mercredi, 16 janvier 2019
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Bern, le 15 janvier 2019

L’Association des petits paysans lancent une série de cinq courts-métrages le titre «Oser le changement de génération en agriculture» sur la transmission de ferme hors cadre familial. Deux films montrent des transmissions d’exploitations réussies et trois autres brossent le portrait de jeunes à la recherche d’une ferme.

Que racontent les gens qui ont vécu une transmission extra-familiale? Quels ont été les défis auxquels ils ont été confrontés ? Avec quelles motivations des jeunes gens recherchent-ils une ferme de nos jours? La série de courts-métrages invite le spectateur à plonger dans les différentes histoires et encourage les exploitants à oser le changement de génération au sein de l’agriculture.

Les films de la réalisatrice Antonia Meile sont sous-titré en français, en allemand et en italien et reflète non seulement la richesse linguistique mais également la richesse géographique de la Suisse. Ils ont tournés au Tessin, dans l’Oberland zurichois, dans l’Entlebuch (LU), dans le Jura bernois et à Berne.

La série de courts-métrages peut être visionnés sur : www.petitspaysans.ch/films

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mardi, 18 décembre 2018
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Communiqué de presse de l'European Milk Board


Les producteurs baltes revendiquent l'alignement des paiements directs aujourd'hui à Bruxelles L'European Milk Board préconise un instrument de crise efficace pour le marché laitier

(Bruxelles, 13/12/2018) : A l’occasion de sa réunion dans le quartier européen de Bruxelles, l’association des producteurs de lait lituaniens LPGA réclame un alignement des paiements directs au sein de la Politique agricole commune (PAC). L’égalité de traitement et une PAC équitable, voilà le slogan de l’alliance des agriculteurs baltes, soutenue par leur organisation faîtière l’European Milk Board (EMB). Cette action s’adresse aux chefs d’État et de gouvernement de l’UE qui, lors du sommet de ce jour à Bruxelles, devront débattre du cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour la période 2021-2027, et donc des aides pour le secteur agricole.

Les agriculteurs des pays baltes reçoivent les paiements directs les plus bas de l’Union européenne, entre 54 et 60 % de la moyenne européenne, bien que leurs coûts de production soient supérieurs à la moyenne de l’UE. « Déjà en 2013, le Conseil européen avait approuvé un minimum de 196 € par hectare dans tous les pays membres comme objectif pour 2020 », indique Jonas Vilionis, le président de l’association des producteurs de lait lituaniens, pour souligner les efforts déjà entrepris par les producteurs baltes en vue d’une harmonisation des paiements directs. « Tant que les prix du lait ne nous permettent pas de dégager un revenu décent, nous dépendons des subventions de Bruxelles. » D’après les propositions pour la réforme de la PAC présentées par la Commission européenne en juin 2018, les agriculteurs baltes devraient percevoir environ 77 % de la moyenne européenne d’ici à 2027. Pour les producteurs lituaniens, cela n’est toutefois pas suffisant : « Les agriculteurs baltes doivent respecter les mêmes normes de protection de l’environnement, de bien-être animal et de sécurité des aliments que tous les autres membres de l’UE, sans être rémunérés en conséquence. »

« Pas d’agriculteurs de seconde classe »

« Il est temps qu’on arrête de nous traiter comme des agriculteurs de seconde classe », réclame Albinas Jusas, producteur de lait de Kaisiadorys, qui a déjà fait environ 2000 kilomètres en car ces trois derniers jours pour venir présenter ses doléances à Bruxelles. Avec la baisse des aides du deuxième pilier de la PAC, qui comprend les investissements, les agriculteurs ne pourront plus investir dans leurs exploitations. « Des prix aux producteurs et des paiements directs trop bas signifient la fin de nos exploitations ! »

Des prix du lait couvrant les coûts plutôt que des subventions

L’association des producteurs de lait lituaniens a reçu le soutien de l’European Milk Board, l’organisation faîtière des producteurs de lait européens. « Tant que les agriculteurs dépendent des paiements directs, il est important que les mêmes conditions s’appliquent à tous », explique Erwin Schöpges, le président de l’EMB, qui soutient la revendication d’un alignement des paiements directs au sein de la PAC. « Néanmoins, notre objectif à moyen terme est que les agriculteurs tirent leurs revenus du marché. Il faut donc que les prix du lait permettent de couvrir les coûts de production, y compris un revenu décent pour les producteurs. » Pour lui, les agriculteurs européens en sont encore loin. Selon les données d’Eurostat, le revenu par personne en 2017 ne s’élevait qu’à 46,5 % du revenu moyen dans l’UE. « L’objectif à moyen terme est que les producteurs puissent vivre du prix de leur production, sans devoir dépendre de subventions », expose M. Schöpges.

Une stabilisation du marché du lait grâce à des instruments de gestion de crise dans la Politique agricole commune

Les déficits des éleveurs laitiers sont élevés, surtout dans les années de crise qui viennent régulièrement acculer leurs exploitations à la ruine. Une revendication centrale de l’EMB est donc un instrument efficace de gestion de crise, comme le Programme de responsabilisation face au marché (PRM), capable de maintenir l’équilibre sur le marché et de prévenir les baisses du prix du lait.

Kjartan Poulsen, producteur de lait au Danemark et membre du Comité directeur de l’EMB, voudrait voir la prochaine Politique agricole commune dotée d’un instrument de gestion de crise efficace. « Le monde politique doit enfin créer un cadre légal permettant de réagir rapidement aux perturbations du marché. » Une réduction volontaire de la production pourrait ainsi permettre aux éleveurs laitiers de rééquilibrer rapidement le marché en cas de surproduction.

Pour l’European Milk Board, il est également important que l’UE dispose d’un instrument géostratégique, tel que le PRM. « A la lumière de la grande incertitude qui règne autour des conséquences du Brexit, nous avons besoin du Programme de responsabilisation face au marché afin de pouvoir réagir rapidement aux crises géopolitiques », explique Kjartan Poulsen. Sans cet instrument, le marché du lait européen sera à la merci des turbulences qui s’annoncent.

Par solidarité avec ses collègues baltes, M. Poulsen exhorte les chefs d’État et de gouvernement à mettre en place une politique agricole bien articulée et équitable – pour tous les agriculteurs en Europe.

Découvrez ici des photos de l'action


http://www.europeanmilkboard.org/fr/special-conten...

mardi, 18 décembre 2018
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Communiqué de presse commun HEKS EPER, FIAN, Swissaid, CETIM, Pain pour le Prochain, Uniterre - Lausanne, le 18 décembre 2018

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté hier à New York une déclaration historique pour la protection des droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. La Suisse officielle était en première ligne pour que cette déclaration voie le jour. Il s’agit maintenant de traduire en actes les droits proclamés dans la Déclaration.

Adoptée le 17 décembre par l’Assemblée générale des Nations Unies, la « Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales » (UNDROP) définit en 28 articles les droits les plus importants qui doivent être octroyés aux paysannes et paysans du monde entier. La Suisse s’est prononcée en faveur de la Déclaration dès le stade des négociations, donnant à New York un signe clair en faveur des droits des populations rurales.

Mais le vrai travail commence maintenant : la Déclaration fournit aux Etats les instruments d'une politique qui renforce les droits des paysannes et des paysans sur leurs terres, leurs semences ou leurs savoirs traditionnels. Elle est un outil efficace de lutte contre la faim et la pauvreté. Mais ces droits doivent être reconnus et mis en œuvre afin que la Déclaration ne reste pas lettre morte. Pour cela, un engagement des organisations et des réseaux de la société civile au niveau national, mais aussi de la part des Etats eux-mêmes est indispensable.

En Suisse, une large alliance d'organisations de la société civile a activement promu cette Déclaration ; elle travaillera désormais à sa mise en œuvre concrète.

Tout d'abord, il convient d’analyser de manière systématique les enjeux de la Déclaration pour la Suisse. Le Conseil fédéral est prié d'établir un rapport sur la mise en œuvre concrète de la Déclaration. Il peut s’agir notamment de donner des instructions aux services gouvernementaux concernés et aux représentations suisses à l'étranger, aux bureaux de coopération de la DDC ou aux divisions politiques du DFAE. Il est également important d'analyser les défis posés par la mise en œuvre de la Déclaration pour la politique agricole suisse actuellement en consultation, la coopération au développement ou les stratégies commerciales – concernant, par exemple, les accords commerciaux bilatéraux ou les lois sur les droits de propriété intellectuelle.


Deuxièmement, l'alliance d'organisations de la société civile prévoit d'engager un dialogue avec l'administration afin d'identifier les synergies possibles dans la mise en œuvre de la Déclaration en Suisse et par la Suisse.

Troisièmement, les différentes organisations s’engagent à faire connaître la Déclaration autant en Suisse qu’auprès de leurs partenaires à l’étranger et à les aider à la mettre en œuvre dans leurs pays respectifs.

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP)

Les petits agriculteurs, les pêcheurs, les éleveurs et les autres personnes travaillant dans les zones rurales jouent un rôle clé pour assurer la sécurité alimentaire mondiale. Néanmoins, ils sont victimes de discriminations multiples ; dans de nombreux pays, ils ne reçoivent pratiquement aucun soutien, au contraire : avec l'industrialisation et la standardisation de l'agriculture, l'accès à la terre, à l'eau ou aux semences traditionnelles devient de plus en plus difficile, voire impossible. Ces personnes sont également les plus exposées aux conséquences dévastatrices du changement climatique. Beaucoup souffrent de la faim et de la pauvreté.

La communauté internationale a reconnu le problème et a décidé que la population rurale devait être mieux protégée : dans la « Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales », adoptée hier, elle définit en 28 articles les droits les plus importants qui doivent être octroyés aux agriculteurs du monde entier. Il s'agit notamment du droit à la terre, à l'eau, aux semences, aux formes de production agro-écologiques, à un environnement intact ou au droit de déterminer ses propres objectifs économiques et alimentaires.

Le texte complet de la Déclaration peut être téléchargé via le lien suivant :

http://ap.ohchr.org/documents/dpage_f.aspx?si=A/HRC/RES/39/12

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Communiqué de presse de la Via Campesina

https://viacampesina.org/fr/lassemblee-generale-de...

lundi, 17 décembre 2018
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Le problème de l'huile de palme est inclus dans l'accord de libre-échange avec l'Indonésie. Le principal problème reste l'absence de force contraignante.

Berne, 16.12.2018. L'accord de libre-échange signé aujourd'hui à Jakarta avec l'Indonésie reconnaît que l'huile de palme est un produit problématique pour l'homme et l'environnement en Indonésie ainsi que pour les agriculteurs et consommateurs suisses. C'est la seule façon d'expliquer les quotas sur l'huile de palme, les allègements douaniers limités et le fait que, pour la première fois dans un accord de libre-échange, un seul produit est spécifiquement traité et assorti de conditions de durabilité. La coalition sur l'huile de palme y voit le succès de sa pression permanente sur les parties aux négociations.

Les organisations indonésiennes et suisses ont montré que l'huile de palme importée n'est pas encore produite de manière durable. Les certifications existantes ne remplissent pas les exigences promises. Le problème majeur de l'accord reste l'absence de force contraignante. La question de l'huile de palme ne peut être traitée efficacement que si les critères de durabilité sont revus et des sanctions sont prises en cas de violation.

La manière dont le Conseil fédéral entend y parvenir est discutable. En outre, il appartient désormais au Conseil fédéral de prouver que son accord et sa politique commerciale sont conformes à la Constitution et à ses obligations internationales.

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lundi, 17 décembre 2018
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Pour avoir organisé une action de démontage pacifique sur la ferme des 1000 vaches en France, des militant.e.s de la Confédération Paysanne se sont vue condamné.e.s à payer 120 000 Euros en septembre de cette année. N'est-ce pas une sanction démesurée alors que ces fermes-usines-industrielles représentent un coût extrêmement élevé pour l'environnement, pour la santé humaine, pour le bien-vivre des paysan.ne.s, pour le bien-être animal? Ce sont ces fermes-usines qui devraient être sanctionnées pour les dégâts qu’elles causent, conformément au principe du pollueur-payeur, pas l'inverse!

Encore une fois, nous voyons bien par ce type de sanction disproportionnée à qui profite le système et qui tire les ficelles.


Communiqué de presse d'ECVC

Appel à dons: Solidarité paysanne et citoyenne contre la criminalisation de La Conf' en France


En Septembre, 6 militants de la confédération Paysanne, membre français de ECVC, ont été condamnés à payer 120 000 euros en raison de l’action de démontage pacifique qu’ils ont menée en 2014 contre une ferme d’élevage de 1000 vaches, dite ferme des 1000 vaches.

Ces fermes industrielles représentent une grande menace pour les paysans, les citoyens, le changement climatique et la santé. Ces projets d’agriculture industrielle sont en train de devenir de plus en plus un grand problème en Europe et il existe maintenant le projet d’une ferme de 25000 vaches en Espagne.

En plus de cela, les paysannes, les travailleurs agricoles et les mouvements de migrants sont criminalisés partout en Europe en raison de leur résistance et de leurs luttes pour défendre leurs droits et le droit de tous les citoyens d’avoir accès à une alimentation saine.

C’est pourquoi ECVC veut rendre visible ces luttes et promouvoir des mécanismes de solidarité entre paysans et citoyens luttant pour la défense de l’agriculture paysanne et de la souveraineté alimentaire.

ECVC vous invite donc à exprimer votre solidarité avec la Confédération Paysanne à travers un appel à dons disponible sur ce lien : https://www.helloasso.com/associations/les-amis-de-la-confederation-paysanne/formulaires/5/widget

Plus info sur le jugement ici : http://confederationpaysanne.fr/actu.php?id=7633&PHPSESSID=qjhqcci3evjlk7he3rjnsgr730

Globaliser la lutte, globaliser l’espoir!


mercredi, 28 novembre 2018

Organisé par la Fondation Rurale Interjurasienne

Consommer de la viande : est-ce durable ? Est-ce éthique ? La viande suisse est-elle meilleure et plus durable que la viande importée ? Les conditions de production et la détention des animaux en Suisse sont-elles plus conformes aux besoins de l’espèce que la détention des troupeaux dans les grandes plaines de la pampa sud-américaine ? Les débats autour de cette thématique se multiplient. Les avis divergent, s’opposent, se figent. La FRI vous invite, citoyens et citoyennes qui consommez de la viande ou non, et peut-être en produisez, pour une discussion-échange sur le sujet dans le cadre d’une conférence-débat publique. Objectif de la soirée : proposer des pistes pour permettre à tout à un chacun d’adopter une attitude responsable face à la consommation de viande. Cette soirée a pour but de montrer quelles sont les contributions de l’agriculture au défi alimentaire et social et d’informer sur la qualité de ses pratiques, afin de susciter un débat nourri entre les différents positionnements sur cette thématique importante et délicate.

  •  Projection d’un film (extraits 20’)
  • Consommation de viande et durabilité, selon différents critères : provenance, mode de production, détention des animaux, etc.
  •  Besoins et attentes des citoyens consommateurs
  •  La position des producteurs suisses dans ce contexte.
  •  Les apports de la recherche : projections en 2050 de pratiques agricoles plus ou moins durables.

Mathias Faigaux, BEELONG, l’indicateur référence en termes d’alimentation durable pour la restauration et l’industrie alimentaire, Ecole hôtelière de Lausanne

Nathaniel Schmid FIBL, Institut de recherche de l’agriculture biologique

Cesare Sciarra, Protection Suisse des animaux PSA

Suzanne Maître, Fédération romande des consommateurs FRC

Joan & Joana Studer, Producteurs de viande du Jura / Jura bernois

Olivier Girardin, Directeur FRI et Président de l’Association Stratégie Qualité Suisse.


Mathias Faigaux (Ecole hôtelière de Lausanne) présentera « Beelong », le nouvel indicateur de durabilité pour la restauration, qui fournit des notes A / B / C / D / E / F / G pour chaque aliment, un plat, un restaurant... et les différentes viandes que nous consommons. Le FIBL présentera les perspectives d’alimentation, via la production animale. Le point de vue de la protection des animaux sera présenté par l’association de protection suisse des animaux « Manger avec du cœur ». Suzanne Maitre- Schindelholz apportera le point de vue de la Fédération romande des consommateurs et les agriculteurs de Mont-Lucelle (JU) Joan Studer et Joana Chena-Basanta Studer celui d’un couple d’éleveurs attentionné de leurs animaux. La table ronde qui conclura la soirée sera animée par Olivier Girardin, directeur de la FRI, qui apportera les conclusions du groupe Association Stratégie Qualité Suisse sur les questions de consommation de viandes à l’échelle nationale.

Entrée gratuite.

Communiqué de Presse invitation

mardi, 27 novembre 2018
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(25 novembre 2018, Negombo, Srilanka)

Nous, paysannes de La Via Campesina, paysannes d'Amérique, d'Afrique, d'Europe et d'Asie, réunies ici à Negombo, Srilanka, cette semaine, pour la Rencontre mondiale de l'articulation des femmes, condamnons à l'unanimité toutes les formes de violence et de discrimination contre les femmes et les jeunes filles partout.

Nous disons cela tout en réalisant qu'il reste beaucoup à faire pour que la violence qui s'est produite et qui se produit encore aujourd'hui, dans nos pays, dans nos foyers, dans nos organisations, enracinée dans le patriarcat, la violence sous forme du viol et de la marchandisation des femmes soit effacée de notre société, nos territoires, nos corps et nos vies.

En ce 25 novembre et tous les jours, les paysannes et paysans de La Via Campesina disent :

Mettons fin à de violence contre les femmes, rompons le silence, résistons et affrontons le patriarcat et le capitalisme. Nous sommes contre tous les types de violence qui affectent encore de nombreuses femmes dans les campagnes et dans les villes. Nous devons vaincre la barbarie, le fascisme et le manque de respect des droits les plus fondamentaux, aujourd'hui et chaque jour en tant que femmes travailleuses. Nous comprenons que le capitalisme est la principale source d'inégalité et que de ces inégalités jaillissent de nombreuses formes de violence. C'est pourquoi cette lutte est une aussi lutte de classe.

Notre proposition et nos outils de transformation proviennent de la terre dans laquelle nous, les femmes, nous sommes ancrées, de la terre cultivée en agroécologie pour atteindre la souveraineté alimentaire. Nous sommes inspirées par la recherche collective pour la construction de l'égalité dans nos espaces d'actions et d'études, ainsi que par toutes les marches et les luttes auxquelles les femmes participent pour construire la FEMME NOUVELLE ET l'HOMME NOUVEAU qui bâtiront la société de demain. Il est clair pour nous que la seule façon de mettre fin au machisme est d'affronter l'oppression et l'exploitation. Seuls les femmes et les hommes organisés dans les mouvements populaires, paysans, urbains, mouvements des pêcheurs et des peuples des forêts peuvent mener à bien cette lutte pour la construction de l'égalité.

Nous, paysannes et paysans du monde de la Via Campesina, présent.e.s des 81 pays du monde nous disons OUI à l'égalité, et FIN à la violence contre les femmes. Nous voulons et nous nous engageons quotidiennement à construire une vie sans violence, sans discrimination et sans exploitation envers les femmes.

La société que nous voulons est sans violence contre les femmes !

Via-info-fr@viacampesina.org
http://viacampesina.org/Via-info-fr/
https://mail.viacampesina.org/lists/listinfo/Via-info-fr
mercredi, 21 novembre 2018
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Communiqué de presse d'ECVC


Mercredi 21 novembre 2018, New York, [NEW YORK-BRUXELLES]

La Troisième Commission (questions sociales, humanitaires et culturelles) de l'Assemblée générale des Nations Unies a voté en faveur d'une Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales, via la Résolution A/C.3/73/L.30.

La résolution a été approuvée lundi par 119 voix pour, 7 voix contre et 49 abstentions. C'est un immense pas en avant pour une campagne menée par La Via Campesina – le plus grand mouvement paysan mondial – et soutenue par de nombreuses organisations autour du globe, dont FIAN et le CETIM.

La Déclaration des Nations Unies vise à mieux protéger les droits de toutes les populations rurales, comme les paysans, les pêcheurs, les personnes transhumantes et nomades, les ouvriers agricoles et les peuples autochtones et à améliorer leurs conditions de vie tout en renforçant la souveraineté́ alimentaire, la lutte contre le changement climatique et la conservation de la biodiversité. L'approbation de cette Déclaration est également une importante contribution à l'effort de la communauté internationale pour promouvoir l'agriculture familiale et paysanne.

La Bolivie, qui présidait le processus, a insisté sur l'importance d'une telle déclaration pour parvenir à des sociétés humaines plus résilientes, durables et inclusives:

"Nous pensons qu'il s'agit d'un pas important vers des politiques publiques qui reconnaissent non seulement les droits et les besoins des paysans, mais aussi leur contribution au bien-être et à la qualité de vie des sociétés qu'ils nourrissent quotidiennement par leur travail. Nous sommes convaincus que cet instrument jouera un rôle central dans le domaine des droits de la personne ainsi que dans l'éradication de la faim et de la pauvreté, conformément à l'Agenda 2030 pour le développement durable et à la Décennie pour l'agriculture familiale, sans laisser personne derrière."

Depuis son adoption par le Conseil des droits de l'homme à Genève fin septembre, La Via Campesina et ses alliés ont redoublé d'efforts pour que cette Déclaration des Nations Unies soit adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies. Les déléguées et délégués de La Via Campesina présents à New York depuis le début de la session de la Troisième Commission ont exprimé leur joie à l'issue du vote.

"En ce moment historique, où le capital financier et les sociétés multinationales renforcent leur offensive pour monopoliser la nourriture, accaparer la terre et privatiser les biens naturels, au prix de notre vie, l'adoption de la Déclaration des droits des paysans à la Troisième Commission de l'Assemblée générale des Nations Unies est une victoire stratégique, non seulement pour les paysans mais aussi pour les peuples du monde entier. Nous allons continuer sur ce long chemin de lutte et d'unité, pour les droits et la justice sociale, convaincus que la pleine démocratie n'est possible que par la réforme agraire, la fonction sociale de la terre et la pleine jouissance des droits des paysans" a affirmé Diego Monton de La Via Campesina Amerique Latine (CLOC)

L'approbation de la déclaration par la Commission a été ponctuée de quelques débats mais a bénéficié du soutien conséquent des régions de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique latine. Quelques réactions négatives sont survenues de la part de l'Europe et autre régions, avec la délégation des USA rejetant le texte en raison de préoccupations de longue date au sujet de la Déclaration, qui chercherait à étendre des droits existants, en distinguant les droits humains des paysans de ceux d'autres groupes, ainsi que concernant les droits collectifs stipulés dans le contenu. Les pays européens se sont également montrés divisés dans leur réponse.

"Le vote d’hier n’était pas symbolique, c’était le pas nécessaire pour donner suite à la décision prise par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en septembre dernier. Au sein de la Troisième Commission, à laquelle participent tous les pays de l'ONU, nous avons assisté à une grande diversité de positions de l'Europe orientale et occidentale. Nous remercions vivement ceux qui nous ont soutenus. Vos votes en faveur de la déclaration mettent des valeurs humaines dans les droits de l'homme et donnent de l'espoir à des millions de paysans, hommes et femmes, à travers le continent. A ceux qui se sont abstenus ou ont voté contre, nous tenons à vous dire que les paysans et les petites familles paysannes de vos pays ne peuvent être laissés pour compte", a rappelé Ramona Duminicioiu de La Coordination Européenne de la Via Campesina (ECVC)

"Après l’approbation de l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre, nous commencerons un nouveau chapitre des Droits des paysans et nous demandons à tous les pays de l’ONU de s’engager à appliquer la Déclaration. Nous sommes déterminés à contribuer à une société meilleure, à la lutte contre le changement climatique, pour l'élimination de la faim, pour fournir unalimentation diverse, nutritive et saine pour tous et toutes. En reconnaissant nos droits, ce nouvel instrument international nous permettra de faire exactement cela ", a-t-elle ajouté.

Zainal Arifin Fuat, de La Via Campesina Asie a dit de cette déclaration qu'elle marquait un tournant historique dans l'histoire des luttes paysannes.

"La Déclaration reconnaît le rôle de premier plan que jouent les paysans dans la résolution des multiples crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd'hui - alimentaires, environnementales, sociales et économiques. Les paysans ont un rôle essentiel pour la sécurité et la souveraineté alimentaires et pour la réalisation du droit à l'alimentation, en particulier dans les pays en développement, où ils fournissent jusqu'à 80% de la nourriture consommée localement. Cette Déclaration des Nations Unies contribuera également aux efforts de l'humanité pour mettre fin à la pauvreté, à la faim et pour atteindre nos objectifs de développement durable. En Asie, nous pensons que si nos droits sont reconnus et mieux protégés, les populations pourront développer les zones rurales et éviter l'exode rural, cause de problèmes insolubles" a-t-il ajouté.

"La ruée sur les ressources qui se poursuit sur le continent africain comme ailleurs a mis les paysans dans une position d'extrême vulnérabilité. L'attaque en cours contre les systèmes semenciers paysans a des répercussions bien au-delà de ceux qui produisent la nourriture. Elle touche tout le monde. Depuis 17 ans, nous faisons patiemment campagne pour un instrument international qui puisse protéger nos droits en tant que paysans et empêcher que nos systèmes alimentaires ne soient démantelés au profit d'une poignée d'individus. C'est un moment de fierté aujourd'hui pour les millions de paysans du monde entier, qui n'abandonnent jamais face à l'adversité." a affirmé Elizabeth Mpofu, coordinatrice générale de La Via Campesina

"La force du mouvement paysan se fait sentir au plus haut niveau de la gouvernance internationale: pour cela, nous devons rendre compte du travail acharné et de la passion de tant de paysans du monde entier. La solidarité des paysans, à l'échelle internationale, témoigne du lien étroit qui nous unit et lie nos enjeux, peu importe où nous vivons. Cependant, aujourd'hui n'est qu'une étape sur le long chemin de la justice en matière de droits humains pour les populations rurales. Nous devons poursuivre sur cette lancée et mettre la déclaration en action à tous les niveaux de la société." a déclaré Jessie MacInnis, La Via Campesina Amérique du Nord.

La Déclaration des Nations Unies sera formellement ratifiée par l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2019, à la suite de la décision prise par la Troisième Commission lundi.

Pour aller plus loin:

Une note d'information sur la Déclaration des Nations Unies peut être téléchargée ici. Le texte complet de la Résolution et de la Déclaration est disponible ici.
Pour plus d'information merci de visiter www.viacampesina.org

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jeudi, 01 novembre 2018

Berne, le 29 octobre 2018. La Suisse est en train de négocier un accord de libre-échange avec les États du Mercosur. Présentée lors de la conférence de presse qui s’est tenue aujourd'hui, la coalition sur le Mercosur1 dit oui à cet accord, mais pas à tout prix. Elle exige que des critères contraignants de durabilité y figurent pour ne pas compromettre les produits agricoles sensibles ni la protection des consommateurs.

Depuis juin 2017, la Suisse négocie un accord de libre-échange avec les États du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) dans le cadre de l’AELE. L’économie suisse d’exportation espère obtenir ainsi un meilleur accès aux marchés sud-américains. Cependant, cet accord aura aussi des répercussions sur les familles paysannes et l’environnement dans les États du Mercosur d’une part, et sur l'agriculture suisse, les emplois dans l'industrie alimentaire et les consommateurs suisses d’autre part. La coalition sur le Mercosur nouvellement formée souhaite que la politique et la société débattent de ces répercussions et proposent des solutions raisonnables.

La coalition sur le Mercosur ne s’oppose pas à un accord de libre-échange en soi, mais demande que des critères concrets et contraignants de durabilité y soient inscrits. Lors de la conférence de presse, les organisations associées, toutes actives dans la protection des consommateurs, des animaux ou dans l’aide au développement, ainsi que des fédérations paysannes, ont fait part de leurs craintes ainsi que de leurs exigences quant à un accord durable. Les organisations présentes dans les États du Mercosur partagent ces revendications, comme l'a expliqué Natalia Carrau, membre du groupe uruguayen de l'organisation Les Amis de la Terre. Natalia Carrau a souligné : « Déjà aujourd’hui, l’agriculture industrielle, qui est entre les mains des multinationales, met sous pression les exploitations agricoles familiales en Amérique du Sud. Avec les accords de libre-échange avec l’Europe et l’augmentation de l’exportation des produits agricoles qu’ils entraînent, cette pression va augmenter encore. »

Pour identifier les risques avant la conclusion de l’accord, la coalition sur le Mercosur demande au Conseil fédéral d’effectuer au préalable une analyse indépendante sur la durabilité. Les résultats, qui serviront de base pour les négociations, seront communiqués de manière transparente et impartiale. La coalition sur le Mercosur demande en outre que l'accord prévoie un chapitre sur la durabilité, avec des objectifs ambitieux et mesurables, ainsi que des mécanismes contraignants de sanction. La mise en oeuvre de l’Agenda 2030, ou plutôt des objectifs de développement durable fixés par l'ONU, le respect des traités internationaux applicables dans le cas présent et de l’art. 104a, let. d., Cst. sur la sécurité alimentaire et le commerce durable devront figurer dans ce chapitre, de même que des aspects sur la protection des animaux et la mise en oeuvre de l’accord de Paris sur le climat.

Les concessions faites en matière d'importation de produits agricoles sensibles devront impérativement être limitées aux contingents de l’OMC. De plus, la viande importée des pays du Mercosur ne devra présenter aucun stimulateur de performance et de croissance, et devra avoir été produite dans le respect de standards élevés en matière de protection des animaux et de sécurité alimentaire. Par ailleurs, la Suisse continuera de n’acheter que du soja exempt d'OGM. Pour ne pas miner la protection des consommateurs, les contrôles et l’indication de la provenance des produits importés devront être améliorés, et les lacunes comblées.


1. Membres : SWISSAID, Alliance Sud, Union suisse des paysans, Fédération romande des consommateurs, Protection suisse des animaux, Public Eye, Pain pour le prochain et Uniterre

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vendredi, 26 octobre 2018
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Par souci de cohérence, les gouvernements de l'UE doivent voter en sa faveur

Bruxelles - Jeudi 25 octobre 2018 – Aujourd'hui la «Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant en zone rurale» va être présentée devant l’Assemblée générale de Nations unies à New York*. Enfin ! Peuvent dirent les millions de paysans et paysannes de La Vía Campesina, qui avec des organisations d’éleveurs pastoraux, de pêcheurs artisanaux, de travailleurs agricoles et de peuples indigènes et l’appui de plusieurs ONG, mènent une action inlassable depuis près de deux décennies pour que les droits des populations rurales soient mieux reconnus et protégés.

En effet, les paysans souffrent de façon disproportionnée de la faim et de la pauvreté**. On estime que sur les 821 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde (chiffre ONU 2018) 80 % vivent dans les zones rurales. Ils sont particulièrement vulnérables et discriminés, souffrant d’expulsions forcées, et de manque d’accès aux ressources indispensables; terre, semences, crédit, éducation, justice et services de base. Pourtant, les petits producteurs d’aliments contribuent pour 70 % en moyenne à l’alimentation du monde, ce chiffre atteignant plus de 80 % dans les pays dits en développement, et leur rôle déterminant dans la lutte sur le changement climatique et sur la conservation de la biodiversité est largement reconnu.

Le soutien des citoyens est largement acquis au niveau international, ainsi qu’au niveau Européen. Le Comité économique et social européen a soutenu la Déclaration et le Parlement a voté une résolution avec laquelle demandait le soutien des États membres européens au projet.

En France, dans un avis du 2 octobre, la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme a appelé le gouvernement Français à donner son appui au texte. La FAO, ainsi que l’ancien rapporteur au droit à l’alimentation Olivier de Schutter et Hilal Elver, qui lui a succédé, ont apporté leur soutien à la déclaration.

Cependant, la plupart des gouvernements d’Europe se sont jusqu’à présent abstenus dans le processus onusien.


Gageons que dans un soucis de cohérence avec les accords de Paris pour le climat, l’engagement pour les Objectifs de développement durable 2030 - notamment l’objectif 2 d’éradiquer la faim - et les engagements annoncés par la diplomatie européenne pour un monde plus juste et plus stable, nos gouvernements oseront prendre la bonne décision et voter clairement et unanimement en faveur de la Déclaration.

Et rappelons que si les déclarations n’ont pas de valeur contraignante, l’existence d’un tel instrument, voulu et porté par les personnes concernées, serait un grand signe de reconnaissance envers les paysans et paysannes européens, qui travaillent dur pour gagner leur vie et nourrir les gens, et d’encouragement pour les populations rurales.

Contact:

  • Ramona Duminicioiu – Comité de Coordination d’ECVC: +40 264 599 204 (RO FR EN ES)
  • Genevieve Savigny – Groupe droits des paysans ECVC: +33 625 551 687 (FR EN ES)

ECVC = European Coordination Via Campesina

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Note pour éditeurs:

*La «Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant en zone rurale» va être présentée devant la troisième commission de l’Assemblée générales de Nations unies qui traite des droits de l’homme. Après un dernier groupe de travail intergouvernemental en avril 2018 et un vote largement positif au Conseil des droits de l’homme le 28 septembre dernier, le président-rapporteur M. Ruddy José Flores Monterrey de la Mission de Bolivie à Genève va exposer la résolution en faveur de ce nouvel instrument destiné à rassembler – préciser – exposer les droits des paysans et autres travailleurs ruraux, hommes et femmes.

** Étude préliminaire du Comité consultatif des droits de l’homme (2012).

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