le monde pour les prochaines années.

Comme l'a commenté Morgan Ody, lors de la cérémonie de transition du Secrétariat qui s'est tenue à Bagnolet le 30 novembre 2021, les paysans et paysannes sont la clé de la construction d'un avenir fondé sur la justice sociale : des prix justes pour les produits agricoles et des salaires justes pour les travailleurs ruraux, l'harmonie avec l'environnement naturel, la solidarité internationale, l'égalité et la dignité.

« Nous, les paysans, les peuples autochtones, les femmes rurales, les travailleurs agricoles, les jeunes de nos zones rurales, produisons tout en ravivant la biodiversité et en émettant très peu de gaz à effet de serre : la polyculture et l'élevage, comme le pastoralisme ou l'agroforesterie traditionnelle, sont des modèles d'économie d'énergie, de capture du carbone et d'entretien des milieux riches en diversité sauvage et cultivée. Ainsi, avec nos savoir-faire et nos compétences, l'agriculture paysanne permet de nourrir plus de 70 % de la population mondiale avec moins de 30 % des ressources productives [2]. »

À tous les niveaux, unis dans leur vision de la souveraineté alimentaire, les régions et les organisations membres de La Via Campesina continueront à œuvrer pour que les droits humains de toutes celles et ceux qui vivent et travaillent dans les zones rurales soient respectés, pour le bien de la planète et de sa population.

Contact : press@viacampesina.org

Notes

[1] Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.

[2] Qui va nous nourrir ? , groupe ETC, 2017


Visionnez la cérémonie de la transition

Découvrez la nouvelle brochure de présentation de La Via Campesina

mardi, 30 novembre 2021
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La 12ième conférence ministérielle de l’OMC prévue à Genève du 29 novembre au 3 décembre a été annulée suite aux restrictions de voyage. Une manifestation contre l’OMC et ses politiques commerciales a eu lieu ce soir à Genève à 17h30, place Lise Girardin.

Les crises alimentaire, climatique, environnementale, économique, démocratique et sanitaire qui culminent aujourd’hui avec la pandémie de la Covid-19 montrent clairement qu’une transformation du modèle agricole et alimentaire actuel est indispensable. Ces multiples crises ne sont pas nouvelles, elles illustrent la justesse de notre proposition qu’est la souveraineté alimentaire.

Cela fait 27 années que l’OMC a été mis en place. Sur ce socle, les traités régionaux ou bilatéraux reprennent la même logique de dérégulation. C’est une logique de privatisation de biens publics et une mise en concurrence généralisée. Mais un commerce profitable au bien-être général doit obéir à des règles d’intérêt public. L’accaparement, le pillage, la privatisation, favorisés par les accords de libre-échange sont une barbarie destructrice qui mène le monde au chaos. La concurrence pour les ressources est la cause de conflits armés et de guerres dévastatrices. Cela a aggravé la crise des migrant⋅e⋅s en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Europe.

Le climat, les sols, les ressources en eau, la biodiversité, les paysan.ne.s du monde, les populations précarisées et les pays du Sud paient un tribut trop lourd. Cet esprit de concurrence nous mène dans le mur.

Malgré la signature de multiples accords comme l’Accord de Paris sur le climat, les traités sur la biodiversité ou la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysan⋅ne⋅s (UNDROP), le Conseil Fédéral suisse persiste dans la voie de la dérégulation et de la privatisation. Dans ses accords, il pousse à un système agricole de prédation. Il prend l’agriculture en otage, afin de renforcer la protection intellectuelle par les brevets, tant sur le plan sanitaire par exemple comme également sur le plan des semences.

Les exemples récents sont les accords avec l’Indonésie, le projet d’accord avec le Mercosur, et la pression continue sur l’ensemble du secteur agricole. Pour l’agriculture suisse, les exemples les plus notables sont les productions laitières, céréalières et viticoles.

Le fondement qui amène une vraie prospérité durable doit être une régulation multilatérale du commerce qui prend en compte les aspects sociaux, économiques et environnementaux. L’OMC et ses accords doivent être démantelés et la régulation commerciale doit se refaire en prenant en compte les aspects susmentionnés.

La souveraineté alimentaire et l’agroécologie paysanne s’affirment comme des solutions incontournables : la relocalisation des systèmes alimentaires est essentielle dans la lutte contre la faim, pour refroidir la planète, préserver la biodiversité et respecter les droits des paysan⋅ne⋅s et des travailleur⋅se⋅s. Ce sont les personnes et non pas les profits qui comptent le plus !

Cela signifie la récupération de la capacité de production nationale, enracinée dans le secteur de l’agriculture paysanne et familiale, par le biais de budgets du secteur public, de prix garantis, de crédits et d’autres formes de soutien – y compris le soutien à la commercialisation directe entre producteur⋅ice.s et consommateur.trice.s. L’accès à la terre doit être favorisé pour renforcer l’agriculture paysanne et familiale, ainsi que les systèmes alimentaires et agricoles qui répondent aux besoins des villes et des campagnes. Nous devons renforcer les systèmes de recherche et d’assistance technique basés sur les échanges d’expériences entre paysan⋅ne⋅s et la recherche participative.

En tant que paysan⋅ne⋅s, nous luttons également pour que la santé soit pleinement considérée comme un droit humain.

Nous affirmons que la santé commence par une alimentation saine et durable qui renforce le système immunitaire, comme le propose la souveraineté alimentaire, une manière de prendre soin du bien-être des personnes et de l’environnement.

Avec la Via Campesina, nous exigeons le droit à la santé publique et gratuite pour tous les peuples, tel que défini dans l’article 23 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysan⋅ne⋅s (UNDROP). Cela comprend la possibilité d’avoir recours aux méthodes de médecines préventives et aux traitements de long terme, mais aussi la possibilité d’avoir accès aux vaccins. Les vaccins qui ont été développés avec l’aide des deniers publics ne doivent pas être brevetés ni être laissés sous le contrôle et le profit des grandes multinationales !

En plus, chaque individu dans nos sociétés doit avoir accès à toute information afin d’être en mesure d’évaluer les traitements proposés.

Il est inacceptable qu’au XXIe siècle, des centaines de millions de personnes aient faim alors qu’il y a assez de nourriture pour toutes et tous, et que les inégalités et les violations des droits de l’homme s’aggravent.

La lutte pour la dignité, pour la santé, pour des politiques publiques basées sur la souveraineté alimentaire et pour la protection de nos communautés et des ressources naturelles est notre droit ! Avec la souveraineté alimentaire et la solidarité, nous pouvons atteindre la justice sociale et la dignité pour toutes et tous !

NOUS NOURRISSONS LE MONDE ET CONSTRUISONS LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE ! MONDIALISONS LA LUTTE POUR UNE SOCIETE PLUS JUSTE ! MONDIALISONS L’ESPOIR EN UN MEILLEUR MONDE !

Contact presse

Rudi Berli - Secrétaire d’Uniterre - Tel. 078 70 77 883

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lundi, 22 novembre 2021
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Communiqué de presse de l'EMB - Bruxelles, le 18 novembre 2021

Les représentants de douze pays européens se sont réunis cette semaine à Louvain, en Belgique lors de l’Assemblée générale de l’European Milk Board (EMB) afin d’échanger sur des solutions importantes pour le secteur laitier. En effet, les erreurs commises dans le secteur agricole de l’UE et leurs conséquences problématiques apparaissent de plus en plus clairement. La production de lait est déjà en baisse dans d’importants pays producteurs, car la part non-couverte des coûts pousse les éleveurs à mettre la clé sous la porte en masse, et ce depuis depuis des années déjà. Les représentants des producteurs laitiers européens ont ainsi réitéré la nécessité de corriger le cap afin de garantir un avenir au secteur et aux producteurs et productrices ainsi que de de pérenniser la production fiable d’aliments pour les citoyens de l’UE.

À la pression sur les coûts qui a pesé jusqu'à présent sur les producteurs, par exemple en raison de la stratégie libérale actuelle d'exportation et d'importation, s'ajoute la pression sur les revenus qui résulte des stratégies vertes actuelles et futures telles que le Pacte vert et la stratégie « De la ferme à la fourchette ». Comme l’ont souligné les nombreux représentants des producteurs laitiers, des mesures environnementales et climatiques sont nécessaires pour tous les secteurs de la société. Toutefois, elles doivent être pensées jusqu’au bout. Ainsi, dans le secteur agricole, les stratégies doivent être conçues de manière à être tenables pour les producteurs et efficaces pour l’environnement et le climat.

L’Assemblée générale dans son ensemble s’est accordée sur le fait que les solutions présentées pour le secteur doivent impérativement comprendre des conditions cadres pour une couverture des coûts afin de corriger les erreurs commises par le passé et éviter d’en commettre de nouvelles lors de l’élaboration de politiques vertes. Les représentants des producteurs laitiers présents à la réunion ont mis l’accent sur la nécessité d’avoir des instruments à disposition pouvant limiter temporairement les volumes en période de crise, ainsi qu’une politique axée sur un financement solide des mesures de durabilité. Pour le secteur agricole, cela doit signifier que tous les coûts de production – y compris les coûts de durabilité – sont couverts et ne sont pas répercutés au niveau des producteurs.

« Grâce à la réforme de la PAC adoptée cette année, la réduction volontaire des volumes a officiellement été ancrée dans l’Organisation commune des marchés de l’UE en tant qu’instrument pour les périodes de crise. Il s’agit d’un premier petit pas en avant sur un chemin encore long que les décideurs politiques doivent emprunter aux côtés des agriculteurs et agricultrices pour une refonte complète du système agricole actuel », a déclaré Sieta Van Keimpema. Sur ce chemin, les stratégies en matière de durabilité de l’UE devraient aussi être adaptées. « Nous voulons une politique climatique, car il va sans dire que nous, les agriculteurs, sommes les premiers à ressentir les effets du changement climatique. Toutefois, cette politique doit être abordable et réellement efficace pour l’environnement et le climat ».

Contacts :

Sieta van Keimpema – présidente de l'EMB (NL, EN, DE) : +31 (0)612 16 80 00
Kjartan Poulsen – vice-président de l'EMB (EN, DK, DE) : +45 (0)212 888 99
Silvia Däberitz – directrice de l'EMB (FR, DE, EN) : +32 (0)2 808 1936
Vanessa Langer – contact presse de l'EMB (FR, EN, DE) : +32 (0)484 53 35 12
lundi, 15 novembre 2021
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Réaction de la commission lait d’Uniterre aux modifications du train d’ordonnances agricoles 2021

L’obligation des pendillards reportée au 1er janvier 2024

Nous saluons le report de l’épandage du lisier avec des pendillards au 1er janvier 2024.

Cependant, avant sa mise en place, il faut pouvoir en assurer le financement : comme déjà indiqué dans nos précédents communiqués, le besoin en équipement va engendrer des coûts non négligeables pour les producteurs.

Nous demandons donc une augmentation du prix des produits agricoles tel que le lait, la viande, les céréales, afin de compenser l’investissement nécessaire. Ce n’est pas seulement aux producteurs de prendre en charge ces coûts supplémentaires mais bien au marché !

Diminution de la prime fromagère de 1 ct et augmentation du supplément pour le lait commercialisé de 0,5 ct

Des années qu’Uniterre mettait en garde contre l’abaissement de la prime fromagère. Ca y est, nous y sommes !

Des années que nous martelons que le système actuel de versement de la prime fromagère est tellement opaque, mal contrôlé qu’il pousse une partie des industriels à utiliser cette prime pour la fabrication de fromage pour l’exportation, fromage sans aucune valeur ajoutée. Système que l’Interprofession Lait ne veut pas remettre en cause !

N’est-ce pas quelque part une punition du Parlement cette diminution ?

De plus, le supplément pour le lait commercialisé a été augmenté de 0,5 ct, passant de 4,5 cts à 5 cts. Est-ce une bonne nouvelle ? Le gouvernement précise que : « Cette hausse vise à utiliser le crédit dans toute la mesure du possible pour le lait de centrale, conformément aux vœux du Parlement. ». N’oublions pas qu’à la base, ce supplément a été mis en place pour remplacer la loi chocolatière pour permettre aux industriels de compenser le prix de la matière première suisse pour l’exportation, via les fonds de « réduction du prix de la matière première » et « Régulation ». Depuis 2021, il y a eu des modifications par rapport à ces fonds : transfert du fonds « régulation » vers le fonds « réduction du prix de la matière première » et introduction d’un 3ème fonds de soutien d’exportation à la protéine lactique (boîte MPC) mais là n’est pas la question !

Nous nous demandons aujourd’hui si ses 0,5 ct vont aller dans la poche du producteur ou être récupérés par l’industrie comme les 4,5 cts. Permettez nous d’en douter !

Afin de compenser la baisse de la prime fromagère qui sera forcement répercutée sur le prix aux producteurs, nous appuyons le besoin, une nouvelle fois, d’une augmentation du prix de base du lait.

Contact presse :

Philippe Reichenbach, 079 640 89 63

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mercredi, 10 novembre 2021
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Les petit.e.s paysan.ne.s de la Coordination Européenne Via Campesina et de La Via Campesina internationale font parmi de celles et ceux qui continuent de se battre à la COP 26 pour des systèmes agricoles réellement durables et pour une transition urgente vers l'agroécologie en opposition au modèle agricole industriel promu par les grandes entreprises et soutenu par de nombreux gouvernements dans le monde. L'événement de Glasgow a donné lieu à des promesses de réduction des émissions de méthane et de réduction de la déforestation. Cependant, nous devons lire entre les lignes des accords en raison du manque d'engagements fermes de la part des gouvernements pour résoudre le problème.

En tant qu'organisation de petit.e.s paysan.ne.s représentant 31 organisations provenant de toute l'Europe, ECVC souligne le rôle que l'agriculture doit jouer en tant que première ligne de défense pour l'atténuation du changement climatique. Cependant, avec de nombreux autres mouvements sociaux et organisations de la société civile, nous rejetons les fausses solutions telles que les propositions de "net zéro" et de "mécanismes de compensation".

En Europe, un énorme risque se profile de vouer de grandes surfaces de terres agricoles à des mécanismes de compensation plutôt qu’à la production alimentaire, notamment via l’initiative à venir "Rétablir des cycles de carbone durables" annoncée pour la fin 2021 (anciennement appelée "Initiative pour l'agriculture carbone"). S'il est positif de soutenir une transition vers une agriculture plus durable, les crédits carbones et le marché du carbone conduiront à la financiarisation et à une concentration encore plus grande des terres, ce qui portera préjudice à la planète, aux citoyen.ne.s et aux agriculteurs et agricultrices.

Le système alimentaire global est responsable de 44 à 57 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES)[1]. L'agriculture est donc un facteur essentiel à prendre en compte dans la lutte contre les changements climatiques. Face à ce constat, les solutions sont déjà sur la table : les systèmes agroécologiques paysans ont un énorme potentiel d'absorption du carbone. En effet, ces systèmes travaillent avec la nature et permettent ainsi de protéger la biodiversité et l'environnement. Au lieu de compenser le carbone produit par un système globalement non durable, les dirigeants mondiaux doivent s'attacher à apporter un réel soutien à l'agroécologie et à l'agroforesterie afin de les développer et de rendre le système alimentaire et agricole réellement durable d'un point de vue social, économique et environnemental.

Pour parvenir à de véritables changements, les agriculteurs doivent être rémunérés équitablement pour leur travail et les citoyens doivent avoir les moyens d'accéder à une alimentation saine, socialement juste et produite de manière durable. Le seul moyen d'y parvenir est de mettre en œuvre une régulation du marché qui permette réellement une transition agroécologique et de mettre également un terme à l'agriculture intensive industrielle. Autrement, les petites exploitations durables qui existent encore continueront à disparaître, les citoyens et citoyennes continueront à payer de leur santé, la planète continuera à se réchauffer et les grandes entreprises continueront à s'enrichir et à devenir plus puissantes.

Beaucoup ont critiqué les fausses solutions colportées lors de la COP26. Comme l'a déclaré Paula Gioia, agricultrice et membre du comité de coordination de l'ECVC, dans un discours prononcé lors du rassemblement de la coalition COP 26, qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes samedi dernier à Glasgow, les négociations ont été dominées par « les solutions basées sur le marché, les nouvelles technologies et les propositions "net zéro" des gouvernements et promues par les transnationales, les organisations philanthropes, les médias grand public et la plupart des ONG. Tous alimentent leur inaction climatique. » Dee Woods de la Landworkers' Alliance, l'organisation membre d'ECVC basée au Royaume-Uni, a ajouté lors d'une action organisée par les délégués de LVC au sein de la Zone Bleue le lundi 8 novembre :« Plusieurs des acteurs orientés vers le profit, qui ont mis en place l'UNFSS plus tôt cette année, font maintenant pression pour des initiatives comme l'Agriculture Innovation Mission for Climate (AIM4C) à Glasgow, qui excluent les personnes les plus touchées par la crise climatique, poussent à de fausses solutions, y compris au détriment des droits humains. »

Pour ECVC, si les mesures compensatoires qui vont à l'encontre de la nature avaient vraiment le potentiel d'arrêter le changement climatique, nous aurions déjà observé des progrès grâce aux mesures prises dans le passé. De plus, la recherche de solutions dans la digitalisation et les nouvelles technologies est un écran de fumée pour l'agriculture industrielle et les grandes entreprises afin de pouvoir continuer à profiter des ressources de la planète et d’avancer dans leur recherche de profit, tout en minant les petits et moyens agriculteurs.trices. Ceux-là même sont celles et ceux qui mettent déjà 70% de la nourriture dans nos assiettes, tout en utilisant seulement 30% des terres arables mondiales. Ils disposent du savoir-faire nécessaire pour œuvrer en faveur de la durabilité, mais pas des ressources nécessaires pour surmonter les difficultés mises en place par ceux qui souhaitent maintenir le statu quo pour leur propre bénéfice.

Pour plus d'informations et les positions des membres de l'ECVC et de la LVC sur le terrain à Glasgow, ainsi que des revendications politiques plus détaillées, vous pouvez consulter :

ECVC sur Twitter, Landworkers' Alliance sur Twitter, La Via Campesina sur Twitter

Réponse d'ECVC à l'évaluation de l'initiative "Restaurer les cycles durables du carbone".

Infographie ECVC sur le climat

Communiqué de presse ECVC sur le paquet Fit for 55

Contacts

Andoni Garcia Arriola - Comité de coordination du CEVC :+34 636 45 15 69 - ES, EUS

Paula Gioia - Comité de coordination ECVC : +49 152 05 76 45 91- DE, ES, PT, EN

Dee Woods - Membre de Landworkers’ Alliance et de l'ECVC - +44 7703 3574 43


[1] https://grain.org/article/entries/5102-food-sovereignty-five-steps-to-cool-the-planet-and-feed-its-people

mercredi, 03 novembre 2021
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Déclaration de La Via Campesina concernant la COP 26 de l’onu sur le climat (Glasgow)

(Harare : 25 octobre 2021) Cette année est l’année la plus chaotique au plan climatique jamais enregistrée, depuis l’année dernière. Mais les gouvernements contrôlés par les transnationales, les philanthropes, les médias grand public et la plupart des organisations non gouvernementales (ONG) proposent encore la même chose : des solutions basées sur le marché et des techno-réparers risquées. Deux ans après le début d’une pandémie mondiale qui a coûté la vie à des millions de personnes, l’humanité se réveille chaque jour avec des inondations, des incendies et des sécheresses sans précédent qui causent des famines, ainsi qu’un temps totalement imprévisible qui rend la vie de plus en plus difficile. Les dirigeants allèguent que « l’activité humaine générale » est à l’origine du chaos climatique, en passant sous silence les liens étroits entre l’extraction des combustibles fossiles, l’agro-industrie et le complexe militaro-industriel, sans parler des déséquilibres de pouvoir à l’échelle mondiale et des responsabilités historiques des pays qui se sont enrichis grâce au pillage colonial. Au lieu de nous proposer une voie véritable et transformatrice, on nous vend de fausses solutions qui ne manquent jamais de donner la priorité aux élites des entreprises — « net zéro », « solutions basées sur la nature », « géo-ingénierie » et «numérisation de l’agriculture » pour n’en citer que quelques-unes. Il faut que cela cesse, immédiatement !

Pour mettre un terme à la crise climatique, il faut un changement de système ancré dans les droits de l’humanité et de la Terre Mère. Pendant plus de 500 ans, le système alimentaire patriarcal, à l’origine colonial et aujourd’hui corporatif, a tenté de dominer toutes les formes de vie pour l’enrichissement d’une petite minorité. Ceux qui contrôlent les richesses accumulées — produites par les gens et la planète au fil des siècles — ont jusqu’à présent échappé aux foudres des inondations, des sécheresses, des sols dégradés, de la guerre et de la faim. Ils font fi des nombreux signes de l’effondrement des systèmes naturels qui entretiennent la vie et ils proposent plutôt que ce soit nous, les victimes les plus vulnérables, qui portions le plus lourd fardeau. Pour la Via Campesina (LVC) et notre diversité organisée de femmes et d’hommes paysans, migrants, travailleurs de la terre, pêcheurs, habitants des forêts, du monde rural, jeunes et autres, notre solution à la crise climatique est une transition juste ancrée dans la lutte et la solidarité — une solidarité internationaliste avec tous ceux et celles qui luttent pour la souveraineté alimentaire, la justice climatique et les droits de la Terre Mère ! C’est une lutte pour la pleine réalisation de tous les droits et responsabilités détaillés dans la Déclaration des Nations unies sur les Droits des paysannes et Autres Personnes Travaillant dans les Zones Rurales (UNDROP), en particulier le droit à un environnement propre, sûr et sain (article 18) récemment ratifié par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour l’ensemble de l’humanité. Il s’agit également d’une lutte contre la mainmise des entreprises sur les espaces de l’ONU par le biais du modèle “multiples parties prenantes”, mieux connu sous le nom de “capitalisme des parties prenantes”, dont tout le monde a été témoin lors du Sommet des Nations unies sur le système alimentaire de 2021 et, de plus en plus, lors des COP des Nations unies sur le climat.

Alors que nous nous préparons à une autre conférence douloureuse de l’ONU sur le climat — la COP26 de Glasgow — les 200 millions de défenseurs de la terre, de l’eau et du territoire de LVC se lèvent à nouveau pour exiger la souveraineté alimentaire pour la justice climatique. Nous rejoignons une large convergence de luttes contre le capitalisme des combustibles fossiles, le racisme, le colonialisme, et le patriarcat qui les lie. Alors que nous luttons pour rendre les entreprises responsables de cette destruction inutile, nous sommes fiers de la LWA (Alliance des travailleurs de la terre) — notre organisation membre de LVC basée en Écosse, en Angleterre et au Pays de Galles. La LWA travaille sans relâche pour faire entendre la voix des travailleurs de la terre agroécologiques à la COP26 en demandant « la reconnaissance de la contribution que l’agriculture agroécologique, la foresterie durable et une meilleure utilisation des terres peuvent apporter à nos engagements de réduction des émissions, de séquestration du carbone et de renforcement de la résilience. »

Que les entreprises se méfient, les travailleurs de la terre du monde entier ont de vraies solutions : des systèmes alimentaires, agricoles et forestiers au service des populations, du climat et de la nature ! Aux côtés de notre LWA et de tous ceux qui luttent pour une transition juste, nous créerons à nouveau un front commun pour contrer toute tentative de convertir la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en un gigantesque « mécanisme de marché. » Le capitalisme climatique est un crime, pas la solution !

COP26 : PLUS DE MÉCANISMES DE MARCHÉ NE RÉSOUDRONT PAS LES PROBLÈMES DES GENS

Un prolongement de l’industrie des combustibles fossiles, le système alimentaire transnational est l’un des principaux responsables de la crise climatique, puisqu’il est à l’origine de 44 à 57 % des émissions mondiales de GES. Ce système éloigne les gens de la terre, dégrade les communautés et alimente la violence et les inégalités dans tous les territoires du monde. Il est particulièrement néfaste pour les femmes et les jeunes dont la vie et le travail sont minés par un système qui ne valorise pas la vie.

Bien avant la COP21 à Paris, les multinationales de l’agroalimentaire et des énergies fossiles utilisaient déjà leur pouvoir et leur influence pour promouvoir des politiques aux plans national, infranational et mondial. L’Accord de Paris de 2015 a créé une sorte de « consensus » autour de plusieurs fausses solutions très problématiques. Les mécanismes d’échange et de compensation des émissions de carbone contenus dans l’article 6, par exemple, accorderont un pouvoir important aux gouvernements, aux sociétés, aux banquiers et aux négociants riches dont l’objectif premier est de maximiser les profits et non de prendre soin de la Terre Mère. Au lieu de prendre des mesures décisives pour s’adapter aux changements climatiques et s’engager dans une transition honnête vers des systèmes alimentaires démocratiques et fondés sur les droits de l’homme, ces puissants acteurs utilisent les engagements « net zéro » pour cacher leur inaction climatique.

Le « net zéro » permet aux entreprises de se soustraire à leurs responsabilités en matière d’émissions historiques et continues, en donnant la priorité aux initiatives qui favorisent les résultats de l’entreprise. Partout où les entreprises font la promotion de “solutions basées sur la nature” (NBS en anglais), nous mettons en garde contre la dépossession de la nature par le biais de systèmes de compensation des émissions de carbone des forêts et des sols, fondés sur l’idée fausse que payer quelqu’un d’autre pour s’occuper des émissions de carbone au lieu d’agir directement pour réduire la pollution ralentira en quelque sorte la crise. Pour combattre la crise climatique, il faut une transition juste vers l’abandon des combustibles fossiles, la fin de l’exploitation minière et de l’agriculture extractive destructrices, et la récupération des territoires et des écosystèmes endommagés. Nos solutions – qui sont véritablement fondées sur la nature, agroécologiques et contrôlées par les paysans – sont des solutions justes. Aucune « licorne du carbone » ni aucune pensée magique ne résoudra ce problème, il suffit d’agir immédiatement pour changer le système.

De plus, nous pensons que « l’agriculture intelligente pour le climat, » devrait plutôt s’appeler « l’agriculture intelligente des entreprises », car elle fournit un cadre pour l’intégration des OGM et des produits agrochimiques dans l’agriculture à petite échelle, en s’appuyant sur le même paradigme raciste et sexiste que la révolution verte. Elle positionne la science et la technologie capitalistes comme des solutions aux problèmes rencontrés par le « sous-développement » et les paysans supposés « non éduqués » du monde. Ces problèmes originaux ont été créés par le capitalisme mondial, le vol, le pillage colonial, les guerres et la violence généralisée.

Alors que de nombreuses fausses solutions corporatives adoptent le langage de l’agroécologie paysanne, nulle part ne sont affirmés ou garantis les droits fondamentaux à une alimentation locale et nutritive, à des moyens de subsistance dignes, à la terre et à l’autodétermination. Ce qui est garanti, ce sont des cycles d’accumulation sans fin qui profitent à ceux qui sont à l’origine de la crise climatique, notamment les grandes entreprises agroalimentaires comme John Deere, Bayer-Monsanto, Syngenta, Cargill, Nestlé, Wal-Mart et d’autres.

LA TRANSITION EST MAINTENANT ! LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE NOURRIT LA JUSTICE CLIMATIQUE !

Les travailleurs de la terre et autres producteurs alimentaires du monde entier exigent – et sont prêts à réaliser – une transition climatiquement juste dans l’agriculture ! Pendant des décennies, les producteurs alimentaires locaux ont été poussés sur la voie de l’intensification et de la monoculture par les entreprises agroalimentaires et leurs alliés. Le Sommet des Nations Unies sur le système alimentaire de 2021, qui a été coopté, n’en est qu’un exemple de plus. Ce dont les gens et la planète ont besoin de toute urgence, c’est de gouvernements et d’institutions offrant des possibilités financées par des fonds publics pour assurer la transition vers des systèmes agricoles plus écologiques et socialement sains. Pendant trop longtemps, les agriculteurs ont été tenus responsables d’un modèle imposé par le capital. Cela doit cesser maintenant ! La société doit reconnaître que nos systèmes d’agriculture, d’eau et d’utilisation des terres sont ce qu’ils sont aujourd’hui en raison de pressions systémiques. Alors que nous nous éloignons du capitalisme fondé sur les combustibles fossiles, nous ne devons pas perdre d’agriculteurs, détruire les moyens de subsistance ou la capacité de production alimentaire saine. Le soutien des gouvernements en matière de subventions et de programmes de formation pour soutenir la transition est essentiel, et cette transition juste en agriculture doit être centrée sur les principes de la justice climatique. Cela signifie que tous ceux qui sont impliqués dans la chaîne alimentaire – y compris les paysans, les éleveurs, les travailleurs migrants, les travailleurs contractuels, les sans-terre et les peuples autochtones – doivent être au premier plan pour définir et mettre en œuvre les politiques publiques nécessaires à cette transition.

En tant que La Via Campesina, nous appelons à la fin de toutes les fausses solutions et des mécanismes de marché de l’article 6. Nous appelons à une transition juste vers le vrai zéro, et non vers les plans de marketing des entreprises qui se cachent derrière le « net zéro. » En même temps, et c’est de la plus haute importance, nous appelons toutes les anciennes puissances coloniales à assumer leurs responsabilités historiques et à réduire drastiquement les émissions à la source, maintenant, y compris par un retrait immédiat de leur présence militaire dans le monde ! La Via Campesina est solidaire des victimes de toutes les guerres, sanctions et occupations – qu’il s’agisse des mutilés et des assassinés de Palestine, d’Irak et d’Afghanistan ou des pauvres, des travailleurs et des indigènes des Etats-Unis qui manquent d’hôpitaux, d’écoles et de pain quotidien. Pour la souveraineté alimentaire, les droits de l’homme et la Terre Mère – Désinvestir de la Machine de Guerre !

Les voies pour atteindre la justice climatique doivent être radicalement différentes de celles qui ont produit la crise. L’agroécologie paysanne et la souveraineté alimentaire peuvent « nourrir le monde et refroidir la planète ! » Elles offrent la possibilité très réelle de réduire les émissions et de réaliser la justice sociale, les droits des personnes et de la planète. Un système alimentaire basé sur la souveraineté alimentaire et des systèmes alimentaires locaux, alimentés par des agriculteurs familiaux pratiquant l’agroécologie paysanne, peut véritablement transformer la société tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de manière spectaculaire et beaucoup plus rapidement que toutes les fausses solutions vendues par les entreprises. Tout cela peut se faire sans marchandiser le carbone tout en contribuant à renforcer les solutions démocratiques de base à la pauvreté, à la faim et à la violence.

Les défenseurs de la terre, de l’eau et des territoires agroécologiques du monde entier s’unissent ! Avec les producteurs de denrées alimentaires au premier plan de notre convergence mondiale pour une souveraineté alimentaire qui nourrit la justice climatique, la vie l’emportera sur la mort !

LA TRANSITION EST MAINTENANT !

LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE NOURRIT LA JUSTICE CLIMATIQUE !

MONDIALISONS LA LUTTE ! MONDIALISONS L’ESPOIR !


https://viacampesina.org/fr/travailleuses-et-trava...


mercredi, 27 octobre 2021
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Actuellement, les impacts des changements climatiques se ressentent sur la production céréalière au niveau mondial, provoquant notamment une hausse des prix au niveau international. Tout porte à croire que c’est une évolution qui durera.

Dans le même temps, en Suisse, tant la Confédération que les acheteurs mettent la pression sur les prix tout en augmentant les exigences écologiques. Ainsi Migros a déclaré ne vouloir vendre, à partir de 2023, plus que des denrées issues de blé produit sans herbicide. Cette déclaration reflète certainement une tendance de fond du marché.

Du coté des acheteurs, notamment de la grande distribution et des transformateurs affiliés, nous avons déjà assisté à une baisse de 7.- frs/dt du prix du blé Bio depuis 2019, pour atteindre aujourd’hui un prix de 100.- frs/dt alors que le prix rémunérateur se situe à au moins 125.- frs/dt.

Quant au blé conventionnel, la situation des prix est déjà préoccupante depuis une dizaine d’années avec des prix indicatifs de 52.- frs/dt et un prix effectif au producteur de 49.- frs/dt. Ceci alors que le prix rémunérateur se situe à 100.- frs/dt.

Cette attitude de la part des acheteurs, ainsi que les importations massives de 120'000 tonnes de pâtons de pain, hors des quotas d’importation de blé, engendrent une pression inacceptable sur le revenu agricole.

Aujourd’hui, déjà près de 50% du blé panifiable suisse est cultivé sans insecticides, fongicides ou régulateurs de croissance (selon les directives du programme extenso) ; il est notamment commercialisé par IP-Suisse (environ 30% du volume), en partenariat avec la Migros. Pour cette production, les producteurs touchent une prime de 6.- frs/dt, ce qui ramène le prix indicatif à 58.- frs/dt. Pour la campagne 2022, IP-Suisse souhaite doubler les surfaces de production de blé sans utilisation d’herbicide, qui devraient ainsi passer de 5’000 à 10’000 hectares, avec une prime supplémentaire de 10.- frs/dt.Nous nous en réjouissons, mais nous estimons qu’un prix indicatif de 68.- frs/dt est largement insuffisant pour compenser les coûts supplémentaires et les baisses de rendement ! Par ailleurs, une véritable production sans herbicides doit se faire sur un cycle d’au moins deux ans pour être crédible. Il s’agit de clarifier ce point au niveau de la communication, sous peine de mettre sous pression la production biologique.

Pour Uniterre il est impératif de faire admettre à la grande distribution qu’une répartition plus juste des marges (la farine comme matière première ne représente que 13% du prix d’un pain) doit rémunérer les coûts d’une production plus écologique, coûts qui sont aujourd’hui exclusivement assumés par les paysan.ne.s.IP-Suisse doit faire comprendre à ses acheteurs qu’une agriculture durable a un prix et qu’elle ne pourra pas se maintenir et se développer sans garantir des revenus équitables. Nous attendons également qu’IP-Suisse, membre de l’Alliance agraire, revendique enfin une stratégie de qualité qui prenne en compte les coûts de production, ainsi que la durabilité sociale et économique.

Du côté de la Confédération, le 28 septembre dernier, l’OFAG a publié les droits de douane pour les céréales panifiables en vigueur dès le 1er octobre: la charge douanière (droits de douane et contributions au fonds de garantie) pour les céréales panifiables sera réduite de 4.40 frs/dt, passant de 23.- frs/dt à 18.60 frs/dt. C’est une nouvelle pression politique exercée pour faire baisser le prix d’importation du blé, qui se situe aujourd’hui à 53.- frs/dt. C’est la première baisse depuis 2013 et cela constitue un signal désastreux. Nous exigeons une correction immédiate pour éviter des importations à bon marché qui feront encore plus concurrence aux céréales suisses.

Afin de pouvoir garantir un approvisionnement sûr et durable, Uniterre exige de disposer de conditions-cadre, tant au niveau des négociations avec les acheteurs qu’au niveau de la protection douanière, qui permettent de couvrir les coûts de production. Les prix indicatifs négociés au sein de l’interprofession swiss granum pour la récolte 2021 doivent être appliqués départ ferme. Il n’y aura aucune transition écologique du système alimentaire sans justice au niveau des prix payés aux producteur.trice.s.

Contact presse : Rudi Berli - 078 70 77 883 – r.berli@uniterre.ch

CP